Qui est Georges Enesco ?
Date de naissance : 19 août 1881 (Liveni-Vârnav, royaume de Roumanie).
Date du décès : 4 mai 1955 (Paris, France), à 73 ans.
Activité principale : compositeur, violoniste, pianiste, chef d’orchestre et professeur.
Œuvres marquantes : Rhapsodies roumaines, Œdipe, Sonate pour violon n° 3 « dans le caractère populaire roumain », Octuor à cordes.
Où se trouve la tombe de Georges Enesco ?
Georges Enesco repose au Père-Lachaise, division 68. Sa sépulture est située dans la partie « Est » du cimetière, près de l’avenue de la Chapelle.

Le monument funéraire de Georges Enesco au Père-Lachaise

La tombe de Georges Enesco est un monument sobre de pierre claire. Elle rappelle la place française de celui que le monde musical connaît aussi sous le nom roumain de George Enescu.

Biographie de Georges Enesco
Georges Enesco fut l’un des musiciens les plus complets de son temps. Compositeur majeur, prodige du violon, pianiste accompli, chef d’orchestre et pédagogue admiré, il a porté la musique roumaine sur les scènes européennes tout en composant une œuvre d’une grande ambition. La célébrité de ses Rhapsodies roumaines a parfois éclipsé le reste de son catalogue ; elle ne doit pas faire oublier l’ampleur de son langage, nourri de la tradition populaire, du classicisme viennois, de la musique française et d’une imagination très personnelle.

Né le 19 août 1881 à Liveni, en Moldavie roumaine, George Enescu manifeste une précocité exceptionnelle. Il joue du violon dès l’enfance et compose très tôt. Ses parents l’envoient à Vienne, où il entre au Conservatoire à l’âge de sept ans. Il y reçoit l’enseignement de Joseph Hellmesberger et de Robert Fuchs, puis poursuit à Paris auprès de Martin-Pierre Marsick pour le violon, et de Jules Massenet et Gabriel Fauré pour la composition. Ce double ancrage viennois et parisien marque durablement son écriture.
À peine sorti de ses études, il mène déjà une carrière internationale de virtuose. Il est invité comme violoniste et comme chef, se produit avec les grands orchestres et devient l’ami de nombreuses figures de la vie musicale. Mais il ne souhaite jamais être réduit au rôle de soliste. Il compose avec lenteur, retravaille beaucoup ses partitions et garde à l’esprit une idée organique de la forme, où les motifs se transforment continuellement. Son Poème roumain, achevé à seize ans, révèle déjà son désir de faire entrer les couleurs et les chants de son pays dans la tradition symphonique.
Les deux Rhapsodies roumaines, composées en 1901 et créées à Bucarest en 1903 sous sa direction, assurent sa renommée mondiale. La première, plus brillante, mêle des mélodies populaires dans une progression de plus en plus jubilatoire. La seconde est plus méditative. Enesco les dirige toute sa vie, parfois avec réticence parce que leur succès considérable occulte ses œuvres les plus complexes. Il reste pourtant fidèle à l’idée que la musique populaire n’est pas un décor : elle constitue une source de rythme, de timbre et de liberté mélodique.

Ses grandes partitions de maturité témoignent d’une autre ambition. L’Octuor à cordes, les symphonies, les sonates pour violon et piano, notamment la troisième « dans le caractère populaire roumain », poussent très loin le travail sur les modes, les rythmes et la continuité du discours. Son unique opéra, Œdipe, est l’œuvre à laquelle il consacre le plus de temps. Commencé en 1910 sur un livret d’Edmond Fleg, achevé en 1931 et créé à l’Opéra de Paris en 1936, il raconte tout le destin du héros antique, de la naissance à la mort. Enesco y atteint une synthèse singulière entre tragédie, chant, écriture orchestrale et modernité harmonique.
La pédagogie occupe une place centrale dans sa vie. Il enseigne notamment aux États-Unis, à la Mannes School of Music, et compte parmi ses élèves Yehudi Menuhin, Christian Ferras, Ivry Gitlis, Arthur Grumiaux et Ida Haendel. Menuhin le tient pour l’un de ses maîtres les plus décisifs. Enesco ne transmet pas seulement une technique de violon : il insiste sur la qualité du son, la respiration des phrases, la compréhension globale de l’œuvre et une relation libre, presque vocale, à l’instrument.
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Après la Seconde Guerre mondiale, il quitte la Roumanie communiste avec son épouse, la princesse Maria Cantacuzino, dite Maruca, qu’il avait épousée en 1939. Le couple s’installe à Paris. Malgré une santé fragilisée, Enesco continue de composer et achève sa Symphonie de chambre, op. 33, en 1954. Une attaque cérébrale l’empêche bientôt de travailler. Il meurt à Paris le 4 mai 1955 et est inhumé au Père-Lachaise. Sa tombe parisienne rappelle une trajectoire européenne, tandis que son nom demeure en Roumanie celui de la grande figure nationale de la musique classique.
Œuvres principales
- Poème roumain, op. 1 (1897).
- Octuor à cordes, op. 7 (1900).
- Rhapsodies roumaines n° 1 et n° 2, op. 11 (1901).
- Sonate pour violon et piano n° 3, op. 25 (1926).
- Œdipe, op. 23, opéra (1910-1931 ; création 1936).
- Symphonie de chambre, op. 33 (1954).
Distinctions et fonctions
- Fondateur du prix Enesco de composition (1913).
- Professeur de violon à la Mannes School of Music (à partir de 1948).
- Chef d’orchestre et soliste invité des grands orchestres européens et américains.
- La Philharmonie de Bucarest et le Festival international George-Enescu portent son nom.