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CALLAS Maria

Qui est Maria Callas ?

Nom complet : Maria Anna Sofia Cecilia Kalogeropoulou.
Naissance : 2 décembre 1923 (New York, États-Unis).
Mort : 16 septembre 1977 (Paris, France) à 53 ans.
Activité : cantatrice, soprano américano-grecque.
Notoriété : interprète majeure du XXe siècle, associée au renouveau du bel canto et surnommée « La Divina ».
Nom de scène : Maria Callas.

Où se trouve la tombe de Maria Callas ?

La plaque commémorative de Maria Callas se trouve au columbarium du cimetière du Père-Lachaise, dans la division 87, à la case no 16258. La case est aujourd’hui vide : les cendres de la cantatrice ont été dispersées en mer Égée.

Plan du cimetière du Père-Lachaise indiquant la division 87

Le monument funéraire de Maria Callas au Père-Lachaise

Maria Callas est incinérée au Père-Lachaise quelques jours après sa mort, en septembre 1977. Son urne, déposée dans le columbarium, est brièvement dérobée puis retrouvée. Ses cendres sont ensuite dispersées dans la mer Égée, au large de l’île grecque de Skorpios, conformément au souhait qui lui est attribué. La case 16258 demeure donc un lieu de mémoire plutôt qu’une sépulture contenant ses restes.

Une plaque de marbre sombre porte son nom, ses dates et la mention « Maria Callas ». Admirateurs et mélomanes y déposent parfois une fleur, une photographie ou un message.

Plaque commémorative de Maria Callas au columbarium du Père-Lachaise
Plaque commémorative de Maria Callas au columbarium du Père-Lachaise. Photo : Peter Poradisch / Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0.
Détail de la plaque de Maria Callas dans la division 87
La plaque de Maria Callas au columbarium, photographiée en 2010. Photo : Janericloebe / Wikimedia Commons, domaine public.

Biographie de Maria Callas

Maria Callas occupe une place singulière dans l’histoire de l’opéra. Sa voix, ample et immédiatement reconnaissable, n’était pas recherchée pour une beauté uniforme : elle impressionnait par ses couleurs, ses contrastes, l’intelligibilité du texte et la puissance dramatique qu’elle donnait à chaque phrase. En réunissant virtuosité, sens du théâtre et connaissance du style, elle a contribué à remettre au premier plan des ouvrages de Bellini, Donizetti, Rossini et Cherubini. Sa carrière, relativement brève, a suffi à transformer durablement la manière d’aborder le répertoire italien.

De New York à Athènes

Elle naît à Manhattan dans une famille grecque récemment installée aux États-Unis. Son père, George Kalogeropoulos, est pharmacien ; sa mère, Evangelia Dimitriadou, nourrit de fortes ambitions musicales pour ses filles. L’enfance de Maria est marquée par les tensions conjugales, les difficultés matérielles et un sentiment durable d’être moins favorisée que sa sœur aînée. La musique devient progressivement un espace de discipline et d’affirmation.

Après la séparation de ses parents, elle part en 1937 pour Athènes avec sa mère et sa sœur. Elle étudie d’abord au Conservatoire national auprès de Maria Trivella, puis entre au Conservatoire d’Athènes dans la classe d’Elvira de Hidalgo. Cette ancienne soprano espagnole lui transmet la technique du bel canto : souffle, legato, trilles, vocalises, ornements et articulation du texte. Callas travaille avec une intensité exceptionnelle et apprend à unir la souplesse d’une voix agile à la puissance d’un instrument dramatique.

Programme de Boccaccio avec Maria Callas à Athènes en 1941
Programme de l’opérette Boccaccio au Park Summer Theater d’Athènes, en 1941, l’un des premiers engagements de Maria Callas. Wikimedia Commons, domaine public.

Les premières scènes pendant la guerre

Ses débuts professionnels ont lieu dans une Grèce occupée. Après l’opérette Boccaccio, elle chante notamment dans Tosca, Fidelio et Tiefland. Les conditions sont difficiles, mais ces années lui donnent une expérience scénique considérable. Elle doit soutenir sa famille tout en affrontant les rivalités du milieu musical athénien. Sa stature, sa voix puissante et son tempérament divisent déjà ; son sérieux professionnel et sa mémoire musicale imposent cependant le respect.

