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DAUNOU Pierre Claude François

Qui est Pierre Claude François Daunou ?

Date de naissance : 18 août 1761 (Boulogne-sur-Mer, Pas-de-Calais, France).
Date du décès : 20 juin 1840 (Paris, France), à 78 ans.
Activité principale : Homme politique, historien, archiviste et professeur.
Nom de naissance : Pierre Claude François Daunou.

Où se trouve la tombe de Pierre Claude François Daunou ?

La tombe de Pierre Claude François Daunou se trouve dans la division 28, chemin Saint-Louis, 3e ligne, au cimetière du Père-Lachaise.

Plan des divisions du Père-Lachaise indiquant la division 28.
Plan des divisions du Père-Lachaise — division 28.

Le monument funéraire de Pierre Claude François Daunou au Père-Lachaise

La tombe de Daunou porte un médaillon de bronze réalisé en 1840 par David d’Angers. L’artiste y représente l’érudit de profil, avec l’inscription « P. Cl. Fr. Daunou de Boulogne-sur-Mer ». Ce relief circulaire, d’environ cinquante centimètres de diamètre, donne au monument sa véritable personnalité. Il est classé parmi les éléments remarquables du cimetière et la sépulture est inscrite au titre des monuments historiques. Le choix de David d’Angers, grand portraitiste des écrivains et des hommes publics du XIXe siècle, traduit l’estime portée au savant autant qu’à l’acteur de la Révolution.

Tombe de Pierre Claude François Daunou dans la division 28 du Père-Lachaise.
La tombe de Pierre Claude François Daunou, division 28. Photo : Pierre-Yves Beaudouin / Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0.
Médaillon de David d’Angers sur la tombe de Pierre Daunou.
Le médaillon de David d’Angers sur la tombe de Daunou. Photo : Pierre-Yves Beaudouin / Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0.

Biographie de Pierre Claude François Daunou

Pierre Claude François Daunou naît le 18 août 1761 à Boulogne-sur-Mer, dans une famille de tradition modeste et studieuse. Son père est chirurgien ; son milieu n’appartient ni à la grande noblesse ni aux sommets de l’administration, mais il lui donne l’accès à une solide éducation. Élève des Oratoriens dans sa ville natale, il entre dans leur congrégation à Paris en 1777. Il enseigne ensuite les belles-lettres, la philosophie et la théologie dans plusieurs établissements. Ordonné prêtre en 1787, il se fait déjà connaître par des discours, des essais et des poèmes. La Révolution ouvre alors à ce professeur méthodique un espace d’action inattendu.

Des Oratoriens à la Révolution

Daunou accueille les réformes de 1789 avec une conviction qui tient autant à sa culture qu’à son tempérament. Il soutient la Constitution civile du clergé et devient en 1791 vicaire général de l’évêque constitutionnel du Pas-de-Calais. Cette décision rompt avec une partie du clergé réfractaire, mais elle correspond à sa préférence durable pour les institutions représentatives et les garanties civiles. Élu à la Convention nationale par son département en septembre 1792, il siège parmi les républicains modérés. Lors du procès de Louis XVI, il refuse la peine de mort, choix qui le distingue dans une assemblée soumise aux pressions de la guerre et de la Terreur.

Proche des Girondins par son attachement au débat et à la légalité, Daunou est arrêté après leur chute en 1793. Il connaît l’emprisonnement pendant près d’une année. Cette épreuve renforce chez lui une méfiance profonde envers les concentrations de pouvoir et les enthousiasmes sans limites. Libéré après Thermidor, il ne devient pas un tribun spectaculaire. Sa place est ailleurs : dans la rédaction des lois, l’organisation de l’instruction et la mise en ordre des archives. Cette manière de faire de la politique par le texte, la mémoire et l’institution est la clé de toute sa carrière.

Portrait gravé de Pierre Daunou.
Pierre Claude François Daunou, portrait gravé du XIXe siècle. Wikimedia Commons, domaine public.

Le législateur du Directoire

Après 1794, Daunou participe aux travaux qui cherchent à stabiliser la République. Il est l’un des rédacteurs de la Constitution de l’an III, adoptée en 1795, qui fonde le Directoire. Le texte veut éviter à la fois le retour de l’absolutisme et la dictature d’une assemblée unique : il établit deux conseils législatifs et un exécutif collégial. Daunou n’ignore pas les fragilités de ce système, mais il y voit une tentative nécessaire pour restaurer le gouvernement représentatif après les violences révolutionnaires.

La même année, il contribue à la loi sur l’instruction publique connue sous le nom de « loi Daunou ». Elle réorganise notamment l’enseignement et les écoles centrales. Pour lui, l’éducation ne doit pas fabriquer des fidèles d’un régime : elle doit former des citoyens capables de juger. Cette ambition explique l’importance qu’il accorde aux bibliothèques, aux musées, aux archives et à l’étude de l’histoire. Élu au Conseil des Cinq-Cents, il y intervient moins par l’éloquence que par une compétence reconnue dans les questions institutionnelles et culturelles.

Portrait de Pierre Daunou publié dans une histoire de la presse française.
Pierre Daunou, portrait publié dans Histoire de la presse française. Wikimedia Commons, domaine public.

