Qui est Jean Nohain ?
Nom complet : Jean-Marie Pierre Étienne Legrand, dit Jean Nohain.
Naissance : 16 février 1900 (Paris, France).
Mort : 25 janvier 1981 (Paris, France) à 80 ans.
Pseudonyme : Jaboune.
Activités principales : Écrivain, parolier, auteur-compositeur, scénariste et animateur de radio et de télévision.
Notoriété : Créateur et présentateur de l’émission télévisée 36 chandelles, pionnier des variétés à la télévision française.
Où se trouve la tombe de Jean Nohain ?
La tombe de Jean Nohain se trouve dans la division 89 du cimetière du Père-Lachaise. Il repose dans la sépulture familiale aux côtés de plusieurs membres de la famille Nohain.

Le monument funéraire de Jean Nohain au Père-Lachaise
La sépulture familiale se compose d’une dalle claire prolongée par une stèle arrondie, sobrement ornée d’une croix. Les inscriptions réunissent plusieurs générations : l’écrivain et librettiste Franc-Nohain, père de Jean, son épouse Marie-Madeleine née Dauphin, leur fils Jean Nohain et l’acteur Claude Dauphin. Des branches de feuillage sculptées accompagnent certains noms sur la dalle. L’ensemble, régulièrement fleuri, forme un monument simple où les différentes carrières artistiques de la famille sont rassemblées.


Biographie de Jean Nohain
Une enfance au cœur de la vie littéraire
Jean-Marie Pierre Étienne Legrand naît le 16 février 1900 dans le 9e arrondissement de Paris. Son père, Maurice Étienne Legrand, écrit sous le nom de Franc-Nohain et s’impose comme poète, librettiste et représentant de l’esprit fantaisiste. Sa mère, Marie-Madeleine Dauphin, est illustratrice. Dans cet environnement où l’écriture, le dessin, la musique et le spectacle appartiennent à la vie quotidienne, le jeune Jean rencontre très tôt des artistes et des écrivains reçus par ses parents.
Il grandit avec son frère cadet Claude, futur acteur connu sous le nom de Claude Dauphin, et leur sœur Francine. La famille habite notamment faubourg Saint-Honoré et fréquente Colette, Maurice Barrès ou Maurice Ravel. Jean étudie au lycée Condorcet. Son frère lui donne un surnom enfantin, « Jaboune », qu’il adoptera plus tard pour ses activités destinées à la jeunesse. Ce pseudonyme devient une première identité publique, distincte du nom de plume Nohain hérité de son père.

Du droit au journalisme pour la jeunesse
À dix-huit ans, avec l’accord de son père, Jean Nohain s’engage dans l’armée en 1918. La guerre s’achève avant qu’il ne connaisse le front occidental, mais il sert ensuite dans les ballons captifs et participe à une mission en Europe orientale. Revenu à la vie civile, il entreprend des études de droit, devient avocat et obtient en 1922 le titre de secrétaire de la conférence du stage, aux côtés du futur homme d’État Gaston Monnerville.
Le barreau ne répond pourtant pas longtemps à son goût pour le récit et le contact avec le public. Il rejoint L’Écho de Paris, dont son père est secrétaire général, et prend en charge une page réservée aux enfants. Sous le nom de Jaboune, il développe un ton direct, joueur et complice. En janvier 1929, il fonde l’hebdomadaire Benjamin. Le journal, qui atteint rapidement un vaste lectorat, associe textes, jeux et bandes dessinées et fait de lui une personnalité importante de la presse enfantine de l’entre-deux-guerres.
Les débuts radiophoniques et les chansons de Mireille
Jean Nohain entre à la radio dès 1923. Il comprend très tôt les possibilités d’un média fondé sur la voix, l’imagination et la participation du public. Ses jeux demandent aux auditeurs de reconnaître des sons, de résoudre des énigmes ou de répondre à des questions. Cette radio vive et familière rompt avec le ton solennel des premières émissions et préfigure les programmes de divertissement qui se multiplieront après la guerre.
Parallèlement, il devient un parolier très actif. Sa rencontre artistique avec la compositrice Mireille marque la chanson française des années 1930. Ensemble, ils signent notamment Le Petit Chemin, Couchés dans le foin et Puisque vous partez en voyage, interprétée en duo par Mireille et Jean Sablon. Les textes de Nohain privilégient les images simples, la fantaisie et une poésie du quotidien. Francis Poulenc met également en musique ses Quatre chansons pour enfants en 1934.

