Qui est Nicolas Ponce ?
Nom complet : Nicolas Ponce.
Naissance : 12 mars 1746 (Paris, France).
Mort : 22 mars 1831 (Paris, France) à 85 ans.
Activités : graveur, dessinateur, éditeur d’estampes et écrivain d’art.
Notoriété : auteur de grandes suites gravées historiques et archéologiques, chroniqueur et défenseur des beaux-arts.
Où se trouve la tombe de Nicolas Ponce ?
La tombe de Nicolas Ponce se trouve dans la division 35 du cimetière du Père-Lachaise. Son épouse Marguerite Hémery, elle-même graveuse, repose également dans cette sépulture.

Le monument funéraire de Nicolas Ponce au Père-Lachaise
La sépulture de Nicolas Ponce se compose d’une dalle funéraire horizontale en pierre, aujourd’hui en partie recouverte de mousse, prolongée à son extrémité par une haute stèle verticale à sommet arrondi. Celle-ci repose sur un socle rectangulaire et porte plusieurs lignes d’inscriptions gravées consacrées à Nicolas Ponce ainsi qu’à d’autres membres de sa famille.
L’ensemble, marqué par le vieillissement naturel de la pierre, s’intègre étroitement parmi les monuments voisins et la végétation de cette partie ancienne du Père-Lachaise. La forme élancée de la stèle et la longue dalle placée devant elle donnent à la tombe une silhouette simple et immédiatement identifiable.


Biographie de Nicolas Ponce
Nicolas Ponce naît à Paris le 12 mars 1746. Il grandit dans une capitale où l’estampe occupe une place essentielle : elle diffuse les œuvres peintes, illustre les livres, transmet l’actualité et met les images à la portée d’un public bien plus vaste que celui des collections aristocratiques. Attiré par le dessin et la gravure, il apprend son métier auprès de deux praticiens reconnus, Pierre-François Fessard et Jacques-Philippe Le Bas de Launay. Cette formation lui donne la maîtrise du burin et de l’eau-forte, mais aussi la discipline nécessaire aux longs travaux collectifs de l’édition illustrée.

Les débuts d’un graveur des Lumières
Ponce se fait connaître durant les dernières décennies du règne de Louis XV puis sous Louis XVI. Il travaille d’après des dessinateurs et des peintres dont il transpose les compositions sur cuivre. La gravure d’interprétation exige de comprendre les valeurs, la lumière, la profondeur et le mouvement d’une œuvre conçue dans un autre médium. Ponce s’y montre habile, notamment dans les scènes galantes, historiques ou morales inspirées par Pierre-Antoine Baudouin, Clément-Pierre Marillier et Jean-Honoré Fragonard.
Il épouse Marguerite Hémery, née en 1745, qui pratique elle aussi la gravure. Celle-ci participe notamment à des entreprises éditoriales telles que le Cabinet Poulain et l’Iconologie française de Gravelot. Leur union rappelle que les ateliers parisiens reposent souvent sur des collaborations familiales, même si le travail des femmes graveuses reste alors moins visible dans les récits officiels.

L’histoire contemporaine mise en images
La carrière de Ponce prend une dimension particulière lorsqu’il grave les événements de son temps. Avec François Godefroy, il publie une série de seize planches consacrées à la guerre d’indépendance américaine. Ces images racontent les combats, les alliances et la paix conclue en 1783. Elles ne sont pas de simples documents : construites comme des scènes historiques, elles contribuent à fixer une représentation française de la naissance des États-Unis.

Le Précis du traité de paix signé à Versailles le 3 septembre 1783, qu’il conçoit et grave, rassemble dans une composition allégorique les puissances et les enjeux diplomatiques de la fin du conflit. Ponce comprend ainsi très tôt la force politique de l’image imprimée. L’estampe diffuse un événement, lui donne une forme mémorable et permet au public de se représenter une actualité souvent connue seulement par les journaux et les récits.

Des monuments antiques aux paysages coloniaux
Ponce participe également à de vastes entreprises savantes et éditoriales. Il grave soixante-quinze planches pour la Description des bains de Titus, publication consacrée aux décors antiques découverts à Rome. Le recueil répond au goût européen pour l’archéologie et les motifs décoratifs de l’Antiquité. Par la précision de ses planches, il contribue à rendre accessibles aux artistes, architectes et amateurs des ensembles qu’ils ne peuvent pas toujours observer sur place.
Il intervient aussi dans le Recueil de vues des lieux principaux de la colonie française de Saint-Domingue, publié avec Moreau de Saint-Méry et plusieurs dessinateurs ou graveurs. Ces vues de ports, de villes et de paysages constituent aujourd’hui des documents importants sur l’apparence de la colonie à la veille de la révolution haïtienne. Elles doivent cependant être replacées dans le contexte colonial qui les a produites : elles décrivent les établissements et les activités de la puissance française sans rendre compte de la violence du système esclavagiste sur lequel reposait cette prospérité.

