Qui est Frédéric Soulié ?
Nom complet : Melchior Frédéric Soulié de Lavelanet.
Naissance : 23 décembre 1800 (Foix, France).
Mort : 23 septembre 1847 (Bièvres, France) à 46 ans.
Activité : romancier, dramaturge, journaliste et critique.
Notoriété : l’un des grands auteurs de romans-feuilletons de la monarchie de Juillet, notamment grâce aux Mémoires du Diable et à La Closerie des genêts.
Où se trouve la tombe de Frédéric Soulié ?
La tombe de Frédéric Soulié se trouve dans la division 48 du cimetière du Père-Lachaise, le long de l’avenue qui porte aujourd’hui son nom.

Le monument funéraire de Frédéric Soulié au Père-Lachaise
La sépulture de Frédéric Soulié, située dans la 48e division du Père-Lachaise, se compose d’une dalle funéraire horizontale prolongée par une haute stèle de pierre richement décorée.
Au centre de la stèle se détache un médaillon en bronze représentant l’écrivain de trois quarts, œuvre du sculpteur Auguste Clésinger. La patine verte du bronze contraste fortement avec la pierre sombre et attire immédiatement le regard vers le portrait de Soulié.
Autour du médaillon, le monument est orné de guirlandes, rubans et motifs végétaux sculptés. Dans la partie inférieure apparaît un livre ouvert en relief, accompagné de palmes, rappel évident de son activité d’écrivain. Son nom est gravé dans la partie supérieure de la stèle.
L’ensemble forme ainsi un monument funéraire particulièrement expressif, où le portrait en bronze et les attributs littéraires occupent une place centrale et rendent la sépulture immédiatement identifiable.



Biographie de Frédéric Soulié
Melchior Frédéric Soulié naît le 23 décembre 1800 à Foix, dans l’Ariège. Il passe une partie de son enfance à Mirepoix, au gré des affectations de son père François Melchior Soulié, employé des contributions et ancien soldat des armées révolutionnaires. Les déplacements de la famille conduisent le jeune homme à Nantes, puis à Poitiers et à Paris. Cette jeunesse mobile lui donne très tôt l’expérience de milieux sociaux et provinciaux variés, dont il tirera plus tard une matière abondante pour ses romans.
Une formation entre province et capitale
Après des études secondaires, Soulié entreprend le droit. Il fréquente cependant davantage les milieux littéraires et politiques que les cabinets juridiques. Dans la France de la Restauration, la jeunesse libérale se réunit, écrit et débat sous le regard de la censure. Soulié se rapproche de ces cercles d’opposition et développe une culture historique nourrie par la Révolution et l’Empire, deux périodes qui resteront très présentes dans son œuvre.
Il commence par la poésie. Son recueil Amours françaises, publié en 1824, ne suffit pas à l’imposer, mais marque son entrée dans la carrière des lettres. Comme beaucoup de jeunes auteurs, il cherche sa voie entre journalisme, théâtre et édition. Il comprend rapidement que la presse en plein essor offre un accès direct à un vaste public.

Le théâtre et les premiers succès
Soulié s’oriente d’abord vers la scène. Le théâtre parisien constitue alors un puissant moyen de reconnaissance, mais les succès y sont incertains. Il travaille sans relâche, écrit des drames et apprend à construire des situations fortes, à ménager les révélations et à soutenir l’attention du public. Cette expérience dramatique donnera ensuite à ses romans-feuilletons leur sens du rythme et du coup de théâtre.
Au début des années 1830, il publie Les Deux Cadavres et Clotilde, puis Le Vicomte de Béziers. Ses récits combinent intrigue historique, conflits familiaux, secrets et contrastes sociaux. La critique lui reproche parfois une imagination sombre ou excessive, mais le public apprécie précisément cette énergie narrative. Soulié devient bientôt l’un des écrivains professionnels les plus productifs de Paris.

