Qui est Jean-François Champollion ?
Date de naissance : 23 décembre 1790 (Figeac, France).
Date du décès : 4 mars 1832 (Paris, France) à 41 ans.
Activité principale : Scientifique, Conservateur du musée égyptien du Louvre.
Où est la tombe de Jean-François Champollion ?
La tombe est située dans la division 18

Le monument funéraire de Jean-François Champollion au Père-Lachaise
La tombe de Jean-François Champollion, se distingue par son évocation de l’Égypte ancienne au cœur du Père-Lachaise. Surmontée d’un obélisque, symbole fort de l’Égypte pharaonique, cette sépulture rend hommage à l’héritage et à la passion de Champollion pour cette civilisation.

Gede, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons.
Tombe de Jean-François Champollion au cimetière du Père-Lachaise.
Les obélisques, généralement taillés dans un seul bloc de pierre, se caractérisent par leur forme allongée et leur sommet pyramidion. Ils étaient érigés par paires à l’entrée des temples et sont considérés comme des pierres de benediction, captant les rayons du soleil. Les obélisques étaient souvent gravés de hiéroglyphes qui racontaient les hauts faits des pharaons ou rendaient hommage aux divinités, en particulier au dieu du soleil, Rê (ou Râ). Leur présence sur la tombe de quelqu’un comme Jean-François Champollion, décrypteur des hiéroglyphes et père de l’égyptologie, symboliserait donc profondément son lien avec l’Égypte ancienne et son œuvre.
Le monument funéraire de Jean-François Champollion au Père-Lachaise
La sépulture de Jean-François Champollion est immédiatement reconnaissable à son obélisque de pierre. Érigé par son épouse, elle reprend avec une grande simplicité l’iconographie de l’Égypte ancienne, à laquelle le savant a consacré sa vie. La stèle porte son nom, ses dates et l’épitaphe : « Ici repose Jean-François Champollion, né à Figeac… décédé à Paris… ».
Ce n’est pas une copie d’un obélisque pharaonique, ni un monument chargé de hiéroglyphes : c’est un signe funéraire sobre. Mais sa forme suffit à évoquer le monde dont Champollion a rendu l’écriture lisible. Dans la division 18, ce repère est ainsi devenu l’une des tombes les plus recherchées du Père-Lachaise, à la rencontre de l’histoire des sciences, de l’Égypte et de Paris.

Biographie de Jean-François Champollion
Jean-François Champollion est l’homme qui a rendu la parole à l’Égypte ancienne. En démontrant en 1822 que les hiéroglyphes associaient signes phonétiques, idéogrammes et déterminatifs, il a ouvert une discipline nouvelle : l’égyptologie. Sa vie, courte et intense, est aussi l’histoire d’un enfant de Figeac devenu linguiste prodigieux, d’un chercheur soutenu par son frère Jacques-Joseph, puis d’un savant dont la découverte changea définitivement la connaissance du monde antique.
Le cadet de Figeac et l’apprentissage des langues
Né le 23 décembre 1790 à Figeac, Jean-François est le dernier d’une fratrie de sept enfants. Son père est libraire ; les livres, les dictionnaires et les récits de voyage constituent donc très tôt son environnement. La figure déterminante est toutefois son frère aîné Jacques-Joseph, de douze ans son aîné, qui le fait venir à Grenoble, veille à son instruction et restera son collaborateur, son défenseur et plus tard l’éditeur de ses manuscrits posthumes.
À Grenoble, le jeune homme découvre le grec, le latin, l’hébreu, l’arabe, le syriaque et surtout le copte. Il ne faut pas transformer cette précocité en légende : son génie repose sur une discipline de travail exceptionnelle. Le copte devient la clé de son raisonnement, car Champollion comprend qu’il prolonge l’ancienne langue égyptienne. Cette intuition linguistique l’éloigne des interprétations fantaisistes qui voyaient dans chaque hiéroglyphe une image mystérieuse sans valeur sonore.

