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PLANTE Jacques

Qui est Jacques Plante ?

Nom complet : Jacques Plante.
Naissance : 14 août 1920 (Paris, France).
Mort : 16 juillet 2003 (Paris, France) à 82 ans.
Pseudonymes : Harold Jeffries et William David.
Activités : parolier, éditeur musical et entomologiste français.
Notoriété : auteur de nombreux classiques de la chanson française, dont Les Grands Boulevards, Les Comédiens et La Bohème.

Où se trouve la tombe de Jacques Plante ?

La tombe de Jacques Plante se trouve dans la division 44 du cimetière du Père-Lachaise.

Plan du cimetière du Père-Lachaise indiquant la division 44

Le monument funéraire de Jacques Plante au Père-Lachaise

La sépulture du parolier est une tombe de pierre claire, sobre et rectiligne. Une stèle verticale porte le nom « Jacques Plante », accompagné de ses années de naissance et de mort.

Vue générale de la tombe de Jacques Plante au Père-Lachaise
Vue générale de la tombe de Jacques Plante dans la division 44. Photo Pierre-Yves Beaudouin, Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0.
Stèle portant le nom de Jacques Plante
La stèle et les inscriptions de la sépulture de Jacques Plante. Photo Pierre-Yves Beaudouin, Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0.

Biographie de Jacques Plante

Jacques Plante naît le 14 août 1920 à Paris, rue Guyot, dans le 17e arrondissement. Peu d’éléments sont connus sur son enfance et sa formation, mais sa carrière révèle très tôt une solide culture populaire, une oreille attentive aux rythmes et une maîtrise instinctive de la langue. Autodidacte, il apprend le métier de parolier au contact des compositeurs, des interprètes et des éditeurs qui font vivre la chanson parisienne pendant et après la Seconde Guerre mondiale.

Les premiers succès de l’après-guerre

Sous l’Occupation, il commence à écrire avec son ami Lawrence Riesner. Après la Libération, il travaille avec le compositeur Louiguy et rencontre la jeune chanteuse Yvette Giraud. Mademoiselle Hortensia, créée en 1946, lui apporte son premier véritable succès. La chanson correspond au goût d’un public désireux de retrouver légèreté et refrains mémorables. Elle installe Plante dans un métier exigeant où quelques lignes doivent dessiner une histoire, respecter une mélodie et donner immédiatement à l’interprète une personnalité.

Il écrit bientôt pour les voix les plus populaires de l’époque. André Claveau interprète Maître Pierre, Georges Guétary chante Domino et Line Renaud popularise ses adaptations françaises. Plante sait reprendre une chanson étrangère sans se contenter d’une traduction littérale : il cherche des mots qui épousent la musique, conservent le mouvement du refrain et paraissent avoir été écrits directement en français.

Line Renaud et Loulou Gasté en 1972
Line Renaud et Loulou Gasté en 1972. Archives municipales de Toulouse via Wikimedia Commons, licence ouverte.

Des chansons écrites pour chaque interprète

La force de Jacques Plante réside dans sa capacité d’adaptation. Il n’impose pas un univers unique à tous les chanteurs, mais observe leur voix, leur diction, leur âge et leur personnage public. Pour Yves Montand, il signe notamment Les Grands Boulevards, mis en musique par Norbert Glanzberg, ainsi que J’aime t’embrasser. Le premier titre, créé au début des années 1950, associe le rythme de la promenade parisienne au phrasé énergique de Montand et devient l’un des standards de son répertoire.

Portrait du chanteur Yves Montand en 1952
Yves Montand aux Pays-Bas en 1952. Nationaal Archief via Wikimedia Commons, CC0.

Il collabore également avec Jacqueline François, André Dassary, Eddie Constantine, Gloria Lasso, John William, Anny Gould et les Compagnons de la chanson. Certaines œuvres sont originales, d’autres adaptent des succès étrangers. Dans les deux cas, Plante excelle dans l’art du refrain concis et dans une prosodie qui laisse les mots couler naturellement sur la ligne musicale. Sa production traverse la valse, la chanson sentimentale, le swing, les rythmes venus d’Amérique et les nouvelles formes de variété.

La rencontre avec Charles Aznavour

Sa collaboration avec Charles Aznavour est l’une des plus fécondes. Aznavour écrit lui-même ses textes, mais reconnaît chez Plante un savoir-faire complémentaire. Ensemble, ils donnent naissance à Les Comédiens, For me formidable, La Bohème, Sarah ou L’Enfant prodigue. Chaque chanson construit en quelques couplets une scène et une émotion précises. Les Comédiens transforme l’arrivée d’une troupe en spectacle sonore, tandis que La Bohème raconte avec nostalgie la jeunesse d’un peintre dans le Montmartre disparu.

Charles Aznavour en 1961
Charles Aznavour en 1961, l’un des principaux interprètes de Jacques Plante. Photo Joop van Bilsen, Nationaal Archief via Wikimedia Commons, CC0.

Cette association contribue fortement à la présence durable de Plante dans la mémoire collective. Ses mots ont parfois été confondus avec la personnalité même de leurs interprètes, preuve de leur justesse. Le parolier reste pourtant peu visible. Il préfère le travail de l’atelier, les échanges avec le compositeur et la mise au point minutieuse d’un texte à l’exposition médiatique réservée aux chanteurs.

