Qui est Jean Topart ?
Nom complet : Jean Pierre Camille Henri Topart.
Naissance : 13 avril 1922 (Paris, France).
Mort : 29 décembre 2012 (Le Port-Marly, France) à 90 ans.
Activité principale : acteur de théâtre, de cinéma, de télévision et comédien de doublage.
Où se trouve la tombe de Jean Topart ?
Jean Topart repose au cimetière du Père-Lachaise, division 57, dans la chapelle familiale où est également inhumée sa sœur, la comédienne Lise Topart.

Le monument funéraire de Jean Topart au Père-Lachaise
La sépulture Topart est une chapelle funéraire en pierre, située avenue Neigre dans la 57e division. Sa façade, encadrée de pilastres, est surmontée d’un fronton triangulaire et fermée par une porte métallique ajourée. Le monument appartient au patrimoine funéraire protégé du Père-Lachaise et figure parmi les chapelles inscrites au titre des monuments historiques.

La chapelle réunit la mémoire de Jean Topart et de sa sœur cadette Lise Topart, prometteuse comédienne morte à seulement 24 ans dans l’accident aérien du vol Paris-Nice en 1952. Cette présence commune donne au monument une dimension familiale particulièrement émouvante : Jean Topart poursuivit pendant six décennies la vocation artistique que son aînée avait partagée avec lui, avant que sa carrière ne soit brutalement interrompue.


Biographie de Jean Topart
De la médecine au théâtre
Jean Topart naît le 13 avril 1922 dans le 20e arrondissement de Paris. Il commence des études de médecine, mais l’exemple de sa sœur Lise, déjà engagée dans le métier de comédienne, l’incite à se tourner vers la scène. Il se forme auprès de deux grandes figures du théâtre français, Berthe Bovy et Marie Ventura. Son apprentissage lui donne une solide maîtrise de la diction, du souffle et du texte, qualités qui deviendront les marques de son jeu comme de sa voix.
Pierre Fresnay lui offre l’une de ses premières chances importantes au Théâtre Antoine dans L’Écurie Watson, en 1948. Le jeune acteur révèle immédiatement une présence singulière : un visage grave, une silhouette élégante et surtout une voix profonde, incisive, capable de passer de la noblesse à l’ironie ou à la menace. Ces qualités le destinent aussi bien aux grands textes qu’aux personnages ambigus des feuilletons populaires.