Les Illustres Français et le métier d’éditeur
Parmi ses réalisations les plus ambitieuses figure la suite des Illustres Français ou Tableaux historiques des grands hommes de la France. Cinquante-six planches associent portraits et épisodes significatifs de la vie de personnages célèbres. Commencée à la fin de l’Ancien Régime et poursuivie durant les transformations politiques suivantes, cette entreprise témoigne de son intérêt pour la transmission de l’histoire nationale par l’image.
Ponce ne se limite pas à exécuter des plaques. Il édite et vend des estampes, coordonne des collaborateurs et accompagne certaines séries de textes explicatifs. Sa production comprend également les Ports de France, des vues de Saint-Domingue, de nombreuses vignettes et plusieurs centaines d’illustrations bibliques réalisées d’après Marillier. Sous l’Ancien Régime, il porte le titre de graveur ordinaire du cabinet de Monsieur, frère du roi et futur Louis XVIII, marque d’une reconnaissance officielle de son savoir-faire.
La Révolution et la défense des beaux-arts
La Révolution bouleverse les institutions, les clientèles et le marché de l’estampe. Ponce poursuit néanmoins son activité et expose aux Salons de 1791, 1793, 1796 et 1799. Il s’investit dans les débats sur l’utilité publique des arts, l’enseignement du dessin et la protection des artistes. Ses textes, notamment Du degré de perfection de la peinture des anciens, De l’influence de la peinture chez les anciens peuples et un Nouveau moyen d’augmenter l’utilité, l’influence et l’illustration des beaux-arts, montrent qu’il veut penser la place de l’artiste dans la société nouvelle.
Il défend en particulier la diffusion de bons modèles dans les départements et l’apprentissage du dessin appliqué aux arts mécaniques. Cette position prolonge l’idéal pédagogique des Lumières : le dessin n’est pas seulement un agrément réservé aux amateurs, mais un outil de formation, de production et d’amélioration des métiers. Ponce appartient à la Société philotechnique et correspond avec l’Institut, participant ainsi aux réseaux savants et artistiques de son temps.
L’écrivain d’art et les dernières années
Avec l’âge, Nicolas Ponce prend davantage la plume. Il collabore au Moniteur et au Mercure, rédige des notices pour la Galerie historique de Charles-Paul Landon et contribue à la Biographie universelle des frères Michaud. Il fréquente des savants et des artistes comme Vicq d’Azyr, Fourcroy, le poète Lebrun, ainsi que les graveurs Charles-Étienne Gaucher, Jean-Guillaume Moitte Bervic et François Godefroy. Ses écrits prolongent son travail d’image : il décrit, classe, explique et défend les productions artistiques.
Le peintre François Dumont réalise de lui un portrait en miniature, aujourd’hui conservé au musée du Louvre. Ponce reçoit la croix de chevalier de la Légion d’honneur, distinction qui consacre une longue carrière au service de la gravure et des arts. Il meurt à Paris le 22 mars 1831, quelques jours après son quatre-vingt-cinquième anniversaire. Son œuvre relie la culture visuelle des Lumières à celle du premier XIXe siècle : elle conserve les traits de personnalités, raconte l’histoire récente, transmet les monuments antiques et documente des territoires lointains.
Œuvres principales de Nicolas Ponce
- Illustres Français ou Tableaux historiques des grands hommes de la France, suite de 56 planches (vers 1790-1816).
- Description des bains de Titus, ensemble de 75 planches archéologiques.
- Série sur la guerre d’indépendance américaine, réalisée avec François Godefroy, dont la Bataille de Lexington et le Précis du traité de paix (1783).
- Ports de France, accompagné de textes explicatifs.
- Vues pour le Recueil des lieux principaux de la colonie française de Saint-Domingue.
- L’Enlèvement nocturne (1780), d’après Pierre-Antoine Baudouin.
- Du degré de perfection de la peinture des anciens et De l’influence de la peinture chez les anciens peuples.
- Articles sur les arts et les artistes pour la Biographie universelle de Michaud.
Distinctions et fonctions
- Graveur ordinaire du cabinet de Monsieur, frère du roi.
- Éditeur et marchand d’estampes à Paris.
- Exposant aux Salons de 1791, 1793, 1796 et 1799.
- Membre de la Société philotechnique.
- Correspondant de l’Institut.
- Collaborateur du Moniteur, du Mercure, de la Galerie historique et de la Biographie universelle.
- Chevalier de la Légion d’honneur.