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LE ROUX Maurice

Qui est Maurice Le Roux ?

Nom complet : Maurice Anne Fernand Le Roux.
Naissance : 6 février 1923 (Paris, France).
Mort : 19 octobre 1992 (Avignon, France) à 69 ans.
Activité : Chef d’orchestre, compositeur, musicologue et producteur de télévision.
Notoriété : Défenseur de la musique contemporaine, directeur de l’Orchestre national de l’ORTF et producteur de l’émission Arcana.

Où se trouve la tombe de Maurice Le Roux ?

La tombe de Maurice Le Roux se trouve dans la division 35 du cimetière du Père-Lachaise, avenue des Acacias, en sixième ligne.

Plan du cimetière du Père-Lachaise indiquant la division 35
Plan des divisions du Père-Lachaise : la sépulture de Maurice Le Roux se trouve dans la division 35.

Le monument funéraire de Maurice Le Roux au Père-Lachaise

Maurice Le Roux repose dans une chapelle familiale ancienne, riche de nombreuses inscriptions. Son nom apparaît avec ses dates, « Maurice Le Roux, 6 février 1923 – 19 octobre 1992 », auprès de celui de son épouse Monique Le Roux. Le caveau rassemble plusieurs générations d’une famille engagée dans la vie économique et politique française.

Y reposent notamment son arrière-grand-père Alfred Le Roux, banquier, député et ministre de l’Agriculture et du Commerce, ainsi que son grand-père Paul Le Roux, député puis sénateur de la Vendée.

Chapelle funéraire de la famille Le Roux au Père-Lachaise
Chapelle funéraire de la famille Le Roux, division 35 du Père-Lachaise. Wikimedia Commons, licence libre.

Biographie de Maurice Le Roux

Maurice Le Roux naît à Paris le 6 février 1923 dans une famille où la musique occupe une place importante. Il étudie d’abord le piano et compose très jeune. La Seconde Guerre mondiale interrompt le cours ordinaire de sa formation : il s’engage dans la 2e division blindée du général Leclerc et écrit en 1944 la marche officielle de l’unité, première œuvre liée à un événement collectif majeur.

Portrait du compositeur et chef d’orchestre Maurice Le Roux
Portrait de Maurice Le Roux. Wikimedia Commons, licence libre.

La formation au Conservatoire de Paris

À la Libération, il poursuit ses études au Conservatoire national supérieur de musique de Paris. Il travaille le piano avec Isidore Philipp et Yves Nat, l’analyse avec Olivier Messiaen et la direction d’orchestre avec Louis Fourestier. Il approfondit également la technique dodécaphonique auprès de René Leibowitz, principal passeur en France de la seconde école de Vienne.

Ces maîtres lui donnent des outils complémentaires. Messiaen ouvre son écoute aux rythmes, aux couleurs et aux musiques extra-européennes ; Leibowitz lui transmet la rigueur de l’écriture sérielle ; Fourestier lui apporte la discipline du chef. Le Roux obtient en 1952 un premier prix de direction d’orchestre. Il appartient alors à une génération décidée à replacer la création contemporaine au centre de la vie musicale française.

Compositeur pour le concert et le cinéma

Dès la fin des années 1940, Maurice Le Roux mène de front composition et direction. Il écrit une Sonate pour piano, les Deux Mimes pour orchestre, les Trois Psaumes sur des textes de Patrice de La Tour du Pin et le ballet Le Petit Prince. Son langage associe les recherches de l’après-guerre à une attention constante au timbre et à l’efficacité dramatique.

Le cinéma lui offre un autre terrain d’expérimentation. Il compose pour Crin-Blanc et Le Ballon rouge d’Albert Lamorisse, Les Mauvaises Rencontres d’Alexandre Astruc, Les Mistons de François Truffaut, Le Petit Soldat de Jean-Luc Godard, Vu du pont de Sidney Lumet et La Chamade d’Alain Cavalier. Ses partitions savent servir la narration sans renoncer à une écriture personnelle.

Maurice Le Roux travaillant à une partition
Maurice Le Roux au travail. Wikimedia Commons, licence libre.

