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AUBER Daniel-François-Esprit

Qui est Daniel-François-Esprit Auber ?

Date de naissance : 29 janvier 1782 (Caen, France).
Date du décès : 12 mai 1871 (Paris) à 89 ans.
Activité principale : Compositeur, directeur du Conservatoire de Paris.
Nom de naissance : Daniel-François-Esprit Auber.

Où est la tombe de Daniel-François-Esprit Auber ?

La tombe est située dans la division 4.

Plan des divisions du cimetière du Père-Lachaise

Le monument funéraire de Daniel-François-Esprit Auber au Père-Lachaise

Dans la division 4, Daniel-François-Esprit Auber repose sous un monument élevé peu après sa mort. La sépulture associe un socle de pierre à un buste du compositeur, qui rappelle le rang qu’il avait occupé dans la vie musicale parisienne. L’ensemble porte son nom et ses dates, dans une composition monumentale propre aux grandes tombes d’artistes du XIXe siècle.

Tombe de Daniel-François-Esprit Auber au Père-Lachaise

Chabe01 / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.
Tombe d’Auber dans la division 4 du Père-Lachaise.

Détail du monument funéraire de Daniel-François-Esprit Auber

Chabe01 / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.
Détail de la sépulture d’Auber.

Biographie de Daniel-François-Esprit Auber

Daniel-François-Esprit Auber naît à Caen le 29 janvier 1782, alors que sa mère y séjourne ; sa famille vit à Paris. Son père, Jean-Baptiste Daniel Auber, travaille dans l’entourage des écuries royales avant de devenir éditeur et imprimeur après la Révolution. Le jeune Auber grandit dans un milieu où les artistes et les amateurs de musique se croisent. Il apprend le violon, le piano et le chant, mais ne reçoit pas d’emblée la formation de conservatoire que l’on associe volontiers à un futur compositeur célèbre.

Portrait de Daniel-François-Esprit Auber par François-Séraphin Delpech

François-Séraphin Delpech / Bibliothèque nationale de France, domaine public, via Wikimedia Commons.
Portrait de Daniel-François-Esprit Auber.

Son père l’oriente d’abord vers le commerce. Un séjour à Londres, puis le retour à Paris pendant les guerres napoléoniennes, ne détournent pas Auber de la musique. Ses premières compositions circulent dans les sociétés d’amateurs ; un concerto pour violon et plusieurs concertos pour violoncelle attirent l’attention. En 1811, une version remaniée de l’opéra-comique Julie est bien accueillie. Luigi Cherubini, figure dominante de la musique parisienne, reconnaît ses qualités et devient son professeur particulier.

Le tournant de l’opéra

La disparition de son père et les difficultés financières de la famille, en 1820, donnent à sa carrière une urgence nouvelle. Auber choisit alors d’écrire pour le théâtre de manière professionnelle. La Bergère châtelaine puis Emma rencontrent un succès encourageant. Surtout, en 1822, il commence à travailler avec le librettiste Eugène Scribe. Leur association, qui dure plus de quarante ans, produit trente-neuf opéras. Elle réunit le sens dramatique et l’efficacité narrative de Scribe à une musique d’une grande mobilité, conçue pour la scène et pour la voix.

Avec Leicester en 1823, puis Le Maçon, Auber prend une place durable à l’Opéra-Comique. Fra Diavolo, créé en 1830, devient l’un de ses ouvrages les plus populaires. Son écriture privilégie la clarté, l’élan rythmique et l’art des ensembles ; elle fait d’Auber l’un des compositeurs les plus joués de son temps, bien au-delà de Paris.

La Muette de Portici et le grand opéra

En 1828, La Muette de Portici marque une étape décisive. Créé à l’Opéra de Paris, cet ouvrage en cinq actes consacré à la révolte napolitaine de 1647 associe scènes de foule, ballet, chœurs et décor historique. Son succès contribue à installer la forme du grand opéra français, que Meyerbeer portera ensuite à son apogée. Auber reste pourtant fidèle à l’opéra-comique, où il trouve un espace mieux accordé à son goût de l’élégance et du mouvement.

Portrait de Daniel-François-Esprit Auber vers 1860

Bibliothèque nationale de France, domaine public, via Wikimedia Commons.
Portrait de Daniel-François-Esprit Auber, vers 1860.

Les années 1830 voient se succéder Le Dieu et la bayadère, Le Philtre, Gustave III ou le Bal masqué, Le Cheval de bronze et d’autres titres qui nourrissent le répertoire parisien. Nombre de ces ouvrages connaissent des adaptations à l’étranger ; le livret du Philtre servira notamment de point de départ à L’elisir d’amore de Donizetti. Auber est élu à l’Académie des beaux-arts en 1829 et devient une figure officielle autant qu’un compositeur de théâtre.

À la tête du Conservatoire

En 1842, après le départ de Cherubini, Auber prend la direction du Conservatoire de Paris. Il conserve cette fonction jusqu’à sa mort. Son administration, moins rigide que celle de son prédécesseur, accompagne l’agrandissement des classes de composition, de piano et d’instruments d’orchestre. Il autorise notamment les applaudissements aux concerts du Conservatoire et laisse davantage de liberté aux professeurs dans leurs méthodes. Georges Bizet, Jules Massenet, Ernest Guiraud ou Théodore Dubois font partie des musiciens formés durant cette période.

Il dirige parallèlement les concerts de la cour, puis la chapelle impériale à partir de 1852. Malgré ces responsabilités, il continue de composer, notamment Haydée, Manon Lescaut et Le Premier Jour de bonheur. Il devient grand officier de la Légion d’honneur en 1861.

Daniel-François-Esprit Auber photographié par l’atelier Nadar vers 1870

Atelier Nadar, domaine public, via Wikimedia Commons.
Daniel-François-Esprit Auber vers 1870.

Très âgé, Auber refuse de quitter Paris pendant le siège de 1870 puis la Commune. Il abandonne la direction du Conservatoire afin que le bâtiment puisse servir d’hôpital. Affaibli, il meurt le 12 mai 1871, quelques jours avant la reprise de Paris par les troupes gouvernementales. Il est enterré au Père-Lachaise, dans cette division 4 où sa tombe conserve le souvenir d’un compositeur qui régna pendant près d’un demi-siècle sur l’opéra parisien.

Œuvres principales

  • Le Maçon, 1825.
  • Fra Diavolo ou L’Hôtellerie de Terracine, 1830.
  • La Muette de Portici, 1828.
  • Le Cheval de bronze, 1835.
  • Le Domino noir, 1837.
  • Haydée, ou le Secret, 1847.
  • Manon Lescaut, 1856.
  • Le Premier Jour de bonheur, 1868.

Distinctions et fonctions

  • Membre de l’Académie des beaux-arts, 1829.
  • Directeur du Conservatoire de Paris, 1842-1871.
  • Directeur de la chapelle impériale, 1852-1870.
  • Grand officier de la Légion d’honneur, 1861.