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FRESNEL Augustin Jean

Qui est Augustin Jean Fresnel ?

Nom complet : Augustin Jean Fresnel.
Naissance : 10 mai 1788 (Broglie, France).
Mort : 14 juillet 1827 (Ville-d’Avray, France) à 39 ans.
Activité : ingénieur des Ponts et Chaussées et physicien français.
Notoriété : fondateur de l’optique ondulatoire moderne et concepteur du système de lentilles à échelons qui transforma l’éclairage des phares.

Où se trouve la tombe d’Augustin Jean Fresnel ?

La tombe d’Augustin Jean Fresnel se trouve dans la division 14 du cimetière du Père-Lachaise, à Paris.

Plan du cimetière du Père-Lachaise indiquant la division 14

Le monument funéraire d’Augustin Jean Fresnel au Père-Lachaise

La sépulture de Fresnel est un monument de pierre sobre, organisé autour d’une stèle verticale portant son nom. Son décor retenu correspond à l’image du savant et de l’ingénieur : la mémoire du défunt y repose moins sur l’abondance ornementale que sur la lisibilité de l’inscription. Les vues conservées montrent une tombe insérée dans la végétation dense de la division 14.

Tombe d’Augustin Fresnel au Père-Lachaise
Tombe d’Augustin Fresnel, division 14 du Père-Lachaise. Photo : Pierre-Yves Beaudouin / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.

Le monument rappelle que Fresnel mourut très jeune, quelques années seulement après la reconnaissance officielle de ses découvertes. Son inhumation au Père-Lachaise réunit dans un même lieu de mémoire l’ingénieur au service de l’État et le chercheur qui renouvela la compréhension de la lumière.

Détail de la tombe d’Augustin Fresnel au Père-Lachaise
Tombe d’Augustin Fresnel au Père-Lachaise. Photo : MaximeLM / Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0.

Biographie d’Augustin Jean Fresnel

Augustin Jean Fresnel naît le 10 mai 1788 à Broglie, dans l’Eure. Son père, Jacques Fresnel, est architecte ; sa mère, Augustine Mérimée, appartient à une famille cultivée dont est également issu l’écrivain Prosper Mérimée. L’enfant grandit ensuite à Mathieu, près de Caen. Les récits anciens insistent sur une instruction d’abord lente, mais aussi sur son goût précoce pour les expériences concrètes et les constructions mécaniques.

Maison de la famille Fresnel à Mathieu dans le Calvados
Maison de la famille Fresnel à Mathieu. Photo : Dave osm / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.

De l’École polytechnique aux Ponts et Chaussées

Après l’École centrale de Caen, Fresnel entre à l’École polytechnique en 1804, à seize ans. Il poursuit sa formation à l’École des ponts et chaussées à partir de 1806 et en sort ingénieur. Sa première carrière est celle d’un grand corps technique de l’État : missions en Dordogne, travaux à La Roche-sur-Yon, puis affectations dans la Drôme, en Ille-et-Vilaine et à Paris. Il surveille routes, canaux et ouvrages publics, une pratique de terrain qui façonne son souci constant des dispositifs réalisables.

Les Cent-Jours interrompent momentanément cette trajectoire. Royaliste déclaré, il perd son poste lors du retour de Napoléon en 1815, avant d’être réintégré sous la Seconde Restauration. Cette période de retrait lui donne du temps pour approfondir un problème qui l’attire depuis plusieurs années : la nature de la lumière. L’optique française demeure alors largement dominée par la théorie corpusculaire héritée de Newton, tandis que la conception ondulatoire défendue par Thomas Young reste contestée.

Portrait gravé d’Augustin Fresnel
Augustin Fresnel, gravure d’E. Rosette d’après A. Tardieu. Domaine public, Wikimedia Commons.

La lumière pensée comme une onde

Fresnel aborde la diffraction par l’expérience et par le calcul. Il étudie les franges lumineuses produites près du bord des obstacles et élabore des dispositifs simples, notamment les miroirs qui portent son nom, pour observer les interférences. Sa force est de faire dialoguer mesures précises et formulation mathématique. Il combine le principe de Huygens avec l’interférence afin d’expliquer comment chaque point d’un front d’onde contribue à la lumière observée.

Son mémoire sur la diffraction remporte en 1819 le grand prix proposé par l’Académie des sciences. La célèbre objection de Siméon Denis Poisson, qui déduit de ses calculs l’existence d’un point lumineux au centre de l’ombre d’un disque, se retourne en confirmation expérimentale lorsque François Arago observe effectivement ce point. La théorie ondulatoire acquiert ainsi une puissance prédictive que ses adversaires ne peuvent plus écarter.