En 1945, elle retourne à New York pour retrouver son père et tenter une carrière américaine. Elle auditionne, sans obtenir l’engagement espéré au Metropolitan Opera. Deux ans plus tard, le ténor Giovanni Zenatello lui propose le rôle-titre de La Gioconda aux arènes de Vérone. Ce départ pour l’Italie constitue le tournant décisif de sa vie. À Vérone, elle rencontre le chef Tullio Serafin, qui devient son principal mentor musical, et l’industriel Giovanni Battista Meneghini, qu’elle épouse en 1949.

Maria Callas avec Giovanni Battista Meneghini en 1957
Maria Callas avec son mari Giovanni Battista Meneghini dans leur appartement milanais, en 1957. Photo : Federico Patellani / Wikimedia Commons, domaine public.

La métamorphose du répertoire

Serafin comprend l’étendue inhabituelle de ses moyens. Callas peut chanter les grands rôles dramatiques de Wagner en italien, mais aussi affronter les ornements les plus délicats du bel canto. En janvier 1949, à Venise, elle remplace en quelques jours Margherita Carosio dans I puritani de Bellini alors qu’elle chante parallèlement la Brünnhilde de La Walkyrie. Ce passage spectaculaire d’un univers vocal à l’autre révèle une artiste capable de ressusciter des partitions longtemps jugées impraticables.

Portrait de Maria Callas en 1958
Maria Callas en 1958 lors de l’émission télévisée Small World. Photo : CBS Television / Wikimedia Commons, domaine public aux États-Unis.

Sa présence à la Scala de Milan s’affirme au début des années 1950. Elle y aborde Verdi, Puccini, Bellini, Donizetti, Rossini et Cherubini. Sa Violetta de La traviata, sa Norma, sa Lucia, sa Tosca ou sa Médée ne reposent pas seulement sur la performance vocale. Callas étudie la partition, la diction, le geste, le costume et la psychologie du personnage. Elle refuse l’idée d’un chant détaché de l’action dramatique et traite chaque rôle comme une incarnation complète.

La Scala, Visconti et l’art du théâtre

La rencontre avec le metteur en scène Luchino Visconti renforce cette conception. Ensemble, ils créent plusieurs spectacles devenus légendaires : La vestale, La sonnambula, La traviata, Anna Bolena et Ifigenia in Tauride. Visconti exige d’elle une précision plastique et dramatique à la hauteur de son engagement musical. À la Scala comme à Londres, Paris, Chicago ou New York, Callas donne ainsi au public l’impression que les héroïnes du XIXe siècle vivent au présent.

Maria Callas et Luchino Visconti pendant Anna Bolena en 1957
Maria Callas se maquillant sous le regard de Luchino Visconti pendant Anna Bolena à la Scala, en 1957. Photo : Federico Patellani / Wikimedia Commons, domaine public.

Le disque amplifie encore sa renommée. Ses intégrales et récitals, souvent réalisés pour EMI sous la direction de chefs tels que Tullio Serafin, Victor de Sabata ou Herbert von Karajan, fixent des interprétations devenues des références. L’enregistrement de Tosca réalisé en 1953 avec Giuseppe Di Stefano et Tito Gobbi demeure particulièrement célèbre. Les prises de scène, parfois techniquement imparfaites, témoignent de son audace et de sa capacité à modeler une représentation entière.

Maria Callas et le ténor Mirto Picchi en 1957
Maria Callas et le ténor Mirto Picchi à Milan, en 1957. Photo : Carlo Cisventi / Archivio Storico Ricordi / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.

La célébrité et ses tensions

Au milieu des années 1950, sa transformation physique attire autant l’attention que son art. Une importante perte de poids modifie sa silhouette et renforce son aisance scénique, mais la presse se passionne bientôt pour sa vie privée et ses conflits professionnels. Des annulations, des désaccords avec des directions de théâtre et l’interruption d’une Norma à Rome en 1958 nourrissent la légende d’une diva capricieuse. Ces épisodes doivent toutefois être replacés dans un métier exigeant, soumis à des contrats serrés et à la fragilité d’un instrument vocal constamment exposé.

Villa de Maria Callas à Sirmione
La villa de Sirmione où Maria Callas vécut durant son mariage avec Giovanni Battista Meneghini. Photo : Schorle / Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0.

