Qui est Jacques Nicolas Gobert ?
Nom complet : Jacques Nicolas Gobert.
Naissance : 1er juin 1760 (Basse-Terre, Guadeloupe, France).
Mort : 17 juillet 1808 (Guarromán, Espagne) à 48 ans.
Activité : officier du génie et général de division.
Notoriété : général de la Révolution et de l’Empire, mort des suites d’une blessure reçue pendant la campagne d’Espagne.
Où se trouve la tombe de Jacques Nicolas Gobert ?
Le cardiotaphe de Jacques Nicolas Gobert se trouve dans la division 37 du cimetière du Père-Lachaise, chemin Masséna. Il conserve le cœur du général, déposé dans le monument en 1845.

Le monument funéraire de Jacques Nicolas Gobert au Père-Lachaise
Le monument est un cardiotaphe, c’est-à-dire une sépulture destinée à conserver le cœur du défunt. L’Académie française acquiert l’emplacement en 1837 et le cœur de Gobert y est déposé le 17 juillet 1845. Achevé en 1847, l’ensemble en marbre est l’œuvre de David d’Angers. Il est dominé par une statue équestre du général, représenté au combat, et porte la dédicace « Au général Gobert ».
Le soubassement est orné de bas-reliefs consacrés à plusieurs épisodes de sa carrière, notamment la bataille de Famars et son action en Guadeloupe. Cette composition transforme le tombeau en récit sculpté d’une vie militaire. Inscrit au titre des monuments historiques avec plusieurs sépultures remarquables du Père-Lachaise, le cardiotaphe compte parmi les monuments militaires les plus élaborés du cimetière.


Biographie de Jacques Nicolas Gobert
Jacques Nicolas Gobert naît le 1er juin 1760 à Basse-Terre, en Guadeloupe, alors colonie française. Sa trajectoire relie ainsi les Antilles, les armées de la Révolution, les campagnes d’Italie et les guerres napoléoniennes. Formé comme ingénieur militaire, il appartient à cette génération d’officiers de l’Ancien Régime dont la carrière est profondément transformée par les bouleversements politiques et militaires commencés en 1789.

La formation d’un officier du génie
Gobert entre à l’École royale du génie de Mézières, institution prestigieuse où sont formés les officiers chargés des fortifications, des sièges et des travaux militaires. Il en sort sous-lieutenant en 1780, puis devient lieutenant deux ans plus tard. Cette spécialité exige des connaissances en mathématiques, en topographie et en architecture, mais aussi une capacité à organiser les mouvements et les défenses d’une armée.
À la veille de la Révolution, il sert notamment à Calais. En 1790, il est élu suppléant de la sénéchaussée de Marie-Galante aux États généraux, sans toutefois siéger. L’année suivante, sa promotion au grade de capitaine accélère une carrière jusque-là régulière. La guerre qui oppose bientôt la France révolutionnaire aux monarchies européennes change l’échelle de ses responsabilités.
Les campagnes de la Révolution
En 1792, Gobert rejoint l’armée du Nord. Il sert d’abord sous Théobald Dillon, puis sous Arthur Dillon, avant d’être promu chef de bataillon par le général Dumouriez. Les campagnes menées dans les Pays-Bas autrichiens sont particulièrement instables : les armées françaises affrontent une coalition mieux organisée tout en subissant les effets des rivalités politiques et des changements rapides de commandement.
Gobert participe aux opérations de 1792 et 1793, notamment autour de Famars, près de Valenciennes. Il est nommé général de brigade en 1793, mais la Terreur rend les carrières militaires aussi précaires que rapides. Suspendu, arrêté puis emprisonné à Paris, il est bientôt libéré et réintégré comme chef de bataillon du génie. Affecté à Brest, il connaît une nouvelle destitution en 1795 avant d’être réhabilité sous le Directoire.

Ces revers administratifs ne mettent pas fin à son ascension. En 1799, il retrouve le grade de général de brigade. Son expérience d’ingénieur et d’officier d’état-major lui permet d’exercer des fonctions où l’organisation compte autant que le combat. La Révolution a fait de lui un général, mais sa position reste liée aux besoins changeants des armées et aux décisions politiques successives.
L’armée d’Italie et la collaboration avec Dupont
En 1800, Gobert rejoint l’armée de réserve et sert en Italie. Il travaille auprès du général Pierre Dupont de l’Étang, dont il devient le chef d’état-major. Il est légèrement blessé pendant la campagne et prend part aux opérations qui consolident la présence française dans la péninsule après la victoire de Marengo. Son action à Bologne, où il contribue à ramener le calme lors d’une agitation, sera plus tard représentée sur l’un des bas-reliefs de son monument.
Cette période établit une relation professionnelle durable entre Gobert et Dupont. Les deux hommes se retrouveront huit ans plus tard en Espagne. Entre-temps, Gobert reçoit d’autres missions qui le ramènent vers sa région natale et l’intègrent plus étroitement à l’appareil militaire du Consulat puis de l’Empire.