Les années yé-yé et les adaptations

Au début des années 1960, loin de rester attaché à la chanson traditionnelle, Jacques Plante accompagne l’arrivée d’une nouvelle génération. Il écrit ou adapte pour Pétula Clark des titres comme Chariot, L’Enfant do, Je me sens bien auprès de toi, Le Soleil dans les yeux et Ceux qui ont un cœur. Il travaille aussi pour Sheila, à laquelle il donne notamment La Famille et Adios amor, ainsi que pour Hugues Aufray avec Dès que le printemps revient.

La chanteuse Pétula Clark arrivant à Amsterdam en 1960
Pétula Clark arrivant à l’aéroport d’Amsterdam-Schiphol en 1960. Nationaal Archief via Wikimedia Commons, CC0.

Il traduit également Étoile des neiges pour Line Renaud et adapte de nombreux titres anglo-saxons ou européens. Une adaptation réussie exige de s’éloigner parfois du sens littéral pour conserver la force chantée de l’original. Plante trouve des équivalences culturelles et sonores destinées au public français. Il utilise occasionnellement les pseudonymes Harold Jeffries et William David, notamment lorsqu’il souhaite adopter une signature à consonance anglo-américaine.

Édith Piaf enregistre Le Petit Brouillard et Les Amants de Venise au début des années 1960. À travers toutes ces collaborations, Plante touche plusieurs générations sans cesser de pratiquer une écriture artisanale. Il maîtrise les contraintes du couplet-refrain, mais sait aussi donner à une chanson une situation, un décor et un point de vue immédiatement reconnaissables.

L’éditeur musical

Jacques Plante ne limite pas son activité à l’écriture. Il fonde les éditions Caravelle, constituant progressivement un important catalogue de chanson française et internationale. L’éditeur protège les œuvres, organise leur exploitation et favorise leur circulation entre interprètes, maisons de disques, radios et scènes. Cette double expérience d’auteur et d’homme d’affaires lui donne une connaissance complète de la chaîne musicale. Le catalogue Caravelle sera par la suite intégré à MCA.

À partir du milieu des années 1970, il s’éloigne progressivement de la chanson et se retire en Suisse, dans la région de Martigny. Ce retrait ne correspond pas à une inactivité, mais à un changement radical de domaine. Une passion ancienne pour les papillons devient le centre de sa vie quotidienne et d’un travail scientifique reconnu.

Une seconde carrière d’entomologiste

Spécialiste des lépidoptères nocturnes, principalement de la famille des Noctuidae, Plante organise des missions de collecte, étudie les spécimens, publie des articles et décrit plusieurs dizaines d’espèces. La méthode change, mais certaines qualités restent les mêmes : précision, patience, attention aux détails et goût du classement. Dans le monde de l’entomologie, il n’est plus seulement le célèbre parolier venu d’un autre univers, mais un chercheur et collectionneur dont les travaux possèdent une véritable utilité scientifique.

Papillon nocturne de la famille des Noctuidae
Un papillon nocturne de la famille des Noctuidae, au cœur des recherches entomologiques de Jacques Plante. Photo Calibas, Wikimedia Commons, domaine public.

Sa collection, riche de très nombreux spécimens, est conservée au Muséum d’histoire naturelle de Genève. Elle constitue un ensemble précieux pour l’étude de la diversité, de la répartition et de la classification des papillons de nuit. Ce parcours singulier unit ainsi deux activités rarement associées : l’écriture de refrains devenus populaires et la description minutieuse d’espèces naturelles.

Les dernières années

Jacques Plante demeure en Suisse pendant une grande partie de ses dernières décennies, tout en conservant ses liens avec Paris et le monde de la chanson. Ses textes continuent d’être repris, enregistrés et interprétés bien après son retrait. Le renouvellement des arrangements et des voix montre leur capacité à dépasser l’époque pour laquelle ils avaient été conçus.

Il meurt à Paris le 16 juillet 2003, à quatre semaines de son quatre-vingt-troisième anniversaire, après une longue maladie. Il est inhumé au cimetière du Père-Lachaise, dans la division 44. Derrière une personnalité restée discrète se trouve un auteur qui a façonné une part importante du répertoire francophone de l’après-guerre aux années 1970, tout en construisant parallèlement une œuvre scientifique consacrée aux lépidoptères.

Œuvres principales de Jacques Plante

  • Mademoiselle Hortensia (1946), interprétée par Yvette Giraud.
  • Étoile des neiges (1949), adaptation interprétée par Line Renaud.
  • Maître Pierre, interprétée par André Claveau.
  • Domino (1950), interprétée par Georges Guétary.
  • Les Grands Boulevards (1951), interprétée par Yves Montand.
  • Les Comédiens (1962), interprétée par Charles Aznavour.
  • For me formidable (1963), interprétée par Charles Aznavour.
  • Le Petit Brouillard (1963), interprétée par Édith Piaf.
  • Dès que le printemps revient (1964), interprétée par Hugues Aufray.
  • La Bohème (1965), interprétée par Charles Aznavour.
  • Chariot, interprétée par Pétula Clark.
  • Adios amor, interprétée par Sheila.

Distinctions et réalisations

  • Auteur de plusieurs centaines de chansons et adaptations pour les principales voix françaises de son époque.
  • Fondateur des éditions musicales Caravelle.
  • Utilisation des pseudonymes Harold Jeffries et William David.
  • Seconde carrière consacrée à l’étude des lépidoptères, particulièrement des Noctuidae.
  • Description de plusieurs dizaines d’espèces de papillons nocturnes.
  • Collection entomologique conservée au Muséum d’histoire naturelle de Genève.