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NOËL Tony

Qui est Tony Noël ?

Nom complet : Edme Antony Paul Noël, dit Tony Noël.
Naissance : 24 juillet 1845 (Paris, France).
Mort : 3 octobre 1909 (Villebon-sur-Yvette, France) à 64 ans.
Activité principale : Sculpteur et professeur de modelage.
Notoriété : Premier grand prix de Rome de sculpture en 1868, auteur de statues, bustes et monuments publics.

Où se trouve la tombe de Tony Noël ?

Tony Noël repose au cimetière du Père-Lachaise, division 35. Sa sépulture se trouve dans la partie orientale du cimetière.

Plan des divisions du cimetière du Père-Lachaise
Plan du cimetière du Père-Lachaise : la sépulture de Tony Noël se trouve dans la division 35.

Le monument funéraire de Tony Noël au Père-Lachaise

La sépulture de Tony Noël est signalée par un monument de pierre surmonté d’un portrait sculpté. Le buste présente l’artiste avec réalisme et constitue l’élément le plus remarquable de l’ensemble. Une inscription rappelle son nom, tandis que la patine et la végétation donnent aujourd’hui au monument l’aspect familier des tombes anciennes du Père-Lachaise.

Tombe de Tony Noël au Père-Lachaise
Vue d’ensemble de la tombe de Tony Noël, division 35. Photographie : ManoSolo13241324, Wikimedia Commons, CC0.
Détail du monument funéraire de Tony Noël
Détail du portrait sculpté et de la signature sur le monument de Tony Noël. Photographie : Pierre-Yves Beaudouin, Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0.

Biographie de Tony Noël

Une formation auprès des maîtres de la sculpture

Edme Antony Paul Noël naît à Paris le 24 juillet 1845. Il adopte le prénom d’usage Tony, sous lequel il expose et demeure connu. Attiré très tôt par la sculpture, il entre à l’École des beaux-arts de Paris, où il reçoit l’enseignement de Jules Cavelier, d’Eugène-Louis Lequesne et d’Eugène Guillaume. Ces trois maîtres incarnent une sculpture académique attentive à l’étude du corps, à la clarté de la composition et à l’héritage de l’Antiquité.

Cette formation exigeante repose sur le dessin, le modelage d’après l’antique et le travail d’après modèle vivant. Tony Noël y acquiert la précision anatomique et le sens de la mise en scène que l’on retrouvera dans ses figures allégoriques, ses portraits et ses monuments commémoratifs. Comme beaucoup de jeunes sculpteurs de son temps, il se prépare au concours du prix de Rome, passage décisif pour obtenir la reconnaissance de l’administration des beaux-arts.

Portrait du sculpteur Tony Noël
Portrait photographique de Tony Noël par Pierre Petit. Musée d’Orsay, Wikimedia Commons, domaine public.

Le prix de Rome de 1868

En 1868, Tony Noël remporte le premier grand prix de Rome de sculpture avec Thésée vainqueur du Minotaure, ex æquo avec Antonin Mercié. Le sujet, tiré de la mythologie grecque, demande de représenter le héros au terme de son combat. Le concours distingue sa maîtrise du nu masculin, de l’équilibre des masses et de l’expression dramatique. Cette récompense lui ouvre les portes de la Villa Médicis et l’installe durablement parmi les espoirs de la sculpture française.

Le séjour romain nourrit son goût pour les modèles antiques et la Renaissance italienne. À son retour en France, il s’insère dans le système officiel des Salons et des commandes publiques. Il expose régulièrement au Salon des artistes français de 1872 à 1891, avant de présenter ses œuvres à la Société nationale des beaux-arts jusqu’au début du XXe siècle.

Statuette d’Alphonse de Neuville par Tony Noël
Tony Noël, statuette en plâtre représentant le peintre Alphonse de Neuville. Petit Palais, Paris Musées / Wikimedia Commons, CC0.

Le Salon et les grandes commandes publiques

Tony Noël obtient une médaille de deuxième classe au Salon de 1872, puis une médaille de première classe en 1874. Ces succès lui valent des commandes destinées aux grands chantiers parisiens de la Troisième République. En 1876, il réalise un groupe sculpté pour la façade nord du palais du Louvre. Trois ans plus tard, il conçoit le Génie de l’Agriculture pour la façade de l’Hôtel de Ville de Paris, dans un vaste programme réunissant les principaux sculpteurs de l’époque.

Son langage artistique unit l’idéal classique à une observation précise des visages et des attitudes. Il se montre à l’aise aussi bien dans la grande statuaire décorative que dans le portrait. Ses bustes d’artistes, d’hommes politiques et de notables cherchent moins l’emphase que la présence : le modelé du visage, l’inclinaison de la tête et le traitement du vêtement suffisent à affirmer le caractère du modèle.

