Promenade au cimetière du Père-Lachaise

Visiter le Père-Lachaise ne consiste pas seulement à aller d’une tombe célèbre à une autre. On peut aussi y entrer pour marcher, suivre une allée sans savoir exactement où elle mène, quitter une grande avenue pour un chemin pavé, monter quelques marches et découvrir, derrière un monument, une partie du cimetière que l’on n’avait pas prévue de visiter.

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Promenade au cimetière du Père-Lachaise.

C’est sans doute ainsi que le Père-Lachaise révèle le mieux sa personnalité.

Le cimetière est immense, vallonné, très arboré et profondément différent d’un quartier à l’autre. Certaines allées sont rectilignes et monumentales ; d’autres tournent entre les tombes, montent sur la colline ou se resserrent au milieu des chapelles funéraires. Ici, les pavés et la pierre dominent. Quelques dizaines de mètres plus loin, les arbres, les mousses et la végétation donnent presque l’impression de marcher dans un jardin.

Une promenade au Père-Lachaise est donc rarement linéaire.

On vient souvent avec quelques noms en tête. Puis un monument attire le regard, un escalier invite à changer de direction, une inscription intrigue, un arbre immense apparaît derrière les tombes… et le parcours prévu commence à se transformer.

C’est précisément ce qui rend le lieu si agréable à découvrir à pied.

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Un paysage que l’on traverse

Le Père-Lachaise n’a pas été construit comme un espace uniforme.

Cette particularité apparaît très vite lorsqu’on le parcourt à pied. Le cimetière s’est développé pendant tout le XIXe siècle à partir d’un domaine installé sur une colline, puis par agrandissements successifs. Son organisation conserve aujourd’hui les traces de cette histoire.

Dans les parties anciennes, les chemins suivent volontiers les mouvements du terrain. Ils contournent les divisions, changent légèrement de direction, passent entre les arbres et les monuments. Certains secteurs possèdent ce caractère irrégulier et presque romantique que l’on associe immédiatement au Père-Lachaise.

Sur le plateau, le paysage change. Les voies deviennent davantage rectilignes, les divisions plus régulières et l’organisation générale plus proche d’un véritable quadrillage urbain.

Cette différence est historique : l’extension réalisée en 1850 sur le plateau de Charonne a donné au cimetière une seconde physionomie, beaucoup plus rationnelle que celle du cimetière-jardin installé sur le flanc de la colline.

Il est donc possible, au cours d’une même promenade, de passer d’une petite allée ombragée et sinueuse à une avenue pavée bordée de monuments, puis de redescendre par un escalier vers un autre ensemble de divisions.

Le relief joue beaucoup dans cette impression.

Le Père-Lachaise se découvre autant horizontalement que verticalement. On monte, on descend, on aperçoit parfois une allée en contrebas avant de chercher comment la rejoindre. Un chemin qui semble très proche sur le plan peut demander un détour parce qu’une division, un mur, des tombes ou une différence de niveau empêchent de passer directement.

C’est aussi pourquoi il faut accepter de ne pas toujours emprunter le chemin le plus court.

Se perdre un peu est une bonne manière de visiter le Père-Lachaise

Il est parfaitement possible de préparer une promenade très précise : choisir dix tombes, repérer leurs divisions et construire un itinéraire entre elles.

Mais il existe une autre manière de visiter le cimetière.

Choisir seulement quelques étapes importantes et laisser de la place entre elles.

Car le Père-Lachaise est rempli de choses que l’on ne cherchait pas.

Une chapelle dont la porte laisse entrevoir un vitrail. Une sculpture sur laquelle le temps a laissé des traces. Un portrait en médaillon. Une inscription ancienne. Une tombe presque entièrement recouverte de végétation. Une famille dont plusieurs générations apparaissent sur le même monument. Un arbre qui a grandi au point de faire corps avec les pierres qui l’entourent.

Certaines découvertes n’apparaissent sur aucun itinéraire.

Il suffit parfois de quitter une grande avenue sur vingt mètres.

La tentation est grande, surtout lors d’une première visite, de regarder constamment un téléphone ou un plan pour vérifier que l’on se dirige bien vers la prochaine personnalité recherchée. Pourtant, l’un des plaisirs du Père-Lachaise est justement de lever les yeux et d’observer ce qui se trouve entre deux destinations.

Les tombes célèbres peuvent être les points de repère d’une promenade sans en constituer nécessairement tout le contenu.

Une demi-heure, une heure… ou beaucoup plus

La durée d’une promenade dépend évidemment du temps dont on dispose.

Pour une découverte de trente minutes, il est préférable de rester dans une zone relativement limitée et de choisir quelques sépultures importantes. Essayer de traverser tout le cimetière pour accumuler les noms célèbres conduit surtout à marcher vite sans réellement regarder le lieu.

Avec une heure, il devient possible de relier plusieurs secteurs et de découvrir des ambiances différentes.

