Qui est Lucy Arbell ?
Date de naissance : 8 juin 1878 (Le Vésinet, Yvelines, France).
Date du décès : 21 mai 1947 (Bougival, Yvelines), à 68 ans.
Activité principale : Cantatrice et artiste lyrique mezzo-soprano.
Nom de naissance : Georgette Gall, devenue Georgette Wallace.
Où est la tombe de Lucy Arbell ?
La tombe de Lucy Arbell se trouve dans la division 37.

Le monument funéraire de Lucy Arbell au Père-Lachaise
Lucy Arbell repose dans le caveau de la famille Wallace, dans la division 37. La sépulture porte les noms de ses proches et celui de la cantatrice, inscrit sous son identité civile : « Georgette Wallace, Lucy Arbell, de l’Opéra ». L’épitaphe rappelle également qu’elle présida l’Orphelinat des Arts et qu’elle fut chevalier de la Légion d’honneur. Elle y est inhumée auprès de ses parents, Edmond Richard Wallace et Suzanne Wallace née Gall.

Pierre-Yves Beaudouin, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons
Tombe de la famille Wallace, division 37.
Biographie de Lucy Arbell
Lucy Arbell, qui porte à la naissance le nom de Georgette Gall, voit le jour le 8 juin 1878 au Vésinet. Elle prend ensuite le nom de Georgette Wallace, sous lequel elle est reconnue dans la famille de son père, Edmond Richard Wallace, fils de Sir Richard Wallace, collectionneur et philanthrope britannique. Son enfance se déroule dans un milieu aisé et cultivé, mais c’est la voix qui fixe très tôt sa vocation. Vers douze ans, elle chante au temple protestant à Paris ; un proche de la famille remarque alors ses qualités musicales.
Pour préserver une voix encore en formation, elle commence par étudier la déclamation dramatique auprès de Victor Roger, puis travaille le chant avec Rosine Laborde. Elle suit également les cours de musique vocale d’ensemble de Louise Vincent-Carol. Ces années d’apprentissage associent le théâtre et la technique vocale, deux dimensions qui compteront dans une carrière où sa présence scénique est souvent soulignée. À la fin des années 1890, ses auditions attirent déjà l’attention des professionnels par la couleur grave de son timbre.

Paul Nadar, domaine public, via Wikimedia Commons
Lucy Arbell, vers 1905.
Le pseudonyme de Lucy Arbell apparaît dans les registres de l’Opéra de Paris en 1903. Elle y fait ses débuts le 23 octobre, dans le rôle de Dalila de Samson et Dalila de Camille Saint-Saëns. Le choix est révélateur : le personnage exige à la fois une voix ample et une forte autorité dramatique. Dès l’année suivante, elle chante Maddalena dans Rigoletto à Monte-Carlo et Amnéris dans Aïda à Paris. Elle se construit ainsi un répertoire de mezzo-soprano et de mezzo-contralto, à la croisée de l’opéra français et du grand répertoire italien.
Sa rencontre avec Jules Massenet devient déterminante. Le compositeur s’intéresse à la jeune chanteuse dès le début des années 1900 et lui dédie une mélodie en 1901. À partir d’Ariane, créé en 1906, il écrit pour elle des rôles principaux ou importants dans presque tous ses derniers opéras. Lucy Arbell crée Perséphone dans Ariane, tient le rôle-titre de Thérèse, puis incarne la reine Amahelli dans Bacchus, Dulcinée dans Don Quichotte, Posthumia dans Roma et Colombe dans Panurge.

Paul Nadar, domaine public, via Wikimedia Commons
Lucy Arbell en reine Amahelli lors de la création de Bacchus, 1909.
Cette collaboration place Arbell au cœur des dernières années créatrices de Massenet. Ses rôles sont souvent écrits pour une voix où le chant se mêle volontiers à la déclamation, qualité qui convient à son tempérament théâtral. Elle crée Dulcinée dans Don Quichotte à Monte-Carlo le 19 février 1910, puis le rôle à Paris la même année. À l’Opéra-Comique, elle chante aussi Charlotte dans Werther de 1911 à 1914. Son nom reste ainsi étroitement associé à un répertoire français qui, au début du XXe siècle, cherche de nouvelles couleurs dramatiques.
La mort de Massenet en 1912 met fin à une relation artistique exceptionnelle. L’année suivante, elle crée Colombe dans Panurge, dernière œuvre scénique du compositeur représentée de son vivant. Les critiques ne sont pas unanimement favorables : certains louent son énergie, son caractère et son sens de la scène, d’autres jugent plus sévèrement sa voix. Ces appréciations contrastées ne changent pas la place singulière qu’elle a occupée dans la genèse de ces opéras.

Jules Massenet, domaine public, via Wikimedia Commons
Manuscrit d’Ariane, lié à Lucy Arbell, créatrice du rôle de Perséphone.
Elle continue de se produire durant les années 1910 et 1920, notamment à l’Opéra-Comique, avant de se retirer définitivement de la scène en 1931. Cette seconde partie de sa vie se consacre largement à l’Orphelinat des Arts, institution d’entraide destinée aux enfants de familles d’artistes. Elle en devient présidente et lui lègue, à sa mort, sa propriété de Bougival, La Garenne, ainsi qu’une résidence à Saint-Aubin-sur-Mer.
Lucy Arbell meurt à Bougival le 21 mai 1947. Son nom demeure attaché aux créations tardives de Jules Massenet et à une période où les grandes scènes parisiennes accordent encore une place centrale à la diction, à l’incarnation et à la puissance expressive de la voix. La stèle de la division 37 conserve à la fois son nom civil, son nom de scène et le souvenir de son engagement charitable après le théâtre.
Rôles et créations principales
- Dalila, Samson et Dalila de Camille Saint-Saëns — débuts à l’Opéra de Paris (1903).
- Amnéris, Aïda de Giuseppe Verdi (1904).
- Perséphone, Ariane de Jules Massenet (1906).
- Thérèse, Thérèse de Jules Massenet (1907).
- Amahelli, Bacchus de Jules Massenet (1909).
- Dulcinée, Don Quichotte de Jules Massenet (1910).
- Posthumia, Roma de Jules Massenet (1912).
- Colombe, Panurge de Jules Massenet (1913).
Distinctions
- 1904 : nommée officier d’Académie.
- 1936 : chevalier de la Légion d’honneur.