Méditation, sculpture de Tony Noël au jardin du Ranelagh
Méditation, statue de Tony Noël au jardin du Ranelagh à Paris. Photographie : Celette, Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.

Monuments, portraits et mémoire publique

Parmi ses œuvres les plus connues figure la statue de Molière exécutée en 1882 pour le parc du château de Chantilly. L’écrivain y est représenté assis, dans une attitude méditative qui privilégie l’intelligence du portrait à l’effet théâtral. Tony Noël réalise également le monument consacré à l’industriel Jean-Baptiste André Godin à Guise, inauguré en 1889. Détruite pendant la Première Guerre mondiale, la statue sera ensuite reconstituée par Félix Charpentier.

Le sculpteur intervient aussi dans le domaine funéraire. Au Père-Lachaise, il est notamment l’auteur d’un buste du peintre Thomas Couture et participe à plusieurs monuments commémoratifs, dont ceux d’Henry Reber, d’Émile Eudes et de Sévin. Cette activité prolonge son art du portrait dans un cadre où la ressemblance doit s’accompagner d’une expression de dignité et de mémoire.

Statue de Molière par Tony Noël à Chantilly
Statue de Molière réalisée par Tony Noël en 1882, dans le parc du château de Chantilly. Photographie : P. Poschadel, Wikimedia Commons, CC BY-SA 2.0 FR.

Les expositions universelles et l’enseignement

La carrière de Tony Noël est étroitement liée aux expositions universelles, vitrines majeures de l’art français. Il reçoit une médaille de deuxième classe lors de l’Exposition universelle de 1878, puis un grand prix en 1889. En 1900, il siège au jury de l’Exposition universelle et réalise pour le Grand Palais un fronton monumental intitulé Apollon et la Musique, aujourd’hui disparu. Cette commande témoigne de la place acquise par l’artiste au sein des institutions officielles.

Membre du Conseil supérieur des beaux-arts, Tony Noël transmet également son expérience. En 1905, il devient professeur de modelage au cours du soir de l’École des beaux-arts de Paris. Son enseignement prolonge la tradition académique dans laquelle il avait lui-même été formé, tout en offrant aux élèves la connaissance pratique d’un sculpteur rompu aux concours, aux Salons et aux chantiers monumentaux.

Portrait d’Émile Pessard sculpté par Tony Noël
Portrait en médaillon du compositeur Émile Pessard par Tony Noël. Petit Palais, Paris Musées / Wikimedia Commons, CC0.

Les dernières années

Tony Noël continue d’exposer jusqu’aux premières années du XXe siècle. Son œuvre accompagne plusieurs décennies de transformation du paysage monumental français : reconstruction de l’Hôtel de Ville, décor des palais nationaux, multiplication des statues de grands hommes et essor des monuments commémoratifs en province. Sa production témoigne du rôle central joué par les sculpteurs officiels dans la mise en image de l’histoire et des valeurs civiques.

Il meurt le 3 octobre 1909 à Villebon-sur-Yvette, à l’âge de 64 ans, puis est inhumé au Père-Lachaise. Sa tombe, dominée par son portrait, maintient un lien direct entre l’homme et l’art auquel il consacra sa vie.

Algérienne nue debout, sculpture de Tony Noël
Tony Noël, Algérienne nue debout, modèle en plâtre. Petit Palais, Paris Musées / Wikimedia Commons, CC0.

Œuvres principales de Tony Noël

  • Thésée vainqueur du Minotaure, premier grand prix de Rome, 1868.
  • Groupe sculpté de la façade nord du palais du Louvre, 1876.
  • Génie de l’Agriculture, façade de l’Hôtel de Ville de Paris, 1879.
  • Statue de Molière, parc du château de Chantilly, 1882.
  • Monument à Jean-Baptiste André Godin, Guise, inauguré en 1889.
  • Monument des guerres coloniales, Chaumont, 1898.
  • Apollon et la Musique, fronton du Grand Palais pour l’Exposition universelle de 1900, œuvre disparue.
  • Portraits et monuments funéraires, notamment ceux de Thomas Couture, Henry Reber et Émile Eudes au Père-Lachaise.

Distinctions et fonctions

  • Premier grand prix de Rome de sculpture en 1868, ex æquo avec Antonin Mercié.
  • Médaille de deuxième classe au Salon de 1872.
  • Médaille de première classe au Salon de 1874.
  • Médaille de deuxième classe à l’Exposition universelle de 1878.
  • Grand prix à l’Exposition universelle de 1889.
  • Chevalier de la Légion d’honneur en 1878.
  • Officier de l’Ordre royal du Cambodge.
  • Membre du Conseil supérieur des beaux-arts et membre du jury de l’Exposition universelle de 1900.
  • Professeur de modelage au cours du soir de l’École des beaux-arts de Paris à partir de 1905.