Qui est Joseph Joachim da Gama ?
Nom complet : José Joaquim da Gama Machado.
Naissance : 1775 (Lisbonne, Portugal).
Mort : 9 juin 1861 (Paris, France).
Activité : naturaliste, ornithologue et diplomate portugais.
Notoriété : membre de l’Académie des sciences de Lisbonne et auteur de la Théorie des ressemblances.
Où se trouve la tombe de Joseph Joachim da Gama ?
La tombe de Joseph Joachim da Gama Machado se trouve dans la division 1 du cimetière du Père-Lachaise, en bordure de l’avenue principale.

Le monument funéraire de Joseph Joachim da Gama au Père-Lachaise
La sépulture, conçue conformément aux volontés du défunt, compte parmi les monuments les plus singuliers du Père-Lachaise. Un piédestal de pierre à acrotères porte une pyramide soutenue par quatre tortues de bronze. Des animaux sont gravés sur ses faces et un œuf, symbole de fécondité et de continuité de la vie, couronne l’ensemble. Cette iconographie traduit les préoccupations naturalistes et les conceptions personnelles de Da Gama Machado sur les rapports entre les êtres vivants.
L’inscription visible rappelle sobrement « Le Commandeur Da Gama Machado, 9 juin 1861 ». D’autres formules, beaucoup plus polémiques, avaient été prévues autour du monument ; certaines furent retirées à la suite d’une décision judiciaire. Un portrait en bronze attribué au sculpteur animalier Christophe Fratin complète le décor. Suzanne Didbins, compagne du savant, repose également dans cette sépulture.


Biographie de Joseph Joachim da Gama
José Joaquim da Gama Machado naît à Lisbonne en 1775, au sein d’une famille de la noblesse portugaise. Connu en France sous les formes Joseph Joachim ou José-Joachim, il porte le titre de commandeur et appartient à la maison royale du Portugal. Son parcours unit ainsi les usages de l’aristocratie, le service diplomatique et une curiosité scientifique devenue, avec l’âge, le centre de son activité.
Une éducation française
Envoyé à Paris vers l’âge de huit ans, il étudie au collège d’Harcourt, l’un des établissements les plus réputés de la capitale. Il y reçoit l’enseignement de l’abbé Coesnon. Cette formation française explique la place durable de Paris dans sa vie et la langue dans laquelle il publiera ses travaux. Elle lui donne aussi accès aux milieux intellectuels qui animent la capitale au tournant des XVIIIe et XIXe siècles.

Gentilhomme et diplomate portugais
Da Gama Machado demeure lié à la cour portugaise. Gentilhomme de la Maison royale, il devient conseiller de la légation du Portugal à Paris. Cette fonction le place à l’intersection des mondes portugais et français pendant une période marquée par les guerres napoléoniennes, les changements de régime et la recomposition des relations diplomatiques européennes. Les renseignements conservés sur son activité officielle restent fragmentaires, mais les titres figurant sur ses ouvrages attestent la continuité de cette position.
Il est reçu à l’Académie des sciences de Lisbonne et appartient également à plusieurs sociétés savantes. En 1840, il devient membre ordinaire de la Société ethnologique de Paris, où il est présenté comme naturaliste, ornithologue et conseiller de la légation portugaise. Ces affiliations donnent un cadre institutionnel à une recherche très personnelle, située aux frontières de l’observation zoologique, de la physiologie et de la philosophie naturelle.
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La découverte tardive de l’histoire naturelle
Selon les notices biographiques anciennes, Da Gama Machado ne se tourne véritablement vers l’histoire naturelle qu’autour de cinquante ans. Il rassemble alors des oiseaux vivants et des spécimens venus de régions lointaines. Son logement parisien du quai Voltaire devient célèbre pour cette collection et pour la présence constante d’animaux exotiques. Les témoignages le décrivent observant avec patience les couleurs, les formes, les comportements et les affinités apparentes entre espèces.
Son intérêt ne correspond pas exactement à la zoologie méthodique qui s’impose alors dans les musées et les universités. Il cherche des ressemblances visibles et leur attribue une valeur plus générale. Des animaux présentant des formes ou des couleurs comparables lui paraissent partager des dispositions physiques et parfois morales. Cette démarche, aujourd’hui dépassée sur le plan scientifique, témoigne toutefois d’une époque où les classifications du vivant, l’hérédité et les rapports entre apparence et comportement suscitaient de nombreux systèmes concurrents.
La Théorie des ressemblances
En 1831 paraît le premier volume de son ouvrage majeur, Théorie des ressemblances, ou Essai philosophique sur les moyens de déterminer les dispositions physiques et morales des animaux d’après les analogies de formes, de robes et de couleurs. D’autres volumes suivent en 1836, 1844 et 1858. Imprimée à petit nombre, l’entreprise est abondamment illustrée de lithographies, souvent coloriées, représentant oiseaux, mammifères, insectes et végétaux.
L’auteur rapproche par exemple les oiseaux des papillons, le cheval de course du lévrier ou encore le phoque du chien basset. Il accorde une attention particulière aux plumages, aux robes et aux variations chromatiques. Le livre frappe ses contemporains autant par la beauté et l’étrangeté de ses planches que par l’audace de ses analogies. Il demeure aujourd’hui un objet recherché de bibliophilie et un témoignage singulier sur les sciences naturelles romantiques.
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Des travaux sur les animaux et l’hérédité
Da Gama Machado publie encore des textes consacrés aux animaux domestiques et aux maladies. En 1853, son mémoire De l’hérédité de la morve et de la rage le présente comme conseiller de la légation du Portugal à Paris et membre de l’Académie des sciences de Lisbonne. Ses interrogations sur la transmission, la coloration et la reproduction l’accompagnent jusqu’à la fin de sa vie.
Ses dispositions testamentaires prolongent ces préoccupations. Une partie de sa fortune doit servir à récompenser des mémoires consacrés à la coloration de la robe des animaux et à la semence dans le règne animal. L’acceptation de ce legs par l’Académie des sciences française est autorisée en 1878. Même après sa mort, il entend donc encourager l’étude des questions auxquelles il avait consacré ses observations.
Dernières années et sépulture
Personnalité originale du Paris savant, Da Gama Machado attire aussi la curiosité des chroniqueurs. Son goût pour les oiseaux, ses convictions sur les relations entre les êtres et ses volontés funéraires nourrissent plusieurs récits. Il convient néanmoins de distinguer ces portraits littéraires des éléments solidement documentés : son activité diplomatique, ses publications, ses affiliations savantes et l’importance qu’il accordait à l’observation animale.
José Joaquim da Gama Machado meurt le 9 juin 1861 dans le 7e arrondissement de Paris. Il est inhumé le 13 juin au Père-Lachaise, dans la division 1. Son monument, avec sa pyramide, ses tortues et son vocabulaire animalier, constitue la traduction la plus visible de ses théories et de ses croyances.
Œuvres principales
- Théorie des ressemblances, quatre volumes publiés de 1831 à 1858.
- De l’hérédité de la morve et de la rage, 1853.
Distinctions et fonctions
- Commandeur de l’ordre du Christ du Portugal.
- Gentilhomme de la Maison royale du roi de Portugal.
- Conseiller de la légation du Portugal à Paris.
- Membre de l’Académie des sciences de Lisbonne.
- Membre ordinaire de la Société ethnologique de Paris à partir de 1840.