Qui est Maurice Biais ?
Date de naissance : 30 décembre 1872 (Corbeil, Essonne, France).
Date du décès : 8 avril 1926 (Gorbio, Alpes-Maritimes, France) à 53 ans.
Activité principale : Peintre, dessinateur, affichiste et créateur de meubles.
Nom de naissance : Maurice Amédée Louis Biais.
Où est la tombe de Maurice Biais ?
La tombe est située dans la division 19.

Le monument funéraire de Maurice Biais au Père-Lachaise
Maurice Biais repose dans la division 19 avec son épouse, la danseuse et chanteuse de cabaret Jane Avril, née Jeanne Beaudon. Le monument est une haute stèle de pierre à sommet arrondi, placée derrière une petite grille de fer. La face principale rassemble plusieurs inscriptions familiales ; celle de Maurice Biais indique ses dates, 1872-1926, et la mention « Croix de guerre ». Plus bas figure le nom de Jeanne Biais, connue sous le nom de Jane Avril, avec ses dates, 1868-1943. La sépulture rappelle ainsi une vie de couple étroitement liée au monde artistique de la Belle Époque.

Tombe commune de Maurice Biais et Jane Avril au cimetière du Père-Lachaise.
Pierre-Yves Beaudouin, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons.

Inscription funéraire de Maurice Biais et de Jane Avril.
Pierre-Yves Beaudouin, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons.
Biographie de Maurice Biais
Maurice Biais appartient à cette génération d’artistes qui ont donné son visage à la Belle Époque sans toujours recevoir la même postérité que les grands noms de la peinture. Dessinateur, illustrateur, affichiste et créateur de meubles, il travaille au croisement de l’art, du spectacle et de la publicité. Son œuvre accompagne les music-halls, les cabarets, les magasins d’art décoratif, les partitions et les produits de consommation. Elle témoigne d’un moment où l’affiche devient un art à part entière et où l’image imprimée envahit les rues de Paris.
Maurice Amédée Louis Biais naît le 30 décembre 1872 à Corbeil, aujourd’hui Corbeil-Essonnes. Les informations conservées sur sa formation restent limitées, mais ses premières œuvres connues révèlent une maîtrise précoce du dessin destiné à la reproduction lithographique. À la différence de Jules Chéret, dont les silhouettes très mobiles dominent alors l’affiche parisienne, Biais développe une écriture décorative plus construite : lignes souples, grandes figures isolées, aplats colorés et goût pour les cadres stylisés. Il trouve dans l’Art nouveau un langage adapté à des commandes très diverses.
Dès la fin des années 1890, il participe à l’aventure de La Maison Moderne, le magasin et galerie fondé par Julius Meier-Graefe. L’établissement défend une conception nouvelle des arts décoratifs, où meubles, objets et graphisme forment un ensemble. Biais y dessine des meubles à partir de 1899, tout en réalisant des affiches. Cette activité montre qu’il ne se limite pas au dessin publicitaire : il s’intéresse aussi à la place de l’image dans l’intérieur moderne et dans les arts appliqués.

Maurice Biais, La Maison moderne, affiche, 1902.
Maurice Biais, domaine public, via Wikimedia Commons.
Son univers est aussi celui du théâtre et du café-concert. Biais conçoit des affiches pour la Scala, les Folies-Bergère, le Casino de Paris, des interprètes et des revues. Il sait condenser sur une seule feuille l’identité d’un spectacle : un nom, une silhouette, un costume, un mouvement, une couleur. Ses images ne documentent pas seulement une programmation ; elles participent à la fabrication de la célébrité des artistes et à la mémoire visuelle des scènes parisiennes.

