Qui est Jean-Baptiste Apollinaire Lebas ?
Nom complet : Jean-Baptiste Apollinaire Lebas.
Naissance : 13 août 1797 (Le Luc, France).
Mort : 1er janvier 1873 (Paris, France) à 75 ans.
Activité : Ingénieur de la Marine et conservateur du Musée naval.
Notoriété : Responsable du transport et de l’érection de l’obélisque de Louxor sur la place de la Concorde.
Où se trouve la tombe de Jean-Baptiste Apollinaire Lebas ?
La tombe de Jean-Baptiste Apollinaire Lebas se trouve dans la division 4 du cimetière du Père-Lachaise, avenue Principale, en première ligne.

Le monument funéraire de Jean-Baptiste Apollinaire Lebas au Père-Lachaise
La sépulture rappelle directement l’œuvre qui rendit Lebas célèbre. Elle est dominée par un obélisque de granit, composition verticale signée par l’architecte R. Naples et l’entrepreneur Lecointe. Une gravure aménagée sur le monument représente l’érection de l’obélisque de Louxor à Paris : l’ingénieur repose ainsi sous un symbole réduit du monolithe dont il avait organisé le déplacement.
L’inscription principale rappelle sa formation à l’École polytechnique, son rang d’ingénieur de la Marine, sa fonction de conservateur du Musée naval et sa dignité de commandeur de la Légion d’honneur. Le caveau accueille également son fils Jules Félix Apollinaire Lebas, lieutenant de vaisseau, ainsi que plusieurs membres des familles Banare, Henry, Gaspard, Le Damany et Sindzingre.


Biographie de Jean-Baptiste Apollinaire Lebas
Jean-Baptiste Apollinaire Lebas naît au Luc, dans le Var, le 13 août 1797. Il est le fils de Charles-Joseph Lebas, employé au ministère de la Police, et de Thérèse-Christine Ferrier. Son enfance se déroule dans une France profondément transformée par la Révolution et l’Empire, à une époque où l’État développe des écoles techniques capables de former les ingénieurs nécessaires aux armées, aux arsenaux et aux grands travaux.
De Polytechnique au Génie maritime
Admis à l’École polytechnique en 1816, Lebas reçoit une formation scientifique exigeante fondée sur les mathématiques, la mécanique et le dessin. Il choisit ensuite le Génie maritime, qu’il rejoint en 1820. Sa carrière commence comme sous-ingénieur de deuxième classe en juillet 1821. Il devient sous-ingénieur de première classe en 1831, ingénieur de deuxième classe en 1834, puis ingénieur de première classe en 1842.
Le métier associe alors calcul, construction navale, connaissance des matériaux et organisation d’équipes nombreuses. Dans les ports et les arsenaux, l’ingénieur doit concevoir des dispositifs robustes avec des moyens mécaniques encore limités. Cette culture pratique prépare Lebas à une mission exceptionnelle : déplacer sur plusieurs milliers de kilomètres un monolithe de granit pesant plus de deux cents tonnes sans l’endommager.
La mission de Louxor
En 1830, le vice-roi d’Égypte Méhémet Ali offre à la France les deux obélisques dressés devant le temple de Louxor. Champollion recommande de transporter celui placé à droite de l’entrée. Le gouvernement confie l’opération à la Marine. Un bâtiment spécialement conçu, le Luxor, est construit à Toulon avec une proue démontable afin de recevoir le monument couché.

Lebas part pour l’Égypte en 1831 et dirige les opérations à terre. Il faut d’abord abattre le monolithe avec une extrême lenteur, le faire glisser jusqu’au Nil, puis l’introduire dans la cale du navire. Des charpentes, plans inclinés, cabestans, poulies et cordages sont calculés pour répartir les efforts. La faiblesse des infrastructures locales et les variations du fleuve imposent de constantes adaptations.
Le chargement achevé, le Luxor descend le Nil, rejoint Alexandrie puis gagne la France, remorqué sur une partie du trajet par le Sphinx. Le convoi atteint Paris en décembre 1833. Le voyage a démontré la solidité du dispositif, mais une nouvelle difficulté commence : conduire l’obélisque jusqu’au centre de la place de la Concorde et le redresser sur son piédestal.
Le 25 octobre 1836, une prouesse publique
Lebas conçoit un appareil de levage reposant sur de grandes charpentes, des palans et un système de contrepoids. La manœuvre est exécutée à la force humaine par plusieurs centaines d’artilleurs et de marins. Le 25 octobre 1836, une foule immense envahit la place de la Concorde tandis que Louis-Philippe et la famille royale observent depuis l’Hôtel de la Marine.

Le monolithe se soulève progressivement, pivote autour de sa base et atteint la verticale après plusieurs heures de tension. L’opération se déroule sans accident. L’image de Lebas demeurant près de la base durant la manœuvre, popularisée par les récits contemporains, contribue à sa célébrité. Derrière l’anecdote se trouve surtout une réussite collective préparée pendant des années et fondée sur des calculs précis.
L’érection transforme l’ingénieur en figure nationale. Elle marque aussi l’achèvement d’un voyage technique et diplomatique commencé en Égypte. L’obélisque, haut de plus de vingt mètres et couvert de hiéroglyphes célébrant Ramsès II, devient l’un des grands repères monumentaux de Paris.

Conservateur du Musée naval
Après le succès de la Concorde, Lebas est nommé conservateur du Musée naval, installé au Louvre. Il occupe cette fonction de 1836 à 1852. Les collections réunissent modèles de navires, instruments, plans et objets rapportés des expéditions. L’ingénieur contribue ainsi à préserver et présenter au public la mémoire technique et maritime de la France.
En 1839, il publie L’Obélisque de Luxor : histoire de sa translation à Paris. L’ouvrage décrit les travaux, les machines et les choix techniques de l’entreprise. Il ne s’agit pas seulement d’un récit commémoratif : le livre transmet une expérience d’ingénierie, compare l’opération parisienne avec d’autres translations d’obélisques et fixe une documentation essentielle sur le chantier.

Vie familiale et dernières années
Lebas épouse Agathe-Louise Tolluire en 1834. Leur fils Jules Félix Apollinaire, né la même année, choisit à son tour la Marine et devient lieutenant de vaisseau. Devenu veuf, l’ingénieur se remarie en 1850 avec Mathilde-Joséphine Rousie. Sa vie sociale comprend aussi sa participation au cercle des Dominotiers, réunion d’amateurs du jeu de dominos fréquentée par des artistes et des hommes de lettres, parmi lesquels le sculpteur Dantan jeune.
Sa carrière est récompensée par la Légion d’honneur, dont il devient commandeur en 1848. Il meurt à Paris le 1er janvier 1873, à 75 ans. Inhumé dans la division 4 du Père-Lachaise, il reçoit un monument qui résume sa vie professionnelle. Le petit obélisque de sa tombe et la scène gravée de la manœuvre établissent un lien immédiat entre l’homme, son œuvre technique et le grand monument parisien.
Œuvres et réalisations principales
- Direction de l’abattage et du chargement de l’obélisque de Louxor en Égypte, 1831-1832.
- Organisation du transport du monolithe jusqu’à Paris à bord du Luxor.
- Conception et direction de l’érection de l’obélisque place de la Concorde, 25 octobre 1836.
- L’Obélisque de Luxor : histoire de sa translation à Paris, publié en 1839.
- Conservation et présentation des collections du Musée naval au Louvre.
Distinctions et fonctions
- Élève de l’École polytechnique, promotion 1816.
- Ingénieur du Génie maritime.
- Conservateur du Musée naval, 1836-1852.
- Commandeur de la Légion d’honneur, 1848.