Qui est Ignace Joseph Pleyel ?
Nom complet : Ignace Joseph Pleyel, né Ignaz Josef Pleyl.
Naissance : 18 juin 1757 (Ruppersthal, Autriche).
Mort : 14 novembre 1831 (Paris, France) à 74 ans.
Activités : compositeur, éditeur de musique et facteur de pianos.
Où se trouve la tombe d’Ignace Joseph Pleyel ?
Ignace Joseph Pleyel repose au cimetière du Père-Lachaise, dans la division 13, à Paris. Sa sépulture se trouve à proximité de celle de son fils Camille Pleyel, qui poursuivit l’œuvre familiale dans la facture de pianos.

Le monument funéraire d’Ignace Joseph Pleyel au Père-Lachaise
La sépulture d’Ignace Joseph Pleyel, située dans la 13e division du Père-Lachaise, se distingue par sa grande sobriété. Le monument est constitué d’une dalle rectangulaire surmontée, à son extrémité, d’une haute colonne cylindrique en pierre, dont la partie supérieure est simplement arrondie. Quelques inscriptions, aujourd’hui devenues difficiles à lire sous l’effet du temps, rappellent le nom et la mémoire du compositeur.
L’ensemble est entouré d’une grille basse en fer, décorée de croisillons et de petits ornements, qui délimite la sépulture. Le monument, sans sculpture ni décor ostentatoire, possède ainsi l’aspect simple et austère caractéristique de nombreuses tombes du début du XIXe siècle.
À proximité immédiate se trouve la sépulture de son fils Camille Pleyel, pianiste et facteur de pianos, rappelant la continuité de cette famille étroitement liée à l’histoire de la musique et de la célèbre maison Pleyel.


Biographie d’Ignace Joseph Pleyel
Ignace Joseph Pleyel naît le 18 juin 1757 à Ruppersthal, en Basse-Autriche, dans une famille nombreuse. Son père, Martin Pleyl, exerce comme maître d’école, organiste et sacristain. Le jeune garçon reçoit très tôt une formation musicale et révèle des dispositions qui lui permettent de quitter le cadre rural de son enfance. Vers l’âge de douze ans, il étudie à Vienne auprès de Johann Baptist Vanhal, compositeur et pédagogue réputé.

L’élève de Joseph Haydn
Le comte Ladislaus Erdődy remarque son talent et finance sa formation auprès de Joseph Haydn à Eisenstadt. Cette rencontre est décisive. Pleyel assimile la clarté formelle, l’équilibre et l’inventivité du classicisme viennois, tout en développant une écriture personnelle, mélodique et immédiatement accessible. Dès 1777, il devient maître de musique auprès de son protecteur. Des voyages en Italie élargissent ensuite son expérience du théâtre lyrique et des styles européens.
À Naples, son opéra Iphigénie en Aulide est représenté en 1785 au Teatro di San Carlo. Pleyel compose alors dans presque tous les genres de son époque : symphonies, concertos, musique de chambre, œuvres vocales et pièces pédagogiques. Son catalogue connaît rapidement une diffusion internationale. À la fin du XVIIIe siècle, il compte parmi les compositeurs les plus joués d’Europe, au point que ses partitions circulent de Londres à Saint-Pétersbourg et jusque dans les jeunes États-Unis.

