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LENOIR Victor

Qui est Victor Lenoir ?

Nom complet : Benoist Victor Lenoir.
Naissance : 12 avril 1805 (Lyon, France).
Mort : 6 mai 1863 (Paris, France) à 58 ans.
Activité : architecte français.
Notoriété : architecte des compagnies de chemins de fer, auteur notamment de l’ancienne gare Montparnasse et des gares de Rennes, Cherbourg et Vitré.

Où se trouve la tombe de Victor Lenoir ?

La tombe de Victor Lenoir se trouve dans la division 59 du cimetière du Père-Lachaise. Il y repose dans une sépulture familiale.

Plan du cimetière du Père-Lachaise indiquant la division 59

Le monument funéraire de Victor Lenoir au Père-Lachaise

Le monument de la famille Lenoir est une sépulture en pierre de facture sobre. Les inscriptions gravées permettent d’identifier Victor Lenoir parmi les membres de la famille qui y reposent.

Tombe de Victor Lenoir au Père-Lachaise
Vue générale de la sépulture de Victor Lenoir, division 59. Photo : Pierre-Yves Beaudouin / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.
Inscription sur la tombe de Victor Lenoir
Détail de la sépulture de Victor Lenoir au Père-Lachaise. Photo : Pierre-Yves Beaudouin / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.

Biographie de Victor Lenoir

Benoist Victor Lenoir naît à Lyon le 12 avril 1805. Son père, Pierre Lenoir, est receveur principal des contributions indirectes ; sa mère n’exerce pas de profession déclarée. Il grandit dans une famille où l’instruction occupe une place importante. Son frère aîné, Alphonse Lenoir, deviendra l’un des premiers professeurs sourds en France et travaillera aux côtés de Ferdinand Berthier.

L’École des beaux-arts et l’apprentissage du métier

Victor Lenoir entre à l’École des beaux-arts de Paris en 1825. Il se forme dans l’atelier d’Achille Leclère, architecte néoclassique et ancien Grand Prix de Rome. Cette formation lui donne la maîtrise du dessin, de la composition monumentale et de la construction publique. Dans une France qui transforme ses villes et ses équipements, le jeune architecte apprend à associer la représentation officielle à des contraintes techniques de plus en plus complexes.

L’une de ses premières réalisations connues est le Bazar Montesquieu, construit en 1830. Il rejoint ensuite le vaste chantier de la colonne de Juillet, place de la Bastille. Adjoint de Joseph-Louis Duc, il participe à l’exécution du monument conçu à l’origine par Jean-Antoine Alavoine et achevé en 1840. Cette expérience d’un chantier parisien prestigieux le confronte à la coordination des corps de métier et à la mise en œuvre d’une architecture chargée de sens politique.

Colonne de Juillet inaugurée en 1840
La colonne de Juillet, au chantier de laquelle Victor Lenoir participa comme adjoint de Joseph-Louis Duc. Estampe, 1840, BnF-Gallica / Wikimedia Commons, domaine public.

L’architecte du chemin de fer de l’Ouest

Vers 1840, Lenoir devient architecte de la Compagnie des chemins de fer de l’Ouest. Le chemin de fer n’est alors ni un équipement banal ni un simple ouvrage d’ingénieur : il faut inventer des bâtiments capables d’accueillir les voyageurs, d’organiser les flux et d’incarner la puissance d’un réseau nouveau. Les gares doivent être fonctionnelles, lisibles et dignes des villes qu’elles desservent.

À Paris, la première gare de l’Ouest, rapidement devenue trop petite, doit être remplacée. Victor Lenoir travaille avec l’ingénieur Eugène Flachat à une nouvelle gare Montparnasse, construite en 1852 dans l’axe de la précédente, face à la rue de Rennes. Sa façade monumentale encadre les grandes halles ferroviaires. Le bâtiment, qui marque durablement le quartier, sera finalement démoli dans les années 1960 lors du déplacement de la gare et de la transformation du secteur.

Ancienne gare Montparnasse conçue par Victor Lenoir
L’ancienne gare Montparnasse construite par Victor Lenoir et Eugène Flachat, photographiée au début du XXe siècle. Carte postale anonyme, Wikimedia Commons, domaine public.

