Qui est Pierre-Jean David d’Angers ?
Date de naissance : 12 mars 1788 (Angers, Maine-et-Loire, France).
Date du décès : 5 janvier 1856 (Paris, France), à 67 ans.
Activité principale : Sculpteur, médailleur et homme politique.
Nom de naissance : Pierre-Jean David.
Où se trouve la tombe de Pierre-Jean David d’Angers ?
La tombe de Pierre-Jean David d’Angers se trouve dans la division 39 du cimetière du Père-Lachaise.

Le monument funéraire de Pierre-Jean David d’Angers au Père-Lachaise
La tombe de David d’Angers est un monument de pierre sobre, animé par un grand relief circulaire qui porte le portrait de l’artiste. L’œuvre est due à son fils Robert David d’Angers, également sculpteur. Cette effigie regarde le visiteur depuis le fronton du tombeau et transforme la sépulture en hommage familial autant qu’en signature professionnelle. Elle se trouve dans la division 39, parmi les tombes d’artistes et d’écrivains du XIXe siècle.

Biographie de Pierre-Jean David d’Angers
Pierre-Jean David naît à Angers le 12 mars 1788, dans une famille d’artisans. Son père, Pierre-Louis David, est sculpteur sur bois et décorateur ; l’enfant apprend très tôt à regarder le matériau, à comprendre l’outil et à mesurer la patience nécessaire pour faire naître une figure d’un bloc de matière. Cette origine explique son rapport concret à la sculpture. David d’Angers ne sera jamais un théoricien retiré dans l’atelier : il veut que ses statues prennent place dans les villes, les cimetières, les églises et les bâtiments publics, là où elles peuvent parler à tous.
D’Angers à l’École des beaux-arts
Le jeune homme commence sa formation dans l’atelier paternel, puis fréquente l’école de dessin d’Angers. Il arrive à Paris en 1808 avec des moyens modestes et une ambition tenace. Il travaille, étudie les collections et entre dans l’atelier de Philippe-Laurent Roland. L’enseignement académique lui donne la maîtrise du dessin, de l’anatomie et de la composition, mais il conserve la vivacité apprise auprès des artisans. En 1811, il obtient le prix de Rome de sculpture. Cette victoire lui permet de séjourner à l’Académie de France à Rome jusqu’en 1816 et de confronter son regard aux statues antiques, à Michel-Ange et aux grands tombeaux de la Renaissance.
Ce séjour fixe ses exigences sans le convertir à une froide imitation du passé. David d’Angers aime la vigueur antique, mais il veut y introduire la présence des hommes de son siècle. À son retour, il adopte son nom d’artiste, David d’Angers, afin de se distinguer de Jacques-Louis David et d’affirmer le lien avec sa ville natale. Il arrive dans le Paris de la Restauration au moment où la sculpture publique se multiplie. Les monuments commémoratifs, les statues de grands hommes et les décors d’architecture offrent à son talent un champ idéal.

La statue et le monument civique
Sa première grande réussite publique est la statue du Grand Condé, achevée en 1817. Il y impose une manière nouvelle : le personnage historique n’est pas une silhouette décorative, mais une présence énergique, capable de concentrer une époque. La même ambition nourrit les monuments funéraires. David d’Angers réalise le tombeau du général Foy au Père-Lachaise, où le défunt est représenté entouré de figures allégoriques. Il travaille également à de nombreux monuments de savants, d’écrivains, de militaires et d’hommes politiques. Sa sculpture devient l’un des langages majeurs par lesquels la France du XIXe siècle organise sa mémoire publique.
La monarchie de Juillet lui confie le fronton du Panthéon, immense chantier réalisé entre 1830 et 1837. Sous le titre La Patrie couronnant les grands hommes, la composition rassemble les figures que l’artiste juge dignes de l’honneur national. Voltaire, Rousseau, Mirabeau, Lafayette ou Napoléon y prennent place dans une vision libérale de l’histoire. Le relief n’est pas une simple décoration : il formule un programme civique. Une nation se construit, affirme David d’Angers, en reconnaissant les écrivains, les savants, les défenseurs des libertés et les créateurs autant que les vainqueurs militaires.