En 1959, Callas se sépare de Meneghini et se rapproche de l’armateur grec Aristote Onassis. Leur relation devient l’un des grands feuilletons mondains de l’époque. Elle ne suffit pourtant pas à expliquer le ralentissement de sa carrière : la fatigue, l’évolution de la voix et des choix artistiques plus rares jouent aussi un rôle. En 1964 et 1965, elle revient à Covent Garden dans Tosca, mise en scène par Franco Zeffirelli. Sa dernière représentation complète d’un opéra a lieu à Londres le 5 juillet 1965.

Maria Callas aux studios Bovema en 1959
Maria Callas reçue à Heemstede en 1959 pour l’ouverture des studios Bovema. Photo : Fotopersbureau De Boer / Noord-Hollands Archief, CC0.

Médée, les master classes et les adieux

Callas ne disparaît pas entièrement de la vie artistique. Pier Paolo Pasolini lui confie le rôle principal de son film Médée, sorti en 1969. Elle n’y chante pas : le cinéaste utilise son visage, sa présence et son sens tragique dans une œuvre très éloignée des conventions de l’opéra filmé. L’expérience révèle une actrice silencieuse d’une grande intensité.

De 1971 à 1972, elle dirige à la Juilliard School de New York une série de master classes consacrées à la tradition lyrique. Elle y insiste sur le respect du compositeur, la compréhension du mot, le rythme et l’intention dramatique. Ces séances, auxquelles participent notamment de jeunes chanteurs promis à une carrière internationale, deviennent une source précieuse sur sa conception du métier.

En 1973 et 1974, elle entreprend avec Giuseppe Di Stefano une dernière tournée de récitals. La voix n’a plus l’éclat de ses grandes années, mais le public vient saluer deux artistes mythiques. Leur dernier concert commun a lieu à Sapporo en novembre 1974. Retirée dans son appartement parisien de l’avenue Georges-Mandel, Maria Callas vit ensuite dans une grande discrétion. Elle meurt soudainement le 16 septembre 1977. Les formulations catégoriques sur une embolie pulmonaire ou un abus de médicaments ne sont pas suffisamment établies ; la mort est généralement attribuée à une crise cardiaque.

Maria Callas saluant le public du Concertgebouw en 1959
Maria Callas remercie le public du Concertgebouw d’Amsterdam après son concert du 11 juillet 1959. Photo : Joop van Bilsen / Anefo / Nationaal Archief, CC0.

Sa postérité repose d’abord sur les enregistrements, qui permettent d’entendre la variété de ses moyens et l’évolution de sa voix. Elle a aussi changé les attentes du public : après elle, une grande chanteuse d’opéra ne peut plus se contenter d’exécuter les notes, elle doit faire exister le personnage. Cette fusion du chant et du théâtre explique pourquoi Maria Callas demeure une référence bien au-delà du seul monde lyrique.

Œuvres principales

  • Norma de Vincenzo Bellini : l’un de ses rôles emblématiques, chanté de 1948 à 1965.
  • Tosca de Giacomo Puccini : rôle majeur de scène et intégrale enregistrée en 1953 sous la direction de Victor de Sabata.
  • La traviata de Giuseppe Verdi : notamment dans la mise en scène de Luchino Visconti à la Scala en 1955.
  • Lucia di Lammermoor de Gaetano Donizetti : interprétation décisive dans le retour de l’œuvre au répertoire.
  • La sonnambula et I puritani de Bellini : jalons essentiels de la renaissance moderne du bel canto.
  • Anna Bolena de Donizetti et Il pirata de Bellini : résurrections marquantes à la Scala.
  • Médée de Luigi Cherubini : rôle tragique associé à son retour durable sur les scènes modernes.
  • Médée de Pier Paolo Pasolini (1969) : unique grand rôle cinématographique, sans partie chantée.

Distinctions et récompenses

  • Étoile sur le Hollywood Walk of Fame, dans la catégorie enregistrement.
  • Grammy Lifetime Achievement Award décerné à titre posthume par la Recording Academy en 2007.
  • Nombreux enregistrements admis au Grammy Hall of Fame, dont des témoignages majeurs de son répertoire lyrique.
  • Hommage international permanent à travers des concours de chant, salles, rues, expositions et institutions portant son nom.