Qui est Philippe Le Bas ?
Nom complet : Philippe Le Bas.
Naissance : 17 juin 1794 (Paris, France).
Mort : 16 mai 1860 (Paris, France) à 65 ans.
Activité : Helléniste, épigraphiste, archéologue, traducteur et bibliothécaire.
Notoriété : Précepteur de Louis-Napoléon Bonaparte, futur Napoléon III, puis membre de l’Académie des inscriptions et belles-lettres.
Où se trouve la tombe de Philippe Le Bas ?
La tombe de Philippe Le Bas se trouve dans la division 34 du cimetière du Père-Lachaise, avenue Circulaire, en deuxième ligne.

Le monument funéraire de Philippe Le Bas au Père-Lachaise
La sépulture porte l’inscription « Famille Le Bas du Nord ». Elle appartient à un ensemble familial où repose notamment Élisabeth Duplay-Le Bas, mère de l’archéologue. Une plaque présente le double portrait d’Élisabeth et de son premier époux, le conventionnel Philippe-François-Joseph Le Bas. Celui-ci, mort pendant la journée du 9 Thermidor, n’est toutefois pas inhumé dans ce caveau.
Le monument est protégé au titre des monuments historiques. Philippe Le Bas fils y repose avec sa mère et plusieurs membres de la famille.


Biographie de Philippe Le Bas
Philippe Le Bas naît à Paris le 17 juin 1794, au cœur de la période révolutionnaire. Il est le fils unique du conventionnel Philippe-François-Joseph Le Bas et d’Élisabeth Duplay, fille de Maurice Duplay, chez qui Maximilien de Robespierre loge rue Saint-Honoré. Six semaines après sa naissance, la chute de Robespierre bouleverse la famille. Son père se suicide dans la nuit du 9 au 10 Thermidor ; l’enfant est emprisonné avec sa mère avant leur libération à la fin de 1794.

L’enfant de Thermidor
Élisabeth Le Bas élève son fils dans le souvenir de son père et des compagnons de Robespierre. Cette mémoire familiale ne signifie pas un retrait du monde : elle lui transmet une forte exigence morale et le goût de l’instruction. À douze ans, Philippe entre au collège de Juilly. Sa mère le confie au père Balland, religieux que son époux avait protégé pendant la Révolution.

En 1810, à seize ans, Le Bas choisit la carrière militaire. Novice dans la marine impériale, il sert sur le lougre Le Vigilant, puis sur le vaisseau Le Diadème. Promu aspirant de deuxième classe en 1812, il passe l’année suivante dans l’armée de terre et devient maréchal des logis au troisième régiment des gardes d’honneur. Il participe aux campagnes de 1813 et de 1814, qui accompagnent l’effondrement du Premier Empire.
Le précepteur de Louis-Napoléon
Sous la Restauration, Le Bas entre au bureau des hospices de la préfecture de la Seine. Parallèlement, il approfondit sa connaissance du grec auprès de l’helléniste Jean-François Boissonade. En 1820, Hortense de Beauharnais le choisit pour instruire son fils Louis-Napoléon Bonaparte, alors âgé de douze ans. Cette fonction place un républicain issu d’une famille jacobine auprès de l’héritier du nom impérial.
Le Bas organise une éducation exigeante, fondée sur les humanités, l’histoire et la discipline. Louis-Napoléon suit les cours du gymnase d’Augsbourg, tandis que son précepteur l’accompagne à Arenenberg, à Marienbad puis à Rome. Le voyage italien permet à Le Bas de rencontrer des archéologues italiens et allemands. Il découvre un milieu savant européen qui oriente progressivement sa propre carrière.
Les relations avec Hortense se tendent toutefois. Le républicanisme de Le Bas, sa rigueur et ses conceptions éducatives s’accordent mal avec les attentes de la reine déchue. Il est congédié en octobre 1827, officiellement pour des raisons d’économie. Malgré cette séparation, le maître et l’élève conserveront une relation singulière. Devenu empereur, Napoléon III respectera son ancien précepteur, même lorsque celui-ci s’opposera au coup d’État de 1851 et refusera les faveurs personnelles.
Une carrière d’helléniste
De retour en France, Philippe Le Bas donne une forme universitaire à sa vocation. En 1829, il obtient la licence et le doctorat ès lettres, puis arrive premier au concours de l’agrégation. Professeur au lycée Saint-Louis, il devient en 1830 maître de conférences d’histoire à l’École normale, puis maître de conférences de langue et littérature grecques à partir de 1834.
Ses travaux associent philologie, histoire et étude des inscriptions. Il traduit des textes grecs et allemands, publie des manuels destinés à l’enseignement et contribue à de vastes entreprises encyclopédiques. En 1838, l’Académie des inscriptions et belles-lettres l’élit parmi ses membres. Cette reconnaissance confirme la place acquise par un savant qui n’avait pas suivi la voie universitaire la plus directe.

La mission en Grèce et en Asie Mineure
En novembre 1842, le ministre Abel Villemain lui confie une mission scientifique en Grèce et en Asie Mineure. Prévue pour une année, l’expédition se prolonge jusqu’en novembre 1844. Le Bas dirige des relevés de monuments et d’inscriptions, visite des régions encore peu étudiées et fait copier ou estamper des textes antiques, y compris lorsqu’ils sont fragmentaires.
Le résultat est considérable : environ 450 dessins et près de 5 000 inscriptions sont rapportés, dont une grande partie jusque-là inédite. Ces matériaux alimentent le Voyage archéologique en Grèce et en Asie Mineure et plusieurs publications épigraphiques. Son travail contribue à documenter des monuments qui seront parfois transformés ou endommagés par la suite.

La Sorbonne et l’Institut
À son retour, Le Bas est nommé conservateur adjoint de la bibliothèque de la Sorbonne en 1844, puis administrateur en 1846. Il réorganise méthodiquement les collections et exerce cette fonction jusqu’à sa mort. Élu conseiller municipal de Paris en 1848, il défend des convictions républicaines modérées et devient vice-président de l’Association démocratique des amis de la Constitution.
Son opposition au coup d’État de Louis-Napoléon en décembre 1851 ne détruit pas leurs liens. Le Bas refuse de transformer leur ancienne relation pédagogique en moyen d’avancement. Il poursuit ses activités savantes, préside la Société nationale des antiquaires de France et devient président de l’Institut de France en 1858. La même année, il est promu officier de la Légion d’honneur.
Philippe Le Bas meurt le 16 mai 1860 à son domicile de la rue de la Sorbonne, à Paris. Il est inhumé dans la division 34 du Père-Lachaise, auprès de sa mère Élisabeth. Sa vie relie la mémoire de la Révolution, l’éducation du futur Napoléon III et la constitution d’une archéologie savante attentive aux inscriptions et aux relevés de terrain.
Œuvres et travaux principaux
- Explication des inscriptions grecques et latines recueillies en Grèce par la commission de Morée, 1835-1837
- Voyage archéologique en Grèce et en Asie Mineure, publication commencée en 1847
- Précis de l’Histoire ancienne
- Précis d’Histoire romaine
- Histoire du Moyen Âge
- Traductions et éditions de textes grecs et allemands
Distinctions et fonctions
- Précepteur de Louis-Napoléon Bonaparte, 1820-1827
- Maître de conférences à l’École normale supérieure, 1830-1860
- Membre de l’Académie des inscriptions et belles-lettres, 1838
- Administrateur de la bibliothèque de la Sorbonne, 1846-1860
- Conseiller municipal de Paris, 1848
- Président de l’Institut de France, 1858
- Officier de la Légion d’honneur, 1858