Polarisation, réflexion et double réfraction

Avec Arago, Fresnel étudie ensuite l’interférence des rayons polarisés. Il comprend que la lumière doit être décrite par des vibrations transversales, perpendiculaires à sa direction de propagation. Cette idée rend compte de phénomènes jusque-là difficiles à concilier avec un modèle ondulatoire. Ses travaux conduisent aux lois de Fresnel-Arago, aux équations qui décrivent la réflexion et la réfraction à l’interface de deux milieux, ainsi qu’à une théorie de la double réfraction.

Page des Œuvres complètes d’Augustin Fresnel publiées en 1866
Œuvres complètes d’Augustin Fresnel, édition de 1866. Domaine public, Wikimedia Commons.

Le rhomboèdre de Fresnel transforme par réflexion interne une polarisation rectiligne en polarisation circulaire ou elliptique. Ces recherches, menées avec des moyens matériels modestes et souvent parallèlement à ses fonctions administratives, structurent l’optique physique du XIXe siècle. Elles fournissent aussi un langage mathématique encore présent dans l’étude des ondes, des interfaces et des systèmes optiques.

La révolution des phares

En juin 1819, Fresnel est mis à la disposition de la Commission des phares. Les appareils existants, fondés principalement sur des réflecteurs métalliques, absorbent une part importante de la lumière. L’ingénieur reprend le principe d’une lentille divisée en anneaux concentriques, déjà envisagé au XVIIIe siècle, et le transforme en un système puissant, fabricable à grande échelle et adapté à la signalisation maritime.

Lentille de Fresnel exposée au Musée national de la Marine
Lentille de Fresnel au Musée national de la Marine. Photo : Jean-Pierre Dalbéra / Wikimedia Commons, CC BY 2.0.

En réduisant l’épaisseur et le poids du verre sans perdre la capacité de concentrer les rayons, les lentilles à échelons permettent de projeter un faisceau beaucoup plus intense. Fresnel travaille avec l’opticien François Soleil et perfectionne l’appareil, auquel il associe des prismes et un mécanisme de rotation. La première grande lentille installée au phare de Cordouan est mise en service en 1823. Le procédé se diffuse ensuite sur les côtes françaises, puis dans le monde entier.

Cette invention résume sa méthode : une théorie exacte, éprouvée par l’expérience et traduite en solution industrielle. La lentille de Fresnel équipe toujours de nombreux phares ; ses variantes sont aussi utilisées dans les projecteurs, les appareils de signalisation, les capteurs et divers systèmes d’éclairage.

Buste d’Augustin Fresnel à l’École polytechnique
Buste d’Augustin Fresnel à l’École polytechnique. Photo : Alexandre Moatti / Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0.

Une reconnaissance tardive et une vie brève

Fresnel est élu à l’Académie des sciences en 1823. Il reçoit la croix de chevalier de la Légion d’honneur en 1824 et devient membre étranger de la Royal Society de Londres en 1825. La Royal Society lui attribue la médaille Rumford pour ses recherches sur la théorie ondulatoire et la lumière polarisée. Ces distinctions arrivent alors que sa santé, fragile depuis longtemps, se dégrade.

Atteint de tuberculose, il réduit progressivement ses activités mais continue de suivre les travaux de la Commission des phares, dont il devient secrétaire en 1824. Il meurt le 14 juillet 1827 à Ville-d’Avray, âgé de trente-neuf ans. François Arago prononce plus tard son éloge devant l’Académie. Les travaux complets du savant, réunis au XIXe siècle par son frère Léonor Fresnel, témoignent de l’ampleur d’une œuvre élaborée en un peu plus d’une décennie.

Œuvres principales

  • Mémoire sur la diffraction de la lumière, couronné par l’Académie des sciences en 1819.
  • Théorie ondulatoire de la diffraction et principe de Huygens-Fresnel.
  • Lois de Fresnel-Arago sur les interférences de la lumière polarisée.
  • Équations de Fresnel relatives à la réflexion et à la réfraction.
  • Rhomboèdre de Fresnel et travaux sur la polarisation circulaire et elliptique.
  • Système de lentilles à échelons pour l’éclairage des phares, mis en service à Cordouan en 1823.
  • Œuvres complètes d’Augustin Fresnel, publiées à titre posthume en trois volumes de 1866 à 1870.

Distinctions et fonctions

  • Ingénieur du corps des Ponts et Chaussées à partir de 1809.
  • Membre de la Commission des phares à partir de 1819, puis secrétaire en 1824.
  • Grand prix de l’Académie des sciences pour son mémoire sur la diffraction, 1819.
  • Membre de l’Académie des sciences, section de physique générale, 1823.
  • Chevalier de la Légion d’honneur, 1824.
  • Membre étranger de la Royal Society de Londres, 1825.
  • Médaille Rumford de la Royal Society, attribuée pour ses travaux d’optique physique.