Qui est BARTHOLOMÉ Paul Albert Auguste ?
Date de naissance : 29 août 1848 (Thiverval-Grignon, Yvelines, France).
Date du décès : 30 octobre 1928 (Paris) à 80 ans.
Activité principale : Sculpteur, peintre.
Nom de naissance : Paul-Albert Bartholomé.
Où est la tombe de Paul-Albert Bartholomé ?
La tombe est située dans la division 4.

Le monument funéraire de Paul-Albert Bartholomé au Père-Lachaise
Paul-Albert Bartholomé repose dans la division 4, à quelques pas de son œuvre la plus célèbre, le Monument aux morts du Père-Lachaise. Sa sépulture est dominée par un gisant moderne sculpté par Henri Bouchard. La figure couchée, d’une sobriété volontaire, évoque les gisants médiévaux sans en reprendre le vocabulaire religieux. Ce choix est particulièrement juste pour un artiste qui consacra une grande partie de sa carrière à la sculpture funéraire : son propre tombeau porte l’empreinte d’une recherche plastique qui fit de la mort un sujet de recueillement plutôt que de démonstration.

Curtis Newton 2020 / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.
Sépulture de Paul-Albert Bartholomé, avec un gisant d’Henri Bouchard.
Biographie de Paul-Albert Bartholomé
Paul-Albert Bartholomé occupe une place singulière dans l’art français de la fin du XIXe siècle. Il commence par la peinture, dans le voisinage de Degas et des artistes de son temps, avant de devenir l’un des grands rénovateurs de la sculpture funéraire. Son nom est indissociable du Monument aux morts du Père-Lachaise, vaste porte de pierre consacrée à tous les disparus, mais son œuvre ne se limite pas à ce chef-d’œuvre. Elle rassemble des peintures attentives aux scènes familières, des figures féminines d’une grande retenue et des monuments où le chagrin s’exprime sans emphase.
Né le 29 août 1848 à Thiverval-Grignon, près de Paris, Bartholomé appartient à une génération qui voit se transformer les rapports entre peinture, sculpture et vie moderne. Il suit d’abord une formation de peintre, notamment à Genève, puis à Paris. Très tôt, il fréquente les milieux artistiques et se lie avec Edgar Degas. Cette proximité est importante : elle l’encourage à regarder les gestes ordinaires, la présence humaine et l’équilibre des compositions plutôt qu’à rechercher les effets académiques les plus convenus.

Paul-Albert Bartholomé / Paris Musées, Petit Palais, CC0.
La lecture, vers 1880-1885.
Dans les années 1870 et 1880, il expose des tableaux où le quotidien tient une place essentielle. Les intérieurs, les enfants, les jeux et les moments de silence y sont traités avec une attention douce, souvent mélancolique. La lecture et Les musiciens, conservés au Petit Palais, témoignent de cette première manière. Elles rappellent que Bartholomé ne devient pas sculpteur par rejet de la peinture : il conserve de ses débuts le goût des attitudes, des volumes et des relations silencieuses entre les personnages.

Paul-Albert Bartholomé / Paris Musées, Petit Palais, CC0.
Les musiciens, 1883.
La mort de son épouse, Prospérie de Fleury, en 1887, constitue le tournant de sa vie et de son œuvre. Bartholomé réalise pour elle une sépulture ; Degas l’encourage alors à poursuivre dans la sculpture. Le deuil ne devient pas, chez lui, un prétexte à l’anecdote. Il le conduit vers un art plus dépouillé, attentif à la pesanteur des corps, aux mains qui se couvrent le visage et à la présence du silence. À partir de la fin des années 1880, il abandonne progressivement la peinture pour se consacrer principalement à la sculpture.
Sa sculpture se distingue par une émotion contenue. Bartholomé renonce aux gestes dramatiques qui dominaient souvent la statuaire funéraire du XIXe siècle. Ses figures n’illustrent pas la mort : elles semblent l’affronter, la méditer ou l’accompagner. Cette retenue donne à ses œuvres une force durable. Des femmes voilées, des pleurants et des corps nus se répondent dans un langage plastique qui associe archaïsme, naturalisme et modernité.

Marcin L. / Wikimedia Commons.
Le Monument aux morts du Père-Lachaise, œuvre de Bartholomé inaugurée en 1899.
Cette recherche trouve son aboutissement au Père-Lachaise. Commandé à la fin du XIXe siècle et inauguré en 1899 après de longues années de travail, le Monument aux morts est dédié à tous les morts, sans distinction. Installé dans l’axe de la grande perspective du cimetière, il prend la forme d’un vaste mur de pierre peuplé de figures grandeur nature. Les vivants semblent y rejoindre les morts par une porte symbolique. L’œuvre ne célèbre ni un héros ni une guerre particulière : elle propose une méditation universelle sur la séparation, le passage et la communauté des disparus.
Le monument confirme la reconnaissance de Bartholomé. Il expose régulièrement à la Société nationale des beaux-arts, participe à de grandes manifestations artistiques et reçoit de nombreuses commandes de monuments funéraires. Il réalise notamment des sépultures et des figures pour des artistes, des écrivains et des personnalités de son temps. Sa contribution au décor du Panthéon, avec un monument consacré à Jean-Jacques Rousseau, montre que son langage peut aussi s’inscrire dans l’espace civique et national.
À mesure que sa réputation s’affirme, Bartholomé est considéré comme l’un des maîtres de la sculpture funéraire moderne. Son influence ne tient pas à l’invention d’un motif isolé, mais à une manière nouvelle de concevoir le tombeau : l’œuvre doit porter le souvenir sans le réduire à une formule, laisser place au recueillement et faire sentir la vulnérabilité des corps. Cette vision explique que ses œuvres continuent de toucher les visiteurs du Père-Lachaise, où l’on rencontre à la fois son grand monument collectif et sa propre tombe.
Paul-Albert Bartholomé meurt à Paris le 30 octobre 1928. Son inhumation dans la division 4, face au monument qui a fait de lui une figure majeure du cimetière, donne à son parcours une cohérence rare. Il reste l’un des artistes qui ont le mieux su faire du funéraire un art vivant : non pas une illustration de la disparition, mais un lieu où les formes, les gestes et le silence continuent de parler aux vivants.
Œuvres principales
- La lecture, vers 1880-1885, peinture.
- Les musiciens, 1883, peinture.
- Tombeau de Prospérie de Fleury, à Créteil, à partir de 1887.
- Monument aux morts du cimetière du Père-Lachaise, 1887-1899.
- Monument à Jean-Jacques Rousseau au Panthéon.
- Nombreux monuments et sculptures funéraires, notamment au Père-Lachaise et au cimetière de Montmartre.
Distinctions et reconnaissance
- Exposant de la Société nationale des beaux-arts à partir de 1891.
- Reconnu comme l’un des principaux rénovateurs de la sculpture funéraire française de la fin du XIXe siècle.
- Son Monument aux morts du Père-Lachaise est l’une des œuvres majeures de la sculpture publique parisienne.