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TOSCAN DU PLANTIER Daniel

Qui est Daniel Toscan du Plantier ?

Nom complet : Daniel Henri Dominique Toscan du Plantier.
Naissance : 7 avril 1941 (Chambéry, France).
Mort : 11 février 2003 (Berlin, Allemagne) à 61 ans.
Activité principale : producteur et dirigeant du cinéma français.

Où se trouve la tombe de Daniel Toscan du Plantier ?

Daniel Toscan du Plantier repose au cimetière du Père-Lachaise, division 45. Sa sépulture se trouve avenue transversale no 1, première ligne, à proximité de la tombe de la famille Trintignant.

Plan des divisions du cimetière du Père-Lachaise
Plan des divisions du cimetière du Père-Lachaise.

Le monument funéraire de Daniel Toscan du Plantier au Père-Lachaise

Ancienne photographie de la tombe de Daniel Toscan du Plantier
Ancienne vue de la tombe de Daniel Toscan du Plantier. Wikimedia Commons, licence libre.

La sépulture de Daniel Toscan du Plantier, située dans la 45e division du Père-Lachaise, est constituée d’un tombeau bas en pierre, couvert par une large dalle légèrement inclinée. Sur sa face antérieure sont simplement gravés son nom et ses dates, 1941-2003.

Le monument se distingue par son extrême simplicité. Selon les époques, des fleurs, plantes et petites pierres sont déposées sur la dalle par les visiteurs. Les photographies prises entre 2007 et 2025 montrent d’ailleurs que son aspect peut varier sensiblement en fonction de ces hommages et de l’entretien, tandis que la structure de la tombe demeure la même.

Tombe de Daniel Toscan du Plantier au Père-Lachaise
Tombe de Daniel Toscan du Plantier, division 45, photographiée en 2025. Wikimedia Commons, licence libre.

Biographie de Daniel Toscan du Plantier

Une formation tournée vers la vie publique

Daniel Henri Dominique Toscan du Plantier naît le 7 avril 1941 à Chambéry, en Savoie. Fils de l’industriel Jacques Toscan du Plantier et de Françoise de Ganay, il grandit dans un milieu cultivé. Il étudie à l’Institut d’études politiques de Paris, dont il sort diplômé en 1963 dans la section Service public. Cette formation lui donne le goût des institutions, de la stratégie et de la représentation, trois dimensions qui marqueront toute sa carrière.

Avant le cinéma, il se fait remarquer dans la presse et la publicité. Il travaille au Nouveau Candide, puis à France-Soir, et rejoint l’univers de Publicis auprès de Marcel Bleustein-Blanchet. Il gravit rapidement les échelons jusqu’à diriger Régie-Presse, une filiale du groupe. En 1974, il tire de cette expérience un essai au titre provocateur, Donnez-nous notre quotidien, où il analyse les mécanismes et les ambitions de la publicité.

La révolution culturelle de Gaumont

En 1974, Nicolas Seydoux prend la présidence de Gaumont et appelle son ancien condisciple de Sciences Po à ses côtés. Daniel Toscan du Plantier devient directeur général adjoint en 1975, puis l’un des principaux dirigeants de la firme. Il n’a que 34 ans. Son arrivée ouvre une période singulière dans l’histoire de la plus ancienne société cinématographique française : il veut conjuguer puissance industrielle, prestige culturel et audace artistique.

Sous son impulsion, Gaumont produit, coproduit ou distribue des films de cinéastes français et internationaux majeurs. Il défend Federico Fellini, Ettore Scola, Ingmar Bergman, Joseph Losey, Andrzej Wajda, Rainer Werner Fassbinder, Werner Herzog, Volker Schlöndorff, Maurice Pialat et André Téchiné. Il soutient des projets difficiles, parfois coûteux, qui n’obéissent pas aux seuls critères du succès immédiat. Pour lui, une grande compagnie doit permettre aux auteurs de réaliser des œuvres ambitieuses et faire rayonner la culture européenne.

Cette ligne donne naissance à une série de films marquants : Cousin, cousine de Jean-Charles Tacchella, Don Giovanni de Joseph Losey, La Cité des femmes de Fellini, Nosferatu, fantôme de la nuit de Herzog, ainsi que plusieurs œuvres de Maurice Pialat, dont À nos amours et Police. Toscan du Plantier devient une personnalité médiatique, reconnaissable à son enthousiasme, à son éloquence et à une manière passionnée de parler des films comme d’événements essentiels.

Le producteur des cinéastes et de l’opéra

Daniel Toscan du Plantier nourrit une véritable passion pour l’opéra. Don Giovanni, réalisé par Joseph Losey en 1979 d’après Mozart, incarne de façon spectaculaire cette rencontre entre cinéma et art lyrique. Tourné dans des décors vénitiens et palladiens, le film réunit Ruggero Raimondi, Kiri Te Kanawa, José van Dam et Teresa Berganza. Cette production internationale illustre son goût pour les projets qui dépassent les frontières et les catégories habituelles.

