Qui est Louis-Adolphe Eude ?
Nom à l’état civil : Jean-Louis Eude, dit Louis-Adolphe Eude.
Date et lieu de naissance : 26 octobre 1818, Arès (Gironde).
Date et lieu de décès : 8 avril 1889, Paris.
Activité : sculpteur et statuaire français.
Où est la tombe de Louis-Adolphe Eude ?
La tombe de Louis-Adolphe Eude est située dans la division 47, chemin du Tertre, deuxième ligne.

Le monument funéraire de Louis-Adolphe Eude au Père-Lachaise
La sépulture de Louis-Adolphe Eude se trouve en division 47, chemin du Tertre, deuxième ligne. Elle est particulièrement intéressante par son médaillon de bronze, portrait du sculpteur, réalisé et signé en 1889 par William Henri Pécou (1854-1920). Il est encadré d’une branche de laurier, motif traditionnellement associé au mérite et à la mémoire.
L’inscription principale le désigne comme « Adolphe Eude, statuaire, 1818-1889 ». Le monument porte également la devise latine In te Domine speravi (« En toi, Seigneur, j’ai espéré ») ainsi qu’un hommage à Paul Eude, sous-lieutenant, mort pour la France le 2 avril 1916 à l’âge de vingt-cinq ans et inhumé au bois de Caillette.
Biographie de Louis-Adolphe Eude
Jean-Louis Eude, connu sous le nom de Louis-Adolphe Eude, naît à Arès, sur le bassin d’Arcachon, le 26 octobre 1818. Il se forme auprès de David d’Angers, l’un des maîtres les plus influents de la sculpture française de la première moitié du XIXe siècle. Cet apprentissage l’inscrit dans une tradition attentive au portrait, à l’expression et à la commande publique monumentale.
Les débuts au Salon
Eude débute au Salon de 1847 avec L’Amour. Les Salons constituent alors le principal lieu de visibilité pour les artistes et la voie d’accès aux commandes de l’État, des villes ou des grands chantiers d’architecture. Sa carrière progresse régulièrement : il obtient une médaille de troisième classe au Salon de 1859 pour Omphale, puis une médaille de première classe en 1877 pour Retour de chasse.
Son œuvre témoigne de la polyvalence attendue d’un sculpteur de son temps. Il réalise des bustes, des statues isolées, des bas-reliefs, des figures décoratives et des ensembles destinés à être intégrés à l’architecture. Son style relève de la sculpture académique du Second Empire et des débuts de la Troisième République, capable d’associer sujet historique, allégorie et décor monumental.
Les grands chantiers parisiens
À Paris, Louis-Adolphe Eude participe à plusieurs programmes décoratifs majeurs. Pour l’hôtel de ville, il exécute une figure de Saint-Simon. Il travaille aussi au tribunal de commerce et au palais de Saint-Cloud, où il réalise un Mercure. La reconstruction et l’embellissement de Paris au XIXe siècle offrent aux sculpteurs de nombreuses occasions de faire dialoguer leurs œuvres avec les façades, les galeries et les décors intérieurs.
Le Louvre conserve plusieurs témoignages de son activité : une statue de Philippe de Champaigne dans l’aile Mollien, une Diane installée dans la Grande Galerie, un fronton et divers éléments destinés au pavillon de Flore. Ces réalisations participent à l’ornementation du palais voulue sous le Second Empire, où la sculpture contribue à une vaste histoire visuelle de la France, de ses artistes et de ses grands personnages.

Opéra Garnier, églises et commandes publiques
Eude compte également parmi les sculpteurs qui concourent au décor de l’Opéra Garnier. Sa Force, datée de 1875, figure dans le grand foyer. L’artiste intervient aussi dans l’art religieux : à l’église Saint-Étienne-du-Mont, il réalise une Vierge assise tenant l’Enfant Jésus ; pour la chapelle de l’hôpital Lariboisière, il sculpte les évangélistes saint Luc et saint Marc.
Son activité dépasse Paris. Il exécute une Lucrèce pour la ville de Vannes et le Monument à Norodom, statue équestre élevée au Cambodge. Il est aussi associé à une Ronde d’enfants pour une fontaine de la place André-Malraux, à Paris. Ces commandes illustrent l’extension de la sculpture officielle française, présente aussi bien dans l’espace urbain métropolitain que dans les territoires liés à la France de son époque.

Un sculpteur de portraits et de mémoire
Ses œuvres conservées dans les collections publiques comprennent notamment le buste de Jean Goujon au musée de Picardie d’Amiens, ainsi que L’Écho de la flûte, présenté au Salon de 1870 et conservé au musée des Beaux-Arts de Bordeaux. À travers ces pièces, Eude passe du portrait historique à une veine plus poétique et allégorique.
Il meurt à Paris le 8 avril 1889. Sa tombe du Père-Lachaise, enrichie presque immédiatement par le médaillon de Pécou, constitue un témoignage à la fois sobre et très personnel de l’estime de ses proches. Elle rappelle aussi que les sculpteurs du XIXe siècle étaient souvent appelés à concevoir la mémoire des autres : ici, c’est un confrère qui modèle la mémoire d’Eude lui-même.

Œuvres principales
- L’Amour, Salon de 1847.
- Omphale, Salon de 1859.
- L’Écho de la flûte, 1870, musée des Beaux-Arts de Bordeaux.
- La Force, 1875, grand foyer de l’Opéra Garnier.
- Retour de chasse, Salon de 1877.
- Philippe de Champaigne, aile Mollien du Louvre.
- Diane, Grande Galerie du Louvre.
Distinctions et fonctions
- Élève de David d’Angers.
- Médaille de troisième classe au Salon de 1859.
- Médaille de première classe au Salon de 1877.