Qui est Marie Rôze ?
Nom complet : Marie Hippolyte Ponsin.
Nom de scène : Marie Rôze.
Naissance : 2 mars 1846 (Paris, France).
Mort : 21 juin 1926 (Courbevoie, France) à 80 ans.
Activité principale : Artiste lyrique, soprano et professeure de chant.
Notoriété : Grande interprète franco-britannique de l’opéra romantique, applaudie à Paris, Londres et aux États-Unis.
Où se trouve la tombe de Marie Rôze ?
Marie Rôze repose au cimetière du Père-Lachaise, division 58, à Paris. Sa sépulture rappelle une carrière internationale menée entre l’Opéra-Comique, l’Opéra de Paris, les grandes scènes britanniques et les tournées américaines.

Le monument funéraire de Marie Rôze au Père-Lachaise
Le monument se compose d’une stèle de pierre surmontée d’un buste sculpté de la cantatrice. Le portrait, placé en hauteur, donne à l’ensemble l’allure d’un hommage public tout en conservant la sobriété d’une sépulture familiale. Une inscription rappelle clairement sa double appartenance à l’Opéra et à l’Opéra-Comique : « À la douce mémoire de Marie Rôze de l’Opéra et de l’Opéra-Comique, 1846-1926 ».


Biographie de Marie Rôze
Marie Hippolyte Ponsin naît à Paris le 2 mars 1846. Très jeune, elle reçoit une éducation qui prépare sans le savoir sa future carrière internationale : envoyée en Angleterre vers l’âge de douze ans, elle y séjourne deux années et acquiert une maîtrise de l’anglais rare parmi les chanteuses françaises de sa génération. Revenue à Paris, elle se forme auprès du ténor et pédagogue Joseph-Antoine-Charles Mocker, puis au Conservatoire de Paris sous l’autorité de Daniel-François-Esprit Auber. En 1865, elle y remporte deux prix. Sa voix de soprano, son articulation et ses qualités dramatiques lui ouvrent aussitôt les portes de la scène.

Les débuts à l’Opéra-Comique
Le 16 août 1865, Marie Rôze fait ses débuts à l’Opéra-Comique dans le rôle-titre de Marie, opéra d’Hérold. Elle n’a que dix-neuf ans. Elle demeure environ trois saisons dans la troupe et s’impose rapidement dans un répertoire où le chant doit rester étroitement lié au jeu théâtral. Le 15 février 1868, elle crée le rôle de Djalma dans Le Premier Jour de bonheur d’Auber, sur un livret d’Adolphe d’Ennery et Eugène Cormon. Cette création est l’un des jalons importants de sa première carrière parisienne. Elle crée également Jeanne dans L’Ombre de Friedrich von Flotow en 1870.

Pendant la guerre franco-prussienne de 1870-1871, elle reste en France et participe à des actions de secours. Après le conflit, elle paraît à l’Opéra de Paris, notamment dans Faust de Gounod. Le rôle de Marguerite devient l’une de ses grandes cartes de visite. Sa réputation dépasse désormais le cadre parisien et attire les directeurs étrangers.
Une vedette de Londres et de la troupe Carl Rosa
Marie Rôze se produit pour la première fois sur une grande scène londonienne le 30 avril 1872, au Theatre Royal de Drury Lane, dans Marguerite de Faust. Son anglais courant facilite son intégration dans la vie musicale britannique. À partir de 1876, elle devient l’une des figures essentielles de la Carl Rosa Opera Company, compagnie qui défend l’opéra chanté en anglais et porte le répertoire dans de nombreuses villes du Royaume-Uni et d’Écosse.

Son répertoire est vaste : Marguerite dans Faust, Carmen, Elsa dans Lohengrin, Leonora dans La Favorite, ainsi que Manon. En 1885, elle participe à la première représentation britannique en anglais de Manon de Massenet avec la troupe Carl Rosa. Son interprétation de Carmen connaît un succès durable ; elle chante ce rôle des centaines de fois et contribue à populariser l’œuvre auprès du public anglophone. Marie Rôze avait été envisagée pour créer Carmen à Paris, mais elle ne participa finalement pas à la première de 1875 ; les récits anciens divergent sur les raisons précises de cette absence.

Les tournées américaines
La soprano traverse également l’Atlantique. Avec la compagnie de Max Strakosch, elle fait ses débuts américains à Philadelphie le 8 janvier 1878 dans le rôle de Leonora de La Favorite de Donizetti. Elle se produit ensuite dans plusieurs villes des États-Unis. Entre 1883 et 1889, les tournées de la Carl Rosa Opera Company renforcent encore sa renommée américaine. Son jeu expressif, sa présence scénique et sa faculté de chanter dans plusieurs langues en font une interprète particulièrement adaptée à ces longues saisons itinérantes.
Sa vie privée se mêle au monde de l’opéra. En 1874, elle épouse le chanteur américain Julius E. Perkins, qui meurt dès février 1875. Elle se remarie ensuite avec Henry Mapleson, fils de l’impresario James Henry Mapleson. Son fils Raymond Rôze, né en 1875, devient compositeur et chef d’orchestre ; c’est à lui, et non à sa mère, que l’on doit l’opéra Joan of Arc, représenté à Covent Garden en 1913 puis à l’Opéra de Paris en 1917.
La transmission du chant
À partir de 1890, Marie Rôze se consacre davantage à l’enseignement. Elle ouvre à Paris une école de chant et transmet l’expérience accumulée sur les scènes françaises, britanniques et américaines. Après une tournée d’adieux en 1894, elle quitte progressivement la scène sans disparaître du milieu musical. Son parcours illustre la mobilité des artistes lyriques du XIXe siècle, capables de passer d’un système théâtral à un autre et d’adapter leur répertoire aux attentes de publics très différents.

Marie Rôze meurt le 21 juin 1926 à Courbevoie, à l’âge de quatre-vingts ans. Longtemps davantage célébrée dans les sources britanniques et américaines que dans la mémoire française, elle demeure une représentante majeure de la génération qui fit circuler l’opéra romantique européen entre Paris, Londres et les États-Unis.
Œuvres et rôles marquants
- Marie de Hérold : rôle-titre de ses débuts à l’Opéra-Comique en 1865.
- Le Premier Jour de bonheur d’Auber : création du rôle de Djalma en 1868.
- L’Ombre de Flotow : création du rôle de Jeanne en 1870.
- Faust de Gounod : Marguerite, à Paris et à Londres.
- Carmen de Bizet : l’un de ses rôles emblématiques au Royaume-Uni et aux États-Unis.
- La Favorite de Donizetti : Leonora lors de ses débuts américains en 1878.
- Lohengrin de Wagner : Elsa.
- Manon de Massenet : première britannique en anglais avec la Carl Rosa Opera Company en 1885.
Distinctions et fonctions
- Deux prix obtenus au Conservatoire de Paris en 1865.
- Pensionnaire de l’Opéra-Comique puis artiste de l’Opéra de Paris.
- Principale soprano de la Carl Rosa Opera Company pendant plusieurs saisons.
- Carrière internationale en France, au Royaume-Uni et aux États-Unis.
- Fondatrice à Paris d’une école de chant et professeure à partir de 1890.