Avec deux heures ou davantage, le Père-Lachaise permet une promenade beaucoup plus libre : on peut suivre un parcours, faire des détours, s’arrêter devant des monuments inattendus et explorer plusieurs divisions sans avoir l’impression de courir après le temps.

Pour faciliter une première visite, nous proposons différents parcours permettant de choisir selon le temps disponible ou selon un thème : une promenade courte de 30 minutes, un parcours d’environ une heure, les sépultures les plus recherchées, mais aussi des itinéraires consacrés à certaines périodes de l’histoire ou à différentes personnalités.

Ils peuvent être suivis précisément ou simplement servir de fil conducteur.

Des arbres, des pierres et deux siècles d’histoire

La végétation est l’une des grandes différences entre le Père-Lachaise et l’image que l’on peut avoir d’un cimetière traditionnel.

Avec environ 44 hectares et plus de 4 000 arbres, le Père-Lachaise constitue le plus grand espace vert de Paris intra-muros.

Mais cette végétation n’est pas seulement un décor.

Elle structure véritablement la promenade.

Les alignements de tilleuls accompagnent certaines voies tandis que marronniers, érables, frênes, thuyas, platanes et autres essences créent des secteurs beaucoup plus ombragés. Certains arbres sont devenus eux-mêmes des éléments remarquables du cimetière.

Dans la 45e division, les puissantes racines d’un ancien platane serpentent entre les monuments funéraires. Dans la 77e division se trouve le plus vieux spécimen parisien d’érable de Montpellier, planté en 1833. Près de l’avenue principale, le grand cèdre du Liban de la 4e division accompagne depuis la fin du XIXe siècle la perspective du Monument aux morts d’Albert Bartholomé.

À d’autres endroits, la végétation est beaucoup plus discrète.

Mousses et lichens s’installent sur les pierres. Des fougères apparaissent dans les zones ombragées. Des plantes sauvages poussent entre les tombes ou sur les talus.

La pierre et le végétal finissent alors par se mélanger.

C’est l’un des paysages caractéristiques du Père-Lachaise : un monument construit pour durer, lentement transformé par les arbres, les racines, l’humidité et les saisons.

Le Père-Lachaise n’est jamais tout à fait le même

Une promenade effectuée au mois d’avril n’a pas la même apparence qu’une visite au mois de novembre.

Au printemps, la végétation reprend progressivement sa place. Les arbres se couvrent de jeunes feuilles, les plantes sauvages réapparaissent et la lumière traverse encore facilement les branches. Dans les secteurs anciens, la différence avec l’hiver peut être spectaculaire.

En été, le feuillage devient beaucoup plus dense. Certaines allées sont largement ombragées et la présence des arbres transforme le cimetière en véritable refuge végétal au milieu de l’Est parisien. Les parties les plus arborées peuvent alors paraître très éloignées de la ville qui les entoure.

Puis vient l’automne, probablement la saison où le paysage du Père-Lachaise se transforme le plus.

Les feuilles jaunes, brunes et orangées recouvrent progressivement les chemins et les pavés. Les monuments apparaissent entre les feuillages colorés et certaines petites allées prennent une atmosphère très particulière. Plusieurs arbres remarquables du cimetière, notamment les ginkgos des 78e et 84e divisions, se parent alors de couleurs dorées.

En hiver, le décor se simplifie. Les arbres ayant perdu leurs feuilles, les perspectives s’ouvrent et l’architecture des monuments devient souvent plus facile à observer. On distingue davantage les chapelles, les sculptures et l’organisation des divisions.

La neige est beaucoup plus rare, mais lorsqu’elle recouvre le Père-Lachaise, le paysage devient exceptionnel. Une telle promenade demande cependant de la prudence : les pentes, les pavés et surtout les nombreux escaliers peuvent devenir très glissants. En cas de neige, de verglas ou de conditions météorologiques difficiles, la Ville de Paris peut également décider de fermer temporairement le cimetière au public.

Même par temps de pluie, il convient d’être attentif dans certaines parties du cimetière.

Une faune discrète au milieu de Paris

Il suffit parfois de ralentir pour remarquer que le Père-Lachaise n’est pas seulement habité par les visiteurs.

Le cimetière constitue également un refuge pour de nombreuses espèces animales.

Près de 140 espèces sauvages y ont été recensées. Parmi elles figurent de très nombreux oiseaux, mais également des hérissons, de petits mammifères, des chauves-souris, des fouines et même des renards. Ces derniers vivent et se reproduisent dans le cimetière depuis 2020 ; très discrets, ils circulent surtout lorsque les visiteurs sont absents.

Pendant la journée, ce sont évidemment les oiseaux que l’on remarque le plus facilement.

Merles, mésanges, rouge-gorges, geais des chênes, pics verts ou sittelles fréquentent les arbres, les pelouses et les monuments. La Ville de Paris a recensé 62 espèces d’oiseaux sur le site entre 2010 et 2020.

