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BARRAS Paul

Qui est BARRAS Paul ?

Date de naissance : 30 juin 1755 (Fox-Amphoux, Var, France).
Date du décès : 29 janvier 1829 (Paris) à 73 ans.
Activité principale : Homme politique, général de la Révolution et de l’Empire.
Nom de naissance : Paul François Jean Nicolas, vicomte de Barras.

Où est la tombe de Paul Barras ?

La tombe est située dans la division 28, 13e ligne.

Plan des divisions du cimetière du Père-Lachaise

Le monument funéraire de Paul Barras au Père-Lachaise

Paul Barras repose dans la division 28, dans une concession à perpétuité. Sa sépulture est un monument de pierre d’une grande sobriété : un haut tombeau rectangulaire, surmonté d’une croix, dont la face principale porte une longue inscription gravée. Elle rappelle son nom, sa qualité de « membre du Directoire exécutif », sa naissance à Fox-Amphoux et sa mort à Paris. L’ensemble ne cherche ni le spectaculaire ni l’allégorie ; il affirme avant tout la place politique que Barras occupa pendant la Révolution française.

Sépulture de Paul Barras au Père-Lachaise

Pierre-Yves Beaudouin / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.
Sépulture de Paul Barras au cimetière du Père-Lachaise.

Biographie de Paul Barras

Paul Barras est l’une des figures les plus influentes et les plus controversées de la Révolution française. Issu de la petite noblesse provençale, il devient député à la Convention, participe à la chute de Robespierre, commande la défense de la Convention le 13 vendémiaire et demeure, de 1795 à 1799, le seul directeur présent sans interruption au sein du Directoire. Son parcours croise celui de Bonaparte avant de se briser contre son coup d’État. Il incarne ainsi une génération qui voulut sortir de la Terreur, préserver la République et gouverner une France encore travaillée par la guerre, les crises et les complots.

Estampe représentant Paul Barras, membre du Directoire exécutif

Jean-Baptiste Compagnie, d’après François Bonneville / Paris Musées, Musée Carnavalet, CC0.
Paul Barras, membre du Directoire exécutif.

Né le 30 juin 1755 à Fox-Amphoux, dans le Var, Paul François Jean Nicolas de Barras appartient à une ancienne famille de Provence. Son éducation et son rang le destinent naturellement au métier des armes. À seize ans, il entre dans un régiment de l’armée royale comme gentilhomme-cadet. Il sert ensuite dans l’océan Indien, où la France et la Grande-Bretagne s’affrontent pendant la guerre d’indépendance américaine. Le siège de Pondichéry, en 1778, puis une seconde campagne dans les mers de l’Inde au début des années 1780, lui donnent l’expérience concrète d’une guerre lointaine, de ses hiérarchies et de ses hasards. Il quitte cependant l’armée avant la Révolution et revient en Provence.

Lorsque la crise de 1789 ouvre une période nouvelle, Barras se rallie au mouvement révolutionnaire. Il devient administrateur du Var et se fait élire député de ce département à la Convention nationale en 1792. La rupture avec l’Ancien Régime est complète : l’ancien officier issu de la noblesse siège désormais dans l’assemblée qui doit décider du sort de Louis XVI. En janvier 1793, il vote la mort du roi. Il est ensuite souvent envoyé en mission dans le Midi et auprès des armées, où la guerre civile, les insurrections fédéralistes et la guerre contre les puissances européennes imposent aux représentants une autorité considérable.

C’est à Toulon, en 1793, que se dessine l’un des liens les plus célèbres de son existence. Chargé d’une mission avec Stanislas Fréron, Barras observe le jeune officier d’artillerie Napoléon Bonaparte pendant le siège de la ville, alors tenue par les royalistes et leurs alliés britanniques. Les récits ultérieurs ont amplifié ou nuancé le rôle exact de chacun ; il demeure certain que leur connaissance date de cette période et qu’elle pèsera dans les événements de 1795. Barras n’est alors pas encore l’homme fort du régime : il appartient à cette élite politique mobile, formée dans l’urgence, qui partage sa vie entre Paris, les armées et les départements.

La chute de Robespierre, le 9 thermidor an II (27 juillet 1794), change sa position. Barras se joint aux adversaires du gouvernement robespierriste et prend part à l’action qui met fin à la domination du Comité de salut public. Sous la réaction thermidorienne, il gagne en importance. La Convention cherche alors à consolider une République qui refuse à la fois le retour de la Terreur et celui de la monarchie. Les tensions sociales et politiques restent pourtant extrêmes, comme le montrent les journées insurrectionnelles de 1795.

