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OZANIAN Andranik

Qui est Andranik Ozanian ?

Date de naissance : 25 février 1865 (Shabin-Karahisar, Empire ottoman ; aujourd’hui Şebinkarahisar, Turquie).
Date du décès : 31 août 1927 (Richardson Springs, près de Chico, Californie, États-Unis) à 62 ans.
Activité principale : Chef militaire et figure du mouvement national arménien.
Nom de naissance : Andranik Toros Ozanian.

Où est la tombe d’Andranik Ozanian ?

Le monument se trouve dans la division 94, avenue Pacthod, première ligne.

Plan des divisions du cimetière du Père-Lachaise

Le monument funéraire d’Andranik Ozanian au Père-Lachaise

Dans la division 94, le monument consacré au général Andranik est l’un des ensembles les plus reconnaissables du cimetière. Érigé par souscription nationale, il porte une inscription en français et en arménien : « Au général Antranik, héros national arménien ». La date gravée est 1866-1927, alors que les sources biographiques retiennent généralement 1865 comme année de naissance.

La grande sculpture en pierre représente Andranik en uniforme, monté sur un cheval cabré. Le socle associe une figure ailée en relief et une frise de combattants. L’ensemble fait du monument un mémorial militaire et national, très différent des simples stèles qui l’entourent. La dépouille d’Andranik a été transférée au cimetière militaire d’Yerablur, à Erevan, en 2000 ; le monument parisien demeure cependant un lieu de mémoire important pour la diaspora arménienne.

Vue d’ensemble du monument d’Andranik Ozanian au Père-Lachaise

Pierre-Yves Beaudouin, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons
Vue d’ensemble du monument d’Andranik Ozanian, division 94.

Détail de la sculpture équestre du général Andranik au Père-Lachaise

Binche, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons
Détail de la sculpture équestre du général Andranik.

Biographie d’Andranik Ozanian

Andranik Toros Ozanian, souvent désigné simplement comme Andranik, naît le 25 février 1865 à Shabin-Karahisar, dans l’Empire ottoman. Il grandit dans une région où la population arménienne vit sous de fortes tensions politiques et sociales. Formé d’abord dans l’école arménienne de sa ville natale, il travaille dans l’atelier de menuiserie de son père. Très jeune, il est confronté à la précarité de sa communauté et aux violences qui touchent les Arméniens de l’Empire.

Andranik Ozanian, fedayi arménien

Ararat. A Searchlight on Armenia, domaine public, via Wikimedia Commons
Andranik Ozanian, fedayi arménien.

Au début des années 1890, il s’engage dans le mouvement révolutionnaire arménien. Membre de la Fédération révolutionnaire arménienne à partir de 1892, il devient l’un des fedayis, ces combattants irréguliers qui cherchent à protéger les villages arméniens et à défendre l’idée de réformes dans les provinces orientales de l’Empire ottoman. Son nom se répand à la faveur d’actions armées et de résistances locales, notamment dans les régions de Sassoun et de Moush. Cette notoriété fait de lui une figure majeure du mouvement national arménien, mais l’expose également à une vie de clandestinité et d’exil.

Après avoir quitté l’Empire ottoman, Andranik rejoint la Bulgarie. Lors de la première guerre balkanique, en 1912, il sert comme officier dans une unité de volontaires arméniens rattachée à l’armée bulgare. Cette expérience confirme son statut de chef militaire et lui permet de nouer des liens avec les milieux arméniens de la diaspora. Elle précède un engagement encore plus déterminant pendant la Première Guerre mondiale.

Andranik Ozanian officier de l’armée bulgare en 1912

Photographe inconnu, domaine public, via Wikimedia Commons
Andranik, officier de l’armée bulgare pendant la première guerre balkanique, 1912.

À partir de 1914, il participe à l’organisation des unités de volontaires arméniens combattant sur le front du Caucase aux côtés de l’armée russe. Son nom est associé à la défense de populations arméniennes menacées et à l’évacuation de réfugiés lors des bouleversements de la guerre. L’effondrement de l’Empire russe en 1917, puis la reprise des offensives ottomanes, placent cependant les forces arméniennes dans une situation extrêmement fragile. Andranik commande alors des formations engagées dans les combats de 1918, notamment dans la région du Zanguezour.

Andranik Ozanian avec les défenseurs de Van en 1915

Photographe inconnu, domaine public, via Wikimedia Commons
Andranik et Armenak Yekarian avec un groupe de défenseurs de Van, 1915.

La proclamation de la première République d’Arménie, en 1918, ne résout pas les conflits territoriaux ni les divergences politiques. Andranik entre en désaccord avec les dirigeants de la jeune République et se tient à l’écart de son gouvernement. En 1919, il quitte l’Arménie. Il entame alors une longue période d’exil qui le mène en Europe puis aux États-Unis, tout en conservant un rôle actif dans les réseaux de secours aux réfugiés arméniens.

Andranik Ozanian avec les commandants de la division spéciale en 1918

General Andranik, Haykakan Aṛandzin Haruatsogh Zōramasě, domaine public, via Wikimedia Commons
Andranik avec les commandants de la division spéciale, 1918.

Installé en Californie à partir du début des années 1920, Andranik participe aux campagnes de soutien aux Arméniens déplacés et aux orphelins. Le Musée du génocide arménien d’Erevan conserve notamment la trace d’une souscription de secours qu’il préside à la fin de 1919. Il meurt le 31 août 1927 à Richardson Springs, près de Chico. D’abord inhumé en Californie, il est transféré au Père-Lachaise en 1928, avant que ses restes soient à leur tour transférés à Yerablur, à Erevan, en 2000.

Andranik Ozanian aux États-Unis en 1919

Photographe inconnu, domaine public, via Wikimedia Commons
Délégation de généraux arméniens aux États-Unis en 1919 ; Andranik est assis au premier rang, à gauche.

Repères de parcours

  • Membre de la Fédération révolutionnaire arménienne à partir de 1892.
  • Chef fedayi dans le mouvement national arménien de la fin du XIXe siècle.
  • Officier volontaire pendant la première guerre balkanique, 1912-1913.
  • Commandant d’unités de volontaires arméniens sur le front du Caucase pendant la Première Guerre mondiale.
  • Engagé dans les opérations du Zanguezour en 1918.
  • Action de secours auprès des réfugiés et orphelins arméniens pendant son exil.