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ÉLUARD Nusch (Maria Benz)

Qui est Nusch Éluard ?

Date de naissance : 21 juin 1906 (Mulhouse, alors Empire allemand).
Date du décès : 28 novembre 1946 (Paris, France), à 40 ans.
Activité principale : actrice, acrobate, modèle et artiste surréaliste.
Notoriété : compagne puis seconde épouse de Paul Éluard, elle fut une personnalité active du milieu surréaliste et l’auteure de collages et photomontages.

Où se trouve la tombe de Nusch Éluard ?

Nusch Éluard repose au Père-Lachaise, division 84. Elle est inhumée dans la sépulture Éluard, où Paul Éluard la rejoindra en 1952.

Plan des divisions du cimetière du Père-Lachaise
Plan des divisions du cimetière du Père-Lachaise.

Le monument funéraire de Nusch Éluard au Père-Lachaise

Sépulture Éluard au Père-Lachaise
La sépulture Éluard au Père-Lachaise. Wikimedia Commons, CC BY-SA.

La tombe de la division 84 est une sépulture de famille volontairement simple. Son importance tient moins à une architecture monumentale qu’aux noms qu’elle rassemble et au rôle que Nusch y occupe : elle y fut inhumée dès 1946, six ans avant Paul Éluard.

Tombe de Nusch Éluard au Père-Lachaise
La tombe de Nusch Éluard, division 84. Photo : ManoSolo13241324, Wikimedia Commons, CC BY-SA.

Biographie de Nusch Éluard

Nusch Éluard fut longtemps réduite au rôle de « muse » de Paul Éluard, de Man Ray ou de Picasso. Cette image ne dit qu’une partie de son histoire. Née Maria Benz à Mulhouse, le 21 juin 1906, elle fut d’abord une jeune femme de scène, acrobate, comédienne et modèle, avant de devenir une présence singulière du surréalisme parisien. Elle participe à l’invention visuelle du mouvement par ses collages et ses photomontages, tout en menant une existence indépendante et souvent précaire.

Mulhouse appartient alors à l’Empire allemand. Son enfance reste mal documentée, mais sa jeunesse est marquée par le déplacement et le spectacle. En Suisse, elle rencontre l’architecte et artiste Max Bill, qui lui donne le surnom de « Nusch », resté son nom d’artiste. Dans les années 1920, elle gagne Paris et subsiste grâce à de petits emplois dans le théâtre et le music-hall. Elle travaille comme figurante au Grand-Guignol, se produit comme acrobate et sert parfois d’assistante à un hypnotiseur. Cette expérience du corps, de l’illusion et de la scène nourrit certainement l’étrangeté tranquille de son image publique.

Photomontages de Nusch Éluard
Photomontages de Nusch Éluard. Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.

En mai 1930, dans les Galeries Lafayette du boulevard Haussmann, Nusch rencontre Paul Éluard et René Char. La rencontre est décisive. Éluard, déjà l’un des poètes majeurs du surréalisme, s’attache à elle avec une intensité immédiate. Ils se marient en 1934. Leur couple devient l’un des centres de gravité d’un groupe où se croisent André Breton, René Char, Man Ray, Dora Maar, Max Ernst, Picasso, Roland Penrose et Lee Miller. Nusch n’y est pas seulement un visage photographié : elle possède une culture visuelle, intervient dans les jeux collectifs et développe un travail de collage qui relève pleinement de l’esthétique surréaliste.

Man Ray la photographie à de nombreuses reprises, notamment pour Facile, recueil de Paul Éluard publié en 1935. Les photographies de nu qui accompagnent les poèmes ont beaucoup façonné l’image posthume de Nusch. Il faut les replacer dans leur contexte : elles résultent d’une collaboration au sein d’un cercle d’artistes qui expérimentent les rapports entre texte, image, désir et objet. Pablo Picasso la représente également dans plusieurs dessins et portraits de la fin des années 1930. Elle devient l’une des figures les plus reconnaissables de la constellation surréaliste.

Nusch et Paul Éluard à la Libération de Paris
Nusch et Paul Éluard le jour de la Libération de Paris, 1944. Wikimedia Commons, domaine public.

La guerre transforme radicalement les conditions de leur vie. Après l’interdiction des activités publiques et l’occupation de Paris, Paul Éluard entre dans la Résistance. Nusch l’assiste, participe à la circulation de textes et de documents clandestins, et partage les risques de cette vie sous surveillance. Les circonstances précises de son engagement ont laissé peu d’archives, mais son rôle de résistante est établi. À la Libération, elle se retrouve au milieu des amis écrivains et artistes, dans une ville qui célèbre la fin de l’Occupation sans effacer les années de peur.

Elle meurt brutalement le 28 novembre 1946, victime d’un accident vasculaire cérébral alors qu’elle marche dans Paris. Elle a quarante ans. Cette disparition plonge Paul Éluard dans un profond chagrin. Leur œuvre commune, le livre Facile, les photographies qui l’ont fixée, mais aussi les rares collages de sa main conservés, empêchent désormais de ne voir en elle qu’un modèle. Nusch Éluard reste une interprète, une artiste et une résistante, dont le parcours éclaire un versant longtemps moins visible du surréalisme.

Jardin Nusch Éluard à Paris
Le jardin Nusch-Éluard, dans le 18e arrondissement de Paris. Photo : Chabe01, Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.

Œuvres principales

  • Collages et photomontages surréalistes, années 1930-1940.
  • Facile (1935), livre de Paul Éluard illustré de photographies de Man Ray avec Nusch.
  • Participation aux jeux, objets et expérimentations collectives du groupe surréaliste.

Distinctions et fonctions

  • Artiste, modèle et interprète associée au mouvement surréaliste parisien.
  • Résistante pendant l’Occupation allemande.
  • Un jardin parisien porte son nom dans le 18e arrondissement.