Qui est Eugène Spuller ?
Nom complet : Séraphin Jacques Eugène Spuller.
Naissance : 8 décembre 1835 (Seurre, France).
Mort : 23 juillet 1896 (Sombernon, France) à 60 ans.
Activités : Avocat, journaliste, écrivain et homme politique français.
Notoriété : Proche collaborateur de Léon Gambetta, député, sénateur et plusieurs fois ministre sous la Troisième République.
Où se trouve la tombe d’Eugène Spuller ?

La tombe d’Eugène Spuller se trouve dans la division 65 du cimetière du Père-Lachaise.
Le monument funéraire d’Eugène Spuller au Père-Lachaise

La sépulture d’Eugène Spuller, située dans la 65e division du Père-Lachaise, est organisée autour d’un haut piédestal de pierre surmonté du buste de l’homme politique. Cette disposition donne au monument une forte verticalité et place immédiatement son portrait au centre de la composition.
À la base du piédestal se trouve un groupe sculpté par Paul Gasq. Une grande figure féminine drapée, allégorie de la République, accompagne un jeune garçon tenant un livre ou un cahier. Cette scène évoque directement l’importance accordée à l’instruction et à la transmission du savoir dans la carrière de Spuller.
Le buste, traité de manière réaliste, domine l’ensemble avec une expression grave. Inauguré en 1901, le monument associe ainsi portrait officiel et sculpture allégorique, faisant de la tombe un véritable hommage public à l’ancien ministre de l’Instruction publique et à son engagement républicain.


Biographie d’Eugène Spuller
Eugène Spuller naît le 8 décembre 1835 à Seurre, en Côte-d’Or, dans une famille d’agriculteurs et de commerçants. Son père, originaire du pays de Bade, s’est établi en Bourgogne. Élevé d’abord à la campagne auprès de son grand-père, l’enfant rejoint à douze ans le lycée de Dijon. Cette double expérience, rurale puis scolaire, nourrit chez lui une attention durable aux réalités provinciales et à l’éducation.

Du droit au journalisme politique
Après ses études secondaires, Spuller suit les cours de la faculté de droit. Reçu avocat, il s’inscrit au barreau de Paris en 1862. Au Palais de justice, il rencontre Léon Gambetta, plus jeune que lui de quelques années. Les deux hommes partagent une même opposition au Second Empire et une conception militante du métier d’avocat. Ils plaident notamment dans l’affaire dite du complot des Cinquante-quatre, qui les rapproche durablement.
Spuller comprend cependant que la presse offre une tribune plus large que le prétoire. Correspondant de L’Europe de Francfort en 1866, il collabore ensuite au Nain jaune, au Journal de Paris, à l’Encyclopédie générale et à la Revue politique. Il s’intéresse particulièrement à l’histoire et à la politique allemandes, domaine dans lequel ses origines familiales et sa connaissance du pays lui donnent une réelle compétence.

Aux côtés de Gambetta pendant la guerre de 1870
La chute du Second Empire, après la défaite de Sedan, ouvre une période décisive. Le 4 septembre 1870, la République est proclamée. Paris est bientôt assiégé par les armées prussiennes. Le gouvernement de la Défense nationale doit maintenir le contact avec la province et organiser la résistance. Le 7 octobre, Gambetta quitte Paris en ballon monté à bord de l’Armand-Barbès ; Spuller l’accompagne.
Le vol est périlleux. Pris sous le feu ennemi, le ballon finit par atterrir près d’Épineuse, dans l’Oise. De là, les deux hommes gagnent Tours, où siège la délégation gouvernementale. Spuller devient le collaborateur quotidien de Gambetta : il participe à la rédaction des proclamations, à la circulation des informations et à l’effort politique destiné à mobiliser le pays. Cette aventure forge son image de fidèle lieutenant du chef républicain.

