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ERNST Max

Qui est Max Ernst ?

Nom complet : Maximilian Maria Ernst.
Naissance : 2 avril 1891, Brühl, près de Cologne, Empire allemand.
Décès : 1er avril 1976, Paris (7e arrondissement) à 84 ans.
Activités : peintre, sculpteur, graveur, collagiste et poète.
Mouvements : dadaïsme et surréalisme.

Où est la tombe de Max Ernst ?

Les cendres de Max Ernst reposent au columbarium du Père-Lachaise, dans la case 2102, en division 87. Le columbarium se trouve dans l’ensemble du crématorium, dans la partie sud-est du cimetière.

Plan des divisions du Père-Lachaise

Le monument funéraire de Max Ernst au Père-Lachaise

Max Ernst ne repose pas dans une tombe en pleine terre, mais au columbarium du Père-Lachaise, dans la case 2102, division 87. Ses cendres y sont déposées sous une plaque simple portant son nom, ses dates et une étoile. Cette sobriété contraste avec l’imaginaire foisonnant de l’artiste, peuplé d’oiseaux, de forêts et de formes inquiétantes.

Le columbarium est intégré à l’ensemble du crématorium du cimetière. Pour rejoindre la case de Max Ernst, il faut se diriger vers la division 87, dans la partie sud-est du Père-Lachaise.

Case 2102 du columbarium où reposent les cendres de Max Ernst
La case 2102 du columbarium où reposent les cendres de Max Ernst. Photo : Aleksandr Zykov / Wikimedia Commons, CC BY-SA 2.0.
Plaque funéraire de Max Ernst au columbarium du Père-Lachaise
La plaque commémorative de Max Ernst au columbarium. Photo : ManoSolo13241324 / Wikimedia Commons, licence indiquée sur la page source.

Biographie de Max Ernst

Max Ernst naît à Brühl, dans la Rhénanie prussienne, le 2 avril 1891. Son père, Philipp Ernst, enseigne à des enfants sourds et peint en amateur. L’enfant grandit dans un milieu catholique strict où le dessin et l’observation de la nature occupent pourtant une place décisive. Les arbres, les oiseaux, les cabinets de curiosités et les images imprimées nourrissent très tôt un imaginaire qui ne le quittera jamais.

Maison natale de Max Ernst à Brühl
La maison natale de Max Ernst à Brühl. Photo : Max Ernst Museum / Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0.

Des études à la rupture de 1914

En 1909, il s’inscrit à l’université de Bonn. Il y suit, sans véritable projet de diplôme, des cours de philosophie, d’histoire de l’art, de littérature, de psychologie et de psychiatrie. Il visite des hôpitaux psychiatriques et s’intéresse aux créations de malades, dont la liberté le frappe. La même année, il commence à peindre. Sa rencontre avec August Macke et sa découverte, en 1912, de l’exposition Sonderbund à Cologne — où il voit notamment des œuvres de Van Gogh, Gauguin et Picasso — confirment son choix de devenir artiste.

La Première Guerre mondiale interrompt brutalement ce parcours. Mobilisé de 1914 à 1918 sur les fronts occidental et oriental, Ernst en sort profondément marqué. Après l’armistice, il considère que le monde ancien et ses valeurs ont échoué. Cette expérience explique la violence critique et l’humour noir de ses premières œuvres d’après-guerre.

Cologne Dada et l’invention du collage

De retour à Cologne, Ernst retrouve Hans (Jean) Arp, rencontré avant-guerre. Avec Johannes Theodor Baargeld, il fonde le groupe Dada de Cologne en 1919. Le dadaïsme récuse les conventions artistiques, la logique bourgeoise et le culte de la raison qui n’a pas empêché le désastre de 1914-1918. Ernst réalise alors des collages à partir de catalogues, d’illustrations techniques, de gravures anciennes et de publicités. Des objets et des corps sans rapport apparent s’y rencontrent pour produire une image à la fois drôle, dérangeante et poétique.

Cette méthode devient l’une de ses grandes contributions à l’art moderne. Il ne s’agit pas seulement de découper et d’assembler : le collage permet de faire surgir, par le choc des images, une réalité nouvelle. Ernst publie aussi des revues et organise des manifestations qui provoquent volontiers le scandale.

