Catégories
Tombe

LEMELAND Aubert

Qui est Aubert Lemeland ?

Nom complet : Aubert Charles André Lemeland.
Naissance : 19 décembre 1932 (La Haye-du-Puits, France).
Mort : 15 novembre 2010 (Paris, France) à 77 ans.
Activités : compositeur, pianiste, violoncelliste, chef d’orchestre et écrivain.
Notoriété : auteur de plus de deux cents œuvres, dont quatorze symphonies, des concertos, des cycles vocaux et deux opéras.

Où se trouve la tombe d’Aubert Lemeland ?

Aubert Lemeland repose au cimetière du Père-Lachaise, division 22, chemin de la Citerne, troisième ligne. Sa sépulture se trouve dans un caveau familial sobre, signalé par une plaque portant son nom et ses dates.

Plan du cimetière du Père-Lachaise indiquant la division 22

Le monument funéraire d’Aubert Lemeland au Père-Lachaise

La tombe d’Aubert Lemeland est une sépulture familiale en pierre claire, de forme horizontale et sans décor monumental. Une plaque, fixée sur le monument, porte l’inscription « Aubert LEMELAND, 1932-2010 ». L’ensemble s’inscrit dans l’alignement arboré de la division 22.

Tombe d’Aubert Lemeland au Père-Lachaise
Vue de la sépulture d’Aubert Lemeland, division 22. Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.
Plaque funéraire d’Aubert Lemeland
Détail du monument funéraire d’Aubert Lemeland au Père-Lachaise. Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.

Biographie d’Aubert Lemeland

Aubert Lemeland naît le 19 décembre 1932 à La Haye-du-Puits, dans la Manche. Son père, Paul Lemeland, est notaire. Sa mère, Berthe Le Brun, pianiste et organiste, meurt à sa naissance. La musique demeure pourtant au cœur de son enfance : il étudie le piano et le violoncelle à Cherbourg avant de rejoindre Paris en 1948.

Église de La Haye-du-Puits, ville natale d’Aubert Lemeland
La Haye-du-Puits, ville natale du compositeur. Photographie Xfigpower, Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0.

Une formation littéraire et musicale

Au lycée Claude-Bernard, Aubert Lemeland suit notamment l’enseignement de l’écrivain Julien Gracq. Il y côtoie Jean-Edern Hallier et Jean-René Huguenin, puis se lie avec Jules Roy, dont les textes et la mémoire nourriront plusieurs de ses partitions. Une longue maladie interrompt ses études, mais il poursuit seul son apprentissage musical. Ses premières œuvres importantes apparaissent au milieu des années 1960 ; le compositeur considérera ensuite les Choral-variations pour piano, écrites en 1954, comme l’un des points de départ de son langage.

Lycée Claude-Bernard à Paris
Le lycée Claude-Bernard à Paris, où Aubert Lemeland étudia. Wikimedia Commons, licence Creative Commons.

Une œuvre indépendante des avant-gardes

Lemeland construit une œuvre à l’écart du sérialisme dominant. Admirateur d’Alban Berg, il se nourrit du néoclassicisme et de l’expressionnisme allemand, tout en regardant vers Sibelius, Chostakovitch, Prokofiev, Samuel Barber, Aaron Copland et Charles Ives. Benjamin Britten occupe une place particulière parmi ses modèles, de même que, plus tard, John Adams. Cette indépendance se traduit par un goût constant pour les grandes formes, la clarté orchestrale et une expression directe.

Benjamin Britten, compositeur admiré par Aubert Lemeland
Benjamin Britten, l’une des influences revendiquées par Aubert Lemeland. Photographie des années 1940, Wikimedia Commons, domaine public.

La guerre, la mémoire et les grandes formes

Son catalogue dépasse deux cents numéros d’opus. Il comprend quatorze symphonies composées entre 1975 et 2010, une quinzaine de concertos — dont quatre pour violon et un pour orgue —, de la musique de chambre et plusieurs cycles pour voix et orchestre. La mémoire des combattants et des civils frappés par la guerre traverse une part essentielle de son œuvre. Airmen, dédié à Jules Roy, Omaha, Songs for the Dead Soldiers, Mémorial Dieppe 1942, Ballades du Soldat et Battle Pieces refusent l’effet héroïque au profit d’une méditation sur le sacrifice, l’absence et le souvenir.

Mémorial d’Omaha Beach évoqué dans l’œuvre d’Aubert Lemeland
Omaha Beach, lieu de mémoire auquel Aubert Lemeland consacra une œuvre. Joe deSousa, Wikimedia Commons, CC0.

Le raid de Dieppe du 19 août 1942 lui inspire également un mémorial orchestral. Chez Lemeland, l’histoire collective prend souvent la forme d’un paysage sonore : les voix, les cuivres et les cordes y font entendre autant le silence des disparus que la violence des événements.

Front de mer de Dieppe après le raid de 1942
Le front de mer de Dieppe après le raid du 19 août 1942, sujet du Mémorial Dieppe 1942. Wikimedia Commons, domaine public.

Opéras, interprètes et dernières créations

Son premier opéra, Laure ou la Lettre au cachet rouge, d’après Alfred de Vigny et sur un livret élaboré avec Jean de Beer, est représenté en Suisse en 1995. Le second, Lieutenant Karl, d’après Jules Roy, n’est pas monté de son vivant. Ses partitions sont défendues par des chefs et des orchestres français et étrangers, parmi lesquels Michel Plasson et l’Orchestre national du Capitole de Toulouse, Jacques Mercier et l’Orchestre national d’Île-de-France, l’Orchestre de l’Opéra de Rouen, l’Orchestre de la Garde républicaine et l’Orchestre de Santa Rosa.

Parmi ses dernières créations figurent la Symphonie n° 11, Deux contes de Grimm, Épitaphe française pour orgue, orchestre à cordes et trompette, ainsi que la version définitive des Battle Pieces. Aubert Lemeland écrit aussi trois romans et deux récits. Il meurt à Paris le 15 novembre 2010.

Œuvres principales

  • Quatorze symphonies (1975-2010)
  • Quatre concertos pour violon et un concerto pour orgue
  • Airmen
  • Omaha
  • Time Landscapes
  • Songs for the Dead Soldiers
  • D’une saison l’autre, écrit pour Renée Fleming
  • Mémorial Dieppe 1942
  • Ballades du Soldat
  • Battle Pieces
  • Laure ou la Lettre au cachet rouge, opéra
  • Lieutenant Karl, opéra

Distinctions et récompenses

  • Sociétaire définitif de la SACEM depuis 1987
  • Grand Prix du disque de l’Académie Charles-Cros en 1995
  • Diapason d’Or en 1998