À la tête de l’Orchestre national

Le Roux commence sa carrière de chef à la Radiodiffusion-Télévision Française. En 1953, il dirige la première exécution française du Réveil des oiseaux de Messiaen. Il réalise ensuite le premier enregistrement de la Turangalîla-Symphonie, entreprise majeure qui contribue à la diffusion internationale de l’œuvre.

De 1960 à 1967, il dirige l’Orchestre national de la RTF, devenu Orchestre national de l’ORTF. Il programme les classiques mais défend surtout les compositeurs du XXe siècle : Schönberg, Webern, Varèse, Xenakis, Stockhausen, Betsy Jolas ou Vinko Globokar. Il accompagne souvent les concerts d’explications destinées à réduire la distance entre le public et des langages réputés difficiles.

Maurice Le Roux dirigeant la Turangalîla-Symphonie
Maurice Le Roux dirigeant la Turangalîla-Symphonie d’Olivier Messiaen. Photo : Padraigogarriggruig / Wikimedia Commons, licence libre.

Cette politique artistique fait de lui un acteur essentiel de la modernisation musicale française, mais provoque aussi des résistances. Après une tournée américaine difficile et des tensions avec les musiciens, il quitte l’Orchestre national en 1967. Il réoriente alors son activité vers la télévision, l’administration culturelle et la pédagogie.

Arcana, la musique à la télévision

À partir de 1968, Maurice Le Roux produit Arcana, connaissance de la musique. Pendant plus d’une décennie, l’émission utilise les ressources de la télévision pour faire comprendre une œuvre, un compositeur ou un procédé musical. Le Roux y poursuit le même objectif que dans ses concerts commentés : rendre la création exigeante intelligible sans la simplifier abusivement.

Il devient parallèlement conseiller artistique de l’Opéra de Paris de 1968 à 1973, puis inspecteur général de la musique au ministère des Affaires culturelles. Administrateur de TF1 entre 1975 et 1978, conseiller musical de FR3 de 1978 à 1981 et administrateur de Radio France de 1987 à 1990, il intervient à la rencontre de la musique, du service public et des médias.

Maurice Le Roux présentant une émission consacrée à la musique
Maurice Le Roux dans son activité de pédagogue et d’homme de télévision. Wikimedia Commons, licence libre.

Un musicien engagé dans les institutions

Le Roux préside la Fédération nationale de musique électroacoustique et devient vice-président de la fondation Sacem. Il participe aux orientations de festivals consacrés à l’art contemporain, notamment à Royan et La Rochelle. Musicologue, il publie une Introduction à la musique contemporaine, une étude sur Monteverdi et un ouvrage sur Boris Godounov.

Ses dernières années restent marquées par la défense du répertoire moderne et par la transmission. Atteint d’une maladie rénale, Maurice Le Roux meurt dans un hôpital d’Avignon le 19 octobre 1992, à 69 ans. Il est inhumé dans la chapelle familiale de la division 35 du Père-Lachaise. Son parcours relie la création musicale, le cinéma, l’orchestre symphonique, la télévision et la politique culturelle.

Œuvres principales

  • Sonate pour piano, 1946
  • Trois Psaumes, 1948
  • Le Petit Prince, ballet, 1949
  • Au pays de la magie, 1951
  • Le Cercle des métamorphoses, 1953
  • Sable, ballet, 1956
  • Un Koan, 1974
  • Musiques des films Crin-Blanc, Le Ballon rouge, Les Mistons, Le Petit Soldat et La Chamade

Distinctions et fonctions

  • Directeur de l’Orchestre national de la RTF puis de l’ORTF, 1960-1967
  • Producteur de l’émission Arcana, 1968-1981
  • Conseiller artistique de l’Opéra de Paris, 1968-1973
  • Inspecteur général de la musique
  • Administrateur de TF1 et de Radio France
  • Officier de la Légion d’honneur
  • Officier de l’ordre national du Mérite
  • Chevalier des Arts et des Lettres
  • Grand Prix du Disque