Il défend une idée exigeante mais non élitiste de la culture. Son ambition est de donner aux grands auteurs des moyens comparables à ceux du cinéma commercial, puis de faire circuler leurs œuvres dans le monde. Ce pari comporte des risques financiers et provoque des tensions. Après une décennie très féconde mais coûteuse, il quitte Gaumont en 1985. François Mitterrand lui rend alors un hommage devenu célèbre, soulignant qu’il n’était peut-être pas le seul responsable des pertes, mais qu’il était bien l’auteur des films.

Erato Films et l’indépendance retrouvée

À son départ de Gaumont, il prend la direction du label de musique classique Erato et de sa filiale Erato Films, qui deviendra Euripide Productions en 1997. Cette nouvelle structure lui permet de poursuivre une politique de cinéma d’auteur avec davantage d’indépendance. Il produit ou accompagne des œuvres de Maurice Pialat, Satyajit Ray, Souleymane Cissé, Frédéric Mitterrand, Pascal Thomas et Benoît Jacquot.

Parmi ces films figurent Sous le soleil de Satan, Palme d’or au Festival de Cannes en 1987, Van Gogh, Les Branches de l’arbre, Waati, Madame Butterfly, La Dilettante et Tosca. Sa filmographie révèle une curiosité peu commune : il passe de l’opéra au réalisme de Pialat, du cinéma indien de Satyajit Ray aux œuvres africaines de Souleymane Cissé, sans renoncer à une même exigence de mise en scène.

Un ambassadeur du cinéma français

En 1988, Daniel Toscan du Plantier devient président d’Unifrance Film International, organisme chargé de promouvoir le cinéma français dans le monde. Il occupe cette fonction jusqu’à sa mort. Il multiplie les déplacements, les festivals, les rencontres avec les distributeurs et les hommages aux artistes. Il organise des opérations aux États-Unis, au Japon, au Mexique et dans de nombreux pays, convaincu que la diversité culturelle se défend par la circulation concrète des œuvres.

Il préside aussi l’Académie des arts et techniques du cinéma, organisatrice des César, de 1992 à 2003, ainsi que la Cinémathèque de Toulouse. Sa présence dans ces institutions lui permet de soutenir les producteurs, de célébrer les cinéastes et de plaider pour l’exception culturelle française. À la télévision, ses interventions enthousiastes et parfois théâtrales font de lui l’un des rares producteurs connus du grand public. Les Inconnus le caricaturent ; il reprend avec humour l’un de leurs mots pour intituler son livre de souvenirs Bouleversifiant, publié en 1992.

Vie privée, drames et dernières années

La vie privée de Daniel Toscan du Plantier est étroitement liée au monde des arts. Il épouse notamment l’actrice Marie-Christine Barrault, puis la réalisatrice Francesca Comencini, Sophie Bouniol et Mélita Nikolic. Il est père de plusieurs enfants. En décembre 1996, sa troisième épouse, Sophie Toscan du Plantier, est assassinée près de sa maison en Irlande. Cette affaire criminelle, demeurée longtemps irrésolue et très médiatisée, marque profondément ses dernières années.

Malgré cette épreuve, il poursuit sans relâche son action au service du cinéma. Le 11 février 2003, alors qu’il assiste au Festival international du film de Berlin, il meurt brutalement d’un malaise cardiaque à l’âge de 61 ans. Une cérémonie est célébrée à l’église de la Madeleine à Paris avant son inhumation au Père-Lachaise. Sa mort, survenue au cœur d’un festival, semble presque résumer une existence entièrement consacrée aux films et à ceux qui les font.

Films majeurs produits ou soutenus

Parmi les œuvres associées à Daniel Toscan du Plantier figurent Cousin, cousine, Don Giovanni, La Cité des femmes, Nosferatu, fantôme de la nuit, À nos amours, Police, Sous le soleil de Satan, Van Gogh, Les Branches de l’arbre, Waati, Madame Butterfly, La Dilettante et Tosca. Cette liste témoigne de la diversité géographique et esthétique d’un producteur qui considérait le cinéma comme un art mondial.

Distinctions, fonctions et postérité

Daniel Toscan du Plantier fut président d’Unifrance de 1988 à 2003, président de l’Académie des arts et techniques du cinéma de 1992 à 2003 et président de la Cinémathèque de Toulouse. Plusieurs films qu’il produisit reçurent les plus hautes récompenses internationales, notamment la Palme d’or attribuée à Sous le soleil de Satan. En 2008, l’Académie des César créa le prix Daniel Toscan du Plantier, décerné chaque année à une productrice ou un producteur ayant marqué l’année cinématographique. Cet hommage perpétue la mémoire d’un homme qui transforma la fonction de producteur en engagement artistique et culturel.