Maurice Biais, affiche pour la Scala, 1901.
Maurice Biais, domaine public, via Wikimedia Commons.
Cette reconnaissance dépasse rapidement Paris. En 1901, Biais expose des affiches et des dessins chez Williams à New York, signe que son travail circule dans les réseaux internationaux de l’affiche illustrée. Il contribue par ailleurs à des périodiques, à des ouvrages pour la jeunesse, à des cartes postales et à des couvertures ou illustrations de partitions musicales. L’artiste travaille avec la rapidité et la diversité qu’exige alors l’industrie de l’imprimé : une même signature peut apparaître sur une réclame, un programme de spectacle, un album de piano ou un décor commercial.
Parmi ses commandes les plus connues figurent les séries consacrées à la danseuse Saharet, notamment vers 1902. Il dessine également pour Paulette Darty, Germaine Gallois, Lucy Florval et Ida Fuller. Ces artistes incarnent un spectacle parisien fait de chansons, de danse et de revues ; Biais en fixe les visages et les postures dans des compositions conçues pour attirer immédiatement le regard du passant. Ses affiches pour les pianos Érard, le savon Reuter ou le Quinquina Vouvray montrent aussi combien la frontière est alors perméable entre culture populaire, élégance mondaine et publicité.

Maurice Biais, affiche pour Saharet, vers 1902.
Maurice Biais, domaine public, via Wikimedia Commons.
Le 7 juin 1911, à Jouy-en-Josas, il épouse Jane Avril, alors célèbre pour sa carrière de danseuse et pour les affiches que Toulouse-Lautrec lui a consacrées. Le mariage légitime leur fils Jean Pierre Adolphe, né en 1897. Les deux artistes ont déjà partagé une longue histoire lorsque leur union devient officielle. Pour Biais, cette relation inscrit sa vie privée au cœur du milieu du spectacle qu’il illustre depuis des années ; pour Jane Avril, elle correspond à une période plus retirée après les grands succès du cabaret.
La Première Guerre mondiale interrompt les années de foisonnement artistique. Maurice Biais reçoit la Croix de guerre 1914-1918, distinction inscrite sur sa tombe. Après le conflit, le couple vit à Jouy-en-Josas. En 1926, ils gagnent le sud de la France pour des raisons de santé. Biais meurt le 8 avril à Gorbio, dans les Alpes-Maritimes. Jane Avril lui survivra dix-sept ans ; elle sera inhumée avec lui au Père-Lachaise, sous son nom marital de Jeanne Biais.

Maurice Biais, Les Five o’clock de Paulette Darty, 1902.
Maurice Biais, domaine public, via Wikimedia Commons.
Son œuvre éclaire aujourd’hui une part essentielle de la Belle Époque : non pas seulement les grands tableaux de musée, mais le paysage visuel quotidien des théâtres, des vitrines, des kiosques et des salons. Les affiches de Biais conservent la vivacité d’un art fait pour être vu vite, de loin, dans la rue, tout en portant la marque d’un dessinateur attentif aux courbes, aux costumes et à l’élégance graphique de son temps.
Affiches principales
- Les Five o’clock de Paulette Darty, La Maison Moderne, 1902.
- Ville de Nîmes, Fêtes de charité, 13, 14 et 16 février 1904.
- Germaine Gallois et la Revue de la Scala, 1901.
- Série pour Saharet, dont Winter Garten, vers 1902.
- Jane Avril.
- Pianos Érard.
- Reuter’s soap for the complexion and toilet.
- Palais de glace.
- Mephisto looping the loop.
- Lucy Florval, Folies-Bergère, 1901.
- Ida Fuller, Folies-Bergère, 1901.
- American’ Sing’ and Dancer’.
- Comtesse de R… dans ses fantaisies japonaises, 1908.
- Quinquina Vouvray au vin blanc, apéritif exquis, pour Ernest Bourin, Tours.
Illustrations de partitions musicales
- Tout feu tout flamme de Rodolphe Berger, 1901.
- Modern style, scottish pour piano à quatre mains de Rodolphe Berger, dédiée à Yvette Guilbert, 1902.
- L’amour qui passe, valse lente.
- Tout feu tout flamme, polka japonaise pour piano à quatre mains, 1902.
- Tout feu tout flamme, polka fantasque pour piano, 1902.
- Tarentelle napolitaine, pour piano, 1902.
- Polka des petits oiseaux de Rodolphe Berger, 1902.
Distinctions et reconnaissances
- Croix de guerre 1914-1918.
- Exposition d’affiches et de dessins chez Williams à New York, 1901.
- Présence de ses œuvres dans les collections et fonds graphiques consacrés à l’affiche de la Belle Époque.