Archives, bibliothèques et mémoire nationale

Le coup d’État du 18 Brumaire, en 1799, ne met pas fin à son activité. Daunou occupe des fonctions au Tribunat, puis se tourne de plus en plus vers le travail savant. Il est chargé des Archives nationales sous le Consulat et l’Empire, puis conserve une place essentielle dans leur direction au moment de la Restauration. L’archiviste n’est pas, à ses yeux, un simple gardien de papiers. Il doit classer, décrire, rendre accessibles les actes qui permettent à l’État et aux chercheurs de comprendre le passé. Dans une France qui a vu disparaître des institutions séculaires et naître de nouveaux régimes, cette tâche est politique au sens le plus profond.

Daunou contribue à établir des méthodes de conservation et de classement dont l’influence dépasse largement son temps. Il s’intéresse à l’histoire littéraire, aux manuscrits, aux bibliothèques et aux sources de l’ancienne France. Son travail à la Histoire littéraire de la France illustre cette patience de lecteur et d’éditeur. Son exigence n’est pas celle du collectionneur jaloux de ses trésors : les documents doivent être mis en relation, datés, critiqués et transmis. À travers eux, la société peut exercer un jugement mieux informé sur ses propres institutions.

Portrait gravé de Pierre Claude François Daunou conservé au Rijksmuseum.
Pierre Claude François Daunou, portrait gravé. Rijksmuseum, CC0 via Wikimedia Commons.

Un historien libéral sous la Restauration

Sous la Restauration, Daunou reste fidèle à une pensée libérale et constitutionnelle. Élu député en 1819, il siège parmi les opposants à la politique la plus réactionnaire. Il n’est pas un homme de rupture : l’expérience révolutionnaire lui a appris le coût des bouleversements violents. Mais il défend avec constance la liberté de la presse, la représentation nationale et la limitation de l’autorité. Sa réflexion sur l’histoire nourrit cette position. Les régimes, estime-t-il, ne se jugent pas seulement par leurs proclamations mais par les garanties réelles qu’ils accordent aux individus et par leur capacité à respecter les faits.

Il enseigne l’histoire et la morale au Collège de France. Ses cours, publiés en de nombreux volumes, témoignent d’une conception exigeante de l’histoire : l’historien doit examiner les témoignages, distinguer les preuves des légendes et résister aux récits trop commodes. Cette attitude, parfois austère, fait de Daunou une figure de transition entre l’érudition du XVIIIe siècle et les méthodes critiques qui s’affirment au XIXe. Il devient aussi secrétaire perpétuel de l’Académie des inscriptions et belles-lettres, institution à laquelle il apporte son autorité de savant et de praticien des sources.

Médaillon de Pierre Daunou par David d’Angers, 1830.
Pierre Daunou, médaillon de David d’Angers, 1830. Musée Carnavalet / Paris Musées, CC0 via Wikimedia Commons.

Les dernières années

Daunou traverse ainsi l’Ancien Régime finissant, la Révolution, le Directoire, l’Empire, la Restauration et la monarchie de Juillet sans abandonner son fil directeur : faire vivre des institutions qui protègent le savoir et les libertés. Il meurt à Paris le 20 juin 1840. Sa sépulture au Père-Lachaise, conçue dès cette année-là, associe son nom à celui de David d’Angers. Le médaillon qui la signale prolonge l’œuvre de l’archiviste : un visage conservé dans le bronze, non comme une simple effigie, mais comme le rappel d’une vie consacrée aux textes, aux preuves et à la transmission.

Son parcours montre que l’action publique ne se limite pas aux coups d’éclat. Daunou a influencé son temps en rédigeant, en classant, en enseignant et en défendant des règles. Les générations suivantes ont parfois retenu davantage les grands orateurs ou les chefs militaires de la Révolution ; elles redécouvrent chez lui la patience institutionnelle qui rend possibles la recherche historique, la continuité administrative et la discussion civique.

Second portrait gravé de Pierre Claude François Daunou.
Pierre Claude François Daunou, portrait du XIXe siècle. Wikimedia Commons, domaine public.

Cette fidélité à la méthode explique aussi la modernité de son influence. Pour Daunou, l’histoire n’est ni un décor patriotique ni un répertoire d’exemples commodes : elle repose sur le contrôle des documents et sur l’attention aux conditions dans lesquelles ils ont été produits. L’archiviste, le professeur et le législateur accomplissent donc une même mission, celle d’établir des repères communs à partir desquels une société peut débattre sans renoncer à la vérité des faits.

Œuvres principales

  • Essai sur les garanties individuelles, 1819.
  • Cours d’études historiques, issu de ses leçons au Collège de France.
  • Contributions à l’Histoire littéraire de la France.
  • Rapports et travaux relatifs aux Archives nationales et à l’instruction publique.
  • Participation à la rédaction de la Constitution de l’an III, 1795.

Distinctions et fonctions

  • Député à la Convention nationale puis au Conseil des Cinq-Cents.
  • Rédacteur de la Constitution de l’an III et associé à la loi Daunou sur l’instruction publique.
  • Responsable des Archives nationales sous l’Empire et la Restauration.
  • Professeur d’histoire et de morale au Collège de France.
  • Secrétaire perpétuel de l’Académie des inscriptions et belles-lettres.