Qui est Edmond du Sommerard ?
Nom complet : Edmond du Sommerard.
Naissance : 27 avril 1817 (Paris, France).
Mort : 5 février 1885 (Paris, France) à 67 ans.
Activités : Conservateur de musée, historien de l’art, peintre et lithographe.
Fonction majeure : Premier conservateur du musée de Cluny et organisateur des sections françaises de plusieurs expositions internationales.
Où se trouve la tombe d’Edmond du Sommerard ?

La tombe d’Edmond du Sommerard se trouve dans la division 41 du cimetière du Père-Lachaise.
Le monument funéraire d’Edmond du Sommerard au Père-Lachaise
La sépulture d’Edmond du Sommerard, située dans la 41e division du Père-Lachaise, est formée d’une longue dalle de pierre prolongée par une haute stèle verticale. Celle-ci repose sur un soubassement à plusieurs degrés et se termine par un sommet en forme de fronton très simple.
La face principale porte plusieurs inscriptions funéraires gravées consacrées à la famille du Sommerard. On y lit notamment le nom d’Edmond du Sommerard ainsi que celui de son épouse, Pauline Henriette Florentine Defontaine. Les inscriptions sont disposées en deux colonnes, donnant à la stèle un aspect très ordonné.
La partie supérieure du monument est ornée d’un motif végétal sculpté très discret. La pierre, fortement patinée et couverte par endroits de mousse et de lichens, accentue le caractère ancien de cette sépulture familiale. L’ensemble demeure sobre, avec une composition essentiellement fondée sur la grande stèle, les inscriptions et la longue dalle qui s’étend devant elle.

Le monument abrite également des membres de sa famille, notamment son frère Pierre-Alexandre et son épouse Pauline Henriette Florentine Defontaine.

Les détails sculptés et la silhouette de l’édicule traduisent le goût historiciste du XIXe siècle. Ils donnent à la tombe une cohérence particulière avec l’œuvre d’Edmond du Sommerard, consacrée à la conservation et à la mise en valeur des arts médiévaux.
Biographie d’Edmond du Sommerard
Edmond du Sommerard naît à Paris le 27 avril 1817. Il grandit au contact direct des objets d’art et de l’archéologie médiévale. Son père, Alexandre du Sommerard, rassemble dans l’hôtel de Cluny une collection exceptionnelle de sculptures, tapisseries, meubles, émaux et manuscrits. Cette maison-musée, ouverte aux artistes et aux érudits, constitue pour le jeune Edmond une véritable école du regard.
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L’héritier d’Alexandre du Sommerard
Edmond reçoit une formation artistique et pratique la peinture ainsi que la lithographie. Mais la disparition de son père, en 1842, détermine l’orientation de sa vie. L’État acquiert l’hôtel de Cluny et la collection familiale afin de créer un musée national consacré aux arts du Moyen Âge et de la Renaissance. En 1843, Edmond devient le premier conservateur de cette institution nouvelle.
Il ne se contente pas de préserver l’héritage paternel. Il organise les salles, classe les œuvres, rédige les catalogues et développe une politique d’acquisition ambitieuse. La collection initiale, qui comptait environ 1 400 objets, dépasse les 10 000 pièces sous sa direction. Il fait du musée un lieu de recherche, d’enseignement et de plaisir esthétique, fréquenté par les historiens, les artistes et un public de plus en plus nombreux.

Le bâtisseur du musée de Cluny
À une époque où la muséographie est encore en formation, Edmond du Sommerard cherche à replacer les objets dans un environnement intelligible. Les œuvres ne sont pas seulement alignées comme des curiosités : elles sont rapprochées par époque, technique et usage. Le cadre de l’hôtel médiéval renforce cette volonté de rendre sensible la civilisation dont elles proviennent.
Il poursuit et achève la publication monumentale entreprise par son père, Les Arts au Moyen Âge, parue de 1838 à 1846. Ses catalogues du musée deviennent des instruments de référence. Son activité contribue à donner aux arts décoratifs — longtemps jugés mineurs — une place essentielle dans l’histoire de l’art.
Des acquisitions devenues emblématiques
Parmi les acquisitions majeures réalisées sous son administration figure la tenture de La Dame à la licorne. Découverte au château de Boussac et rendue célèbre par Prosper Mérimée et George Sand, elle entre au musée en 1882. Cet ensemble de six tapisseries devient l’un des chefs-d’œuvre les plus célèbres de Cluny et un symbole international de l’art de la fin du Moyen Âge.

