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OBERKAMPF Emile

Qui est Émile Oberkampf ?

Nom complet : Émile Oberkampf.
Naissance : 1er novembre 1787 (Jouy-en-Josas, France).
Mort : 9 avril 1837 (Paris, France) à 49 ans.
Activités principales : Manufacturier et homme politique.
Notoriété : Fils de Christophe-Philippe Oberkampf, directeur de la manufacture de toiles de Jouy et député libéral de Seine-et-Oise.

Où se trouve la tombe d’Émile Oberkampf ?

La tombe d’Émile Oberkampf se trouve dans la division 39 du cimetière du Père-Lachaise. Il repose dans la sépulture de la famille Oberkampf.

Plan du cimetière du Père-Lachaise indiquant la division 39
Plan du cimetière du Père-Lachaise : la tombe d’Émile Oberkampf se trouve dans la division 39.

Le monument funéraire d’Émile Oberkampf au Père-Lachaise

Le monument familial prend la forme d’une stèle architecturée, couronnée d’un fronton triangulaire et encadrée de pilastres. Une plaque centrale porte une citation de l’Évangile selon saint Jean sur la résurrection, puis les noms des membres de la famille. L’inscription d’Émile Oberkampf indique sa naissance le 1er novembre 1787 et son décès le 9 avril 1837. D’autres épitaphes rappellent notamment le baron Louis Oberkampf, Julie Joly de Bammeville, la baronne Louis Oberkampf née Chatoney, Paul Philippe Oberkampf et Yolande Oberkampf. La concession familiale est protégée au titre des monuments historiques avec l’ensemble des sépultures remarquables du cimetière.

Vue générale de la tombe d’Émile Oberkampf
Vue générale de la sépulture de la famille Oberkampf, division 39. Photo : Pierre-Yves Beaudouin / Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0.
Inscriptions du monument funéraire d’Émile Oberkampf
Détail des inscriptions de la tombe familiale d’Émile Oberkampf. Photo : Pierre-Yves Beaudouin / Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0.

Biographie d’Émile Oberkampf

L’héritier de la manufacture de Jouy

Émile Oberkampf naît le 1er novembre 1787 à Jouy-en-Josas, au moment où la manufacture fondée par son père connaît un développement exceptionnel. Christophe-Philippe Oberkampf, arrivé en France depuis le Wurtemberg, a créé en 1760 un établissement spécialisé dans les cotonnades imprimées. Devenue manufacture royale, l’entreprise donne son nom aux célèbres toiles de Jouy et transforme profondément la petite commune de Seine-et-Oise.

Sa mère, Anne Élisabeth Michelle Massieu, appartient à une famille protestante. Émile grandit ainsi dans un milieu où se mêlent industrie, commerce, innovation technique et responsabilité locale. La manufacture n’est pas seulement une affaire familiale : elle emploie une population nombreuse, entretient des dessinateurs et des graveurs, suit l’évolution des procédés d’impression et exporte ses productions. Le jeune héritier est préparé à en comprendre l’organisation.

La famille Oberkampf peinte par Louis-Léopold Boilly
La famille Oberkampf réunie dans un portrait de Louis-Léopold Boilly. Wikimedia Commons, domaine public.

Une industrie prestigieuse mais exigeante

Les toiles imprimées de Jouy doivent leur réputation à la qualité du dessin et de l’impression. Les compositions florales, les scènes pastorales, les sujets littéraires ou les épisodes historiques sont appliqués sur le coton grâce à des planches puis à des plaques et des rouleaux de cuivre. Christophe-Philippe Oberkampf associe le savoir-faire artisanal à une organisation industrielle de grande ampleur. Émile se forme dans cet univers avant de succéder à son père à la direction de l’établissement.

Lorsque Christophe-Philippe meurt en 1815, l’entreprise doit affronter une conjoncture différente de celle de ses années les plus prospères. La fin des guerres napoléoniennes, les transformations du commerce textile et la concurrence imposent des choix difficiles. Émile représente la continuité familiale, mais il hérite aussi d’une structure vaste dont l’équilibre dépend des commandes, du coût des matières premières et de l’évolution rapide des goûts.

La manufacture Oberkampf de Jouy-en-Josas en 1807
La manufacture Oberkampf de Jouy-en-Josas représentée en 1807 par Jean-Baptiste Huet. Musée de la Toile de Jouy / Wikimedia Commons, domaine public.

Les toiles de Jouy et la culture de l’image

La manufacture ne produit pas un motif unique : elle crée un répertoire considérable qui accompagne la décoration intérieure et reflète les curiosités de son époque. Le travail des dessinateurs, notamment Jean-Baptiste Huet, donne aux étoffes une dimension narrative. Les paysages, les animaux, les allégories et les événements politiques deviennent des scènes lisibles sur les murs, les lits ou les vêtements.

Émile Oberkampf demeure associé à cette histoire parce qu’il dirige l’entreprise après son fondateur. Son rôle est moins celui d’un inventeur que celui d’un héritier chargé de préserver un nom, une technique et un réseau commercial. Cette expérience de manufacturier contribue aussi à définir sa place dans la société locale : propriétaire, employeur et représentant d’une famille dont la réussite industrielle est devenue un symbole national.

Fragments de toile de Jouy fabriqués par la manufacture Oberkampf
Fragments de toile de Jouy aux allégories révolutionnaires, fabriqués par la manufacture Oberkampf. Musée Carnavalet, Paris Musées / Wikimedia Commons, CC0.