La République française et le combat républicain
Après la guerre, Spuller contribue à fonder avec Gambetta le quotidien La République française, dont il devient l’un des principaux rédacteurs puis le directeur. Le journal défend une République parlementaire, laïque et réformatrice. Dans une France encore divisée entre monarchistes, bonapartistes et républicains, il mène par ses articles un travail constant de pédagogie politique.
En décembre 1872, il lance une pétition en faveur de la dissolution de l’Assemblée nationale dominée par les conservateurs. L’initiative rassemble plus d’un million de signatures. Spuller s’affirme comme un organisateur méthodique, moins flamboyant que Gambetta mais essentiel à la construction du réseau républicain. Il associe réflexion doctrinale, action électorale et connaissance précise de la presse.
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Député de Paris puis de la Côte-d’Or
Élu député du 3e arrondissement de Paris en 1876, Eugène Spuller siège dans les rangs de l’Union républicaine. Il est réélu en 1877 après la crise du 16 Mai, puis en 1881. À la Chambre, il intervient sur les questions institutionnelles, budgétaires, scolaires et économiques. Son éloquence est réputée claire et précise ; sa connaissance des dossiers en fait un parlementaire de travail autant qu’un porte-parole du gambettisme.
Lorsque Gambetta forme son gouvernement en novembre 1881, Spuller devient sous-secrétaire d’État à la présidence du Conseil et aux Affaires étrangères. Le « grand ministère » ne dure que quelques semaines, mais cette fonction confirme sa place au premier rang des républicains. Après la mort de Gambetta en 1882, il s’efforce de maintenir sa famille politique et de défendre une République modérée capable de rassembler.
En 1885, il quitte la circonscription parisienne pour représenter la Côte-d’Or. Réélu en 1889, il retrouve ainsi le département de son enfance. Il devient vice-président de la Chambre et participe à plusieurs commissions importantes, notamment sur le budget et les enquêtes économiques et agricoles.
Ministre de l’Instruction publique et des Affaires étrangères
En 1887, dans le gouvernement de Maurice Rouvier, Spuller reçoit le portefeuille de l’Instruction publique, des Cultes et des Beaux-Arts. Il retrouve ce ministère de décembre 1893 à mai 1894 dans le gouvernement de Jean Casimir-Perier. Il défend l’école républicaine, la culture et les institutions artistiques, tout en cherchant à apaiser les conflits religieux qui traversent le pays.
Entre février 1889 et mars 1890, il est ministre des Affaires étrangères dans le second cabinet de Pierre Tirard. Son passage au Quai d’Orsay coïncide avec l’Exposition universelle de 1889 et avec la crise boulangiste. La diplomatie française cherche alors à sortir de son isolement sans précipiter une confrontation avec l’Allemagne. Spuller adopte une ligne prudente, fidèle à son tempérament de républicain de gouvernement.
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Le « nouvel esprit » et la fin de carrière
Son second passage à l’Instruction publique reste associé au discours prononcé à la Chambre le 3 mars 1894. Spuller y appelle à un « esprit nouveau » dans les rapports entre la République et les catholiques ralliés au régime. Il ne renonce pas au principe de laïcité, mais souhaite distinguer le combat contre les adversaires politiques de la République d’une hostilité générale envers les croyants. Cette orientation suscite des critiques parmi les républicains anticléricaux.
Élu sénateur de la Côte-d’Or en 1892, il conserve son mandat jusqu’à sa mort. Parallèlement, il publie des études historiques, politiques et religieuses. Ses portraits de contemporains, son histoire parlementaire de la Seconde République et ses livres sur Lamennais ou Royer-Collard témoignent d’une volonté de comprendre les traditions intellectuelles qui ont préparé la République.
Affaibli par une longue maladie, Eugène Spuller se retire à Sombernon, en Côte-d’Or, où il meurt le 23 juillet 1896 à l’âge de 60 ans. Son parcours relie le barreau d’opposition du Second Empire, la Défense nationale, la presse gambettiste et les gouvernements de la Troisième République. Son inhumation au Père-Lachaise, puis l’érection du monument de Paul Gasq, consacrent la mémoire d’un homme qui fit de l’écriture et de l’éducation des instruments de l’action publique.
Œuvres principales
- Petite histoire du Second Empire (1870).
- Figures disparues, portraits contemporains, littéraires et politiques (1886-1891).
- Histoire parlementaire de la Seconde République, suivie d’une petite histoire du Second Empire (1891).
- Lamennais : étude d’histoire politique et religieuse (1892).
- L’Évolution politique et sociale de l’Église (1893).
- Royer-Collard (1895).
- Hommes et choses de la Révolution (1896).
Distinctions et fonctions
- Député de la Seine de 1876 à 1885.
- Député de la Côte-d’Or de 1885 à 1892.
- Sénateur de la Côte-d’Or de 1892 à 1896.
- Sous-secrétaire d’État à la présidence du Conseil et aux Affaires étrangères (1881-1882).
- Ministre de l’Instruction publique, des Cultes et des Beaux-Arts en 1887 puis de 1893 à 1894.
- Ministre des Affaires étrangères de 1889 à 1890.
- Vice-président de la Chambre des députés.
- Officier de la Légion d’honneur.