Qui est Jean-Pierre Bacri ?
Date de naissance : 24 mai 1951 (Bou Ismaïl, alors Castiglione, Algérie).
Date du décès : 18 janvier 2021 (Paris 6e, France) à 69 ans.
Activité principale : Acteur, scénariste et dramaturge.
Où est la tombe de Jean-Pierre Bacri ?
Les obsèques ont eu lieu au crématorium, division 87.
Ses cendres ont été remises à la famille.

Le monument funéraire de Jean-Pierre Bacri au Père-Lachaise
Jean-Pierre Bacri n’a pas de sépulture signalée au cimetière du Père-Lachaise : après la cérémonie, ses cendres ont été remises à sa famille. Il n’existe donc ni tombe ni monument funéraire portant son nom que les visiteurs puissent localiser. Le repère lié à sa disparition est le crématorium-columbarium de la division 87, où ses obsèques se sont déroulées.

Olivier Bruchez / Wikimedia Commons, CC BY-SA 2.0.
Crématorium du Père-Lachaise, division 87 ; il ne s’agit pas d’une tombe de Jean-Pierre Bacri.
Biographie de Jean-Pierre Bacri
Jean-Pierre Bacri a installé dans le cinéma français une présence que l’on reconnaît aussitôt : une voix légèrement retenue, une impatience sourde, un regard qui semble mesurer l’écart entre ce qui est dit et ce qui est vécu. Cette manière de jouer a souvent été résumée au personnage du « râleur ». Elle était en réalité beaucoup plus ample : Bacri excellait à rendre visibles les frustrations ordinaires, les malentendus familiaux, la vanité sociale et le besoin d’être aimé qui affleure sous la mauvaise humeur. Acteur très populaire, il fut aussi, avec Agnès Jaoui, l’un des scénaristes les plus importants du cinéma français des années 1990 et 2000.
Il naît le 24 mai 1951 à Castiglione, aujourd’hui Bou Ismaïl, en Algérie française. Après l’indépendance de l’Algérie, sa famille s’installe sur la Côte d’Azur. Le jeune homme grandit à Cannes, ville de cinéma mais aussi ville ordinaire, loin de l’image mondaine que le Festival lui donne chaque printemps. Il poursuit des études de lettres et envisage un temps l’enseignement. Cette formation littéraire compte : chez Bacri, les dialogues ne sont jamais un simple véhicule pour l’intrigue ; ils sont le lieu même où se révèlent les rapports de force, la gêne et les illusions des personnages.
À Paris, il travaille notamment dans la publicité et comme placeur à l’Olympia avant de se tourner pleinement vers le théâtre. Il suit les cours Simon et Jean Périmony, joue les textes du répertoire et commence rapidement à écrire. Ses premières pièces, Tout simplement, Le Timbre puis Le Doux Visage de l’amour, lui permettent d’acquérir l’expérience concrète de la scène : le rythme d’une réplique, le silence qui la suit, la manière dont une situation apparemment banale peut soudain se retourner.

Georges Seguin (Okki) / Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0.
Jean-Pierre Bacri, 2007. Image servie en 800 px de large.
Le cinéma le remarque d’abord dans des rôles secondaires. Après Le Toubib (1979), il apparaît dans Le Grand Pardon d’Alexandre Arcady, Subway de Luc Besson, Mes meilleurs copains de Jean-Marie Poiré ou La Baule-les-Pins de Diane Kurys. Cette première période lui donne des emplois variés, parfois plus sombres que l’image qu’il gardera plus tard. Il apprend à faire exister un personnage avec peu de scènes, sans surjouer, en appuyant sa présence sur une parole très précise.
La rencontre avec Agnès Jaoui, au théâtre, transforme sa trajectoire. Leur couple, à la ville durant de nombreuses années comme au travail, devient l’un des grands tandems d’écriture du cinéma français. Ils partagent une attention aiguë aux vies ordinaires et aux hiérarchies discrètes : ceux qui cherchent à être reconnus, ceux qui imposent leur langage, ceux qui se croient plus cultivés ou plus légitimes que les autres. Ensemble, ils écrivent d’abord pour le théâtre Cuisine et Dépendances (1991) et Un air de famille (1994), deux pièces dont les adaptations au cinéma conservent la mécanique collective et la cruauté douce.

