Qui est Yves Montand ?
Date de naissance : 13 octobre 1921 (Monsummano Terme, Italie).
Date du décès : 9 novembre 1991 (Senlis, France) à 70 ans.
Activité principale : Chanteur, acteur.
Nom de naissance : Ivo Livi.
Où est la tombe d’Yves Montand ?
La tombe est située dans la division 44

Le monument funéraire d’Yves Montand au Père-Lachaise
Yves Montand repose avec Simone Signoret dans la division 44 du Père-Lachaise. Leur sépulture, sobre et horizontale, est constituée d’une dalle claire légèrement inclinée, posée sur un soubassement de pierre. Elle ne comporte ni statue ni décor spectaculaire : les noms des deux artistes et leurs dates y sont inscrits avec simplicité.
Simone Signoret, morte en 1985, fut inhumée la première dans ce tombeau. Yves Montand la rejoignit en novembre 1991. La réunion du couple dans une même sépulture donne au lieu une forte valeur symbolique. La tombe se trouve avenue Aguado.



Biographie d’Yves Montand
Ivo Livi naît le 13 octobre 1921 à Monsummano Terme, en Toscane. Son père, Giovanni Livi, est ouvrier et militant antifasciste ; sa mère, Giuseppina Simoni, est catholique. Après l’arrivée de Mussolini au pouvoir, la famille quitte l’Italie pour la France en 1923 et s’installe dans les quartiers populaires de Marseille. Ivo grandit avec sa sœur Lydia et son frère Julien dans un foyer modeste, marqué à la fois par l’exil, le travail et les convictions politiques du père.
Une enfance ouvrière à Marseille
Les Livi obtiennent la nationalité française en 1929. La crise économique frappe cependant durement la famille. Ivo quitte l’école à onze ans et enchaîne les emplois : garçon dans le salon de coiffure de sa sœur, manutentionnaire, ouvrier dans une fabrique de pâtes et travailleur sur les chantiers navals. Il découvre simultanément les chansons de Charles Trenet, le jazz et les comédies musicales américaines, dont l’élégance de Fred Astaire nourrit son ambition de scène.
Il apprend à chanter, à danser et à maîtriser sa silhouette. Son nom d’artiste aurait été inspiré par l’appel de sa mère, qui lui criait depuis la fenêtre « Ivo, monta ! », c’est-à-dire « monte ». Il devient Yves Montand, nom français aux sonorités italiennes, et façonne un personnage de jeune premier populaire, élégant sans perdre ses origines méridionales.
Les débuts dans les music-halls
À la fin des années 1930, Montand se produit dans les cinémas de quartier et les cabarets marseillais. En juin 1939, il passe à l’Alcazar avec un numéro inspiré du Far West. L’impresario Émile Audiffred l’accompagne dans ses progrès et l’aide à construire un véritable tour de chant. Après une interruption liée à la guerre, sa carrière reprend en 1941 et le conduit sur les scènes de la zone sud.

Il arrive à Paris en 1944 et se produit à l’ABC, puis au Moulin-Rouge. Édith Piaf le remarque, devient sa partenaire et lui apprend à épurer sa diction, son répertoire et sa présence scénique. Leur relation amoureuse et professionnelle dure jusqu’en 1946. Montand chante avec elle au Théâtre de l’Étoile et tourne dans Étoile sans lumière. Lorsque Piaf rompt, il doit prouver qu’il peut exister sans elle.
Les Feuilles mortes et la naissance d’une vedette
Jacques Prévert et Joseph Kosma lui offrent l’une des chansons qui définiront sa carrière : Les Feuilles mortes. Montand l’interprète dans Les Portes de la nuit de Marcel Carné en 1946. Le film ne rencontre pas immédiatement le succès espéré, mais la chanson s’impose progressivement en France puis dans le monde sous le titre Autumn Leaves.
Son répertoire se construit autour d’auteurs et compositeurs majeurs : Prévert, Francis Lemarque, Henri Crolla, Bob Castella, Pierre Barouh et Jean-Loup Dabadie. À bicyclette, C’est si bon, À Paris, Les Grands Boulevards, Barbara, Le Temps des cerises et La Chansonnette deviennent indissociables de sa voix. Son art repose sur une diction très précise, un sens du rythme hérité du jazz et une gestuelle minutieusement travaillée.
En 1951, son récital au Théâtre de l’Étoile marque une étape : seul en scène pendant près de deux heures, il enchaîne chansons et poèmes comme un acteur construit un personnage. Le tour de chant moderne qu’il impose devient une référence. Il triomphe ensuite à l’Olympia et mène des tournées internationales, jusqu’à Broadway où le public américain l’accueille avec enthousiasme.
Simone Signoret, un couple au centre de la vie culturelle
À Saint-Paul-de-Vence, durant l’été 1949, Yves Montand rencontre Simone Signoret, alors mariée au réalisateur Yves Allégret. Leur relation devient rapidement publique. Signoret divorce et le couple se marie le 22 décembre 1951. Montand adopte Catherine Allégret, fille de Simone. Ensemble, ils forment l’un des couples les plus célèbres du spectacle français, entouré d’écrivains, d’acteurs et d’intellectuels.

