Qui est Laurent Fignon ?
Nom complet : Laurent Patrick Fignon.
Naissance : 12 août 1960 (Paris, France).
Mort : 31 août 2010 (Paris, France) à 50 ans.
Activité : coureur cycliste professionnel, organisateur de courses et consultant sportif.
Notoriété : double vainqueur du Tour de France en 1983 et 1984, vainqueur du Tour d’Italie en 1989 et de Milan-San Remo en 1988 et 1989.
Où se trouve la tombe de Laurent Fignon ?
Après sa crémation, les cendres de Laurent Fignon ont été déposées au columbarium du cimetière du Père-Lachaise. Sa plaque funéraire se trouve dans la division 87, case 1445, sur la face extérieure du columbarium, au rez-de-chaussée.

Le monument funéraire de Laurent Fignon au Père-Lachaise
La sépulture de Laurent Fignon prend la forme d’une case du vaste columbarium du Père-Lachaise. La plaque sombre porte son nom, ses années de naissance et de décès, ainsi qu’un décor évoquant le cyclisme. Des visiteurs y déposent régulièrement des fleurs ou de petits hommages. La sobriété de l’emplacement contraste avec la carrière très exposée de celui qui fut l’un des champions français les plus reconnaissables de sa génération.


Biographie de Laurent Fignon
Laurent Patrick Fignon naît le 12 août 1960 dans le 18e arrondissement de Paris. Il grandit à Tournan-en-Brie, en Seine-et-Marne, dans un milieu sans tradition cycliste particulière. Adolescent, il pratique d’abord le football avant de découvrir le vélo. À seize ans, il prend une licence au club de Combs-la-Ville. Il progresse rapidement sans abandonner ses études, obtient un baccalauréat scientifique et commence des études universitaires. Ce profil de jeune Parisien diplômé, bientôt reconnaissable à ses lunettes rondes et à ses cheveux blonds, tranche alors avec les représentations traditionnelles du coureur cycliste.
Des débuts tardifs et une progression rapide
Fignon se fait remarquer chez les amateurs par son intelligence de course et son tempérament offensif. En 1981, alors qu’il appartient à l’équipe de France amateur du contre-la-montre par équipes, il attire l’attention de Cyrille Guimard. Le directeur sportif de Renault-Gitane a déjà accompagné Bernard Hinault vers les plus grands succès. Il décèle chez Fignon un coureur capable de lire la course, de grimper et de soutenir un effort solitaire.
Laurent Fignon passe professionnel en 1982 dans la formation Renault-Elf-Gitane. Ses résultats sont immédiats : il gagne notamment le Critérium international. Dans une équipe structurée autour de Bernard Hinault, le jeune coureur apprend les exigences des grandes épreuves, le fonctionnement du collectif et la tactique des courses par étapes. Son assurance, parfois perçue comme de l’arrogance, accompagne une ambition qu’il ne cherche pas à dissimuler.
Le Tour de France remporté dès 1983
En 1983, l’absence de Bernard Hinault, opéré du genou, modifie la hiérarchie de l’équipe Renault. Pour sa première participation au Tour de France, Fignon n’est pas présenté comme le favori principal. La course bascule après la chute puis l’abandon de Pascal Simon, qui portait le maillot jaune avec une fracture de l’omoplate. Fignon saisit l’occasion, résiste dans la montagne et confirme son avantage lors du contre-la-montre de Dijon.
Il gagne le Tour à vingt-deux ans, quelques semaines avant son vingt-troisième anniversaire. Le public découvre un champion qui refuse les réponses convenues et assume ses analyses. Les journalistes le surnomment bientôt « le Professeur », en référence à ses lunettes et à son allure intellectuelle. Le sobriquet simplifie pourtant un coureur instinctif, capable d’attaquer et de prendre des risques.

La démonstration du Tour 1984
La saison 1984 place Fignon face à Bernard Hinault, désormais membre de l’équipe La Vie Claire. Au printemps, le Français termine deuxième du Tour d’Italie derrière Francesco Moser, au terme d’une course marquée par une rivalité sportive et par les polémiques entourant la dernière étape contre la montre. Cette défaite nourrit sa détermination avant le Tour de France.
Sur la Grande Boucle, Fignon impose sa supériorité. Il attaque dans les Alpes, gagne cinq étapes et relègue Hinault à plus de dix minutes au classement général. Sa victoire est nette, construite aussi bien en montagne que dans les exercices chronométrés. À vingt-trois ans, il possède déjà deux Tours de France et paraît en mesure de dominer durablement l’épreuve.
Blessures, changements d’équipe et classiques
La suite de sa carrière se révèle moins linéaire. Des problèmes au tendon d’Achille perturbent sa saison 1985 et l’éloignent du Tour. Après l’arrêt de l’équipe Renault, Cyrille Guimard crée la formation Système U, dont Fignon devient le chef de file. Il remporte la Flèche wallonne en 1986, mais connaît aussi des abandons et des résultats irréguliers dans les grands tours.
Ces difficultés ne réduisent pas son goût de l’offensive. Fignon est un coureur complet : excellent rouleur, solide grimpeur et tacticien des courses d’un jour. En 1988, il remporte Milan-San Remo, la grande classique italienne qui ouvre traditionnellement la saison des monuments. Il conserve son titre en 1989 et devient le seul Français à avoir gagné deux fois cette épreuve.

