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GARAT Martin

Qui est Martin Garat ?

Nom complet : Martin Garat.
Naissance : 12 décembre 1748 (Bayonne, France).
Mort : 11 mai 1830 (Ris-Orangis, France) à 81 ans.
Activité : administrateur et financier français.
Notoriété : fondateur, premier directeur général et principal organisateur de la Banque de France ; baron de l’Empire.

Où se trouve la tombe de Martin Garat ?

La tombe de Martin Garat se trouve dans la division 7 du cimetière du Père-Lachaise, chemin Marjolin, troisième ligne.

Plan du cimetière du Père-Lachaise indiquant la division 7
Plan du Père-Lachaise indiquant la division 7.

Le monument funéraire de Martin Garat au Père-Lachaise

Martin Garat repose dans une sépulture familiale de la division 7, où furent également inhumés plusieurs membres de sa parenté et de la famille Vallin. Les inscriptions aujourd’hui lisibles sont fragmentaires et rappellent notamment la comtesse de Garat ainsi qu’Auguste Louis Vallin. La tombe témoigne de l’enracinement familial d’un administrateur dont les enfants et les gendres occupèrent eux-mêmes des positions importantes sous l’Empire et la Restauration.

Les photographies publiques actuellement accessibles ne comportent pas une licence de réutilisation suffisamment explicite pour être intégrées à cette fiche. Le monument est donc décrit sans reproduction photographique afin de respecter les droits des auteurs.

Biographie de Martin Garat

Martin Garat naît à Bayonne le 12 décembre 1748. Il est le dixième des treize enfants de Pierre Garat, maître menuisier originaire d’Urcuray, et de Marie Darrigol. Son milieu familial n’appartient ni à la noblesse ni à la haute finance. Son ascension repose sur le travail, l’expérience du commerce et une remarquable aptitude à l’organisation administrative.

Portrait de Martin Garat
Portrait de Martin Garat, directeur général de la Banque de France et baron de l’Empire. Artiste inconnu, XIXe siècle / Wikimedia Commons, domaine public.

De Bayonne au Trésor royal

Dans sa jeunesse, Garat se forme au négoce. Cette première expérience lui apporte la maîtrise des comptes, des circuits du crédit et des usages commerciaux. Installé à Paris, il entre dans les bureaux du Trésor royal et progresse jusqu’au poste de premier commis du grand comptant. À la veille de la Révolution, il signe les bordereaux et reconnaissances du Trésor négociés sur la place financière : une responsabilité considérable pour un homme issu d’une famille d’artisans.

Il ne faut pas le confondre avec les deux célèbres frères Garat, Dominique et Joseph, également originaires du Pays basque. Les liens de proximité entre ces familles ont longtemps favorisé cette erreur. Martin suit une carrière distincte, entièrement tournée vers l’administration financière et bancaire.

La Révolution et la Caisse de comptes courants

La Révolution bouleverse les institutions auxquelles il appartient. Arrêté pendant la Terreur en septembre 1793, Garat est détenu à la prison de la Force. Il survit à cette période et retrouve ensuite le monde des affaires. Sous le Directoire, il prend la direction générale de la Caisse de comptes courants, établissement privé créé pour faciliter les paiements et l’escompte commercial.

La Caisse émet des billets portant sa signature et doit affronter une crise de confiance. Garat contribue à rétablir rapidement sa situation. Son sens de la procédure, sa prudence et la clarté de ses écritures lui valent une réputation d’administrateur sûr. Cette institution devient l’un des laboratoires à partir desquels sera construite la Banque de France.

Premier billet de 500 francs de la Banque de France en 1800
Premier billet de 500 francs émis par la Banque de France en 1800. Banque de France / Wikimedia Commons, domaine public.

La fondation de la Banque de France

Au début de 1800, le Consulat veut restaurer le crédit après une décennie de désordres monétaires. Des banquiers soutenus par Emmanuel Crétet fondent une nouvelle banque d’escompte. La fusion avec la Caisse de comptes courants est approuvée et, le 27 février 1800, Martin Garat est confirmé comme directeur général de la Banque de France. Il en est l’un des fondateurs et surtout le véritable organisateur administratif.

Contrairement à une formulation souvent répétée, Garat ne fut pas le premier gouverneur de la Banque de France. La fonction de gouverneur ne fut créée qu’en 1806 et confiée à Emmanuel Crétet. Garat fut le premier directeur général : il dirigea concrètement les services, établit les méthodes de travail et conserva cette responsabilité jusqu’à sa mort.

Hôtel de Toulouse, siège historique de la Banque de France
L’hôtel de Toulouse, siège historique de la Banque de France, dans une gravure de 1829. Miss Byrne / Wikimedia Commons, domaine public.