Le couple connaît des crises mais reste uni jusqu’à la mort de Signoret. En 1960, pendant le tournage américain du Milliardaire de George Cukor, Montand entretient une liaison avec Marilyn Monroe. L’épisode devient un sujet majeur pour la presse. Montand et Signoret traversent cette épreuve et poursuivent leur vie commune, faite d’engagements partagés, de carrières parallèles et d’une maison refuge à Autheuil-Authouillet en Normandie.

Du chanteur populaire au grand acteur
Le cinéma met du temps à lui offrir des rôles à la hauteur de son ambition. Le tournant vient avec Le Salaire de la peur d’Henri-Georges Clouzot, Palme d’or à Cannes en 1953. Montand y incarne Mario, chauffeur engagé dans le transport d’un chargement de nitroglycérine. Le film révèle une présence dramatique plus sombre que celle du chanteur.
Il tourne ensuite avec Claude Autant-Lara, Jean-Pierre Melville, Alain Resnais, Claude Sautet, Henri Verneuil, Alain Corneau et Jean-Luc Godard. Compartiment tueurs, premier long métrage de Costa-Gavras en 1965, ouvre une collaboration essentielle. Dans Z, L’Aveu et État de siège, Montand met son jeu au service d’un cinéma politique qui interroge les dictatures, la violence d’État et les désillusions révolutionnaires.

Son registre est pourtant beaucoup plus large. Il est le gangster silencieux du Cercle rouge, le séducteur vieillissant de César et Rosalie, l’aventurier comique de La Folie des grandeurs et du Sauvage, puis le policier ambigu de Police Python 357. Dans Vincent, François, Paul… et les autres, il s’inscrit avec Michel Piccoli et Serge Reggiani dans une chronique désenchantée de l’amitié masculine.
En 1986, Claude Berri lui confie le rôle du Papet dans Jean de Florette et Manon des sources, d’après Marcel Pagnol. Montand retrouve ainsi la Provence de son enfance tout en composant un personnage complexe, autoritaire et finalement brisé par la révélation de sa faute. Le diptyque connaît un immense succès international et devient l’un des sommets tardifs de sa filmographie.
L’engagement politique et les désillusions
Fils d’un militant antifasciste et proche de la culture communiste française, Montand signe l’Appel de Stockholm en 1950 et soutient le Mouvement de la paix. Avec Simone Signoret, il se produit en Union soviétique et dans les pays de l’Est en 1956-1957. La répression de l’insurrection de Budapest, puis les révélations sur le stalinisme, ébranlent profondément leurs convictions.