1989, du Giro aux huit secondes du Tour
L’année 1989 constitue l’autre sommet de sa carrière. Après son deuxième succès consécutif dans Milan-San Remo, Fignon remporte le Tour d’Italie. Il construit sa victoire dans une course disputée, maîtrisant les étapes de montagne et les contre-la-montre. Ce succès fait de lui l’un des rares Français vainqueurs du Giro et confirme son retour au premier plan.

Le Tour de France suivant devient l’un des épisodes les plus célèbres de l’histoire du cyclisme. Fignon et l’Américain Greg LeMond échangent plusieurs fois le maillot jaune. Le Français gagne notamment à L’Alpe-d’Huez et aborde la dernière étape avec cinquante secondes d’avance. Pour la première fois, le Tour s’achève par un contre-la-montre entre Versailles et les Champs-Élysées.
LeMond utilise un équipement aérodynamique encore inhabituel, tandis que Fignon souffre d’une blessure à la selle. À Paris, l’Américain reprend cinquante-huit secondes et gagne le Tour pour huit secondes, le plus faible écart jamais enregistré entre les deux premiers. Cette défaite finit par occuper dans la mémoire collective une place disproportionnée : elle masque parfois les deux Tours déjà remportés par Fignon et l’ensemble de sa saison 1989, au terme de laquelle il est classé numéro un mondial.
Les dernières saisons dans le peloton
À partir de 1990, Fignon court sous les couleurs de Castorama, puis de Gatorade. Les années de domination sont passées, mais il reste capable de gagner au plus haut niveau. Sur le Tour de France 1992, il remporte à Mulhouse une étape de montagne après une longue échappée. Cette neuvième victoire d’étape sur la Grande Boucle est sa dernière grande réussite.

Il dispute son dixième et dernier Tour de France en 1993, puis met fin à sa carrière professionnelle à l’issue de la saison. Son palmarès comprend trois grands tours, deux Milan-San Remo, la Flèche wallonne, le Grand Prix des Nations, deux Critériums internationaux et de nombreuses étapes. Au-delà des chiffres, il conserve l’image d’un champion indépendant, direct avec la presse et attaché à une conception offensive de la course.

Organisateur, auteur et voix du Tour
Après sa retraite sportive, Laurent Fignon reste engagé dans le cyclisme. Il devient organisateur et crée Paris-Corrèze en 2001, course professionnelle destinée à mettre en valeur un territoire et à offrir leur chance à de jeunes coureurs. Il dirige également un centre consacré aux stages cyclistes dans les Hautes-Pyrénées.
À partir de 2006, il commente le Tour de France pour France Télévisions. Sa connaissance du peloton, son franc-parler et sa capacité à expliquer les décisions tactiques en font une voix appréciée des téléspectateurs. Il publie en 2009, avec Jean-Emmanuel Ducoin, le récit autobiographique Nous étions jeunes et insouciants, dans lequel il revient sans complaisance sur sa génération, ses victoires et la défaite de 1989.
La maladie et les derniers commentaires
En 2009, Laurent Fignon annonce être atteint d’un cancer avancé. Il poursuit néanmoins son travail de consultant pendant le Tour de France, malgré les traitements et une voix devenue plus fragile. Il refuse d’établir publiquement un lien certain entre sa maladie et les produits dopants qu’il reconnaît avoir utilisés ponctuellement durant sa carrière, rappelant que les médecins ne lui ont pas fourni de conclusion en ce sens.
Laurent Fignon meurt le 31 août 2010 à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière, dans le 13e arrondissement de Paris, dix-neuf jours après son cinquantième anniversaire. Ses obsèques sont célébrées au Père-Lachaise, où son corps est crématisé. Ses cendres sont ensuite placées dans la case 1445 du columbarium. Son nom reste associé aux deux victoires qui l’ont placé au sommet du cyclisme français, autant qu’à ces huit secondes de 1989 dont il s’efforçait lui-même de rappeler qu’elles ne résumaient pas une vie de coureur.
Palmarès principal
- Tour de France : vainqueur en 1983 et 1984 ; deuxième en 1989 ; neuf victoires d’étape.
- Tour d’Italie : vainqueur en 1989 ; deuxième en 1984 ; deux victoires d’étape.
- Milan-San Remo : vainqueur en 1988 et 1989.
- Flèche wallonne : vainqueur en 1986.
- Grand Prix des Nations : vainqueur en 1989.
- Critérium international : vainqueur en 1982 et 1990.
- Tour des Pays-Bas : vainqueur en 1989.
Distinctions et fonctions
- Numéro un mondial au classement FICP en 1989.
- Organisateur de la course Paris-Corrèze à partir de 2001.
- Consultant cyclisme de France Télévisions à partir de 2006.
- Auteur de Nous étions jeunes et insouciants, avec Jean-Emmanuel Ducoin (2009).