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BAUDRY Paul

Qui est Paul Baudry ?

Date de naissance : 7 novembre 1828 (La Roche-sur-Yon, Vendée).
Date du décès : 17 janvier 1886 (Paris) à 57 ans.
Activité principale : Peintre d’histoire, portraitiste et décorateur.
Nom de naissance : Paul Jacques Aimé Baudry.

Où est la tombe de Paul Baudry ?

La tombe de Paul Baudry est située dans la division 4 du cimetière du Père-Lachaise.

Plan des divisions du cimetière du Père-Lachaise

Le monument funéraire de Paul Baudry au Père-Lachaise

Édifié avenue principale, le monument de Paul Baudry compte parmi les sépultures les plus remarquables du cimetière. Son frère Ambroise Baudry, architecte, en a conçu la composition : un sarcophage et une pyramide de marbre noir se détachent devant une large stèle de marbre gris. Le buste du peintre, posé sur la pyramide, est dû à Paul Dubois.

Deux bronzes d’Antonin Mercié donnent au tombeau sa force expressive. À gauche, La Douleur, femme voilée, se penche vers la palette, les pinceaux et la palme du peintre ; à droite, La Renommée s’élève et dépose une couronne de laurier sur son front. La fonderie Barbedienne a participé à la fonte de l’ensemble. Achevé en 1890, le monument est protégé au titre des monuments historiques.

Vue d’ensemble du monument funéraire de Paul Baudry

Pierre-Yves Beaudouin / Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0.
Vue d’ensemble du monument funéraire de Paul Baudry.

Détail du tombeau de Paul Baudry au Père-Lachaise

Pierre-Yves Beaudouin / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.
Détail du monument de Paul Baudry.

Sculpture allégorique du monument de Paul Baudry

Pierre-Yves Beaudouin / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.
Détail sculpté du monument funéraire de Paul Baudry.

Biographie de Paul Baudry

Paul Jacques Aimé Baudry naît le 7 novembre 1828 à La Roche-sur-Yon, dans une famille modeste. Son père est sabotier. Rien ne le destine d’abord aux grands décors de Paris, aux salons du Second Empire ou à l’Académie des beaux-arts ; mais son goût précoce pour le dessin est repéré dans sa ville natale. Antoine Sartoris, qui enseigne au lycée, l’encourage et aide à obtenir la bourse municipale qui rend possible un départ pour Paris. Cette aide est décisive : elle donne à l’adolescent les moyens d’entrer, en 1844, dans l’institution qui forme les peintres d’histoire.

Portrait de Paul Baudry en 1862

Auteur non précisé, publié dans L’Artiste en 1862 / Wikimedia Commons, domaine public.
Portrait de Paul Baudry.

À l’École des beaux-arts, Baudry rejoint l’atelier de Michel Martin Drolling. La méthode académique lui impose le dessin, la copie des maîtres, l’étude du modèle vivant et la maîtrise de la grande composition. Il apprend avec application un langage pictural fondé sur la clarté du récit, la précision des corps et la beauté des lignes. En 1847, il obtient un second prix de Rome. Trois ans plus tard, son Zénobie trouvée par des bergers sur les bords de l’Araxe lui vaut le grand prix de Rome, partagé avec William Bouguereau.

Zénobie trouvée par des bergers sur les bords de l’Araxe par Paul Baudry

Paul Baudry / Wikimedia Commons, domaine public.
Zénobie trouvée par des bergers sur les bords de l’Araxe, 1850, École nationale supérieure des beaux-arts.

Le prix ouvre les portes de la Villa Médicis. De 1851 à 1855, Baudry vit à Rome comme pensionnaire de l’Académie de France. Il y étudie directement les maîtres de la Renaissance et les antiques, mais sans se réduire à la seule imitation. Ses envois de Rome montrent une ambition de peintre d’histoire : ils cherchent un mouvement lisible, des figures expressives et une tension dramatique maîtrisée. La Lutte de Jacob avec l’ange, exécutée en 1853 et aujourd’hui conservée à La Roche-sur-Yon, témoigne de cette période de formation exigeante.

La Lutte de Jacob avec l’ange par Paul Baudry

Paul Baudry, photographie MuseeLRSY / Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0.
La Lutte de Jacob avec l’ange, 1853, musée de La Roche-sur-Yon.

De retour à Paris, Baudry ne se limite pas au genre historique. Il devient aussi portraitiste et peintre de décor. Cette capacité à répondre à des commandes très différentes est l’une des clés de sa réussite. Il réalise des décors pour l’hôtel Fould, l’hôtel de la Païva et l’hôtel Galliera, puis intervient au château de Chantilly, où il peint notamment un Saint-Hubert pour la galerie des Cerfs. Ses tableaux de figures et de nus, très construits et lumineux, lui apportent une notoriété considérable. Vénus et l’Amour, peint en 1849, annonce déjà cet intérêt pour l’élégance sensuelle et la composition décorative.

