Qui est Emmanuel de Grouchy ?
Nom complet : Emmanuel de Grouchy.
Naissance : 23 octobre 1766 (Paris, France).
Mort : 29 mai 1847 (Saint-Étienne, France) à 80 ans.
Activité : général de la Révolution et de l’Empire, homme politique.
Notoriété : dernier maréchal nommé par Napoléon Ier, pair de France et commandant de l’aile droite française pendant la campagne de Waterloo.
Où se trouve la tombe d’Emmanuel de Grouchy ?
La tombe d’Emmanuel de Grouchy se trouve dans la division 57 du cimetière du Père-Lachaise, avenue latérale du Nord, en première ligne.

Le monument funéraire d’Emmanuel de Grouchy au Père-Lachaise
La sépulture prend la forme d’une chapelle funéraire en pierre, intégrée à l’alignement ancien de l’avenue latérale du Nord. Sa façade étroite est structurée comme un petit édifice : porte métallique, encadrement de pierre et fronton triangulaire composent un ensemble sobre. Les inscriptions rappellent la famille de Grouchy et la dignité du maréchal. La chapelle abrite également la sépulture de son épouse Joséphine Hua.
Le tombeau fait partie des monuments funéraires du Père-Lachaise inscrits au titre des monuments historiques. Son intérêt tient autant à son architecture caractéristique des chapelles familiales du XIXe siècle qu’à la mémoire d’un officier dont le nom demeure inséparable des dernières heures de l’Empire.


Biographie d’Emmanuel de Grouchy
Emmanuel de Grouchy naît à Paris le 23 octobre 1766 dans une ancienne famille de la noblesse normande. Son père, François-Jacques de Grouchy, est officier ; sa sœur Sophie épousera le philosophe et mathématicien Nicolas de Condorcet et tiendra l’un des salons intellectuels les plus remarqués de la Révolution. Destiné très tôt aux armes, Emmanuel entre dans le corps royal de l’artillerie en 1779, alors qu’il n’a que treize ans. Il passe ensuite par le régiment de La Fère, puis choisit la cavalerie. En 1786, il devient sous-lieutenant dans les gardes du corps du roi.
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Un noble au service de la Révolution
La Révolution française bouleverse une carrière qui semblait tracée dans les armées royales. Grouchy accepte les principes nouveaux et quitte les gardes du corps. En 1792, il commande le 12e régiment de chasseurs à cheval, puis reçoit le grade de maréchal de camp. Il sert dans les Alpes et participe à la conquête de la Savoie. Son origine aristocratique le rattrape cependant pendant la Terreur : la loi excluant les anciens nobles le prive de commandement en 1793, malgré son engagement en faveur du nouveau régime.
Rappelé après la chute de Robespierre, il est promu général de division en 1795. Aux côtés de Lazare Hoche, il combat dans l’Ouest, participe aux opérations contre le débarquement royaliste de Quiberon et prend part à l’expédition d’Irlande. Cette période révèle un officier discipliné, expérimenté et particulièrement à l’aise dans le commandement de la cavalerie, mais aussi attaché à l’exécution littérale des ordres reçus.

De Novi à Hohenlinden
Pendant la campagne d’Italie de 1799, Grouchy se distingue à plusieurs reprises. À la bataille de Novi, le 15 août, il est grièvement blessé et fait prisonnier. Échangé, il reprend du service dans l’armée du Rhin commandée par Moreau. Le 3 décembre 1800, à Hohenlinden, son action contribue à la victoire française sur les forces autrichiennes et bavaroises. Cette bataille décisive ouvre la voie à la paix de Lunéville et confirme sa réputation de général de cavalerie.

