Qui est Adolphe Alphand ?
Date de naissance : 26 octobre 1817 (Grenoble).
Date du décès : 6 décembre 1891 (Paris) à 74 ans.
Activité principale : Ingénieur des ponts et chaussées, administrateur français (embellissement de Paris avec le baron Haussmann).
Nom de naissance : Jean-Charles Adolphe Alphand.
Où est la tombe d’Adolphe Alphand ?
La tombe est située dans la division 66

Le monument funéraire d’Adolphe Alphand au Père-Lachaise
Adolphe Alphand repose dans la division 66, à l’angle de l’avenue Circulaire et du chemin d’Ornano. Son monument, conçu par l’architecte Jean-Camille Formigé, est dominé par un buste en bronze de l’ingénieur. Réalisé en 1890 par le sculpteur Jules Coutan et fondu par Thiébaut Frères, ce portrait le montre avec la dignité d’un grand serviteur de la ville. La stèle rappelle ses titres d’inspecteur général des ponts et chaussées, de directeur des travaux de Paris et de grand-croix de la Légion d’honneur.
Le buste est l’élément le plus remarquable de la sépulture. Il donne à ce tombeau une présence à la fois sobre et officielle, à l’image de l’homme qui contribua pendant près de quarante ans à façonner les promenades, les parcs et les grands espaces publics de la capitale.

Coyau, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons
Vue d’ensemble de la tombe d’Adolphe Alphand.

Coyau, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons
Buste d’Adolphe Alphand par Jules Coutan.
Biographie d’Adolphe Alphand
Jean-Charles Adolphe Alphand naît à Grenoble le 26 octobre 1817. Fils d’un lieutenant-colonel d’artillerie, il grandit dans un milieu où le service de l’État et la formation scientifique occupent une place essentielle. Après ses études au collège puis au lycée Charlemagne à Paris, il entre à l’École polytechnique en 1835 et poursuit, deux ans plus tard, sa formation à l’École des ponts et chaussées. Cette double école lui donne les instruments d’une carrière d’ingénieur qui le conduira bien au-delà des seuls ouvrages techniques.

Alfred Roll, domaine public, via Wikimedia Commons
Portrait d’Adolphe Alphand, 1888, Petit Palais.
Ses premières années professionnelles se déroulent à Bordeaux. Il y travaille aux routes, aux voies ferrées, aux ports et aux canaux, et y rencontre le préfet Georges-Eugène Haussmann. Lorsque celui-ci est appelé à la préfecture de la Seine, il se souvient de ce collaborateur méthodique et imaginatif. En 1855, Alphand rejoint Paris pour prendre la direction du nouveau service des Promenades et Plantations. La capitale est alors engagée dans une transformation sans précédent : il faut ouvrir des voies, organiser les réseaux, mais aussi créer des lieux de respiration pour une ville en pleine croissance.
Alphand ne conçoit pas le jardin comme un décor isolé. Avec l’ingénieur Jean Darcel, l’architecte Gabriel Davioud et le jardinier-paysagiste Jean-Pierre Barillet-Deschamps, il met au point une manière d’associer reliefs, eaux, plantations, circulations et équipements. Sous son autorité sont aménagés ou profondément transformés les bois de Boulogne et de Vincennes, le parc Monceau, les Buttes-Chaumont, les Champs-Élysées, ainsi qu’une multitude de squares et de promenades. Les arbres, les allées et les jardins deviennent pour lui des éléments à part entière de l’espace public.

Manuel Luque, domaine public, via Wikimedia Commons
Caricature d’Adolphe Alphand publiée dans La Caricature, 1886.
La chute du Second Empire ne met pas fin à son action. Alphand reste à Paris pendant le siège de 1870 et poursuit ensuite sa carrière sous la Troisième République. Devenu directeur des travaux de Paris, il élargit ses responsabilités aux voies publiques, aux réseaux et aux grands projets urbains. Son rôle est également important dans la préparation du règlement d’urbanisme parisien de 1884, qui cherche à encadrer une capitale devenue plus dense et plus vaste.
À la fin de sa vie, l’Exposition universelle de 1889 lui offre un dernier chantier à l’échelle de Paris. Nommé directeur général des travaux, il coordonne l’aménagement du Champ-de-Mars et des abords du Trocadéro avec les équipes d’architectes et de paysagistes réunies pour l’événement. La tour Eiffel, édifiée pour cette exposition, n’est pas son œuvre ; elle prend toutefois place dans un ensemble dont il assure l’organisation matérielle et paysagère.

Henri Auguste Dochy, CC0, via Wikimedia Commons
Estampe représentant Alphand à l’occasion de l’Exposition universelle de 1889.
Cette même année 1889, il reçoit la grand-croix de la Légion d’honneur. En 1891, quelques mois avant sa mort, il succède à Haussmann à l’Académie des beaux-arts. Il meurt subitement le 6 décembre 1891, dans sa villa du boulevard de Beauséjour, à Paris. Ses obsèques donnent lieu à un hommage public considérable, à la mesure de la place qu’il avait prise dans la vie municipale parisienne.

Photographe anonyme, Paris Musées / musée Carnavalet, CC0, via Wikimedia Commons
Funérailles d’Adolphe Alphand, 1891.
Le souvenir d’Alphand demeure très présent dans la géographie parisienne. Une avenue porte son nom dans le 16e arrondissement, et un monument public lui est consacré dans les jardins de l’avenue Foch. Plus encore que ces hommages, ce sont les promenades et les parcs qu’il a contribué à inventer qui prolongent son travail : ils témoignent d’une vision de la ville où la circulation, le paysage et la vie quotidienne devaient former un tout cohérent.

Celette, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons
Plaque commémorative de la villa de Beauséjour, où Alphand a vécu et est mort.
Principales réalisations
- Direction du service des Promenades et Plantations de Paris à partir de 1855.
- Aménagements des bois de Boulogne et de Vincennes.
- Création ou transformation du parc des Buttes-Chaumont, du parc Monceau, des Champs-Élysées, de squares et de promenades parisiennes.
- Direction des travaux de Paris sous la Troisième République.
- Direction générale des travaux de l’Exposition universelle de 1889.
Distinctions
- Grand-croix de la Légion d’honneur, 1889.
- Membre de l’Académie des beaux-arts, 1891.