Les gares de Rennes et de Vitré

L’extension de la ligne vers la Bretagne confie à Lenoir un ensemble cohérent de stations. La gare de Rennes, ouverte en 1857, reprend le principe d’un bâtiment central encadré d’ailes et placé devant les voies. Elle devient l’une des portes modernes de la ville, alors que le rail rapproche Rennes de Paris et stimule l’urbanisation des quartiers situés au sud du centre ancien.

Gare de Rennes conçue par Victor Lenoir
La gare de Rennes vers 1900, dans son état issu du projet de Victor Lenoir. Carte postale ancienne, Wikimedia Commons, domaine public.

À Vitré, l’architecte adopte une réponse différente. La gare, construite entre 1855 et 1857, reçoit un vocabulaire néogothique destiné à l’accorder au caractère médiéval de la cité. Pierres appareillées, ouvertures ordonnées et silhouette inspirée de l’architecture locale distinguent ce bâtiment des modèles plus classiques du réseau. La gare de Vitré, inscrite au titre des monuments historiques, demeure aujourd’hui l’un des témoignages les plus lisibles de son travail.

Façade de la gare de Vitré par Victor Lenoir
Façade de la gare de Vitré, construite par Victor Lenoir entre 1855 et 1857. Photo : Seb35 / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.

Cherbourg et les réseaux ferroviaires

Lenoir conçoit également la gare de Cherbourg, terminus stratégique de la ligne venue de Paris. L’inauguration de la ligne et de la gare en 1858 constitue un événement national, en présence de Napoléon III. À cette occasion, l’empereur décore l’architecte de la Légion d’honneur. Le bâtiment originel sera profondément transformé puis remplacé, mais l’entreprise confirme la place de Lenoir parmi les spécialistes de l’architecture ferroviaire du Second Empire.

Façade de la gare de Cherbourg
La gare de Cherbourg, dont Victor Lenoir conçut le bâtiment d’origine inauguré en 1858. Photo : ManoSolo13241324 / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.

Son activité dépasse le seul réseau de l’Ouest. Il travaille pour la Compagnie du chemin de fer Grand-Central de France et pour la Compagnie des chemins de fer des Ardennes. Il réalise parallèlement des hôtels particuliers, des maisons et des châteaux à Paris comme en province. Membre du Conseil des bâtiments civils, il appartient à cette génération d’architectes qui accompagne l’industrialisation tout en maintenant les exigences académiques de la profession.

Vie familiale et dernières années

Victor Lenoir épouse Marie-Louise-Alexandrine Hervet ; le couple a deux fils. Malgré une carrière principalement liée aux grands réseaux, il conserve une pratique diversifiée. Ses chantiers témoignent d’une capacité à adapter le langage architectural à la destination du bâtiment : monumental à Paris, urbain à Rennes, historiciste à Vitré et fonctionnel dans les stations secondaires.

Il meurt le 6 mai 1863 à son domicile, 17 boulevard de la Madeleine à Paris, à l’âge de 58 ans. Sa disparition intervient alors que le réseau ferré français connaît une croissance spectaculaire. Inhumé au Père-Lachaise, Victor Lenoir laisse surtout le souvenir d’un architecte qui contribua à définir l’image des premières grandes gares françaises.

Réalisations principales

  • Bazar Montesquieu, Paris (1830)
  • Participation au chantier de la colonne de Juillet, Paris (achevée en 1840)
  • Ancienne gare Montparnasse, Paris, avec Eugène Flachat (1852)
  • Gare de Vitré (1855-1857)
  • Gare de Rennes (1857)
  • Gare de Cherbourg (1858)
  • Gares et stations des réseaux de l’Ouest, du Grand-Central et des Ardennes

Distinctions et fonctions

  • Architecte de la Compagnie des chemins de fer de l’Ouest
  • Architecte des compagnies du Grand-Central de France et des Ardennes
  • Membre du Conseil des bâtiments civils
  • Chevalier de la Légion d’honneur, décoré en 1858 lors de l’inauguration de la ligne de Cherbourg