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DECAUX Alain

Qui est Alain Decaux ?

Date de naissance : 23 juillet 1925 (Lille, Nord, France).
Date du décès : 27 mars 2016 (Paris, France), à 90 ans.
Activité principale : Historien, écrivain, journaliste, homme de radio et de télévision.
Fonction notable : Membre de l’Académie française, élu au fauteuil 9 en 1979.

Où se trouve la tombe d’Alain Decaux ?

Alain Decaux repose dans la division 10, avenue latérale du Sud, 1re ligne, au cimetière du Père-Lachaise, entre les tombes Hallé et Decambre.

Plan des divisions du Père-Lachaise indiquant la division 10.
Plan des divisions du Père-Lachaise — division 10.

Le monument funéraire d’Alain Decaux au Père-Lachaise

Alain Decaux est inhumé dans le caveau de la famille Decaux. La stèle porte les noms de ses parents, Francis Decaux, avocat et bâtonnier du barreau de Lille, et Louise Tiprez, ainsi que ceux d’autres membres de la famille. Son inscription rappelle ses trois titres les plus visibles : « de l’Académie française, ministre de la Francophonie, grand-croix de la Légion d’honneur ».

Tombe d’Alain Decaux dans la division 10 du Père-Lachaise.
La tombe d’Alain Decaux, division 10. Photo : William Jexpire / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.
Sépulture de la famille Decaux au Père-Lachaise.
La sépulture familiale Decaux, division 10. Wikimedia Commons.

Biographie d’Alain Decaux

Alain Decaux naît le 23 juillet 1925 à Lille, dans une famille où l’histoire tient une place importante. Son père, Francis Decaux, est avocat et bâtonnier du barreau de Lille ; son grand-père, instituteur, lui transmet très tôt le goût du récit national et des grandes figures du passé. Élève au lycée Faidherbe, il poursuit sa scolarité au lycée Janson-de-Sailly à Paris, puis s’inscrit à la faculté de droit. Il suit aussi, par passion plus que dans une perspective universitaire, des cours d’histoire à la Sorbonne. Ce choix éclaire toute son œuvre : Decaux ne se présente pas comme un historien de chaire, mais comme un passeur qui veut rendre le passé intelligible et vivant au plus large public.

Les débuts d’un conteur d’Histoire

Il publie ses premiers articles d’histoire en 1946. L’année suivante paraît Louis XVII retrouvé, son premier livre. Son deuxième ouvrage, Letizia. Napoléon et sa mère, est couronné par l’Académie française alors qu’il n’a que vingt-cinq ans. Ses premiers sujets annoncent déjà une méthode : partir d’une énigme, d’un personnage ou d’un épisode célèbre, retrouver les documents, puis bâtir un récit clair. Il aime les zones où l’histoire rejoint l’enquête : la disparition de Louis XVII, l’affaire Anastasia, les intrigues de cour, les destins des Bonaparte ou les grands procès politiques.

Alain Decaux en 2002.
Alain Decaux en 2002. Wikimedia Commons.

La radio, laboratoire de la popularisation historique

En 1951, avec André Castelot et Jean-Claude Colin-Simard, il crée à la Radiodiffusion française La Tribune de l’Histoire. L’émission, bientôt rejointe par Jean-François Chiappe, devient un rendez-vous hebdomadaire exceptionnel par sa longévité : elle est diffusée jusqu’en 1997. Le principe est simple et neuf : mettre en scène une question historique, confronter les sources, restituer les voix et les circonstances. Decaux comprend que la radio permet de transmettre l’histoire sans l’appauvrir, à condition de travailler l’écriture et le rythme. Il fait entendre au public des épisodes que les manuels réduisent souvent à quelques lignes.

La télévision et « La caméra explore le temps »

La télévision donne à cette ambition une audience immense. En 1957, Alain Decaux crée avec Stellio Lorenzi et André Castelot La caméra explore le temps. Diffusée jusqu’en 1966, la série reconstitue des affaires et des moments célèbres avec des comédiens, des décors et une documentation soigneuse. Elle ne cherche pas à remplacer le travail des historiens, mais à donner à voir les problèmes qu’ils posent. Cette formule marque plusieurs générations de téléspectateurs. Decaux devient une présence familière, associée à une manière de raconter posée, précise, mais volontiers dramatique lorsque le sujet s’y prête.

Alain Decaux en 2011.
Alain Decaux en 2011. Photo : Phidelorme / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.

Alain Decaux raconte

De 1969 à 1988, il anime successivement Alain Decaux raconte puis Alain Decaux face à l’Histoire. Seul à l’image pendant près d’une heure, il aborde chaque mois un personnage ou un événement. Son talent repose sur une apparente simplicité : il parle sans surcharger le propos de références, mais son récit est nourri d’archives, de biographies et de débats historiographiques. La télévision de cette période lui offre un espace long, incompatible avec les formats très courts qui se généralisent plus tard. Il transforme ainsi l’émission historique en une véritable veillée publique, où la connaissance passe par la narration.