Les « fafiots garatés »

Les billets portent la signature de Garat, comme ceux de la Caisse avant eux. Dans l’argot parisien, ils deviennent les « fafiots garatés ». Balzac conservera cette expression dans Splendeurs et misères des courtisanes, rappelant indirectement combien le nom du directeur était associé à la monnaie fiduciaire.

Chaque semaine, le Premier Consul reçoit un état des mouvements de la Banque et une situation signée par Garat. Celui-ci impose une organisation simple, rapide et contrôlée. L’ordre des écritures, la vérification des opérations et la discipline des services deviennent sa marque. Pendant près de trente ans, il demeure la mémoire et la cheville ouvrière de l’établissement.

La crise de 1805 et la réforme impériale

En 1805, la reprise de la guerre et les besoins du Trésor provoquent une grave crise. Une grande part du portefeuille de la Banque est immobilisée dans des obligations publiques qui ne sont pas payées à l’échéance. Le numéraire manque et les porteurs font la queue pour obtenir le remboursement de leurs billets. Garat organise la surveillance intérieure et tente d’éviter la panique.

La victoire d’Austerlitz améliore la situation, mais Napoléon décide de réformer la Banque. En 1806, un gouverneur et deux sous-gouverneurs, nommés par l’État, sont placés à sa tête. Garat conserve ses fonctions opérationnelles, avec le titre de directeur à partir de 1808. La nouvelle hiérarchie ne diminue pas son rôle quotidien : les gouverneurs successifs reconnaissent la qualité de son administration.

Baron de l’Empire

Garat figure parmi les principaux actionnaires de la Banque et appartient au premier collège électoral de Paris. Un rapport de 1810 le décrit comme le fondateur de l’ordre admirable des écritures et souligne son utilité constante. Napoléon le crée baron de l’Empire par décret du 15 août 1810. Cette distinction récompense moins une faveur politique que trois décennies de services financiers.

Billet de 500 francs de la Banque de France en 1831
Billet de 500 francs de la Banque de France, type 1831. Banque de France / Wikimedia Commons, domaine public.

En 1814, il est également nommé capitaine de la Garde nationale de Paris, ce qui lui vaut à la Banque le surnom de « capitaine Garat ». Après la chute de l’Empire, Louis XVIII le fait chevalier de la Légion d’honneur. Le changement de régime ne remet pas en cause son poste : sa compétence apparaît indispensable à tous les gouvernements.

Une famille installée à la Banque

Martin Garat épouse Catherine Charlotte Gebaüer. Le couple a plusieurs enfants, dont Saubade, Paul, Léonie et Charles. Saubade épouse le général Louis Vallin ; Léonie se marie avec le général Pierre Daumesnil. Paul Garat entre à la Banque et en devient plus tard secrétaire général. La famille vit dans le palais de la Banque, rue Neuve-des-Bons-Enfants, au point que les contemporains surnomment plaisamment l’établissement le « nid à Garat ».

Administrateur exigeant, Garat mène une vie personnelle relativement sobre malgré une fortune importante acquise par son travail, ses investissements immobiliers et ses actions de la Banque. Les souvenirs familiaux insistent sur son ordre, son économie et son attachement aux siens.

Mort et héritage

Martin Garat reste en fonctions jusqu’à la fin. Il meurt le 11 mai 1830 dans sa propriété de la Briqueterie, à Ris-Orangis. Son corps est ramené à Paris avant les obsèques. Le conseil général de la Banque, conduit par son gouverneur, assiste au service célébré à l’église des Petits-Pères. Les garçons de recette rejoignent le Père-Lachaise avec leurs sacs pour saluer une dernière fois leur directeur.

Son nom demeure associé à la naissance de la Banque de France et à la consolidation de ses méthodes. Une rue du 20e arrondissement de Paris, proche du Père-Lachaise, porte son nom. Plus que le titre parfois inexact de « premier gouverneur », c’est celui de premier directeur général et d’organisateur de la Banque qui résume justement son rôle historique.

Rue Martin-Garat dans le 20e arrondissement de Paris
La rue Martin-Garat, dans le 20e arrondissement de Paris. Photo : JJ Georges / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.

Œuvres et réalisations principales

  • Direction de la Caisse de comptes courants sous le Directoire.
  • Participation à la fondation de la Banque de France en 1800.
  • Organisation des services, des écritures et du contrôle interne de la Banque.
  • Direction générale puis direction de la Banque de France de 1800 à 1830.

Distinctions et fonctions

  • Premier directeur général de la Banque de France, 1800.
  • Membre du premier collège électoral de Paris, 1807.
  • Baron de l’Empire, 15 août 1810.
  • Capitaine de la Garde nationale de Paris, 1814.
  • Chevalier de la Légion d’honneur, 1814.