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AUBIN Tony

Qui est Tony Aubin ?

Date de naissance : 8 décembre 1907 (Paris, France).
Date du décès : 21 septembre 1981 (Paris) à 73 ans.
Activité principale : Compositeur, chef d’orchestre et professeur de composition.
Nom de naissance : Tony Louis Alexandre Aubin.

Où est la tombe de Tony Aubin ?

La tombe est située dans la division 92.

Plan des divisions du cimetière du Père-Lachaise

Le monument funéraire de Tony Aubin au Père-Lachaise

Tony Aubin est inhumé dans la division 92, dans une sépulture partagée avec Francine Aubin, compositrice, cheffe d’orchestre et directrice de conservatoire, qu’il avait épousée en 1975. Le monument porte les deux noms et réunit ainsi deux musiciens dont les parcours furent liés à l’enseignement et à la direction musicale. La tombe est d’un dessin sobre, sans décor funéraire spectaculaire.

Tombe de Tony Aubin au cimetière du Père-Lachaise

ManoSolo13241324, CC0, via Wikimedia Commons.
Tombe de Tony Aubin au Père-Lachaise.

Vue de la sépulture Aubin-Aubert dans la division 92

Pierre-Yves Beaudouin / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.
Sépulture Aubin-Aubert, division 92.

Biographie de Tony Aubin

Tony Louis Alexandre Aubin naît à Paris le 8 décembre 1907. Il appartient à une génération de musiciens français formés entre les deux guerres, héritière de l’impressionnisme de Debussy et Ravel, mais aussi attentive aux formes classiques et aux possibilités de la radio, du cinéma et de la scène. Son parcours réunit ces différents mondes : celui du Conservatoire de Paris, celui de la création orchestrale et celui des médias de son temps.

Tony Aubin en 1930

Agence de presse Meurisse / Bibliothèque nationale de France, domaine public, via Wikimedia Commons.
Tony Aubin en 1930.

Entre 1925 et 1930, il étudie au Conservatoire de Paris. Il y suit l’harmonie avec Marcel-Samuel Rousseau, le contrepoint avec Noël Gallon, la direction d’orchestre avec Philippe Gaubert et la composition avec Paul Dukas. Cette dernière classe constitue un foyer important de la jeune création française : Aubin y côtoie notamment Olivier Messiaen, Elsa Barraine, Maurice Duruflé, Yvonne Desportes et Claude Arrieu. L’enseignement de Dukas, rigoureux et exigeant, laisse une empreinte durable sur son écriture.

Classe de composition de Paul Dukas au Conservatoire de Paris en 1929

Auteur inconnu, domaine public, via Wikimedia Commons.
Classe de Paul Dukas au Conservatoire de Paris, en 1929 ; Tony Aubin figure au quatrième rang près du piano, à partir de la gauche.

Le prix de Rome et les débuts

En 1930, Aubin obtient le premier grand prix de Rome pour la cantate Actéon. La récompense le place parmi les jeunes compositeurs les plus suivis de sa génération et lui donne accès au séjour traditionnel à la villa Médicis. Il développe alors une production instrumentale et orchestrale qui comprend une sonate pour piano, un quatuor à cordes, une première symphonie dite « romantique » et des œuvres concertantes. Son langage reste attaché à la lisibilité des formes, à la couleur orchestrale et à une écriture souvent très construite.

Tony Aubin, premier grand prix de Rome de musique en 1930

Agence Rol / Bibliothèque nationale de France, domaine public, via Wikimedia Commons.
Tony Aubin, premier grand prix de Rome de musique, en 1930.

Radio, direction d’orchestre et musique de film

Pendant la Seconde Guerre mondiale, Tony Aubin est critique musical à Comœdia. À partir de 1941, il dirige les services de musique de chambre de la Radio française, puis devient chef d’orchestre en 1943. Ce travail pour la radio occupe une place importante dans sa vie professionnelle jusqu’en 1960 : il y défend la musique contemporaine, dirige des ensembles et compose pour des formations adaptées à la diffusion radiophonique.

Il écrit également pour le cinéma et le documentaire. Parmi ces partitions figurent À l’assaut des aiguilles du Diable et Victoire sur l’Annapurna de Marcel Ichac, ainsi que la musique du Corbeau d’Henri-Georges Clouzot. Cette activité n’est pas marginale dans son catalogue : elle lui permet de travailler avec l’image, les montages et de nouvelles formes de dramaturgie sonore.

Compositeur et pédagogue

En 1946, Tony Aubin succède à Roger-Ducasse comme professeur de composition au Conservatoire de Paris. Il y enseigne pendant plusieurs décennies. Ses élèves comprennent notamment Jacques Charpentier, Pierre Gabaye, Olivier Greif, Alain Louvier et Guy-Claude Luypaerts. Par son enseignement, autant que par sa propre musique, il participe à la transmission de l’écriture française de l’après-guerre.

Sa production ne se limite pas à la musique de concert. Il compose deux symphonies, le poème symphonique La Chasse, des sonates et préludes pour piano, des concertos, de la musique de scène et l’opéra La Jeunesse de Goya, créé en 1968. Élu à l’Académie des beaux-arts en 1970, il reçoit ainsi une reconnaissance institutionnelle tardive, après une carrière largement consacrée à composer, diriger et enseigner.

Après la mort de sa première épouse, Louise Clavius-Marius, en 1975, il épouse Francine Tremblot de la Croix, son ancienne élève. Tony Aubin meurt à Paris le 21 septembre 1981. Il est enterré au Père-Lachaise avec Francine Aubin, morte en 2016.

Œuvres principales

  • Actéon, cantate, 1930.
  • Sonate pour piano en si mineur, 1930.
  • Quatuor à cordes, 1933.
  • Symphonie n° 1 « romantique », 1934-1936.
  • Symphonie n° 2, 1951.
  • La Chasse, poème symphonique.
  • La Jeunesse de Goya, opéra, 1968.
  • Musiques de films, dont À l’assaut des aiguilles du Diable, Victoire sur l’Annapurna et Le Corbeau.

Distinctions et fonctions

  • Premier grand prix de Rome de composition, 1930.
  • Chef d’orchestre à la Radio française, à partir de 1943.
  • Professeur de composition au Conservatoire de Paris, à partir de 1946.
  • Membre de l’Académie des beaux-arts, 1970.