Artistes dadaïstes réunis à Paris en 1921
Des artistes dadaïstes réunis à Paris en 1921, parmi lesquels Paul Éluard, Tristan Tzara, Francis Picabia et André Breton. Photographe inconnu, Wikimedia Commons, domaine public.

Paris et le surréalisme

En 1922, Max Ernst s’installe à Paris, alors capitale des avant-gardes. Il se rapproche d’André Breton, Paul Éluard, Louis Aragon et des futurs surréalistes. Son univers d’animaux hybrides, de paysages minéraux et d’architectures impossibles trouve naturellement sa place dans le mouvement. L’oiseau devient une figure centrale, notamment avec Loplop, son double imaginaire, « le supérieur des oiseaux ».

Portrait de Max Ernst en 1968
Max Ernst en 1968. Photo : Archives nationales des Pays-Bas / Wikimedia Commons, CC0.

En 1925, il met au point le frottage : il frotte un crayon sur une feuille posée sur une surface texturée, puis laisse les formes obtenues orienter l’image. Il transpose ce principe à la peinture avec le grattage, qui consiste à racler la couleur étalée sur des objets placés sous la toile. Ces procédés font une place au hasard, mais un hasard dirigé par le regard de l’artiste. Ils renouvellent profondément le vocabulaire surréaliste.

Les années 1920 et 1930 sont aussi celles des romans-collages, tels La Femme 100 têtes, Rêve d’une petite fille qui voulut entrer au Carmel et Une semaine de bonté. Ernst y invente des récits sans texte continu, fondés sur la succession énigmatique d’images détournées. Parallèlement, il se tourne vers la sculpture. Son œuvre refuse de se laisser enfermer dans une seule technique.

Guerre, exil et Amérique

La montée des fascismes donne à plusieurs tableaux une tonalité sombre. L’Ange du foyer, peint en 1937, transforme une figure ailée en créature de fureur ; son sous-titre, Le Triomphe du surréalisme, inverse ironiquement la propagande totalitaire. En 1939, parce qu’il est allemand vivant en France, Ernst est interné au camp des Milles comme « étranger indésirable ». Libéré grâce à ses amis, il est de nouveau arrêté après l’occupation allemande.

Avec l’aide de Varian Fry et de Peggy Guggenheim, il parvient à quitter la France en 1941 pour les États-Unis. À New York, sa présence compte pour une nouvelle génération américaine : ses automatismes et son goût de l’expérimentation contribuent à stimuler les futurs expressionnistes abstraits. En 1946, il épouse l’artiste Dorothea Tanning. Le couple s’installe à Sedona, en Arizona, jusqu’en 1953. Le désert inspire des peintures et des sculptures monumentales, dont Capricorn.

Dernières années et postérité

Capricorne, sculpture de Max Ernst
Capricorne, sculpture de Max Ernst. Photo : Immanuel Giel / Wikimedia Commons, CC0.

De retour principalement en France, Max Ernst reçoit le grand prix de peinture de la Biennale de Venise en 1954. Il meurt le 1er avril 1976, veille de son quatre-vingt-cinquième anniversaire. Sa liberté technique, la richesse de ses métamorphoses et sa manière de faire basculer le familier dans l’étrange ont durablement marqué l’art du XXe siècle. Le Max Ernst Museum, ouvert à Brühl en 2005, présente cet héritage dans sa ville natale.

Musée Max Ernst à Brühl
Le musée Max Ernst à Brühl, ville natale de l’artiste. Photo : Rainer Mader / Wikimedia Commons, CC BY 3.0.

Œuvres principales

  • Les Hommes n’en sauront rien (1923).
  • La Vierge corrigeant l’Enfant Jésus devant trois témoins : André Breton, Paul Éluard et le peintre (1926).
  • La Femme 100 têtes (1929).
  • Une semaine de bonté (1934).
  • L’Ange du foyer (1937).
  • Europe après la pluie II (1940-1942).
  • Capricorn (1948).

Distinctions et fonctions

  • Co-fondateur du groupe Dada de Cologne (1919).
  • Figure majeure du surréalisme.
  • Grand prix de peinture de la Biennale de Venise (1954).