Les grandes années du TNP de Jean Vilar
En 1955, Jean Topart rejoint la troupe du Théâtre national populaire dirigée par Jean Vilar. Le TNP entend alors rendre les grandes œuvres accessibles au plus large public, à Chaillot comme au Festival d’Avignon. Topart trouve dans cette aventure collective un cadre à la mesure de son exigence. Il participe aux créations majeures de la troupe et joue Shakespeare, Pirandello, Tchekhov, Kleist et Brecht auprès de comédiens tels que Gérard Philipe, Georges Wilson, Philippe Noiret ou Maria Casarès.
À Avignon, il se distingue dans Le Prince de Hombourg et Macbeth en 1956, puis dans Henri IV de Pirandello, Ce fou de Platonov, Le Songe d’une nuit d’été et Mère Courage et ses enfants. En 1960, il participe à La Résistible Ascension d’Arturo Ui de Bertolt Brecht, mise en scène par Jean Vilar et Georges Wilson. Ce répertoire exigeant révèle un interprète à la fois cérébral et charnel, précis dans la composition sans jamais sacrifier l’élan dramatique.
Son passage au TNP demeure le cœur de son identité artistique. Topart y apprend et y défend une conception du théâtre comme service public : le texte doit être clairement entendu, le spectacle partagé et l’acteur placé au service d’une œuvre collective. Même lorsqu’il s’éloigne ensuite de la troupe, cette discipline et cette haute idée du métier restent perceptibles dans chacun de ses rôles.
Un visage majeur de la télévision française
À partir des années 1960, Jean Topart devient une figure très familière du cinéma et surtout de la télévision. Claude Barma lui confie Le Bret dans Cyrano de Bergerac en 1960, aux côtés de Daniel Sorano. Le succès populaire arrive avec le feuilleton Rocambole de Jean-Pierre Decourt, diffusé en 1964 et 1965. Dans le rôle de Sir Williams, homme inquiétant et manipulateur, il impose une autorité qui marque durablement les téléspectateurs.
Il trouve en 1978 l’un de ses rôles les plus importants avec Émile Zola ou la Conscience humaine, mini-série de Stellio Lorenzi adaptée d’Armand Lanoux. Son interprétation de Zola met en valeur sa capacité à incarner la conviction intellectuelle et le courage civique sans emphase. La télévision lui permet ainsi d’alterner grands personnages historiques, adaptations littéraires et aventures destinées à un vaste public.
.jpg?width=800)
Au cinéma, des seconds rôles inoubliables
Jean Topart mène parallèlement une carrière cinématographique faite de rôles secondaires très caractérisés. Jean Renoir le dirige dans Le Testament du docteur Cordelier en 1959. Il apparaît ensuite dans Le Chevalier de Pardaillan, Angélique, marquise des anges, Roger la Honte, Coplan sauve sa peau, Maldonne et De la part des copains. Son visage sévère et sa diction raffinée lui valent fréquemment des personnages d’autorité, d’aristocrates, de savants ou d’adversaires inquiétants.
Dans les années 1980, Claude Chabrol l’emploie dans Poulet au vinaigre. Plus tard, Bertrand Blier lui offre une apparition dans Les Acteurs, sorti en 2000. Si le cinéma ne lui donne pas toujours les premiers rôles dont il aurait pu porter la complexité, Topart transforme souvent quelques scènes en moments mémorables.
Une voix entrée dans la mémoire collective
La voix de Jean Topart devient un patrimoine à elle seule. Grave, métallique et immédiatement reconnaissable, elle accompagne plusieurs générations d’auditeurs et de téléspectateurs. Il est le narrateur de Rémi sans famille et de Lady Oscar, prête sa voix à Zeus dans Ulysse 31 et raconte les séquences documentaires qui concluent les épisodes des Mystérieuses Cités d’or. Il double également Antonio Salieri, interprété par F. Murray Abraham, dans la version française d’Amadeus.
Sa voix est sollicitée pour des documentaires, des dramatiques radiophoniques, des publicités, des annonces et des créations sonores. Il incarne Léonard de Vinci dans une attraction du parc Mirapolis et intervient encore en 2006 comme narrateur du documentaire E. P. Jacobs : Blake ou Mortimer ?. Cette activité n’est pas un simple prolongement du doublage : Topart utilise la voix comme un instrument dramatique, faisant entendre la pensée, le mystère et la musique du texte.
Les dernières années et la postérité
Jean Topart épouse Suzanne Legoistre, avec laquelle il a deux filles. Il poursuit son travail avec discrétion, loin du vedettariat, tout en restant une référence pour les amateurs de théâtre et de fiction télévisée. Il meurt le 29 décembre 2012 au Port-Marly, dans les Yvelines, à l’âge de 90 ans. Il est inhumé auprès de Lise Topart au Père-Lachaise.
Sa disparition rappelle l’étendue d’une carrière qui relie le théâtre populaire de Jean Vilar, l’âge d’or des feuilletons télévisés, le cinéma d’auteur et les grandes séries d’animation. Jean Topart demeure un comédien remarquable par la continuité de son exigence. Pour beaucoup, quelques syllabes de sa voix suffisent encore à faire renaître un monde d’aventures, de littérature et de théâtre.
Théâtre, films et rôles marquants
Parmi ses grands rôles de théâtre figurent Le Prince de Hombourg, Macbeth, Henri IV, Ce fou de Platonov, Le Songe d’une nuit d’été, Mère Courage et ses enfants et La Résistible Ascension d’Arturo Ui. À l’écran, on retient notamment Cyrano de Bergerac, Rocambole, Émile Zola ou la Conscience humaine, Le Testament du docteur Cordelier, Angélique, marquise des anges, Poulet au vinaigre et Les Acteurs.
Voix, héritage et distinctions
Son travail vocal reste associé à Rémi sans famille, Ulysse 31, Lady Oscar, Les Mystérieuses Cités d’or et Amadeus. Les sources consultées ne font pas apparaître de grande décoration officielle personnelle solidement documentée. Sa reconnaissance tient surtout à son appartenance à la troupe historique du TNP, à l’importance de ses interprétations télévisées et à une voix devenue l’une des plus célèbres du paysage audiovisuel français.