Catégories
Tombe

SIGNAC Paul

Qui est Paul Signac ?

Nom complet : Paul Victor Jules Signac.
Naissance : 11 novembre 1863 (Paris, France).
Mort : 15 août 1935 (Paris, France) à 71 ans.
Activités : peintre, aquarelliste, dessinateur, lithographe, écrivain d’art et navigateur.
Notoriété : cofondateur du néo-impressionnisme avec Georges Seurat, théoricien de la couleur et président de la Société des artistes indépendants.

Où se trouve la tombe de Paul Signac ?

La tombe de Paul Signac se trouve dans la division 67 du cimetière du Père-Lachaise. Il repose dans la sépulture familiale Signac.

Plan du cimetière du Père-Lachaise indiquant la division 67

Le monument funéraire de Paul Signac au Père-Lachaise

La sépulture de Paul Signac, située dans la 67e division du Père-Lachaise, est un monument familial en pierre composé d’une longue dalle horizontale et d’une haute stèle verticale terminée par un fronton triangulaire.

La face principale porte en grandes lettres l’inscription « FAMILLE SIGNAC ». Plusieurs membres de la famille y sont mentionnés, notamment les parents du peintre, Jules Jean Baptiste Signac et Héloïse Deudon. Le nom de Paul Signac, 1863-1935, apparaît sur une plaque claire fixée au centre du monument.

La stèle mentionne également Ginette Cachin Signac, fille du peintre, ainsi que Françoise Cachin Liebert, historienne de l’art et première directrice du musée d’Orsay. L’ensemble forme ainsi une véritable sépulture familiale, où les inscriptions occupent l’essentiel de la composition et retracent plusieurs générations autour de Paul Signac.

Vue générale de la tombe familiale de Paul Signac au Père-Lachaise
Vue générale de la sépulture Signac. Photo : Pierre-Yves Beaudouin / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.
Inscriptions de la tombe de Paul Signac au Père-Lachaise
Détail des inscriptions familiales. Photo : Pierre-Yves Beaudouin / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.
Tombe de Paul Signac dans la division 67 du Père-Lachaise
La tombe de Paul Signac dans son environnement. Photo : ManoSolo13241324 / Wikimedia Commons, CC0.

Biographie de Paul Signac

Paul Signac naît le 11 novembre 1863 à Paris dans une famille de commerçants aisés. Enfant unique, il grandit au cœur d’une capitale où la peinture moderne bouleverse les habitudes. Son père dirige une maison de sellerie réputée près de la rue Vivienne. Sa mort, en 1880, laisse à son fils une situation assez confortable pour choisir librement sa voie et se consacrer à l’art.

Le choix de la peinture

Signac commence des études d’architecture, mais les abandonne rapidement. La découverte des impressionnistes agit comme une révélation. Une exposition de Claude Monet lui montre qu’un tableau peut traduire les vibrations de la lumière et l’expérience immédiate du paysage. Il se forme en grande partie seul, observe Monet, Manet, Caillebotte et Degas, et fréquente brièvement l’atelier d’Émile Bin à Montmartre.

Ses premiers motifs sont Paris, Asnières et les berges de la Seine. Il peint en plein air avec une touche encore impressionniste. Armand Guillaumin remarque son travail et l’encourage. L’absence de formation académique nourrit chez Signac une curiosité technique et un refus durable des institutions officielles qui sélectionnent les artistes selon les règles du Salon.

Paul Signac peignant devant son chevalet en 1923
Paul Signac devant son chevalet en 1923. Agence Meurisse / BnF / Wikimedia Commons, domaine public.

La Société des artistes indépendants

En 1884, il participe au premier Salon des artistes indépendants avec Le Soleil au pont d’Austerlitz et L’Hirondelle au Pont-Royal. Il compte parmi les fondateurs de la Société des artistes indépendants avec Georges Seurat, Odilon Redon et Albert Dubois-Pillet. La devise « Sans jury ni récompense » affirme que chaque artiste doit pouvoir exposer sans passer par une académie.

La nouvelle structure devient un laboratoire des avant-gardes. Signac y rencontre Seurat, qui étudie une méthode fondée sur la juxtaposition de petites touches de couleurs pures destinées à se recomposer dans l’œil. Signac abandonne progressivement la touche impressionniste et adopte cette démarche divisionniste, qu’il contribuera à faire connaître bien au-delà du cercle initial.

Avec Seurat, le néo-impressionnisme

Les deux peintres s’appuient sur les recherches scientifiques concernant les contrastes simultanés, notamment celles de Michel-Eugène Chevreul, Ogden Rood et Charles Henry. Ils évitent de mélanger systématiquement les pigments sur la palette et posent côte à côte des touches distinctes dont les rapports produisent luminosité et intensité. Félix Fénéon nomme bientôt « néo-impressionnisme » ce mouvement qui unit sensation colorée et construction rigoureuse.