Un auteur entre presse, théâtre et cinéma
Son activité ne se limite pas aux chansons. Jean Nohain écrit des livres pour enfants, souvent avec l’illustrateur Joseph Pinchon, créateur graphique de Bécassine. Les séries de Frimousset, de Grassouillet et de la Famille Amulette prolongent l’univers de Jaboune. Avec Henri Kubnick, il publie Friquet, pilote de ligne puis Friquet sur sa locomotive. Il imagine aussi les aventures de Totorix, petit Gaulois confronté aux Romains.
Au théâtre, il collabore avec Maurice Diamant-Berger pour Cavalier seul, présenté au Théâtre du Gymnase en 1938. Il signe ensuite Le Bal des pompiers, Plume au vent et l’opérette Paméla. Le cinéma lui offre d’autres terrains : il écrit le scénario de La Fessée en 1937, apparaît comme acteur ou dans son propre rôle et participe à plusieurs productions liées au spectacle radiophonique et télévisuel.
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La guerre, la France libre et une grave blessure
Père de quatre enfants et non mobilisable, Jean Nohain choisit pourtant de s’engager en 1939. Pendant la campagne de France, son char saute sur une mine près d’Abbeville en juin 1940. Sous l’Occupation, il effectue d’abord des tournées en zone libre avec Claude Dauphin et Marguerite Moreno. Il a reçu l’ordre de la Francisque du régime de Vichy, épisode qu’il faut rapprocher de la suite de son parcours : il s’engage dans le réseau de résistance Carte, est exfiltré vers Londres en février 1943 et rejoint les Forces françaises libres.
Il sert ensuite dans la 2e division blindée. Lors de la Libération de Paris, il se trouve à bord du char Champs-Élysées. Le 23 novembre 1944, une balle le frappe à la mâchoire. Il parvient à quitter son blindé avant que celui-ci ne soit détruit. La blessure provoque une paralysie durable du côté gauche du visage. Cet accident influencera sa présentation à la télévision : il choisira soigneusement son profil et placera parfois un partenaire ou la marionnette du ventriloque Jacques Courtois à ses côtés.
De la radio d’après-guerre à Reine d’un jour
Pendant sa convalescence au Val-de-Grâce, Jean Nohain prépare déjà son retour à l’antenne. Il lance Comme le temps passe, puis Que personne ne sorte. Avec le producteur Émile Audiffred, il conçoit Reine d’un jour : une auditrice est choisie pour vivre, pendant quelques heures, une existence de conte de fées. L’émission connaît un succès considérable et révèle son talent pour transformer une idée très simple en récit collectif.
Sa méthode repose sur la proximité. Il parle aux candidats sans condescendance, valorise les artistes débutants et donne au public l’impression de participer au spectacle. Sa bonhomie, ses formules enthousiastes et son goût de l’imprévu deviennent une signature. Derrière cette apparente facilité se trouve une solide expérience de journaliste, d’auteur et d’organisateur.
36 chandelles et la naissance des variétés télévisées
En 1950, Wladimir Porché l’appelle à la télévision française, encore balbutiante. Après plusieurs essais, Jean Nohain crée 36 chandelles, diffusée sur la RTF du 27 octobre 1952 au 7 juillet 1958. Le programme réunit chansons, humour, numéros visuels et jeunes talents. À une époque où la France ne possède qu’une chaîne, l’émission devient un rendez-vous national et pose les bases du grand spectacle de variétés télévisé.
36 chandelles contribue à faire connaître Fernand Raynaud, Robert Hirsch, le ventriloque Jacques Courtois ou encore le magicien Michel de la Vega. Georges Brassens, que Jean Nohain soutient et invite à plusieurs reprises, y rencontre un très large public. L’animateur ne se contente pas d’annoncer les numéros : il organise une continuité, ménage la surprise et installe une relation chaleureuse avec les téléspectateurs.
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La jeunesse, les voyages et les dernières années
Jean Nohain reste fidèle au public enfantin. Avec Gabrielle Sainderichin, Jacques Courtois, Gilbert Richard ou Jacqueline Duforest, il anime des programmes conçus pour les jeunes téléspectateurs. En 1960, Quand j’avais dix ans confie les reportages et les entretiens à des enfants de cet âge. Le dispositif, novateur, prend leurs questions au sérieux et leur donne une place active à l’écran.
Jusqu’en 1972, il multiplie les projets, dont Le Grand Voyage du bonhomme de neige, tourné en Nouvelle-Calédonie pour Noël 1968. Dans les années 1970, il refuse de se retirer complètement et parcourt la France pour présenter des galas. Il continue aussi à publier, de Histoire du rire à travers le monde à La Traversée du XXe siècle, puis La Main chaude en 1980.
Jean Nohain meurt à Paris le 25 janvier 1981, quelques semaines avant son quatre-vingt-et-unième anniversaire. Ses obsèques sont célébrées à l’église Notre-Dame-de-Grâce-de-Passy. Il est inhumé au Père-Lachaise, division 89, dans la tombe de sa famille. Son parcours relie la presse enfantine, la chanson, la radio et les premiers grands divertissements télévisés français.

Œuvres principales de Jean Nohain
- Benjamin, hebdomadaire destiné à la jeunesse, fondé en 1929.
- Paroles de chansons avec Mireille : Couchés dans le foin, Le Petit Chemin, Puisque vous partez en voyage.
- Quatre chansons pour enfants, textes mis en musique par Francis Poulenc, 1934.
- Friquet, pilote de ligne, avec Henri Kubnick, 1937.
- Cavalier seul, avec Maurice Diamant-Berger, 1938.
- Le Bal des pompiers, 1946, et Plume au vent, 1948.
- Émissions radiophoniques Comme le temps passe, Que personne ne sorte et Reine d’un jour.
- 36 chandelles, émission télévisée de variétés, 1952-1958.
- Quand j’avais dix ans, émission de reportages pour enfants à partir de 1960.
- Histoire du rire à travers le monde, 1965 ; La Traversée du XXe siècle, 1966 ; La Main chaude, 1980.
Distinctions et fonctions
- Secrétaire de la conférence du stage en 1922.
- Engagé dans la Résistance et les Forces françaises libres ; combattant de la 2e division blindée.
- Croix de guerre 1939-1945.
- Commandeur de la Légion d’honneur.
- Auteur, producteur et animateur majeur de la radio et de la télévision françaises.
- Un prix littéraire Jean-Nohain est créé en 1994.