Qui est Giulia Grisi ?
Nom complet : Giulia Grisi.
Naissance : 22 mai 1811 (Milan, Italie).
Mort : 29 novembre 1869 (Berlin, Allemagne) à 58 ans.
Activité principale : cantatrice italienne, soprano.
Famille : sœur de la cantatrice Giuditta Grisi, cousine de la ballerine Carlotta Grisi et compagne puis épouse du ténor Mario de Candia.
Où se trouve la tombe de Giulia Grisi ?
Division : 26
Emplacement : chemin Molière et La Fontaine, à proximité des tombes de Molière et de La Fontaine.
Accès conseillé : entrée principale, boulevard de Ménilmontant.

Le monument funéraire de Giulia Grisi au Père-Lachaise
Giulia Grisi repose dans la 26e division du cimetière du Père-Lachaise. Sa sépulture, sobre et aujourd’hui marquée par le temps, porte le nom sous lequel elle vécut dans sa famille : « Juliette de Candia ». Cette inscription rappelle son union avec Giovanni Matteo de Candia, le célèbre ténor connu à la scène sous le nom de Mario. La tombe se trouve non loin des sépultures de Molière et de La Fontaine, dans une partie ancienne et arborée du cimetière.


Biographie de Giulia Grisi
Giulia Grisi naît à Milan le 22 mai 1811 dans une famille où la musique et la scène occupent une place exceptionnelle. Sa tante, Giuseppina Grassini, avait été l’une des contraltos les plus célèbres de son temps. Sa sœur aînée Giuditta devient mezzo-soprano, tandis que leur cousine Carlotta Grisi s’illustrera dans la danse et créera le rôle de Giselle. Dans cet environnement artistique, Giulia reçoit une solide formation musicale et développe très tôt une voix ample, souple et expressive.
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Des débuts italiens à la création de Norma
Elle débute à Bologne en 1828, puis se produit à Florence et à Milan. À la Scala, le 26 décembre 1831, Vincenzo Bellini lui confie la création d’Adalgisa dans Norma, aux côtés de Giuditta Pasta. Le rôle révèle au grand public une jeune chanteuse capable d’allier agilité vocale, puissance et intensité dramatique. Quelques années plus tard, elle abordera elle-même le rôle-titre de Norma, qui deviendra l’un de ses triomphes.
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Paris, Londres et le quatuor des Puritains
En 1832, Giulia Grisi arrive au Théâtre-Italien de Paris, où elle s’impose notamment dans Semiramide de Rossini. Elle débute à Londres en 1834 et devient bientôt l’une des vedettes de la saison lyrique britannique. Bellini compose pour elle le rôle d’Elvira dans I puritani, créé à Paris en 1835. Avec le ténor Giovanni Battista Rubini, le baryton Antonio Tamburini et la basse Luigi Lablache, elle forme alors le fameux « quatuor des Puritains », réunion de quatre interprètes légendaires du bel canto.

Une soprano dramatique d’exception
La voix de Grisi couvre un vaste territoire : elle possède la souplesse nécessaire aux vocalises, mais aussi le volume et la couleur sombre exigés par les héroïnes tragiques. Son répertoire va de Rossini et Bellini à Donizetti, Mozart et Verdi. Elle est admirée comme Semiramide, Anna Bolena, Lucrezia Borgia, Desdemona et Donna Anna. En 1843, à Paris, elle crée Norina dans Don Pasquale de Donizetti, nouveau rôle appelé à entrer durablement au répertoire.
Giulia Grisi et Mario
Sa vie personnelle est liée à celle du ténor sarde Giovanni Matteo de Candia, connu sous le nom de Mario. Leur couple devient l’un des plus célèbres du monde lyrique. Ils chantent fréquemment ensemble sur les scènes de Paris et de Londres et effectuent en 1854 une grande tournée en Amérique du Nord. Le public admire autant leur élégance que l’accord de leurs voix. Dans les années 1840 et 1850, Grisi demeure une figure centrale de la vie musicale londonienne : elle participe à l’ouverture du Royal Italian Opera à Covent Garden en 1847, puis à sa réouverture en 1857 après l’incendie du théâtre.

Les dernières années
Après près de trois décennies au sommet, Giulia Grisi se retire progressivement de la scène au début des années 1860. Elle partage alors sa vie entre la France et l’Italie avec Mario et leurs enfants. En 1869, au cours d’un voyage, elle tombe gravement malade et meurt à Berlin le 29 novembre, à l’âge de 58 ans. Mario fait ramener sa dépouille à Paris. La cantatrice est inhumée au Père-Lachaise sous son nom familial de Juliette de Candia, laissant le souvenir d’une artiste qui avait incarné l’âge d’or du bel canto sur les plus grandes scènes européennes.

Œuvres et rôles marquants
- Adalgisa dans Norma de Vincenzo Bellini, rôle créé à la Scala de Milan en 1831.
- Elvira dans I puritani de Bellini, rôle créé au Théâtre-Italien de Paris en 1835.
- Norina dans Don Pasquale de Gaetano Donizetti, rôle créé à Paris en 1843.
- Norma dans Norma de Bellini, l’un de ses rôles emblématiques.
- Semiramide dans l’opéra de Gioachino Rossini.
- Donna Anna dans Don Giovanni de Mozart.
- Desdemona dans Otello de Rossini.
- Lucrezia Borgia et Anna Bolena dans les opéras de Donizetti.
Distinctions et fonctions
- Grande figure du Théâtre-Italien de Paris à partir de 1832.
- Vedette des saisons lyriques londoniennes pendant près de trois décennies.
- Créatrice de trois rôles majeurs du bel canto : Adalgisa, Elvira et Norina.
- Membre du célèbre « quatuor des Puritains » avec Rubini, Tamburini et Lablache.
- Interprète de l’ouverture du Royal Italian Opera de Covent Garden en 1847 et de sa réouverture en 1857.
La mémoire de Giulia Grisi
Giulia Grisi demeure une référence de l’histoire de l’opéra romantique. Les portraits, gravures et photographies conservés dans les collections européennes témoignent de sa célébrité. Son parcours relie les grandes scènes de Milan, Paris et Londres, tandis que les rôles écrits pour elle continuent d’être chantés dans le monde entier. Sa tombe de la 26e division rappelle, avec une grande simplicité, le destin d’une diva qui contribua à définir l’idéal vocal et dramatique du bel canto.