Qui est François Arago ?
Date de naissance : 26 février 1786 (Estagel, France).
Date du décès : 2 octobre 1853 (Paris, France) à 67 ans.
Activité principale : Astronome, physicien, homme d’État.
Nom de naissance : Dominique François Jean Arago.
Où est la tombe de François Arago ?
La tombe est située dans la division 04

Le monument funéraire de François Arago au Père-Lachaise
François Arago repose dans la division 4, avenue Principale, première ligne. Le tombeau, dessiné par l’architecte Félix Duban, est formé d’une stèle de pierre entourée d’une grille en fer forgé. Elle est surmontée d’un buste en Hermès en bronze, exécuté par Pierre-Jean David d’Angers et daté de 1858. Le monument porte l’inscription « François Arago, souscription nationale et étrangère » ainsi que les principales étapes de sa carrière scientifique. Son fils Emmanuel Arago, homme politique, est également inhumé dans cette sépulture.

Pierre-Yves Beaudouin, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons
Tombe de François Arago, division 4.

Pierre-Yves Beaudouin, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons
Buste de François Arago par David d’Angers.
Biographie de François Arago
Dominique François Jean Arago naît le 26 février 1786 à Estagel, dans les Pyrénées-Orientales. Il est l’aîné d’une fratrie dont plusieurs membres connaîtront des destins remarquables : Jacques sera explorateur et écrivain, Étienne dramaturge et homme politique, Jean et Joseph feront carrière au Mexique. Leur père, François Bonaventure Arago, est administrateur de la Monnaie de Perpignan. Dans cette famille où l’instruction compte, le jeune François révèle très tôt un goût prononcé pour les mathématiques et une énergie qui lui permet de combler rapidement les lacunes de sa formation.
Destiné d’abord à une carrière militaire, il prépare l’École polytechnique au collège de Perpignan. Reçu à dix-sept ans, en 1803, il rejoint Paris et se distingue rapidement par son niveau scientifique. Le physicien Siméon Denis Poisson l’oriente vers l’Observatoire de Paris. En 1806, avec Jean-Baptiste Biot, il est chargé de prolonger en Espagne et aux Baléares la mesure de la méridienne de France, opération essentielle pour améliorer la détermination de la forme du globe et consolider la définition du mètre.

Charles de Steuben, domaine public, via Wikimedia Commons
Portrait de François Arago.
La mission se déroule dans le contexte de la guerre d’Espagne. Après le départ de Biot, Arago poursuit seul les observations à Majorque. Les feux qu’il allume sur les sommets pour ses mesures sont pris pour des signaux militaires ; il est arrêté et emprisonné au château de Bellver. Son retour en France devient une véritable odyssée : il s’évade, gagne Alger, est capturé par un corsaire espagnol, puis parvient finalement à Marseille en 1809. Il a conservé les relevés de la mission. À son arrivée, leur valeur scientifique est reconnue et, à seulement vingt-trois ans, il est élu à l’Académie des sciences.

François Arago, domaine public, via Wikimedia Commons
Triangles de la mesure de la méridienne, dans Astronomie populaire.
Cette nomination ouvre une carrière exceptionnelle. Arago devient professeur d’analyse à l’École polytechnique et astronome à l’Observatoire de Paris, où il réside durant une grande partie de sa vie. À partir de 1812, ses cours publics d’astronomie attirent un vaste public ; il les poursuivra pendant plus de trente ans. Il sait expliquer des phénomènes complexes sans les vider de leur rigueur, faisant de la vulgarisation scientifique une véritable mission civique. Son Astronomie populaire, publiée après sa mort à partir de ses leçons, prolongera cette ambition.
Ses recherches couvrent l’astronomie, l’optique, le magnétisme et la météorologie. Avec Augustin Fresnel, il contribue à établir l’importance de la théorie ondulatoire de la lumière et à étudier sa polarisation. Le « point d’Arago », phénomène lumineux observé au centre de l’ombre portée d’un disque, garde son nom. Il met aussi en évidence des effets de magnétisme rotatoire et observe l’amortissement d’une aiguille aimantée près de conducteurs, travaux qui précèdent les explications de Michael Faraday sur les courants induits. En 1819, il observe la lumière polarisée dans la queue d’une comète, une première en astronomie physique.
Arago ne sépare jamais totalement la recherche de l’organisation de la science. Membre du Bureau des longitudes, secrétaire perpétuel de l’Académie des sciences à partir de 1830, il encourage les instruments, les observatoires et la diffusion des résultats. Il dirige l’Observatoire de Paris à partir de 1843. Son autorité scientifique est assez grande pour peser sur les choix publics : en 1839, il défend devant les académies l’invention de Louis Daguerre et contribue à ce que le procédé du daguerréotype soit acquis par l’État français et rendu public.

Louis Figuier, domaine public, via Wikimedia Commons
Arago annonce la découverte de Daguerre à l’Académie des sciences, 1839.
Parallèlement, il est un acteur politique constant. Républicain libéral, il est élu député des Pyrénées-Orientales après la révolution de 1830. À la Chambre, il intervient sur l’instruction, les chemins de fer, le télégraphe, l’encouragement aux inventions et les grandes institutions scientifiques. En février 1848, il entre dans le gouvernement provisoire de la Deuxième République. Il est successivement ministre de la Marine et des Colonies, puis ministre de la Guerre, avant de présider la Commission exécutive. Dans le domaine colonial, il soutient l’abolition de l’esclavage, effective dans les colonies françaises par le décret du 27 avril 1848.
La fin de sa vie est assombrie par la maladie et par l’échec de la République de 1848. Après le coup d’État du 2 décembre 1851, il refuse de prêter serment à Louis-Napoléon Bonaparte et remet sa démission de ses fonctions. Le pouvoir choisit toutefois de ne pas l’y contraindre. Affaibli, presque aveugle, il tente en 1853 de retrouver l’air de son Roussillon natal, sans succès. Il meurt à Paris le 2 octobre 1853, à soixante-sept ans.

Carte postale ancienne, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons
François Arago donnant un cours d’astronomie populaire à l’Observatoire de Paris.
Ses obsèques donnent lieu à une vaste souscription, nationale et étrangère, qui finance le monument du Père-Lachaise. La longue inscription gravée sur son tombeau résume le double fil de son existence : mesure de la méridienne, polarisation colorée, magnétisme rotatoire, observations photométriques, mais aussi service des institutions de la science et de la République.
Travaux et publications principaux
- Prolongation de la mesure de la méridienne de France en Espagne et aux Baléares (1806-1809).
- Travaux sur la polarisation de la lumière et expériences menées avec Augustin Fresnel.
- Recherches sur le magnétisme rotatoire, les phénomènes électromagnétiques et les observations photométriques.
- Astronomie populaire, publié à titre posthume à partir de ses cours.
- Annuaire du Bureau des longitudes et nombreuses notices scientifiques à l’Académie des sciences.