Vénus et l’Amour par Paul Baudry

Paul Baudry / Wikimedia Commons, domaine public.
Vénus et l’Amour, 1849.

Sa renommée s’affirme au Salon. Il obtient une médaille en 1859 et devient l’un des visages les plus reconnus de l’art académique sous le Second Empire. Sa peinture vise un équilibre entre le prestige de la tradition et le goût du temps : formes lisses, couleurs claires, références antiques ou mythologiques, mais aussi attention à l’effet décoratif. En 1862, La Perle et la Vague devient l’une de ses œuvres les plus célèbres. Acquise par l’impératrice Eugénie l’année suivante, elle entre ensuite dans les collections du musée du Prado.

Cette œuvre résume une part de son art. Baudry ne recherche pas le réalisme brutal ni la rupture avec les règles de l’atelier : il préfère le mythe, la grâce et l’agencement savant des figures. Ce choix lui vaut d’être admiré par les commanditaires qui souhaitent associer leurs demeures et les lieux publics à une image de raffinement. Il est aussi parfois discuté par les défenseurs d’une peinture plus moderne. Dans le Paris des années 1860, cette opposition n’est pas abstraite : elle détermine les commandes, les carrières et la place accordée aux artistes dans les grands programmes décoratifs.

La Perle et la Vague par Paul Baudry

Paul Baudry / Wikimedia Commons, domaine public.
La Perle et la Vague, 1862, musée du Prado.

La commande qui fixe durablement son nom dans le paysage parisien est celle du Grand Foyer du nouvel Opéra. Charles Garnier, rencontré à Rome et devenu son ami, fait appel à lui en 1864 pour décorer cet espace majeur du palais. Baudry y travaille pendant une dizaine d’années. Le cycle célèbre la musique, la danse, la comédie et la tragédie dans un ensemble pensé pour dialoguer avec les miroirs, les dorures et la longue perspective du foyer. Les peintures sont installées au moment de l’ouverture de l’Opéra Garnier, en 1875. Elles restent aujourd’hui l’un des décors les plus identifiables du bâtiment.

Le chantier est d’une ampleur inhabituelle pour un peintre de chevalet. Il faut concevoir un programme cohérent, composer pour des plafonds et des voussures, et tenir compte à la fois de l’architecture, de la lumière et du regard des spectateurs qui parcourent le foyer. Baudry y apporte un vocabulaire de figures allégoriques dont la lisibilité ne doit jamais écraser la richesse du décor. Cette commande confirme son aptitude à travailler avec les architectes et explique la confiance que lui accordent les milieux officiels.

Cette réussite le place au centre de la vie artistique officielle. Élu à l’Académie des beaux-arts en 1870, il reçoit la médaille d’honneur du Salon en 1881 et est fait commandeur de la Légion d’honneur en 1875. Il forme aussi de jeunes artistes, parmi lesquels René Ménard et Charles Moreau-Vauthier. Sa réputation dépasse la peinture de chevalet : il dessine également le billet de 100 francs bleu émis par la Banque de France en 1882, preuve de la place que son style occupe alors dans l’imaginaire visuel français.

Son parcours connaît pourtant une fin prématurée. Après une maladie l’année précédente, Paul Baudry meurt subitement à Paris le 17 janvier 1886, au 70 bis rue Notre-Dame-des-Champs. Il n’a pas le temps d’exécuter le projet de décor du Panthéon auquel il devait contribuer. Sa disparition suscite de nombreux hommages. Son frère Ambroise conçoit le grand tombeau du Père-Lachaise ; à La Roche-sur-Yon, une autre mémoire monumentale est élevée en 1897. L’œuvre de Baudry, longtemps associée au goût académique du XIXe siècle, demeure particulièrement visible grâce au Grand Foyer de l’Opéra Garnier et aux collections publiques qui conservent ses tableaux.

Œuvres principales

  • Zénobie trouvée par des bergers sur les bords de l’Araxe (1850), œuvre du prix de Rome.
  • La Lutte de Jacob avec l’ange (1853), musée de La Roche-sur-Yon.
  • Décor de l’hôtel Fould (1854).
  • Décor de l’hôtel de la Païva.
  • La Perle et la Vague (1862), musée du Prado.
  • Décor du Grand Foyer de l’Opéra Garnier (1864-1875).
  • Saint-Hubert, galerie des Cerfs du château de Chantilly.
  • Dessin du billet de 100 francs bleu de la Banque de France (1882).

Distinctions et récompenses

  • Second prix de Rome, 1847.
  • Grand prix de Rome, 1850.
  • Médaille au Salon, 1859.
  • Membre de l’Académie des beaux-arts, 1870.
  • Commandeur de la Légion d’honneur, 1875.
  • Médaille d’honneur du Salon des artistes français, 1881.