Il s’éloigne progressivement du Parti communiste sans renoncer aux causes des droits de l’homme. En 1968, il soutient le Printemps de Prague ; dans les années 1970, il se mobilise pour les réfugiés chiliens et contre les dictatures. L’Aveu, où il incarne Artur London, participe à la dénonciation des procès staliniens. Dans les années 1980, ses positions évoluent vers une critique plus générale du totalitarisme et de l’étatisme, évolution qui suscite à son tour débats et controverses.
Le retour triomphal à la scène
Après treize années sans grand récital parisien, Montand revient à l’Olympia en octobre 1981. Il a soixante ans et prépare ce retour avec la rigueur physique d’un sportif. Pendant plusieurs mois, il retrouve ses classiques, ajoute de nouveaux titres et prouve que son art de la scène n’a rien perdu de sa précision. La tournée se poursuit en France, aux États-Unis, au Japon et au Brésil.

Les dernières années et la mort
Simone Signoret meurt en septembre 1985. Montand poursuit ses tournages et partage ensuite la vie de Carole Amiel, avec laquelle il a un fils, Valentin, né en 1988. Cette paternité tardive ouvre une nouvelle période personnelle alors qu’il reste très présent au cinéma et dans le débat public.
À l’automne 1991, il tourne IP5 : L’Île aux pachydermes sous la direction de Jean-Jacques Beineix. Après le tournage de scènes exigeantes, il est hospitalisé à Senlis. Yves Montand meurt d’un infarctus du myocarde le 9 novembre 1991, à soixante-dix ans. Ses obsèques rassemblent une foule nombreuse. Il est inhumé auprès de Simone Signoret au Père-Lachaise.
Sa double carrière demeure exceptionnelle par sa durée et sa diversité. Il a imposé une forme de récital où la chanson devient théâtre, tout en construisant une filmographie d’une soixantaine de films auprès de cinéastes majeurs. De l’enfant d’immigrés de Marseille au chanteur international, du jeune protégé de Piaf au Papet de Jean de Florette, Montand a constamment transformé son expérience personnelle en matière artistique.
Chansons principales
- Les Feuilles mortes — paroles de Jacques Prévert, musique de Joseph Kosma.
- C’est si bon — paroles d’André Hornez, musique d’Henri Betti.
- À Paris — paroles et musique de Francis Lemarque.
- Les Grands Boulevards — paroles de Jacques Plante, musique de Norbert Glanzberg.
- Barbara — poème de Jacques Prévert, musique de Joseph Kosma.
- La Chansonnette — paroles de Jean Dréjac, musique de Philippe-Gérard.
- La Bicyclette — paroles de Pierre Barouh, musique de Francis Lai.
- Le Temps des cerises et Le Chant des partisans, repris dans son répertoire engagé.
Films principaux
- Les Portes de la nuit, Marcel Carné, 1946.
- Le Salaire de la peur, Henri-Georges Clouzot, 1953.
- Le Milliardaire, George Cukor, 1960.
- Compartiment tueurs, Costa-Gavras, 1965.
- La Guerre est finie, Alain Resnais, 1966.
- Grand Prix, John Frankenheimer, 1966.
- Z, Costa-Gavras, 1969.
- Le Cercle rouge, Jean-Pierre Melville, 1970.
- L’Aveu, Costa-Gavras, 1970.
- La Folie des grandeurs, Gérard Oury, 1971.
- César et Rosalie, Claude Sautet, 1972.
- État de siège, Costa-Gavras, 1972.
- Vincent, François, Paul… et les autres, Claude Sautet, 1974.
- Le Sauvage, Jean-Paul Rappeneau, 1975.
- Police Python 357, Alain Corneau, 1976.
- I… comme Icare, Henri Verneuil, 1979.
- Garçon !, Claude Sautet, 1983.
- Jean de Florette et Manon des sources, Claude Berri, 1986.
- IP5 : L’Île aux pachydermes, Jean-Jacques Beineix, 1992.
Distinctions et fonctions
- Prix d’interprétation masculine au Festival international du film de Karlovy Vary pour La Guerre est finie.
- David di Donatello du meilleur acteur étranger pour César et Rosalie, 1973.
- Deux nominations au César du meilleur acteur : I… comme Icare en 1980 et Garçon ! en 1984.
- Président de la 6e cérémonie des César en 1981.
- Président du jury du Festival de Cannes en 1987.
- Carrière internationale à Broadway et dans de nombreuses tournées mondiales.