Il enrichit également les collections avec les tapisseries de la Vie seigneuriale et de la Vie et légende de saint Étienne. Ces achats témoignent d’un goût sûr et d’une vision durable : réunir des ensembles capables de raconter la société médiévale, ses croyances, ses gestes et ses formes de représentation.
Un expert des expositions universelles
La compétence d’Edmond du Sommerard dépasse les murs du musée. Il participe au jury de la Grande Exposition de Londres en 1851, installée dans le Crystal Palace. Il intervient ensuite dans les expositions de Paris en 1855 et 1867, ainsi qu’à Londres en 1862. Ces manifestations confrontent arts, techniques et industries de nations entières ; elles jouent un rôle majeur dans la diffusion des modèles et dans la naissance des arts décoratifs modernes.

Après 1870, il reçoit la responsabilité des sections françaises dans plusieurs expositions internationales, notamment à Londres, Vienne et Philadelphie. De 1871 à 1878, il coordonne la présence française dans un contexte de reconstruction nationale. Son expérience des collections, des métiers d’art et de la présentation au public en fait un organisateur recherché.

La défense des monuments et des arts décoratifs
Membre de la Commission des monuments historiques à partir de 1846, puis vice-président, il participe au grand mouvement de sauvegarde du patrimoine français. Il travaille dans le même univers intellectuel que Prosper Mérimée et Eugène Viollet-le-Duc. En 1880, il organise d’ailleurs une exposition rétrospective consacrée à Viollet-le-Duc, récemment disparu.
En 1877, il figure parmi les fondateurs de l’Union centrale des arts décoratifs. L’objectif est de rapprocher artistes, artisans et industriels, de développer l’enseignement du dessin et de renouveler la production française. Cette initiative prolonge directement son travail au musée de Cluny : les chefs-d’œuvre du passé doivent nourrir la création contemporaine plutôt que rester de simples vestiges.
Académicien et serviteur des artistes
Edmond du Sommerard est élu en 1882 membre libre de l’Académie des beaux-arts. Il préside de 1879 à sa mort l’Association des artistes, connue aujourd’hui comme la Fondation Taylor, qui apporte une aide concrète aux créateurs. Cette fonction révèle une autre dimension de son engagement : au-delà des objets anciens, il se préoccupe de la condition matérielle des artistes vivants.
Il meurt à Paris le 5 février 1885. Pendant plus de quarante ans, il aura transformé la collection intime de son père en une grande institution nationale. Son nom reste attaché au musée de Cluny, à la reconnaissance des arts décoratifs et à la construction d’une politique française du patrimoine.
Œuvres principales
- Les Arts au Moyen Âge, continuation et achèvement de l’ouvrage d’Alexandre du Sommerard (1838-1846).
- Catalogue et description des objets d’art de l’Antiquité, du Moyen Âge et de la Renaissance exposés au musée de Cluny.
- Catalogues, rapports et notices consacrés aux collections médiévales et aux expositions internationales.
- Œuvres graphiques, peintures et lithographies conservées dans plusieurs collections publiques.
Distinctions et fonctions
- Premier conservateur du musée de Cluny, de 1843 à 1885.
- Membre puis vice-président de la Commission des monuments historiques.
- Membre libre de l’Académie des beaux-arts, élu en 1882.
- Président de l’Association des artistes (Fondation Taylor), de 1879 à 1885.
- Cofondateur de l’Union centrale des arts décoratifs en 1877.
- Grand officier de la Légion d’honneur en 1873, après avoir été nommé commandeur en 1867.
- Organisateur et juré de nombreuses expositions universelles et internationales.