La pierre de Rosette et la Lettre à M. Dacier
La pierre de Rosette, découverte en Égypte en 1799, offre un même décret gravé en grec, en démotique et en hiéroglyphes. Elle n’est pas une solution automatique : le grec permet de connaître le contenu général, mais il reste à établir comment fonctionne l’écriture égyptienne. Champollion compare les cartouches royaux, notamment ceux de Ptolémée et de Cléopâtre, avec les textes grecs et avec le copte. Il reconnaît alors que certains signes représentent des sons et que l’écriture égyptienne mêle plusieurs principes.
Le 27 septembre 1822, il présente à l’Académie des inscriptions et belles-lettres sa Lettre à M. Dacier. Cette date est devenue le symbole du déchiffrement. Elle ne clôt pas une enquête isolée : elle formalise un résultat acquis grâce à des années de comparaisons, aux travaux d’autres savants — notamment Thomas Young — et à une connaissance rare des langues orientales. En 1824, le Précis du système hiéroglyphique établit sa méthode de façon beaucoup plus complète.

Le Louvre et le voyage en Égypte
La découverte donne à Champollion une place nouvelle. En 1826, Charles X le nomme conservateur des antiquités égyptiennes du Louvre. Avec son frère, il organise les collections en salles thématiques, distinguant monde funéraire, vie quotidienne et divinités. Son rôle est donc aussi muséographique : il ne se contente pas de lire les monuments, il participe à la manière de les présenter et de les étudier en France.
De 1828 à 1829, il accomplit enfin le voyage qu’il prépare depuis l’adolescence, à la tête de l’expédition franco-toscane avec Ippolito Rosellini. De la vallée du Nil à la Nubie, l’équipe relève, dessine et copie les inscriptions. Pour Champollion, cette confrontation avec les monuments confirme sa méthode et multiplie les matériaux de travail. Il revient avec une moisson de notes qui nourrira les Monuments de l’Égypte et de la Nubie, publiés après sa mort.

Une œuvre interrompue à 41 ans
En 1831, Louis-Philippe crée pour lui au Collège de France une chaire d’Antiquité égyptienne. Champollion ne peut y donner que quelques cours : la fatigue des années de recherches et l’épreuve du voyage ont gravement atteint sa santé. Il meurt à Paris le 4 mars 1832, à 41 ans. Son épouse, Rose Blanc, et son frère veillent à la publication de ses travaux, notamment sa Grammaire égyptienne et son Dictionnaire égyptien en écriture hiéroglyphique.
La force de Champollion tient à la fois à une découverte et à une méthode. Il a montré que les textes égyptiens pouvaient être lus, mais il a aussi imposé le croisement des langues, des inscriptions et des monuments. Les spécialistes ont ensuite corrigé, complété et affiné bien des points ; aucun n’a remis en cause le seuil franchi en 1822. Sa tombe, dominée par l’obélisque, est donc celle d’un savant qui a transformé des signes silencieux en une histoire désormais accessible.

Œuvres principales
- Lettre à M. Dacier relative à l’alphabet des hiéroglyphes phonétiques, 1822.
- Précis du système hiéroglyphique des anciens Égyptiens, 1824.
- Panthéon égyptien, 1823-1825.
- Grammaire égyptienne, publiée à titre posthume en 1836.
- Dictionnaire égyptien en écriture hiéroglyphique, publication posthume, 1841-1844.
- Monuments de l’Égypte et de la Nubie, publication posthume à partir de 1835.
Distinctions et fonctions
- Membre de l’Académie des inscriptions et belles-lettres à partir de 1830.
- Conservateur des antiquités égyptiennes au musée du Louvre, nommé en 1826.
- Chef de l’expédition franco-toscane en Égypte et en Nubie, 1828-1829.
- Premier titulaire de la chaire d’Antiquité égyptienne au Collège de France, créée pour lui en 1831.
- Fondateur de l’égyptologie moderne par le déchiffrement méthodique des hiéroglyphes.