Le retour en Guadeloupe
En 1802, Gobert participe à la préparation de l’expédition commandée par le général Antoine Richepanse vers la Guadeloupe. Le gouvernement consulaire veut y rétablir son autorité après plusieurs années de transformations révolutionnaires et de tensions. L’expédition s’inscrit dans la politique coloniale de Bonaparte, marquée cette année-là par le rétablissement de l’esclavage dans les colonies où il avait été aboli.
Arrivé à Basse-Terre en mai, Gobert participe aux opérations militaires menées contre les forces de résistance. Son parcours croise notamment celui du commandant Pélage, officier de couleur qui avait d’abord accepté l’arrivée des troupes françaises avant que la situation ne bascule dans l’affrontement. Après le départ de Richepanse, Gobert exerce temporairement le commandement de la colonie, puis rentre en France à l’automne 1802. Cet épisode, longtemps présenté sous le seul angle de la reconquête militaire, appartient aussi à l’histoire violente du rétablissement de l’ordre esclavagiste.

Général de division sous l’Empire
Le 27 août 1803, Gobert est promu général de division. En 1804, il commande la 20e division militaire à Périgueux et devient commandeur de la Légion d’honneur. Il reçoit ensuite le commandement de la 3e division militaire à Metz. Ces postes territoriaux lui confient l’administration des troupes, la surveillance des places et la préparation des unités destinées aux campagnes.
En 1806, il est employé à l’armée du Nord et nommé gouverneur de Minden, en Westphalie. Son nom et son rang témoignent alors d’une carrière reconnue. Il reçoit également le titre de baron de l’Empire. Contrairement à certains maréchaux associés aux grandes batailles napoléoniennes, Gobert s’illustre surtout par ses compétences d’organisation, de génie et de commandement divisionnaire.

La campagne d’Espagne et la blessure mortelle
À la fin de 1807, Gobert prend la tête d’une division rattachée au corps du maréchal Moncey et entre en Espagne. L’intervention française, d’abord présentée comme un passage vers le Portugal, se transforme en occupation. L’insurrection du 2 mai 1808 à Madrid et sa répression ouvrent une guerre générale dans laquelle les armées impériales affrontent à la fois les forces régulières espagnoles et les soulèvements locaux.
Gobert quitte Madrid au début de juillet 1808 afin de rejoindre le corps de Dupont en Andalousie. Sa division doit sécuriser une longue ligne de communication à travers la Sierra Morena. Obligé de laisser des détachements dans les passages et les postes intermédiaires, il arrive dans la région de Bailén avec des forces réduites. Le 16 juillet, près de Mengíbar, ses troupes affrontent les Espagnols du général Reding.
Au cours du combat, Gobert est atteint à la tête par une balle. Transporté à Guarromán, il meurt dans la nuit, le 17 juillet 1808. Deux jours plus tard, l’armée de Dupont capitule à Bailén, première grande reddition en rase campagne d’une armée napoléonienne. Gobert n’assiste donc pas à l’issue de la bataille, mais sa mort reste étroitement liée à cette campagne décisive.
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Du souvenir militaire au cardiotaphe
Le corps du général demeure en Espagne, tandis que son cœur est conservé séparément. Plusieurs décennies après sa mort, l’Académie française acquiert une concession au Père-Lachaise. Le cœur y est déposé en 1845, trente-sept ans jour pour jour après son décès. David d’Angers réalise le monument, inauguré dans sa forme définitive en 1847.
La statue équestre et les reliefs proposent une lecture héroïque de la carrière de Gobert, conforme à la mémoire militaire du XIXe siècle. Son nom est également gravé sur le pilier occidental de l’Arc de triomphe de l’Étoile. Au Père-Lachaise, le cardiotaphe rappelle aujourd’hui à la fois l’officier du génie, le général de la Révolution et de l’Empire, l’acteur des campagnes coloniales et le militaire mort au début de la guerre d’Espagne.
Campagnes et réalisations principales
- Service à l’armée du Nord pendant les guerres de la Révolution
- Campagnes de 1792-1793 et bataille de Famars
- Fonctions d’état-major dans l’armée d’Italie auprès du général Dupont
- Expédition de Guadeloupe en 1802
- Commandement de divisions militaires à Périgueux et Metz
- Gouverneur de Minden en 1806
- Campagne d’Espagne et combat de Mengíbar en juillet 1808
Distinctions et fonctions
- Général de brigade en 1799
- Général de division le 27 août 1803
- Commandeur de la Légion d’honneur en 1804
- Baron de l’Empire
- Gouverneur de Minden
- Nom gravé sur le pilier occidental de l’Arc de triomphe de l’Étoile