En 1886, Signac participe à la huitième et dernière exposition impressionniste, où Seurat présente Un dimanche après-midi à l’Île de la Grande Jatte. Camille Pissarro expérimente lui aussi la division des tons. Les tableaux de Signac consacrés aux zones industrielles de Clichy et d’Asnières démontrent que cette méthode peut renouveler le paysage moderne aussi bien que les scènes maritimes.

Cercle chromatique de Charles Henry lié aux recherches de Paul Signac
Application du cercle chromatique de Charles Henry, associé aux recherches de Signac. Imprimerie Eugène Verneau / Wikimedia Commons, CC0.

Félix Fénéon et les compagnons de route

Signac se lie avec Félix Fénéon, critique, éditeur et militant anarchiste. Son portrait de 1890 place Fénéon devant un spectaculaire tourbillon de formes et de couleurs. Le titre volontairement démesuré, Opus 217. Sur l’émail d’un fond rythmique de mesures et d’angles, de tons et de teintes, portrait de M. Félix Fénéon en 1890, associe humour, précision et théorie chromatique.

Autour de Signac et Seurat se réunissent Henri-Edmond Cross, Maximilien Luce, Charles Angrand et plusieurs artistes belges. Signac expose à Bruxelles avec le groupe des XX et noue des relations européennes. Son tempérament sociable et sa générosité envers les jeunes peintres compensent le caractère plus réservé de Seurat. Après la mort de ce dernier en 1891, il devient le principal défenseur du mouvement.

Portrait de Félix Fénéon peint par Paul Signac en 1890
Portrait de Félix Fénéon, 1890, Museum of Modern Art. Paul Signac / Wikimedia Commons, domaine public.

La mer et Saint-Tropez

Passionné de navigation, Signac possède successivement de nombreux bateaux. La mer est pour lui un véritable atelier mobile. Elle lui permet de parcourir les côtes françaises, hollandaises et méditerranéennes, d’étudier les variations du ciel et de l’eau et de renouveler ses cadrages. Il attribue volontiers à ses tableaux des numéros d’« opus », comme si les accords colorés formaient une composition musicale.

En 1892, il rejoint Saint-Tropez à bord de son yacht L’Olympia. Séduit par le port, il achète la villa La Hune et y installe son atelier. Cross vit non loin ; Signac invite Matisse, Marquet, Derain et d’autres peintres. Saint-Tropez devient grâce à ces échanges un foyer majeur de la peinture moderne et de la libération de la couleur, rôle que rappelle aujourd’hui le musée de l’Annonciade.

Le Port de Saint-Tropez peint par Paul Signac
Le Port de Saint-Tropez, Paul Signac. National Museum of Western Art, Tokyo / Wikimedia Commons, domaine public.

L’engagement libertaire

Signac est proche du mouvement anarchiste et collabore à des publications libertaires, notamment Les Temps nouveaux de Jean Grave. Il soutient financièrement certaines initiatives et fréquente des écrivains engagés. Son anarchisme s’exprime aussi dans sa défense de la liberté artistique, son refus des jurys et sa conception d’une communauté d’individus autonomes.

Entre 1893 et 1895, il peint Au temps d’harmonie, sous-titré « L’âge d’or n’est pas dans le passé, il est dans l’avenir ». Dans un paysage méditerranéen, des personnages travaillent, lisent, jouent et se reposent sans hiérarchie apparente. La toile propose une vision sensible d’une société pacifiée, fondée sur l’équilibre entre activité, loisir, culture et nature.

Au temps d’harmonie peint par Paul Signac entre 1893 et 1895
Au temps d’harmonie, 1893-1895, mairie de Montreuil. Paul Signac / Wikimedia Commons, domaine public.

Le théoricien de la couleur

Après Seurat, Signac entreprend d’expliquer leur recherche commune. Son essai D’Eugène Delacroix au néo-impressionnisme, publié en 1899, relie la couleur de Delacroix aux expériences impressionnistes puis divisionnistes. Il expose les principes de séparation des couleurs, le rôle des complémentaires et l’importance d’une touche proportionnée au format du tableau.

Le livre influence les jeunes artistes. Les fauves y trouvent une justification de la couleur pure ; Matisse expérimente la méthode divisionniste. En Italie, d’autres peintres développent leurs propres solutions. Signac n’impose pourtant pas une recette fixe : sa touche s’élargit avec le temps et prend souvent l’apparence de petites mosaïques, donnant à la surface une force graphique immédiatement reconnaissable.

Aquarelles et ports de France

L’aquarelle devient une part essentielle de son œuvre. Rapide à utiliser depuis un quai ou le pont d’un bateau, elle lui permet de noter les silhouettes des navires, les effets atmosphériques et l’architecture portuaire. Ses feuilles combinent un dessin ferme au crayon et des touches transparentes largement espacées qui laissent respirer le papier.

En 1929, avec le soutien du collectionneur Gaston Lévy, Signac entreprend une vaste série des ports de France. Il voyage de la Manche à la Méditerranée. La Rochelle, Marseille, Saint-Malo, Concarneau et Ajaccio rejoignent une géographie picturale commencée plusieurs décennies auparavant. Mâts, voiles et reflets deviennent l’armature rythmique de compositions lumineuses.