Le maître du portrait sculpté
David d’Angers est particulièrement célèbre pour ses bustes et ses médaillons. Il en réalise plusieurs centaines, composant une galerie intellectuelle de son temps. Chateaubriand, Goethe, Victor Hugo, Lamartine, Cuvier, Balzac, Berlioz, Stendhal, Arago ou encore Caspar David Friedrich figurent parmi les écrivains, artistes et savants dont il fixe les traits. Le format du médaillon, moins coûteux et plus intime que la statue, lui permet de saisir un visage avec une remarquable économie de moyens. Quelques volumes, une ligne de profil, une chevelure suffisent à évoquer une personnalité.
Ces portraits ne sont pas de simples commandes mondaines. David d’Angers choisit ses modèles avec une nette sympathie pour les penseurs indépendants, les écrivains et les défenseurs des causes libérales. Il veut constituer, par la sculpture, une sorte de panthéon alternatif. Ses médaillons circulent, sont reproduits et installés dans des bibliothèques ou des maisons d’écrivains. La Galerie David d’Angers, installée aujourd’hui dans l’ancienne abbaye Toussaint à Angers, conserve un ensemble exceptionnel de ces œuvres et permet de comprendre l’ampleur de cette ambition mémorielle.

Le romantisme et l’engagement politique
Son art est souvent qualifié de romantique parce qu’il recherche l’expression, l’énergie et la vérité individuelle. David d’Angers ne renonce jamais à la construction classique, mais il préfère le mouvement d’une âme à la perfection impersonnelle d’un modèle. Ses figures sont pensées comme des êtres vivants, parfois héroïques, parfois vulnérables. Le monument à Gutenberg à Strasbourg, inauguré en 1840, illustre cette conception : autour de l’inventeur de l’imprimerie se rassemble une foule de personnages qui fait de la diffusion du savoir une conquête collective.
Cette vision s’accorde à ses convictions républicaines et libérales. David d’Angers soutient les mouvements de 1830, est élu représentant du peuple après la révolution de 1848 et siège à l’Assemblée constituante. Lorsque le coup d’État du 2 décembre 1851 installe le Second Empire, il préfère s’éloigner de la France et vit un temps en exil. Son engagement n’est pas séparable de son art : pour lui, la sculpture doit honorer les personnes qui ont fait avancer la liberté, la science ou la dignité humaine.

Dernières années et postérité
Après son retour à Paris, la santé de David d’Angers décline. Il meurt le 5 janvier 1856. Son œuvre est alors déjà présente dans l’espace public de nombreuses villes françaises et européennes. Elle a contribué à élargir le répertoire de la sculpture monumentale : au lieu de réserver le marbre et le bronze aux souverains ou aux saints, il les consacre aux écrivains, aux savants, aux journalistes et aux citoyens. Ses contemporains reconnaissent en lui une autorité morale autant qu’un virtuose du portrait.
La sépulture du Père-Lachaise, réalisée par son fils, ferme ce parcours avec une particulière justesse. L’homme qui avait donné un visage sculpté à tant de figures du XIXe siècle reçoit à son tour son effigie. Ses œuvres continuent de jalonner les musées, les places et les cimetières. Elles rappellent que David d’Angers a fait de la sculpture une mémoire active, ouverte à la littérature, aux arts, aux sciences et aux combats civiques.

La diversité des commandes explique la richesse de sa technique. David d’Angers passe du modèle en terre au plâtre, puis au marbre ou au bronze, sans dissocier le détail du sens général. Dans un buste, le modelé du front et la ligne des lèvres deviennent des indices de pensée ; dans une statue publique, l’attitude doit rester intelligible à plusieurs mètres. Cette science de l’échelle explique que ses œuvres soient aussi convaincantes dans l’intimité d’une salle de musée que sur la façade d’un monument.
Il laisse également un témoignage précieux sur le réseau intellectuel de son époque. Ses effigies mettent en relation les générations : des acteurs de la Révolution aux écrivains romantiques, des savants de l’Institut aux artistes étrangers rencontrés lors de ses voyages. Réunies, elles forment moins un album officiel qu’une cartographie des admirations de l’artiste. David d’Angers y affirme constamment la même idée : le génie ne relève pas d’un rang social, mais d’une œuvre et d’un service rendu à l’humanité.
Cette exigence de transmission, présente dans ses monuments comme dans ses portraits, fait de lui l’un des grands passeurs de mémoire du XIXe siècle français.
Œuvres principales
- Le Grand Condé, 1817.
- Tombeau du général Foy, Père-Lachaise, 1825.
- La Patrie couronnant les grands hommes, fronton du Panthéon, 1837.
- Monument à Gutenberg, Strasbourg, 1840.
- Bustes et médaillons de Chateaubriand, Cuvier, Goethe, Hugo, Lamartine, Balzac et de nombreux contemporains.
Distinctions et fonctions
- Prix de Rome de sculpture, 1811.
- Pensionnaire de l’Académie de France à Rome, 1811-1816.
- Membre de l’Institut de France.
- Représentant du peuple à l’Assemblée constituante en 1848.