Strasbourg, Londres et la Révolution
En 1783, Pleyel rejoint Strasbourg comme assistant de Franz Xaver Richter, maître de chapelle de la cathédrale. Il lui succède en 1789. Installé en Alsace, il épouse Françoise-Gabrielle Lefebvre, avec laquelle il fonde une famille. En 1791 et 1792, invité à Londres, il dirige les concerts organisés par Wilhelm Cramer. Il s’y retrouve face à son ancien maître Haydn, engagé par Johann Peter Salomon : la presse présente volontiers leurs séries de concerts comme une rivalité, mais les deux musiciens conservent estime et affection.
La Révolution française bouleverse les institutions musicales et rend sa position strasbourgeoise fragile. Pleyel compose des chants patriotiques afin de manifester son adhésion au nouvel ordre. On lui a parfois attribué un rôle dans la naissance de La Marseillaise, mais cette hypothèse demeure controversée et ne peut être tenue pour établie. Après la Terreur, il choisit Paris, où il va transformer sa carrière.
Un éditeur au cœur de la vie musicale parisienne
Établi à Paris en 1795, Pleyel ouvre en 1797 une maison d’édition et un magasin de musique. Il publie ses propres œuvres, mais aussi celles de Haydn, Mozart, Beethoven, Boccherini, Clementi et de nombreux contemporains. Son sens pratique complète son talent artistique : il contribue à rendre les partitions moins coûteuses et plus faciles à utiliser, notamment grâce à la « Bibliothèque musicale », collection proposée dans un format de poche. Avec Jan Ladislav Dussek, il signe également une méthode de piano-forte destinée à un public en pleine expansion.
La naissance des pianos Pleyel
À partir de 1802 environ, Pleyel s’intéresse directement à la construction du piano. En 1807, il fonde sa manufacture parisienne. Son projet est d’obtenir un instrument élégant, chantant et nuancé, adapté aux attentes des musiciens comme à celles des salons. Les débuts sont difficiles : la concurrence est vive et l’entreprise connaît des tensions financières. Pleyel s’appuie néanmoins sur son expérience d’éditeur, sur son réseau artistique et sur des soutiens tels que Méhul, Rossini ou Kalkbrenner.
Son fils Camille rejoint l’affaire et en prend progressivement la direction à partir de 1824. La maison reçoit des distinctions et des titres de fournisseur royal. Sous Camille, elle devient l’une des grandes manufactures européennes et noue une relation privilégiée avec Frédéric Chopin, arrivé à Paris au moment où Ignace se retire. Si le rayonnement romantique de la marque appartient surtout à la génération suivante, ses fondations techniques, commerciales et musicales ont bien été posées par Ignace Pleyel.

Une œuvre abondante puis un retrait volontaire
Le succès de l’entrepreneur a parfois éclipsé celui du compositeur. Pourtant, Pleyel laisse une œuvre considérable, comprenant notamment quarante et une symphonies, six symphonies concertantes, de nombreux quatuors, quintettes, trios et duos, ainsi que des concertos et de la musique religieuse. Son style privilégie l’élan mélodique, la lisibilité et le plaisir du jeu collectif. Très populaire de son vivant, il est aussi victime d’innombrables éditions non autorisées et d’attributions douteuses, signe paradoxal de sa célébrité.

Dans ses dernières années, Ignace Pleyel se retire à Saint-Prix, près de Paris, tout en suivant le développement de l’entreprise confiée à Camille. Il meurt à Paris le 14 novembre 1831. Son parcours demeure exceptionnel : né dans un village autrichien, élève de Haydn, musicien de cathédrale, compositeur européen, éditeur novateur puis industriel, il relie le monde classique du XVIIIe siècle à la modernité musicale du XIXe siècle.
Œuvres principales d’Ignace Joseph Pleyel
- La Fée Urgèle, opéra de marionnettes (1776).
- Iphigénie en Aulide, opéra créé à Naples (1785).
- Quarante et une symphonies et six symphonies concertantes.
- Nombreux quatuors à cordes, quintettes, trios, duos et concertos.
- Requiem en ut mineur (1796-1797).
- Méthode pour le piano-forte, avec Jan Ladislav Dussek (1797).
Distinctions, fonctions et réalisations
- Élève de Joseph Haydn à Eisenstadt.
- Maître de chapelle de la cathédrale de Strasbourg à partir de 1789.
- Fondateur à Paris d’une maison d’édition musicale en 1797.
- Créateur de la « Bibliothèque musicale », collection de partitions en format économique.
- Fondateur de la manufacture de pianos Pleyel en 1807.
- Naturalisation française et contribution durable à la vie musicale parisienne.
- Fondateur d’une marque de pianos appelée à devenir l’une des plus prestigieuses d’Europe.