Entrée du port de La Rochelle peinte par Paul Signac en 1921
Entrée du port de La Rochelle, 1921, musée d’Orsay. Paul Signac / Wikimedia Commons, domaine public.

Président des Indépendants

Signac devient président de la Société des artistes indépendants en 1908 et conserve cette fonction presque sans interruption jusqu’à sa mort. Il protège l’ouverture du Salon, même lorsque les œuvres exposées s’éloignent de ses goûts. En 1911, il permet aux cubistes de se regrouper dans une même salle, donnant une visibilité spectaculaire à un mouvement encore contesté.

Collectionneur attentif et organisateur influent, il acquiert tôt des œuvres de Cézanne, Monet, Seurat et Van Gogh. Il aide les artistes qu’il estime et entretient une vaste correspondance. Nommé peintre officiel de la Marine en 1915, il est profondément marqué par la Première Guerre mondiale, qui fragilise son optimisme politique et ralentit son activité.

Lithographie du port de Saint-Tropez par Paul Signac
Saint-Tropez : le port, lithographie de 1897-1898. National Gallery of Art / Wikimedia Commons, domaine public.

Vie familiale et dernières années

Paul Signac épouse Berthe Roblès en 1892. À partir de 1910, il se lie avec Jeanne Selmersheim-Desgrange, elle-même artiste ; leur fille Ginette naît en 1913. Signac reconnaît l’enfant et reste en relation avec Berthe. Dans les années 1920 et 1930, il poursuit ses voyages et ses aquarelles malgré une santé moins robuste.

Il meurt à Paris le 15 août 1935 et est inhumé dans le caveau familial du Père-Lachaise. Son apport dépasse le pointillisme entendu comme simple technique. Il conçoit la surface comme un ensemble organisé où chaque touche possède forme, direction et valeur propre tout en participant à une harmonie générale. Ses peintures, aquarelles et écrits transmettent cette pensée aux fauves, aux décorateurs, aux affichistes et à plusieurs générations de graphistes.

Voyages européens et rayonnement international

Le parcours de Signac ne se limite pas aux côtes françaises. Il séjourne en Bretagne, visite l’Italie dès 1890 et travaille à Gênes, Florence et Naples. Il se rend aussi aux Pays-Bas, où les canaux, les grands ciels et l’activité des ports lui offrent de nouveaux rapports entre architecture, eau et lumière. Rotterdam, Venise et Constantinople enrichissent à leur tour son répertoire. Dans ces villes, il ne cherche pas la description topographique exacte : il sélectionne les lignes des quais, la verticalité des mâts et les masses des bâtiments afin de construire un équilibre coloré.

Ses expositions internationales renforcent sa réputation. Présent à Bruxelles auprès des XX, puis dans les galeries européennes, il trouve des amateurs en Allemagne, en Belgique et en Russie. Les marchands lui consacrent des expositions personnelles au début du XXe siècle. Cette reconnaissance ne le détourne pas de l’aquarelle, souvent moins spectaculaire mais essentielle à son travail. Elle devient un espace de recherche autonome, où le blanc du papier participe pleinement à la lumière.

Un collectionneur au regard indépendant

Signac constitue très jeune une collection qui reflète ses amitiés et ses convictions. Il achète des œuvres de Monet, Cézanne, Degas, Van Gogh, Toulouse-Lautrec, Cross et Seurat, parfois avant que leur valeur ne soit reconnue. Collectionner représente pour lui une forme de soutien concret. Il échange des tableaux avec ses proches, conseille des amateurs et défend les créateurs qu’il juge novateurs, sans exiger qu’ils suivent le néo-impressionnisme.

Cette ouverture explique son rôle singulier entre plusieurs générations. Signac demeure fidèle à la division des tons, mais il accueille les expériences fauves puis cubistes au Salon des Indépendants. Il sait distinguer ses préférences personnelles de la liberté collective qu’il défend. Son action institutionnelle a ainsi compté autant que ses théories : en maintenant un lieu d’exposition sans jury, il a offert aux nouvelles formes graphiques et picturales un accès direct au public.

Œuvres majeures et écrits

  • Les Gazomètres. Clichy, 1886.
  • Portrait de Félix Fénéon, 1890.
  • Femmes au puits, 1892.
  • Au temps d’harmonie, 1893-1895.
  • Le Port de Saint-Tropez, plusieurs versions.
  • Entrée du port de La Rochelle, 1921.
  • D’Eugène Delacroix au néo-impressionnisme, 1899.
  • Série des ports de France, commencée en 1929.

Fonctions et distinctions

  • Cofondateur de la Société des artistes indépendants en 1884.
  • Président de cette société de 1908 à 1935, presque sans interruption.
  • Membre associé du groupe bruxellois Les XX.
  • Peintre officiel de la Marine à partir de 1915.
  • Commandeur de la Légion d’honneur.