Le 13 vendémiaire an IV, le 5 octobre 1795, une insurrection royaliste menace la Convention aux abords des Tuileries. Chargé du commandement de Paris et de l’Armée de l’intérieur, Barras s’appuie sur Bonaparte pour organiser la défense. La répression de l’insurrection assure la survie immédiate de la Convention, mais elle révèle aussi la montée d’un militaire dont la carrière va bientôt dépasser celle de son protecteur. Quelques semaines plus tard, la Constitution de l’an III entre en vigueur et institue un exécutif collégial de cinq directeurs.

Représentation du coup d’État du 18 Brumaire

François Bouchot / Wikimedia Commons, domaine public.
Le coup d’État du 18 Brumaire met fin au Directoire, en 1799.

Élu directeur le 4 brumaire an IV, Barras conserve son siège jusqu’au 18 brumaire an VIII : il est le seul membre de l’exécutif à traverser toute l’existence du Directoire. Son influence tient à sa longue pratique des assemblées, à ses réseaux politiques et mondains, mais aussi à sa capacité à composer avec des coalitions changeantes. Le régime affronte simultanément les difficultés financières, les élections hostiles, le retour de la guerre et les menaces venues de droite comme de gauche. Barras soutient plusieurs coups de force parlementaires destinés à maintenir la République directoriale, notamment après les succès électoraux des royalistes en 1797.

Cette période a durablement fixé sa réputation. Ses adversaires dénoncent une vie privée brillante et le soupçonnent de corruption ; ses mémoires, publiés après sa mort et remaniés par leurs éditeurs, n’ont pas suffi à dissiper les jugements contradictoires. Il faut cependant distinguer les accusations politiques, fréquentes dans une époque de pamphlets, des faits établis. Barras a bien occupé une place centrale dans le Directoire, sans en avoir été le maître absolu : il partageait le pouvoir avec quatre collègues et devait compter avec les Conseils, les généraux et une opinion publique instable.

Ses relations avec Joséphine de Beauharnais et Bonaparte appartiennent elles aussi à cette histoire politique et sociale du Directoire. Barras connaît Joséphine dans les milieux parisiens de l’après-Terreur et facilite le rapprochement qui mène à son mariage avec Bonaparte en 1796. Le général reçoit alors le commandement de l’armée d’Italie. Cette décision ne fait pas de Barras l’auteur de son ascension, mais elle montre qu’il a su reconnaître l’utilité politique et militaire d’un officier déjà remarqué. Très vite, les campagnes d’Italie donnent à Bonaparte une popularité et une force propre, qui changent l’équilibre du régime.

Le 18 brumaire an VIII, les 9 et 10 novembre 1799, Bonaparte renverse le Directoire. Barras comprend qu’il ne dispose ni d’une force armée fidèle ni d’un soutien politique suffisant pour résister. Il démissionne ; le Consulat remplace le Directoire. Cette sortie marque la fin de sa carrière publique. Son ancien protégé devient Premier consul, puis empereur, tandis que Barras est progressivement écarté de Paris. Il connaît l’exil et la surveillance sous l’Empire, séjourne notamment à Bruxelles, Rome et Montpellier, avant de pouvoir revenir dans la capitale après la chute de Napoléon.

Paul Barras meurt à Paris le 29 janvier 1829, sous la Restauration. Il laisse des mémoires dont la rédaction et l’édition posthume invitent à la prudence, mais qui restent un témoignage sur les acteurs et les salons de son temps. Son inhumation au Père-Lachaise réunit, dans un monument simple, le souvenir d’un personnage longtemps réduit aux intrigues du Directoire. Son rôle historique est plus complexe : député régicide, acteur de Thermidor, défenseur armé de la Convention et directeur durant quatre années décisives, il fut l’un des artisans de la transition entre la Terreur et le pouvoir napoléonien.

Principales fonctions et publications

  • Député du Var à la Convention nationale, 1792-1795.
  • Représentant en mission auprès des armées et dans le Midi, 1793-1794.
  • Président de la Convention nationale, février 1795.
  • Commandant de l’Armée de l’intérieur lors du 13 vendémiaire, 1795.
  • Membre du Directoire exécutif, 1795-1799.
  • Mémoires de Barras, membre du Directoire, publiés à titre posthume, 1895-1896.

Distinctions et hommages

  • Il ne reçoit pas de distinction honorifique majeure durablement associée à son nom.
  • Sa sépulture du Père-Lachaise est répertoriée parmi les tombes historiques entretenues dans les cimetières de Paris.