Un grand chef de cavalerie de l’Empire
Après la proclamation de l’Empire, Grouchy reçoit des commandements importants sans appartenir encore au cercle des maréchaux. Il prend part aux campagnes de Prusse et de Pologne. À Eylau, en février 1807, il participe aux grandes charges de cavalerie et est de nouveau blessé. Envoyé en Espagne en 1808, il sert sous les ordres de Murat lors de la répression de l’insurrection madrilène du 2 mai, épisode particulièrement violent de l’occupation française.
Créé comte de l’Empire, il commande la cavalerie en 1809. À Raab, son intervention contribue au succès français, puis il combat à Wagram. Durant la campagne de Russie de 1812, il dirige le IIIe corps de cavalerie et se signale à la Moskova. Pendant la retraite, il reçoit le commandement de l’« escadron sacré », unité formée d’officiers chargés de protéger Napoléon. Sa santé, éprouvée par les blessures et les campagnes, le conduit un temps à se retirer.
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La campagne de France et le bâton de maréchal
Grouchy reprend du service pendant la campagne de France de 1814. À la tête de la cavalerie, il combat notamment à Brienne, La Rothière, Vauchamps et Craonne, où il est encore blessé. Après l’abdication de Napoléon, la Première Restauration le maintient d’abord dans l’armée, mais il se rallie à l’Empereur lors des Cent-Jours. Napoléon le nomme maréchal d’Empire le 15 avril 1815 : il est le dernier officier à recevoir cette dignité sous le Premier Empire.
Au début de la campagne de Belgique, Grouchy commande la réserve de cavalerie. Il participe à la victoire de Ligny, le 16 juin, dernière victoire de Napoléon. Le lendemain, l’Empereur lui confie environ trente-trois mille hommes et lui ordonne de poursuivre l’armée prussienne en retraite afin de l’empêcher de rejoindre les Britanniques de Wellington.
Waterloo, une controverse durable
Le 18 juin, tandis que Napoléon affronte Wellington à Waterloo, Grouchy combat une partie des Prussiens autour de Wavre. Plusieurs de ses subordonnés, notamment le général Gérard, lui proposent de marcher vers le bruit du canon. Le maréchal choisit de poursuivre la mission reçue et maintient son effort vers Wavre. Pendant ce temps, l’essentiel des forces prussiennes de Blücher rejoint le champ de bataille de Waterloo et intervient contre l’armée française.
Cette décision vaut à Grouchy une réputation de responsable de la défaite. Le jugement est pourtant plus complexe. Les ordres de Napoléon sont arrivés tardivement et la position exacte des Prussiens a été mal évaluée ; les chemins détrempés, les distances et la lenteur des transmissions rendent une jonction rapide incertaine. Grouchy remporte tactiquement le combat de Wavre et, après avoir appris le désastre, réussit à ramener son corps en France sans se laisser enfermer. Son obéissance stricte et son manque d’initiative restent discutés, mais ils n’expliquent pas à eux seuls l’issue de Waterloo.

L’exil américain et le retour en France
Après la seconde abdication de Napoléon, Grouchy est proscrit. Il se réfugie aux États-Unis en 1816 et vit plusieurs années près de Philadelphie. Depuis l’exil, il défend sa conduite pendant la campagne de 1815, conscient que le récit de Waterloo menace d’effacer une carrière de plus de trente ans. Autorisé à rentrer en France en 1821, il retrouve progressivement ses titres et ses droits.
La monarchie de Juillet achève sa réhabilitation. Louis-Philippe lui rend la dignité de maréchal de France en 1831 et le nomme pair de France en 1832. Grouchy siège à la Chambre des pairs et publie plusieurs textes pour répondre à ses détracteurs et exposer sa version des opérations de 1815. Son fils Alphonse mène lui aussi une carrière militaire et politique.

Les dernières années
À la fin de sa vie, Emmanuel de Grouchy demeure une personnalité honorée mais toujours entourée par la polémique de Waterloo. Il meurt à Saint-Étienne le 29 mai 1847, à l’âge de 80 ans. Son corps est ramené à Paris et inhumé au Père-Lachaise. Son nom est gravé sous l’arc de triomphe de l’Étoile, parmi ceux des généraux des armées de la Révolution et de l’Empire. Au-delà du débat de 1815, sa carrière témoigne des bouleversements vécus par une génération d’officiers passée de la monarchie à la Révolution, puis à l’Empire et à la monarchie constitutionnelle.
Œuvres principales
- Fragments historiques relatifs à la campagne de 1815 et à la bataille de Waterloo (1829-1830), défense de sa conduite pendant les journées de juin 1815.
- Observations sur la relation de la campagne de 1815 publiée par le général Gourgaud, contribution aux débats sur les responsabilités de Waterloo.
- Fragments historiques réunis pour établir le fait de calomnie répandue dans un libelle du général Berthezène (1840).
- Correspondance, rapports militaires et mémoires publiés après sa mort, précieux pour l’histoire des guerres révolutionnaires et napoléoniennes.
Distinctions et fonctions
- Général de division de la Révolution française (1795).
- Comte de l’Empire (1808).
- Colonel général des chasseurs à cheval.
- Maréchal d’Empire, nommé le 15 avril 1815.
- Pair de France pendant les Cent-Jours, puis sous la monarchie de Juillet à partir de 1832.
- Grand aigle, puis grand-croix de la Légion d’honneur.
- Commandeur de l’ordre royal et militaire de Saint-Louis.
- Grand-croix de l’ordre militaire de Maximilien-Joseph de Bavière.
- Nom gravé sous l’arc de triomphe de l’Étoile.