Qui est Xavier Leroux ?
Nom complet : Xavier Henry Napoléon Leroux.
Naissance : 11 octobre 1863 (Velletri, Italie).
Mort : 2 février 1919 (Paris, France) à 55 ans.
Activités : compositeur et professeur d’harmonie.
Notoriété : Grand Prix de Rome en 1885, auteur d’opéras et de musiques de scène, notamment Le Chemineau.
Où se trouve la tombe de Xavier Leroux ?
Xavier Leroux est inhumé dans la division 96 du cimetière du Père-Lachaise. Il y repose avec son épouse, la cantatrice Meyrianne Héglon.

Le monument funéraire de Xavier Leroux au Père-Lachaise
La sépulture familiale de Xavier Leroux est un monument en pierre, dont la face avant porte les noms et les dates des défunts. L’inscription rappelle ses qualités de compositeur, de professeur au Conservatoire de Paris, de Prix de Rome et de chevalier de la Légion d’honneur. Le monument conserve également la mémoire de son épouse Meyrianne Héglon, célèbre artiste lyrique de la Belle Époque.


Biographie de Xavier Leroux
Xavier Henry Napoléon Leroux naît le 11 octobre 1863 à Velletri, alors située dans les États pontificaux. Son père, Félix Leroux, est un musicien militaire français engagé dans la campagne d’Italie ; sa mère, Orsola Maria Attilia Breni, est italienne. Les affectations paternelles conduisent la famille en France, notamment à Châlons, Vincennes et Tarbes. Après avoir quitté l’armée, Félix Leroux devient chef d’orchestre au Tivoli-Vauxhall de Paris. Xavier grandit ainsi dans un univers où la musique est à la fois une discipline professionnelle et un spectacle vivant.

Du Conservatoire au Grand Prix de Rome
Le jeune musicien étudie d’abord le piano et le violon avant d’entrer au Conservatoire de Paris. Il y reçoit l’enseignement de Théodore Dubois et de Jules Massenet. Ce dernier, maître du théâtre lyrique français, joue un rôle déterminant dans sa formation : Leroux apprend auprès de lui à construire une ligne vocale expressive, à caractériser une scène et à ménager l’équilibre entre l’orchestre et les chanteurs.
En 1885, à vingt et un ans, il remporte le Grand Prix de Rome avec la cantate Endymion. Cette récompense lui ouvre les portes de la Villa Médicis. À Rome, il rencontre Claude Debussy, alors pensionnaire lui aussi, et se lie avec lui en 1886. Leroux ne suit toutefois pas le parcours habituel jusqu’à son terme : son mariage avec la cantatrice Meyrianne Héglon entraîne son renvoi de la Villa en 1887. Il doit ensuite accomplir plusieurs années de service militaire, ce qui retarde le début de sa carrière théâtrale.

Meyrianne Héglon, partenaire de vie et de musique
Meyrianne Héglon, née Marie-Antoinette Willemsen à Bruxelles en 1867, devient l’une des contraltos importantes de son époque. Sa carrière la conduit à Paris, Bruxelles, Monte-Carlo et dans de nombreuses productions internationales. Elle crée ou interprète des rôles exigeants, notamment Dalila, Fricka, Erda et Omphale. Le couple partage donc une connaissance concrète de la scène, des voix et des contraintes de la représentation lyrique.

