Qui est Bruno Coquatrix ?
Date de naissance : 4 août 1910 (Ronchin, Nord).
Date du décès : 1er avril 1979 (Paris 9e), à 68 ans.
Activité principale : auteur-compositeur, impresario, directeur de music-hall et maire de Cabourg.
Fonction emblématique : directeur de l’Olympia de Paris, de 1954 à 1979.
Où se trouve la tombe de Bruno Coquatrix ?
La tombe de Bruno Coquatrix se trouve dans la division 96 du cimetière du Père-Lachaise.

Le monument funéraire de Bruno Coquatrix au Père-Lachaise
La sépulture de Bruno Coquatrix est une tombe familiale en pierre, au dessin sobre, portant le nom de Coquatrix. Elle accueille également Paulette Coquatrix, son épouse et longtemps propriétaire de l’Olympia après la disparition de son mari. La tombe ne cherche pas l’effet monumental : elle rappelle par sa simplicité l’homme de coulisses dont le nom reste indissociable de la grande salle du boulevard des Capucines.


Biographie de Bruno Coquatrix
Bruno Coquatrix naît à Ronchin, près de Lille, le 4 août 1910. Son nom évoque immédiatement l’Olympia, dont il fut le directeur de 1954 jusqu’à sa mort en 1979. Mais réduire son parcours à cette seule fonction ferait manquer ce qui en explique la force : avant de devenir l’un des grands patrons du spectacle français, Coquatrix est compositeur, auteur, organisateur et impresario. Il connaît les artistes, les répertoires et les impératifs matériels du métier avant de diriger la salle qui deviendra le symbole même du music-hall parisien.
De la chanson à l’impresariat
Dans les années 1930 et 1940, Bruno Coquatrix écrit et compose de nombreuses chansons. Son catalogue compte plus de trois cents titres, parmi lesquels Mon ange, Dans un coin de mon pays, Clopin-clopant et Cheveux dans le vent. Il participe aussi à des opérettes. Cette activité lui apprend très concrètement ce qu’est une chanson populaire : quelques minutes de musique, mais aussi des interprètes, des éditeurs, des orchestres, une scène et un public. Elle l’inscrit dans le réseau de la variété française au moment où le disque, la radio et le music-hall transforment la diffusion de la chanson.
Il devient ensuite impresario, notamment pour Jacques Pills et Lucienne Boyer. L’impresario ne se contente pas alors de réserver des dates : il accompagne des carrières, imagine des tournées, organise la publicité et négocie les conditions de travail. Coquatrix acquiert ainsi une réputation de professionnel direct, pragmatique et attentif à la personnalité de ses artistes. Il dirige également Bobino, autre lieu majeur de la chanson à Paris, avant de se voir confier l’Olympia.

La renaissance de l’Olympia
Lorsque Bruno Coquatrix prend la direction de l’Olympia en 1954, la salle du 28 boulevard des Capucines possède déjà une histoire prestigieuse, mais elle doit retrouver une identité dans l’après-guerre. Il fait de l’établissement un lieu de référence pour la chanson française, le music-hall international et les artistes de passage à Paris. Son idée est simple et ambitieuse : l’Olympia doit rester une scène populaire, visible, exigeante dans sa technique et capable d’accueillir aussi bien une vedette installée qu’un nouveau nom.
Le nom de Coquatrix apparaît bientôt dans les récits de carrière de nombreux chanteurs. Georges Brassens, Jacques Brel, Gilbert Bécaud, Yves Montand, Charles Aznavour, Annie Cordy, Mireille Mathieu, Johnny Hallyday ou encore Dalida sont associés, à des moments différents, à l’Olympia qu’il dirige. Plusieurs reposent au Père-Lachaise, notamment Édith Piaf, Yves Montand, Georges Brassens ou Johnny Hallyday. Ces liens ne sont pas des hommages de circonstance : ils dessinent le réseau artistique que Coquatrix a contribué à mettre en scène.
Dalida et les nouvelles vedettes
En 1956, au cours d’une audition organisée à l’Olympia avec Lucien Morisse et Eddie Barclay, Coquatrix remarque Dalida, alors encore inconnue du grand public. La rencontre devient l’un des épisodes les plus souvent racontés de l’histoire de la salle. Elle illustre son rôle : il ne se présente pas comme un créateur solitaire de vedettes, mais comme le responsable d’un lieu où peuvent se produire des rencontres décisives entre une voix, un entourage professionnel et un public.
Coquatrix comprend aussi que le music-hall doit accueillir les évolutions de la société. Les années 1960 voient passer à l’Olympia le rock, les vedettes de télévision, les artistes américains et les grands récitals internationaux. La salle reçoit notamment Sammy Davis Jr., Ray Charles, Marlene Dietrich, Oum Kalthoum ou Joséphine Baker. Son programme reste français par sa place centrale, mais il s’ouvre à une circulation mondiale des artistes. C’est cette coexistence qui donne à l’Olympia sa place particulière dans l’imaginaire parisien.
Producteur, élu local et homme de réseau
Parallèlement à l’Olympia, Bruno Coquatrix participe à la fondation des Disques Versailles, maison qui accompagne le développement de l’industrie phonographique française. Le disque prolonge la scène, mais il en modifie aussi les règles : une chanson peut devenir un succès national sans passer durablement par les tournées. Coquatrix demeure cependant attaché au spectacle vivant, à ce moment de vérité où l’artiste doit tenir une salle entière.
Il mène également une carrière politique locale à Cabourg. Directeur du casino de la station normande dans les années 1950, il devient maire de Cabourg en 1971 et le reste jusqu’à sa mort. Son mandat s’inscrit dans le développement touristique et urbain de la ville. Cette responsabilité éclaire une autre facette de sa personnalité : l’homme du spectacle est aussi un organisateur de territoire, intéressé par les équipements, l’activité économique et l’image d’une ville de villégiature.
Paulette Coquatrix et la transmission
Bruno Coquatrix est marié à Paulette Coquatrix. Après la mort de son mari en 1979, elle demeure une figure essentielle de l’Olympia et de sa mémoire. Elle dirige et défend la salle pendant les années qui suivent, publie ses souvenirs dans Les Coulisses de ma mémoire et reste jusqu’à sa mort, en 2018, une témoin directe de cette histoire. Leur tombe familiale au Père-Lachaise relie donc deux personnes dont les vies furent étroitement associées à l’une des plus célèbres scènes françaises.
Bruno Coquatrix meurt le 1er avril 1979. L’Olympia porte aujourd’hui son nom : « L’Olympia Bruno Coquatrix ». Une rue voisine de la salle lui est dédiée à Paris, tandis que Cabourg a donné son nom à une place. Ces marques de mémoire ne résument pas son œuvre à une enseigne. Elles rappellent l’action d’un professionnel qui a fait de l’Olympia un point de rencontre durable entre la chanson française, les artistes internationaux et le public parisien.
Œuvres principales
- Mon ange, chanson, 1940.
- Dans un coin de mon pays, chanson, 1940.
- Clopin-clopant, chanson, 1947.
- Cheveux dans le vent, chanson, 1949.
- Nombreuses opérettes et plus de trois cents chansons écrites ou composées.
Distinctions et fonctions
- Compositeur, auteur et impresario.
- Directeur de Bobino.
- Directeur général de l’Olympia, 1954-1979.
- Cofondateur des Disques Versailles.
- Directeur du casino de Cabourg.
- Maire de Cabourg, 1971-1979.