Les Mémoires du Diable
La publication des Mémoires du Diable, de 1837 à 1838, constitue un tournant. Dans cette vaste fresque, un pacte fantastique permet de dévoiler les fautes cachées d’une société dominée par l’argent, l’ambition et les apparences. Soulié utilise le merveilleux comme un instrument d’observation sociale. Derrière les crimes, les passions et les révélations, il met en scène les fractures de son époque.
Le succès place Soulié aux côtés de Balzac, Alexandre Dumas et Eugène Sue parmi les maîtres du roman populaire sous la monarchie de Juillet. Il collabore à plusieurs journaux et adapte son écriture au feuilleton, avec des chapitres conçus pour entretenir l’attente. Sa production est considérable : il doit satisfaire éditeurs, directeurs de théâtre et lecteurs sans perdre la cohérence de ses intrigues.

Un observateur de la société
Les romans de Soulié explorent les rapports entre classes sociales, les effets de l’héritage, les ambitions contrariées et la puissance des secrets. Son goût pour les mécanismes de l’énigme apparaît notamment dans Eulalie Pontois, publié en 1840, parfois rapproché des premiers récits policiers en raison d’un crime commis dans une chambre close. La solution repose sur l’observation et la reconstruction des faits plutôt que sur le seul hasard.
Il revient également à l’histoire napoléonienne, qu’il admire, fonde le journal Le Napoléon et publie des récits militaires. Son œuvre embrasse ainsi la province, Paris, l’Ancien Régime, la Révolution et l’Empire. Cette variété n’empêche pas une continuité : Soulié s’intéresse à la manière dont les individus sont pris dans des structures familiales, économiques et politiques plus fortes qu’eux.

La Closerie des genêts
Soulié conserve jusqu’à la fin une activité théâtrale intense. Diane de Chivry, L’Ouvrier, Gaëtan il Mammone, Les Talismans et Les Étudiants rencontrent des fortunes diverses. En octobre 1846, La Closerie des genêts obtient un succès spectaculaire à l’Ambigu-Comique. Ce drame familial, construit autour de la faute, de la reconnaissance et du sacrifice, confirme son efficacité scénique.
L’œuvre sera longtemps reprise, en France comme à l’étranger. Elle montre combien Soulié savait unir les ressources du mélodrame à une réelle attention aux conflits moraux. L’affiche, la scène et le feuilleton participent alors d’une même culture populaire : les récits circulent d’un support à l’autre et touchent un public bien plus large que celui des salons littéraires.

Dernières années et obsèques
Le rythme de travail de Soulié épuise une santé déjà fragile. Au cours de l’été 1847, il se retire dans sa maison de Bièvres, appelée l’Abbaye-aux-Bois. Il y meurt le 23 septembre, à 46 ans. Ses obsèques ont lieu quelques jours plus tard à l’église Sainte-Élisabeth-du-Temple, avant l’inhumation au Père-Lachaise.
La présence d’une foule nombreuse et les hommages de Victor Hugo et d’Alexandre Dumas témoignent de la place qu’il occupait dans le monde des lettres. Sa réputation s’est ensuite atténuée, mais les Mémoires du Diable, Eulalie Pontois et La Closerie des genêts permettent aujourd’hui de redécouvrir un auteur essentiel à l’histoire du roman-feuilleton et du théâtre populaire.
Œuvres principales
- Amours françaises (1824).
- Les Deux Cadavres et Clotilde (1832).
- Le Vicomte de Béziers (1834).
- Les Mémoires du Diable (1837-1838).
- Diane de Chivry (1839).
- Eulalie Pontois (1840).
- Le Lion amoureux.
- La Closerie des genêts (1846).
Distinctions et fonctions
- Journaliste, critique et auteur dramatique.
- Fondateur du journal Le Napoléon.
- Membre de la Société des gens de lettres.
- Titulaire de la croix de Juillet.
- Une avenue du Père-Lachaise porte son nom.