Qui est Paul Éluard ?
Date de naissance : 14 décembre 1895 (Saint-Denis, Seine-Saint-Denis, France).
Date du décès : 18 novembre 1952 (Charenton-le-Pont, Val-de-Marne, France), à 56 ans.
Activité principale : poète, écrivain et essayiste.
Œuvres marquantes : Capitale de la douleur, L’Amour la poésie, Poésie et vérité 1942, Liberté, Le Phénix.
Où se trouve la tombe de Paul Éluard ?
Paul Éluard est inhumé au Père-Lachaise, division 97. Sa tombe porte son nom civil, Eugène Émile Paul Grindel, et son nom de poète. Elle se trouve dans la partie orientale du cimetière.

Le monument funéraire de Paul Éluard au Père-Lachaise
La tombe de Paul Éluard est d’une grande sobriété. Une stèle de pierre porte son identité civile et le nom sous lequel il est devenu l’un des poètes français majeurs du XXe siècle. La sépulture est souvent fleurie par les lecteurs et admirateurs du poème Liberté.


Biographie de Paul Éluard
Paul Éluard, né Eugène Émile Paul Grindel, a donné à la poésie française une voix immédiatement reconnaissable : limpide en apparence, mais traversée par les blessures de l’amour, la violence de l’histoire et le désir de fraternité. Son œuvre accompagne les grandes aventures artistiques du XXe siècle, du dadaïsme au surréalisme, puis de la Résistance à la poésie engagée. Elle reste pourtant profondément lyrique, attentive à la présence des êtres et à la force des mots les plus simples.
.jpg?width=700)
Il naît le 14 décembre 1895 à Saint-Denis. Son père, Eugène Clément Grindel, est comptable avant de se lancer dans l’immobilier ; sa mère, Jeanne-Marie Cousin, est couturière. La famille s’installe à Paris. Élève à l’École supérieure Colbert, Paul doit interrompre ses études en 1912 à cause de la tuberculose. Le sanatorium de Clavadel, près de Davos, en Suisse, devient pour l’adolescent un lieu de formation intime. Il y rencontre Helena Diakonova, future Gala. Leur relation et sa confiance dans son talent encouragent ses premiers poèmes. Il adopte bientôt le nom d’Éluard, emprunté à sa grand-mère maternelle.
La Première Guerre mondiale le confronte à la maladie, à la mobilisation et à la violence de masse. Il publie ses premiers textes pendant ces années. En 1917, il épouse Gala ; leur fille Cécile naît l’année suivante. Après l’armistice, il entre dans le cercle de la revue Littérature et se lie à André Breton, Louis Aragon et Philippe Soupault. Il passe du refus dadaïste aux recherches du surréalisme. Cette période lui apprend à faire de l’image poétique un instrument de découverte, sans abandonner la netteté du langage.
%20neben%20Paul%20Eluard%2C%201920%2C%20Paris%20(cropped).jpg?width=700)
Les années 1920 sont aussi celles d’une crise personnelle. Gala rencontre Max Ernst et leur relation se transforme. Éluard voyage longuement, puis retrouve Paris. De cette période naît cependant l’un de ses livres décisifs, Capitale de la douleur en 1926. Avec L’Amour la poésie en 1929, il impose une poésie où l’amour n’est jamais seulement un sentiment privé : il devient une manière d’habiter le monde, de relier l’être aimé aux choses, aux paysages et aux autres hommes.
Son engagement politique se précise. Il adhère au Parti communiste français en 1927, avec plusieurs amis surréalistes, et rompt progressivement avec Breton au cours des années 1930. La poésie ne lui paraît plus pouvoir rester indifférente aux drames collectifs. Il écrit contre le fascisme, soutient la République espagnole et publie La Victoire de Guernica en 1937. Sans abandonner l’amour, il donne à son écriture une portée plus directement historique et fraternelle.

Il épouse Nusch, Maria Benz, en 1934. Elle est comédienne, acrobate, modèle et artiste surréaliste. Leur couple nourrit plusieurs projets, dont Facile, livre de 1935 où les poèmes d’Éluard dialoguent avec les photographies de Man Ray. Pendant l’Occupation, Éluard entre dans la clandestinité. Il compose des poèmes de résistance, aide à faire circuler des textes et participe en 1943 à l’anthologie L’Honneur des poètes. Liberté, d’abord publié dans Poésie et vérité 1942, devient l’un des grands textes de la Résistance ; il est diffusé clandestinement puis parachuté en milliers d’exemplaires sur la France occupée par la Royal Air Force.
La Libération fait de lui l’un des visages de la poésie résistante. Mais la joie publique ne protège pas la vie privée. Nusch meurt brutalement d’un accident vasculaire cérébral en 1946. Éluard lui consacre Le Temps déborde, l’un de ses recueils les plus bouleversants. Il rencontre ensuite Dominique Leman et l’épouse en 1951. Ses dernières années sont marquées par des voyages, par la défense de la paix et par son attachement au communisme. Il publie Le Phénix, où l’amour retrouvé dialogue avec la mémoire du deuil.
Paul Éluard meurt d’une crise cardiaque le 18 novembre 1952 à Charenton-le-Pont. Le gouvernement ne lui accorde pas de funérailles nationales, mais une foule considérable accompagne son cercueil au Père-Lachaise, cérémonie organisée par le Parti communiste français. Son inhumation dans la division 97 clôt une vie de poésie devenue inséparable de l’histoire du siècle. Il laisse une œuvre qui n’a cessé de rechercher, dans la beauté du langage, une forme de vérité humaine.
Œuvres principales
- Capitale de la douleur (1926).
- L’Amour la poésie (1929).
- La Rose publique (1934).
- Facile, avec Man Ray (1935).
- Les Mains libres, avec Man Ray (1937).
- Poésie et vérité 1942 et le poème Liberté (1942).
- Au rendez-vous allemand (1944).
- Le Temps déborde (1947).
- Le Phénix (1951).
Distinctions et fonctions
- Figure fondatrice du surréalisme.
- Membre du Parti communiste français à partir de 1927.
- Poète de la Résistance pendant l’Occupation.
- Coéditeur de L’Honneur des poètes (1943).
- Grand prix international de la paix (1952).