Un écrivain aux multiples supports

Parallèlement, Decaux publie une œuvre très abondante. Ses livres, souvent chez Perrin, traitent de la monarchie, de la Révolution, de l’Empire, du XXe siècle et des grandes énigmes historiques. Avec André Castelot, il signe notamment Histoire de la France et des Français au jour le jour. Il écrit également pour le théâtre, le cinéma et le disque. Les Rosenberg ne doivent pas mourir, Danton et Robespierre, Notre-Dame de Paris ou C’était Bonaparte, réalisé avec Robert Hossein, montrent son intérêt pour les formes populaires et collectives du spectacle historique. En 2002, il reçoit avec Robert Hossein le prix d’histoire de la Fondation Napoléon pour C’était Bonaparte.

Maison natale d’Alain Decaux à Lille.
La maison natale d’Alain Decaux à Lille. Wikimedia Commons.

L’Académie française et la Francophonie

Le 15 février 1979, Alain Decaux est élu à l’Académie française au fauteuil de Jean Guéhenno. Il y est reçu l’année suivante. Cette élection reconnaît autant l’écrivain que l’homme qui a fait entrer l’histoire dans le quotidien de millions de Français. Il est aussi le premier président de la Société des auteurs et compositeurs dramatiques élu au titre de la télévision. De juin 1988 à mai 1991, sous la présidence de François Mitterrand, il est ministre délégué chargé de la Francophonie. Cette fonction prolonge son attachement à la langue française et à sa diffusion culturelle.

Les dernières années

Après son passage au gouvernement, il préside l’Association française d’action artistique de 1991 à 2000, puis le Collège des conservateurs du domaine de Chantilly de 1998 à 2009. Il continue à publier, à intervenir dans les médias et à défendre une histoire accessible. Il meurt le 27 mars 2016, à Paris. Ses obsèques sont célébrées aux Invalides, avant son inhumation dans la tombe familiale du Père-Lachaise. Son œuvre conserve une place singulière : elle a familiarisé un très vaste public avec l’histoire sans renoncer au plaisir du récit, et a fait de la radio comme de la télévision des moyens majeurs de transmission culturelle.

Inscription de la tombe d’Alain Decaux.
L’inscription rappelant les fonctions d’Alain Decaux sur la sépulture familiale. Wikimedia Commons.

La formule « conteur d’Histoire » lui convient sans doute mieux que toute autre. Elle ne réduit pas son travail à un divertissement : elle rappelle qu’il considérait l’histoire comme une matière civique, faite de personnages, de conflits et de choix, que chacun doit pouvoir comprendre. Ses émissions restent liées à une époque de grande télévision culturelle, mais son souci de clarté demeure un modèle pour ceux qui cherchent aujourd’hui encore à parler du passé au grand public.

Alain Decaux avec Simon Le Boeuf.
Alain Decaux avec Simon Le Boeuf. Wikimedia Commons.

Une histoire rendue accessible

La réussite d’Alain Decaux repose sur un équilibre délicat. Il refuse le jargon et les démonstrations trop abstraites, mais il ne traite pas pour autant l’histoire comme une suite d’anecdotes. Ses récits s’appuient sur des personnages, des lieux et des documents qui permettent au public d’entrer dans une époque. Cette manière de raconter suscite parfois le débat chez les universitaires, mais elle répond à une nécessité durable : donner envie de lire, de vérifier et de comprendre. Decaux a ainsi contribué à élargir le public des biographies, des mémoires et des ouvrages de vulgarisation historique.

Son goût pour les sujets napoléoniens, révolutionnaires et contemporains ne l’enferme pas dans un seul siècle. Il passe de la monarchie à la Résistance, de l’histoire religieuse aux grandes affaires judiciaires, avec la même attention au destin individuel. Son œuvre radiophonique et télévisée a aussi créé des habitudes culturelles : des millions d’auditeurs et de téléspectateurs ont découvert que l’histoire pouvait être un récit long, exigeant et partagé en famille. Cette influence explique la place durable d’Alain Decaux dans la mémoire médiatique française.

Œuvres principales

  • Louis XVII retrouvé, 1947.
  • Letizia. Napoléon et sa mère, 1949.
  • La Caméra explore le temps, avec André Castelot et Stellio Lorenzi, 1957.
  • Alain Decaux raconte, plusieurs volumes, à partir de 1969.
  • Histoire de la France et des Français au jour le jour, avec André Castelot, Jacques Levron et Marcel Jullian, 1976.
  • C’était Bonaparte, 2002.

Distinctions et fonctions

  • Membre de l’Académie française, élu en 1979 au fauteuil 9.
  • Grand-croix de la Légion d’honneur.
  • Grand-croix de l’ordre national du Mérite.
  • Commandeur des Arts et des Lettres.
  • Ministre délégué chargé de la Francophonie, 1988-1991.
  • Président de l’Association française d’action artistique, 1991-2000.
  • Président du Collège des conservateurs du domaine de Chantilly, 1998-2009.