Les débuts au théâtre lyrique
Leroux aborde d’abord la scène par des partitions destinées au théâtre parlé. Il compose notamment pour Cléopâtre et La Sorcière de Victorien Sardou, pour Les Perses d’Eschyle et pour Pluton d’Aristophane. La proximité du texte dramatique façonne son écriture : sa musique souligne l’action, soutient la déclamation et recherche une couleur immédiatement intelligible.
Son premier opéra important, Évangéline, sur un livret de Louis de Gramont, est créé au Théâtre de la Monnaie de Bruxelles en 1895. Leroux poursuit avec Astarté, créée à l’Opéra de Paris en 1901. L’ouvrage associe un sujet antique, une orchestration ample et une écriture vocale destinée aux grandes voix de l’époque. Il confirme l’ambition d’un compositeur qui souhaite renouveler le drame lyrique sans rompre avec la tradition française.
La Reine Fiammette et l’affirmation d’un style
En 1903, La Reine Fiammette, sur un livret de Catulle Mendès, est créée à l’Opéra-Comique. Mary Garden tient le rôle principal. L’œuvre montre l’attention de Leroux à la continuité dramatique et à la couleur orchestrale ; certains critiques y perçoivent alors la proximité du climat de Pelléas et Mélisande, tout en soulignant la personnalité plus directe et théâtrale du compositeur.
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Les ouvrages se succèdent : Vénus et Adonis en 1905, William Ratcliff en 1906 et Théodora en 1907. Leroux compose aussi des poèmes symphoniques, une Messe solennelle, des motets et de nombreuses mélodies. Il privilégie volontiers les poètes symbolistes et conserve, même dans les formes de concert, un sens prononcé de l’image et du récit.
Le succès du Chemineau
Créé à l’Opéra-Comique en 1907 sur un texte de Jean Richepin, Le Chemineau devient son œuvre la plus célèbre. Le drame raconte le retour d’un vagabond dans un village où il a autrefois aimé une femme et laissé un fils. Loin des héros mythologiques, Leroux met en musique des personnages populaires et un milieu rural. L’ouvrage appartient au courant naturaliste qui cherche alors à faire entrer sur la scène lyrique des existences ordinaires, des conflits familiaux et une émotion sans apprêt.
Le succès est durable : l’Opéra-Comique en donnera cent six représentations jusqu’en 1945. La partition circule également hors de France et établit la réputation internationale du compositeur. Sa force tient à la lisibilité de l’action, à une déclamation souple et à des pages lyriques capables d’exister au-delà de la scène.
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Professeur et défenseur de la musique française
Dès 1896, Xavier Leroux enseigne l’harmonie au Conservatoire de Paris. Sa classe forme plusieurs musiciens appelés à jouer un rôle majeur au XXe siècle, parmi lesquels Paul Paray, Roger Désormière, Eugène Bigot, Georges Dandelot, Albert Wolff, Henri Mulet et Louis Fourestier. L’enseignement prolonge chez lui le travail de composition : il transmet une conception rigoureuse de l’écriture tout en restant attentif aux besoins de la scène.
De 1911 à 1914, il dirige la revue Musica. Il y défend la musique française, la décentralisation des activités musicales et le développement du théâtre lyrique dans les villes de province. Son engagement témoigne d’une vision de la musique qui ne doit pas demeurer concentrée dans quelques institutions parisiennes.
La guerre et les dernières œuvres
Avant et pendant la Première Guerre mondiale, Leroux continue de composer pour le théâtre. Le Carillonneur est créé en 1913, suivi de La Fille de Figaro en 1914 et des Cadeaux de Noël en 1915. Il écrit aussi des pages inspirées par le conflit, dont 1814, créé en 1918, et des chants patriotiques. Plusieurs ouvrages resteront inédits ou seront représentés après sa disparition, notamment Nausithoé en 1920 et La Plus Forte en 1924.
Chevalier de la Légion d’honneur depuis 1901, Xavier Leroux meurt le 2 février 1919 à son domicile du 17 avenue Émile-Deschanel, dans le 7e arrondissement de Paris. Il est inhumé quatre jours plus tard au Père-Lachaise. Son épouse Meyrianne Héglon, morte en 1942, le rejoint dans la sépulture familiale.
Œuvres principales
- Endymion, cantate du Prix de Rome (1885)
- Évangéline (1895)
- Astarté (1901)
- La Reine Fiammette (1903)
- Vénus et Adonis (1905)
- William Ratcliff (1906)
- Le Chemineau (1907)
- Théodora (1907)
- Le Carillonneur (1913)
- La Fille de Figaro (1914)
- Les Cadeaux de Noël (1915)
- 1814 (1918)
- Nausithoé (création posthume, 1920)
- La Plus Forte (création posthume, 1924)
Distinctions et fonctions
- Grand Prix de Rome pour Endymion (1885)
- Professeur d’harmonie au Conservatoire de Paris à partir de 1896
- Chevalier de la Légion d’honneur (1901)
- Directeur de la revue Musica de 1911 à 1914