Vie familiale et titre de baron

En 1813, Émile Oberkampf épouse Julie Laurette Joly de Bammeville, fille de Pierre-Louis-Samuel Joly de Bammeville, filateur et maire de Saint-Quentin. Cette union rapproche deux familles engagées dans l’industrie textile. Le couple a plusieurs enfants, parmi lesquels Louis Oberkampf, qui portera à son tour le titre de baron.

Louis XVIII confère à Émile Oberkampf le titre de baron héréditaire par lettres patentes du 12 février 1820. Cette distinction inscrit officiellement la famille dans la noblesse de la Restauration, après les marques de reconnaissance déjà accordées à Christophe-Philippe sous l’Ancien Régime et l’Empire. En 1823, Émile acquiert le château de Guiscard et son domaine, dans l’Oise ; il s’en sépare en 1831.

Château de Guiscard acquis par Émile Oberkampf
Le château de Guiscard côté jardin, représenté en 1808. Émile Oberkampf acquiert le domaine en 1823. Wikimedia Commons, domaine public.

Un notable libéral de Seine-et-Oise

L’activité publique d’Émile Oberkampf s’enracine dans le département de Seine-et-Oise. Il devient conseiller général et se rattache aux opinions libérales, hostiles au durcissement politique de la fin du règne de Charles X. Sa candidature aux élections législatives porte à la fois le prestige de son père, son expérience industrielle et son statut de notable local.

Le 24 novembre 1827, le grand collège de Seine-et-Oise l’élit député avec 146 voix sur 288 votants. À la Chambre, il siège à gauche, près de Charles-Malo de Lameth, ancien acteur de la Révolution devenu une personnalité de l’opposition constitutionnelle. Émile Oberkampf ne cherche pas à renverser la monarchie : il défend une lecture libérale de la Charte, le contrôle parlementaire et les droits de la représentation nationale.

Parmi les 221 députés opposés à Charles X

En mars 1830, Émile Oberkampf figure parmi les « 221 », les députés qui votent une adresse exprimant leur défiance envers le ministère du prince de Polignac. Le conflit oppose alors la majorité de la Chambre au pouvoir royal. Charles X dissout l’assemblée, mais les élections suivantes renforcent l’opposition. Le vote d’Oberkampf le place au cœur de la crise politique qui précède les Trois Glorieuses.

Réélu le 19 juillet 1830 avec 174 voix sur 330 votants, il participe à l’établissement de la monarchie de Juillet. Louis-Philippe devient « roi des Français » dans le cadre d’un régime qui se veut plus parlementaire. La présence d’un manufacturier parmi les députés libéraux illustre le poids croissant des propriétaires, des industriels et des milieux d’affaires dans la vie politique française.

La Chambre des députés reçue par le duc d’Orléans en août 1830
La Chambre des députés reçue par le duc d’Orléans au Palais-Royal le 7 août 1830, tableau de François-Joseph Heim. Wikimedia Commons, domaine public.

Le retrait de la vie parlementaire

Le mandat d’Émile Oberkampf sous la monarchie de Juillet s’étend du 19 juillet 1830 au 31 mai 1831. Il quitte ensuite la Chambre et ne reprend pas de mandat national. Sa carrière parlementaire, brève mais située à un moment décisif, reste principalement associée à l’opposition libérale de la Restauration, à l’Adresse des 221 et au changement de régime de 1830.

Il demeure conseiller général de Seine-et-Oise et conserve son rang de notable. Son parcours réunit ainsi les deux dimensions que les électeurs de 1827 avaient mises en avant : l’héritage d’une grande entreprise et la représentation politique d’un département fortement marqué par l’activité de la famille Oberkampf.

Les dernières années

Émile Oberkampf meurt à Paris en avril 1837, à seulement quarante-neuf ans. Les sources parlementaires donnent parfois le 10 avril, tandis que l’inscription de sa tombe et plusieurs notices familiales indiquent le 9 avril ; cette dernière date est retenue ici parce qu’elle figure sur le monument funéraire. Il est inhumé au Père-Lachaise dans la division 39.

La manufacture de Jouy poursuit encore son activité quelques années après sa disparition avant de fermer en 1843. Émile Oberkampf reste une figure moins connue que son père, mais son itinéraire éclaire le passage d’une dynastie industrielle de l’Ancien Régime à la société politique du XIXe siècle. Manufacturier, conseiller général et député, il relie l’histoire de la toile de Jouy aux débats constitutionnels de la Restauration.

Portrait d’Émile Oberkampf par Louis-Léopold Boilly
Portrait d’Émile Oberkampf par Louis-Léopold Boilly. Musée de la Toile de Jouy / Wikimedia Commons, domaine public.

Réalisations et actions principales

  • Direction de la manufacture de toiles imprimées de Jouy-en-Josas après la mort de Christophe-Philippe Oberkampf.
  • Maintien de l’activité et du nom de la manufacture familiale dans les premières décennies du XIXe siècle.
  • Conseiller général de Seine-et-Oise.
  • Député de Seine-et-Oise sous la Seconde Restauration, de 1827 à 1830.
  • Signataire de l’Adresse des 221 en mars 1830.
  • Député sous la monarchie de Juillet, de juillet 1830 à mai 1831.
  • Participation parlementaire à l’établissement de la monarchie de Louis-Philippe.

Distinctions et fonctions

  • Baron héréditaire par lettres patentes du 12 février 1820.
  • Chevalier de la Légion d’honneur.
  • Conseiller général de Seine-et-Oise.
  • Député de Seine-et-Oise, siégeant avec l’opposition libérale de gauche.