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Jean-Pierre Bacri et Agnès Jaoui aux César.
Leur écriture atteint une première consécration avec Smoking / No Smoking, réalisé par Alain Resnais : le scénario reçoit le César en 1994. Viennent ensuite Un air de famille, On connaît la chanson et Le Goût des autres. Ces films ne reposent pas sur des héros exemplaires. Ils observent des gens qui n’arrivent pas à dire ce qu’ils ressentent, qui blessent sans toujours le vouloir, ou qui s’enferment dans leur position sociale. Bacri y apporte une tonalité particulière : la colère n’efface jamais complètement la vulnérabilité. Dans On connaît la chanson, son interprétation lui vaut le César du meilleur acteur dans un second rôle en 1998.
Le Goût des autres, réalisé par Agnès Jaoui en 2000, résume parfaitement leur art commun. Bacri y joue un chef d’entreprise peu porté vers la culture, soudain troublé par une comédienne et par un monde qu’il connaît mal. Le film, qui obtient le César du meilleur film et celui du meilleur scénario original, évite le mépris : chacun y est à la fois ridicule, fermé, émouvant et capable de changement. Ce regard sans cynisme, mais sans flatterie, explique la durée du succès du duo.

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Avant-première d’Au bout du conte, 2013. Image de 783 px de large.
À côté de cette œuvre commune, Bacri développe une filmographie personnelle très riche. Il donne à Alain Chabat l’un de ses rôles les plus populaires dans Didier (1997), participe au succès d’Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre (2002), tourne avec Nicole Garcia, Diane Kurys, Pascal Bonitzer, Cédric Klapisch et Olivier Nakache et Éric Toledano. Dans Le Sens de la fête (2017), il incarne Max, organisateur de mariages épuisé par l’imprévu ; ce personnage prolonge son registre mais le déplace vers une fatigue plus tendre, attentive aux autres malgré elle.
Avec Jaoui, il poursuit l’écriture et le jeu dans Comme une image, prix du scénario au Festival de Cannes en 2004, Parlez-moi de la pluie, Au bout du conte et Place publique (2018). Leur collaboration dure au-delà de leur séparation dans la vie privée ; c’est un signe de la solidité d’une méthode de travail fondée sur le dialogue et la réécriture. Bacri reste attaché au théâtre, tout en devenant l’un des comédiens les plus demandés du cinéma français.

Georges Biard / Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0.
Jean-Pierre Bacri, 2013.
Jean-Pierre Bacri meurt le 18 janvier 2021 à Paris. Sa disparition suscite une émotion considérable, tant son visage et sa voix avaient accompagné plusieurs générations de spectateurs. Son œuvre rappelle que la comédie peut être une forme très exigeante d’observation sociale. Derrière ses personnages de mécontents, Bacri a constamment cherché ce qui rend les êtres humains contradictoires : l’orgueil, la peur d’être exclu, le besoin d’attention et la difficulté à aimer sans se protéger.
Œuvres principales et distinctions
- Théâtre : Cuisine et Dépendances (1991) ; Un air de famille (1994), avec Agnès Jaoui.
- Scénarios : Smoking / No Smoking (1993) ; Un air de famille (1996) ; On connaît la chanson (1997) ; Le Goût des autres (2000) ; Comme une image (2004).
- Films comme acteur : Didier (1997) ; Kennedy et moi (1999) ; Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre (2002) ; Le Sens de la fête (2017) ; Place publique (2018).
- César du meilleur scénario original : 1994, 1997, 1998, 2000 et 2005, avec Agnès Jaoui.
- César du meilleur acteur dans un second rôle : 1998, pour On connaît la chanson.
- Prix du scénario au Festival de Cannes : 2004, pour Comme une image, avec Agnès Jaoui.