Et puis il y a les chats. 🐈‍⬛

Ils font depuis longtemps partie du paysage familier du Père-Lachaise. Certains se déplacent entre les tombes ou apparaissent au détour d’une allée avant de disparaître quelques secondes plus tard derrière un monument. Les chats errants présents dans le cimetière bénéficient d’une protection depuis 1999.

Observer cette vie animale change également la manière de parcourir le cimetière. On ne regarde plus seulement les monuments : on regarde les arbres, les sous-bois, les pelouses et ce qui bouge entre les pierres.

Découvrir les animaux du Père-Lachaise

Deux siècles d’architecture au bord des chemins

Une promenade au Père-Lachaise est aussi un voyage dans l’architecture et la sculpture funéraires.

Les monuments ne se ressemblent pas.

À quelques mètres de distance peuvent se succéder une simple dalle, une haute stèle, une chapelle familiale, un buste, un médaillon, une sculpture grandeur nature ou un monument monumental.

Certains attirent immédiatement le regard. D’autres demandent de s’approcher.

Portes en bronze, colonnes, vitraux, bas-reliefs, anges, portraits, couronnes de pierre, symboles religieux ou laïques : deux siècles de goûts, de croyances et de manières de représenter la mort se côtoient dans les allées.

La partie ancienne et pittoresque du Père-Lachaise est d’ailleurs protégée comme site classé depuis 1962, et de nombreux monuments funéraires anciens bénéficient également d’une protection au titre des Monuments historiques.

Mais nul besoin de connaître l’histoire de l’art pour apprécier cette diversité.

Il suffit de regarder.

Certaines sculptures sont admirables pour leur finesse. D’autres monuments intriguent par leur étrangeté ou leurs dimensions. Certains sont parfaitement entretenus tandis que d’autres portent ouvertement les marques du temps.

C’est cette accumulation, sans véritable rupture entre les époques, qui donne au Père-Lachaise une partie de son identité.

Trouver une tombe sans transformer la promenade en chasse au trésor

Le Père-Lachaise compte des dizaines de milliers de sépultures. Chercher une personne uniquement à partir de son nom peut donc être particulièrement difficile.

Le premier repère à connaître est celui des 97 divisions du cimetière.

Avant de partir, il est utile de vérifier la division dans laquelle se trouve la personne recherchée. Une fois dans le bon secteur, on peut ensuite localiser plus facilement le monument.

Cette préparation évite de consacrer une partie importante de la visite à chercher une tombe qui se trouve parfois à quelques mètres seulement, mais derrière une autre rangée de sépultures ou de l’autre côté d’une allée.

Notre moteur de recherche permet de retrouver une personnalité et de connaître la division où se situe sa sépulture.

Le plan des divisions permet ensuite de comprendre l’organisation générale du cimetière et de relier plusieurs étapes.

Rechercher une personnalité
Consulter le plan des 97 divisions

Quelques conseils pour profiter de la promenade

Le Père-Lachaise se visite à pied et son terrain peut être plus exigeant qu’il n’y paraît sur un plan.

De bonnes chaussures sont préférables, notamment si vous souhaitez rester plusieurs heures. Une partie des voies est pavée, le cimetière comporte des pentes et de nombreux escaliers, et certains petits passages sont irréguliers.

Après la pluie, les pavés et les feuilles peuvent devenir glissants.

Il est également préférable de ne pas vouloir tout voir en une seule fois.

Choisir quelques sépultures, un secteur ou un parcours donne souvent une visite beaucoup plus agréable qu’une longue liste de monuments éloignés les uns des autres.

Enfin, le Père-Lachaise reste avant tout un cimetière en activité.

Près de trois millions de personnes le visitent chaque année, mais des familles viennent également s’y recueillir et des cérémonies funéraires continuent de s’y dérouler. La Ville de Paris rappelle ainsi que le site accueille chaque année près de 10 000 cérémonies.

Le calme et le respect du lieu font donc naturellement partie de la promenade.

Une promenade différente à chaque visite

On peut venir au Père-Lachaise pour Jim Morrison, Édith Piaf, Oscar Wilde, Chopin ou Colette.

On peut y venir pour l’histoire de Paris, pour l’architecture, pour la photographie ou simplement parce que l’on souhaite marcher dans un lieu différent.

Mais il arrive souvent que l’on en reparte en ayant surtout retenu autre chose : une petite allée dont on ne connaissait pas le nom, un monument découvert par hasard, un arbre immense, quelques marches entre deux divisions, un chat aperçu entre les tombes ou une perspective que l’on n’avait pas remarquée sur le plan.

C’est ce qui fait du Père-Lachaise un lieu que l’on peut visiter plusieurs fois sans réellement refaire la même promenade.

Pour une première découverte, choisissez quelques étapes et repérez-les avant votre arrivée.

Ensuite, accordez-vous aussi le droit de changer de chemin.

Au Père-Lachaise, le détour fait partie de la visite.

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Monument aux morts – Cimetière du Père-Lachaise.